Beaumonts nature en ville


Insectes printaniers, lichens et plantes by beaumonts

Quelques insectes du printemps 2016

Comme chaque année les premiers rayons de soleil et de chaleur réveillent les papillons endormis durant la période hivernale. Quelques plantes sont déjà fleuries et procurent aux espèces hivernantes le nectar dont ils ont besoin pour voler et se reproduire.

Le Paon du jour (Aglais io), dont la chenille consomme les Orties dioïques au parc des Beaumonts, est une espèce bivoltine, c’est à dire qu’elle présente deux générations dans une année. Les imagos tardifs de seconde génération se cachent l’hiver dans des endroits sombres et le revers noir de leurs ailes assure une protection efficace contre d’éventuels prédateurs. L’exemplaire photographié appréciait les fleurs de pissenlit.

Aglais io, Beaumonts, 5 avril 3016, DSC_7028 bis

Paon du jour, Aglais io, Beaumonts, 5 avril 2016, cliché André Lantz

On peut imaginer dans le détail de l’ocelle de l’aile postérieure une petite tête de lutin facétieux.

Aglais io, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_7023

Ocelle de l’aile postérieure du paon du jour, Beaumonts, 5 avril 2016, cliché André Lantz 

Le Robert-le diable (Polygonia c-album) fait aussi partie des Vanesses qui hibernent. Cette espèce est également bivoltine. Contrairement au paon du jour dont les imagos de première et de seconde génération présentent des motifs et des colorations identiques, les exemplaires de seconde génération (août octobre) du Robert- le Diable présentent des ailes plus découpées et une coloration fauve plus foncée que ceux de la première génération (juin-août). Le spécimen photographié est bien un hibernant de seconde génération.

Polygonia c-album, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_6975

Robert-le-diable, Polygonia c-album, Beaumonts, 5 Avril 2016, cliché André Lantz

 Le Tircis (Pararge aegeria) est un papillon commun que l’on peut trouver maintenant dans les Villes. La chenille se nourrit de graminées et les arbres fournissent la mi-ombre qu’affectionne l’adulte.

Cette espèce possède 3 à 4 générations annuelles mais n’hiberne pas. Les ailes des mâles offrent en général des taches claires moins étendues que chez les femelles. Cette espèce présente deux taxons en France. Le taxon aegeria (Pararge aegeria aegeria) possède une couleur de fond plus orangé. Le Taxon Tircis (Pararge aegeruia tircis) un fond plus clair.

Le taxon aegeria est implanté dans le sud de la France et tircis dans le nord. Les études récentes d’ADN ne montrent pas de différence génétique entre les deux taxons.

Le réchauffement climatique favorise la remontée vers le nord du taxon aegeria.

L’exemplaire photographié au parc illustre bien le taxon tircis avec des taches assez claires. L’imago vient sans doute d’émerger compte tenu de sa livrée intacte et de sa pilosité en très bon état.

Parage aegeria, Beaumonts,5 avril 2016, DSC_6960comp.

Tircis mâle fraichement éclos sur Anthrisque. Beaumonts, 5 avril 2016, Cliché André Lantz

Les imagos des Piérides n’hibernent pas.

Les premiers adultes émergent donc aux premiers beaux jours. Cets espèces peuvent être trivoltines : 3 générations par an. La première vole de début avril à mai, la seconde de juin à août et la troisième de août à septembre. En vol il n’est pas possible de distinguer la Piéride de la rave (Pieris rapae) de la Piéride du Navet (Pieris napi).

Lorsque le papillon est posé, l’observation du revers des ailes permet de faire l’identification.

La face ventrale des ailes est uniforme chez la Piéride de la rave alors que les nervures sont soulignées de noir chez la Piéride du navet.

Les nervures des ailes postérieures sont beaucoup plus soulignées de gris verdâtre pour les adultes de la première génération. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Les femelles présentent deux taches noires bien visibles sur le dessus de l’aile antérieure alors que le mâle n’en possède qu’une moins prononcée.

Le cliché suivant d’une Piéride du navet butinant un pissenlit illustre à la fois les nervures bien soulignées d’écailles noires sur le dessous et légèrement soulignées sur la face dorsale des ailes.

Pieris napi, Beaumonts, 6 avril 2016, DSC_7091

Femelle de la Piéride du navet fraichement éclose, Beaumonts, 6 avril 2016, cliché André Lantz

Les lichens sont constitués de champignons, essentiellement ascomycète, (90 à 95 % de la biomasse) et d’algues, soit des Procaryotes (cyanobactéries) soit des Eucaryotes (algues vertes).

Même minoritaires, les algues fournissent par photosynthèse les ressources carbonées nécessaires à la vie du lichen. Le champignon fournit la protection, l’eau et les éléments minéraux.

La propriété des lichens est la reviviscence. Ces êtres vivants sont capables de passer de très nombreuses fois d’un état déshydraté à un état hydraté. Cette propriété leur permet de conquérir des milieux hors sols comme les arbres ou les rochers. La principale source d’eau est donc la pluie. C’est la raison pour laquelle les lichens sont très sensible à la pollution. En effet l’eau de pluie chargée de polluant atmosphérique comme le dioxyde de souffre est acide et ne permet plus au lichen de se développer. Ils sont des bons indicateurs de la qualité de l’air. On admet que les lichens couvrent 8 % des surfaces terrestres émergées. Cependant, comme les autres champignons ils accumulent des métaux lourds.

La Parmélie des murailles ou Xanthorine (Xanthoria parietina) est un lichen très commun reconnaissable à sa couleur jaune ou jaune-orange.

Cette couleur secrétée par le champignon est du à la pariétine. La couleur orange est d’autant plus prononcée que le lichen est placé en plein soleil. Comme bon nombre d’autres lichens la parmélie prospère sur deux milieux différents: L’écologie est dite corticole sur les écorces des vieux arbres ou saxicole sur les rochers ou les pierres.

Les algues monocellulaires qui vivent dans la parmélie sont du genre Trebouxia.

La reproduction peut se faire par l’eau ou le vent qui transporte les spores. Cependant deux acariens se nourrissant du lichen rejettent dans leurs fèces des spores et des algues intactes car non digérées par le tube digestif de ces acariens. Ce processus facilite la reproduction et la dissémination du lichen.

La Parmélie a été utilisée pour la fabrication d’un colorant. Pilée et mélangée à de l’urine elle servait à teindre la laine en rose, en particulier pour la confection des kilts écossais.

Ce lichen aurait servi par les guérisseurs de moyen-âge à soigner la jaunisse et les maladies du foi selon la théorie des signatures.

L’exemplaire photographié se trouvait sur un vieux frêne abattu par le vent. On peut distinguer les petites coupelles oranges désignées par apothécies discoïdes. Ce sont les parties fertiles des champignons. (comme pour les pézizes où les apothécies peuvent atteindre plusieurs centimètres).

Xanthoria parietina, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_6971

Parmélie des murailles ou Xanthorine.Beaumonts, sur branche de Frêne, 5 avril 2016, cliché André Lantz

En réhydratant une partie du lichen, les apothécies se sont gonflées. Les algues participent à la coloration plus verdâtre du champignon.

Xanthoria parietina, Beaumonts, 6 avril 2016, DSC_7101

Apothécies de Xanthoria parietina, Beaumonts, 6 avril 2016, cliché André Lantz

Le cliché microscopique suivant montre un asque avec les spores. Il y a 8 spores par asques mais certaines d’entre elles peuvent être cachées par d’autres . On distingue également les algues vertes.

Xanthoria parietina, asque et algue x 1000, Beaumonts, 11 avril 2016,DSCN6010

Asque octosporé et algues vertes de Xanthoria parietina,, Beaumonts, 11 avril 2016, cliché et préparation André Lantz

Le cliché suivant montre les 8 spores dans un asque. Elles ne sont pas encore mûres mais leur forme en sablier à ce stade d’évolution est caractéristique. Les spores sont dites polariloculaires.

Xanthoria parietina, asques x 1000, Beaumonts, 11 avril 2016, DSCN6007

Asque octosporé et spores de Xanthoria parietina, Une petite division correspond à 1 micromètre, 11 avril 2016, cliché André Lantz

Certaines chenilles se nourrissent de lichens. La Lithosie complanule (Eilema lurideola) ou Lithosie plombée est un papillon nocturne de la famille des Erebidae. La chenille est noire avec une bande latérale rouge par côté. Cette espèce a été trouvée aux Beaumonts. La chenille photographiée sur la parmélie des murailles provient du parc. Au dernier stade de sa croissance la chenille ne mesure pas plus de 20mm.

Eilema lurideola, n° 83, 24 avril 2014, DSC_0751

Chenille adulte de La Lithosie complanule, Eilema lurideola sur Xanthoria parietina, Beaumonts, 24 avril 2014, cliché André Lantz

Les ailes antérieures de l’imago sont grises avec une fine bordure costale jaune qui s’amenuise vers l’apex.

Eilema lurideola, n° 83, Beaumonts, 30 mai 2014, DSC_0057

Imago de la Lithosie plombée, Eilema lurideola, Beaumonts, 30 mai 2014, cliché André Lantz

L’Ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum) n’avait pas à ma connaissance été notée au Parc des Beaumonts. On peut aussi en voir quelques pieds au Parc départemental Jean Moulin-Les Guilands sur les communes de Montreuil et de Bagnolet.

Ornithogalum umbellatum, Beaumonts, 12 avril 2016, DSC_7138

Dame d’Onze heures, Ornithogalum umbellatum, Beaumonts, 12 avril 2016, cliché André Lantz

Cette plante bulbeuse est aussi nommée Dame d’onze heures. Les jours gris et sans soleil les fleurs ne s’ouvrent pas. Par contre les jours ensoleillés où les polinisateurs sont plus nombreux à sortir et visiter les fleurs, les 6 tépales de l’ornithogale s’ouvent vers 11h.

Sorties Ornithologiques au parc des Beaumonts

Venez découvrir le 22 mai de 9h30 à 12h 30 la richesse ornithologique du parc des Beaumonts où la faune et la flore sauvages sont protégées. Promenade détendue et conviviale. Prévoir : jumelles. Promenade ornithologique conseillée pour s’initier ou se perfectionner. Rdv : 9 h 15. Avenue Jean Moulin, à côté de la statue monumentale du calligraphe, au pied de l’escalier d’accès au parc des Beaumonts. Limité à 12 participants. Promenade ornithologique animée par Thomas Puaud (06.87.23.69.95). Réservation obligatoire au plus tard le vendredi précédant l’activité avant 16 h auprès du service Environnement et Développement Durable de la Ville de Montreuil : 01 48 70 67 94 – environnement@montreuil.fr. Renseignements auprè du service Environnement et Développement Durable de Montreuil ou Thomas PUAUD (entre 19h30 et 21h30).

24 Heures de la Biodiversité

Le samedi 25 juin et le dimanche 26 juin se tiendront les 24 heures de la Biodiversité sur le territoire du département de la Seine-Saint-Denis.

Les diverses associations naturalistes et sportives de plein-air pourront s’y rencontrer. Vous pouvez dès maintenant retenir ces dates. Des informations sur les activités proposées à Montreuil vous seront indiquées plus tard. Les randonneurs de Tourisme, loisir et culture de Montreuil s’associeront à des manifestations naturalistes proposées par BNEV, Le jardin des Couleurs et le sens de l’Humus (Estivales de la permaculture) le samedi 25 juin.

Notez bien ces dates sur votre agenda.

André Lantz, le 12 avril 2016

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Sorties proposées en Octobre 2015 by beaumonts

Proposition de visites et sorties en octobre 2015.

Notre collègue et ornithologue Thomas Puaud se propose d’organiser une visite au parc des Beaumonts pour y observer les oiseaux. Cette visite est prévue le Dimanche 11 octobre 2015.

Rdv : 9 h 15. Avenue Jean Moulin, à côté de la statue monumentale du calligraphe, au pied de l’escalier d’accès au parc des Beaumonts. Limité à 12 participants. Cette promenade ornithologique sera animée par Thomas Puaud.

Réservation obligatoire au plus tard le vendredi précédant l’activité avant 16 h auprès du service Environnement et Développement Durable de la Ville de Montreuil : 01 48 70 67 94 – environnement@montreuil.fr

Je vous signale également que l’exposition annuelle de champignons préparée par la Société Mycologique de France en partenariat avec la Ville de Paris se tiendra du vendredi 16 octobre après-midi au lundi 19 octobre au parc floral de Paris. Pavillon 18. Une conférence sur les champignons du bois de Vincennes aura lieu le samedi 17 après-midi. Une autre conférence sur les champignons comestibles ou vénéneux se tiendra le dimanche après-midi.

Voici quelques photos de champignons prises au parc des Beaumonts.

Le Coprin chevelu (Coprinus comatus) est une espèce très reconnaissable. Sa taille est d’environ une dizaine de cm. Le chapeau presque cylindrique dans la jeunesse, s’étale ensuite en cloche. Il est tout blanc et recouvert de mèches plus ou moins retroussées. Avec l’âge il devient déliquescent et noir. Il porte un petit anneau blanc. Il pousse plutôt dans l’herbe, sur les prés ou au bord des chemins. C’est un bon comestible quand le sol n’est pas pollué par les métaux lourds et les pesticides.

Coprin chevelu, Beaumonts, 13 août 2015, cliché André Lantz

Coprin chevelu, Beaumonts, 13 août 2015, cliché André Lantz

Les deux photos suivantes représentent un autre champignon qui parasite la Clématite (Clematis vitalba). Il s’agit de Aecidium clematidis.

rouille Aecidium clematidis sur clématite, Beaumonts, 12juin 2015, cliché André Lantz

rouille Aecidium clematidis sur clématite, Beaumonts, 12juin 2015, cliché André Lantz

Rouille Aecidium clematidis sur Clématite, Beaumonts, 12 juin 2015, cliché André Lantz

Rouille Aecidium clematidis sur Clématite, Beaumonts, 12 juin 2015, cliché André Lantz

Voici une courte explication concernant cet ordre fongique donnée par le mycologue Albert Péricouche:

La rouille est une maladie végétale due à des champignons microscopiques Basidiomycètes de l’ordre des Urédinales parasites des végétaux vasculaires. Le nom de rouille provient de l’existence de fructifications de couleur brun-orangé, coloration due à la présence de pigments caroténoïdes.
Il en existe plus de 6000 espèces qui sont pour la pluspart spécifiques d’hôtes déterminés.
Selon les espèces, le cycle évolutif nécessite le passage sur deux hôtes successifs et dans un sens bien déterminé (rouilles hétéroxènes ou hétéroïques) ou bien se déroule sur un hôte unique (rouilles monoxènes ou monoïques).
Au cours de ce cycle , il se forme des spores (5 formes de spores pour un cycle complet et désignées par stades 0,S,I,II,III) qui permettent l’extension de la rouille.

André Lantz, le 2 octobre 2015

 



Fin d’Hiver 2015 by beaumonts

Fin d’hiver 2015

Une nouvelle espèce de champignon a fait son apparition au parc Il s’agit du Lenzite des clôtures Gloeophyllum sepiarium. Comme son nom vernaculaire l’indique cette espèce saprophyte privilégie le bois ouvragé aux branches mortes ou souches mortes à terre. Il est donc souvent observé sur les bois de conifères constituant des clôtures ou des ouvrages (ponts, rambardes, clôtures…) dans les parcs et jardins. Il se développe donc le plus souvent dans des endroits secs et ensoleillés. Les fructifications se forment surtout dans les fissures et ont une consistance de liège.On reconnaîtra assez facilement cette espèce par la forme toute en longueur assez particulière de ses fructifications souvent alignés, imbriqués, et couverts de poils rudes sur la face supérieure brunâtre, la face inférieure qui produit les spores est lamellée et forme quelques labyrinthes. La marge du sporophore est beaucoup plus claire que le reste de la fructification.

Lenzite des clôtures, 11 février 2015, cliché André Lantz

Lenzite des clôtures, 11 février 2015, cliché André Lantz

D’autres champignons passent le plus souvent inaperçus, surtout quand ils sont de petite taille. C’est le cas d’un ascomycète qui se développe sur le tiges d’orties mortes de l’an passé (Urtica dioica). Le nom latin est Leptosphaeria acuta (littéralement petite sphère pointue). Les fructifications noires d’environ 0,5mm forment à la base un début de sphère qui est surmontée d’une partie conique. Si le champignon est très petit, les spores sont grandes et peuvent atteindre 60µm.Cette espèce se rencontre de février à avril.

Leptosphaeria acuta sur tige d'Ortie, 6 mars 2015, cliché André Lantz

Leptosphaeria acuta sur tige d’Ortie, 6 mars 2015, cliché André Lantz

 

spore de Leptosphaeria acuta, 6 mars 2015, cliché André Lantz

spore de Leptosphaeria acuta, 6 mars 2015, cliché André Lantz

Les premiers jours ensoleillés ou la température remonte on peut aussi observer les premiers diptères qui sortent. Ce sont des insectes souvent plus précoces car ils peuvent sortir même lorsque les températures restent en dessous d’une dizaine de degrés.

Phaonia subventa fait partie de ces diptères. Le mâle et la femelle présentent tous les deux un abdomen jaune avec une bande longitudinale noir. Comme pour de très nombreuses espèces de diptères le mâle se caractérise par des yeux rapprochés alors que la femelle présente des yeux nettement séparés. Cette espèce n’est pas observée comme les syrphes sur les premières fleurs mais sur les troncs d’arbre bien exposés au soleil et à l’abri du vent.

Phaonia subventa mâle, 9 février, cliché André Lantz

Phaonia subventa mâle, 9 février, cliché André Lantz

Phaonia subventa femelle, 9 février 23015, cliché André Lantz
Phaonia subventa femelle, 9 février 23015, cliché André Lantz

Les premières coccinelles ont aussi fait leur apparition. Il s’agit de la coccinelle à 16 points Halyzia sedemcimguttata. C’est une espèce mycophage qui se nourrit des spores de champignons. Elle n’a donc pas besoin d’attendre l’émergence des premières colonies de pucerons pour sortir.

Coccinelle à 16 points, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Coccinelle à 16 points, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Elle passe l’hiver protégée sous les écorces des arbres ou dans d’autres abris. La couleur de fond orange est agrémentée par 8 points blancs sur chacune des deux élytres. Un alignement de 5 points près du bord interne des élytres et 3 points formant un triangle plus près du bord costal.

Le pronotum est marqué par 3 taches jaune. Enfin les deux yeux noirs assez volumineux pour une coccinelle sont disposé sur la tête extérieurement aux antennes. Les bords costaux des élytres et du pronotum sont translucides.

La majorité des coccinelles se trouvent encore sur les troncs entre les écorces, d’autres se cachent sous des feuilles vertes de lierre ou de plantes à feuilles persistantes. Quelques unes à la face supérieure.

coccinelles à 16 points disposées entre les écorces, 1 mars 2015, cliché André Lantz

coccinelles à 16 points disposées entre les écorces, 1 mars 2015, cliché André Lantz

Dans le cliché ci-dessous les coccinelles sont disposées sur des feuilles de Pyracantha. Les feuilles présentent des taches claires. En fait le parenchyme de la feuille est consommé par une chenille mineuse du genre Phyllonorycter.

Coccinelles à 16 ponts sur feuilles minées, 1 mars 2015, cliché André Lantz
Coccinelles à 16 ponts sur feuilles minées, 1 mars 2015, cliché André Lantz

La chenille qui mesure environ 3 mm à l’état adulte a été photographiée dans sa feuille mais par transparence ce qui fait ressortir ses principaux traits qui confirment bien cette espèce.

chenille dans sa feuille de P. leucographella, 13 mars 2015, cliché André Lantz

chenille dans sa feuille de P. leucographella, 13 mars 2015, cliché André Lantz

Ce genre se compose d’une centaine d’espèces en France. Les microlépidoptères adultes ont des ailes allongées ne mesurant pas plus de 3 à 6 mm. Les ailes antérieures sont assez colorées et marquées par des motifs en strie d’écailles claires et sombres. Il est parfois plus facile de déterminer l’espèce par la forme de la mine creusée par la chenille et la connaissance de la plante hôte que par les dessin des ailes.

Phyllonorycter leucographella, 19 avril 2014, cliché André Lantz
Phyllonorycter leucographella, 19 avril 2014, cliché André Lantz

Phyllonorycter leucographella est une espèce qui se développe sur les rosacées et particulièrement sur les Pyracantha. Différents auteurs indiquent que les mines se trouvent à la face inférieure des feuilles. Au parc des Beaumonts et dans d’autres localité d’Île de France j’ai toujours observé les mines sur la surface supérieure des feuilles.

Les adultes émergent en général au mois d’avril.

Les Cicadelles (Homoptères) sont des petits insectes piqueurs et suceurs de sève. Ils sautent avant de s’envoler. Zygina flammigera est une espèce commune assez facile à identifier, ce qui n’est pas toujours le cas des Cicadelles. Elle se caractérise par un motif rougeâtre formant des dessins sur les élytres. On peut l’observer toute l’année mais la détermination nécessite quand même une loupe car elle ne mesure qu’environ 3 mm à l’état adulte.

Ciccadelle Zygina flammigera, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Ciccadelle Zygina flammigera, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Zygina flammigera, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Zygina flammigera, 11 mars 2015, cliché André Lantz

D’autres cicadelles vertes du genre Empoasca peuvent se débusquer facilement dans la végétation. Ce sont des espèces qui ne peuvent être distinguées sans préparation microscopique.

Empoasca sp, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Empoasca sp, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Nous n’avons pas lors d’une sortie nocturne fin février observé de batraciens venant pondre dans les mares. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de ce retard ou du moins grand nombre de batraciens cette année : climat, alimentation de la mare perchée et du ru pas encore mise en service, travaux importants de tronçonnage et de dessouchage dans la friche où séjournent les batraciens cachés pour la saison d’automne et d’hiver qui a pu détruire un nombre important d’adultes.

Cependant nous avons pu photographié plusieurs pontes de la grenouille rousse (Rana temporaria). Cette grenouille est la plus répandue d’ Europe. La femelle pond de plusieurs centaines à queques milliers d’oeufs bicolores qui forment des amas gélatineux. A la différence de la genouille verte, grenouille agile et rainette où les œufs sont immergés, ceux de la grenouille rousse flottent à la surface.

ponte de grenouille rousse, 5 mars 2015, cliché André Lantz

ponte de grenouille rousse, 5 mars 2015, cliché André Lantz

André Lantz le 10 mars 2015.



Quelques nouvelles images automnales by beaumonts

Quelques nouvelles images automnales

Grâce aux observations très matinales de notre collègue ornithologue David Thorns, La présence du Renard roux (Vulpes vulpes) a pu être photographiée. Sa présence avait déjà été notée il y a plusieurs années mais nous ne l’avions pas revu durant ces dernières années. J’ai eu l’occasion d’en observer de jour dans le bois de Vincennes relativement proche.

Renard Roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Renard Roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Renard roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Renard roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Les araignées ont été particulièrement nombreuses en ce début d’automne. L’épeire diadème (Araneus diadematus) est l’espèce la plus commune au parc et dans la majorité des lieux proches des habitations. S’il est fort aisé de voir les femelles au milieu de la toile ou cachées dans la végétation à proximité, il est plus rare de pouvoir observer le mâle. Celui-ci est de taille plus modeste surtout au niveau de l’abdomen. Pour féconder la femelle il doit être très rapide et vigilant s’il ne veut pas se retrouver capturé et mangé par la femelle. La période d’approche, telle que j’ai pu l’observer dure de quelques minutes à une bonne dizaine de minutes. En général si la femelle est réceptrice, sa position n’est pas celle que l’on observe habituellement au centre de la toile, pattes étalées mais à environ mi distance entre le centre et la périphérie, pattes ramassées. Le mâle arrive lentement par la périphérie et utilise sa première paire de pattes pour émettre et recevoir les vibrations. Sa progression est de plus en plus lente au fur et à mesure qu’il s’approche de la femelle. Cette phase dure donc plusieurs minutes. l’accouplement ne dure qu’une à quelques secondes avant que le mâle ne fuit ou se laisse tomber.

Mâle d'Epeire diadème, face ventrale, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Mâle d’Epeire diadème, face ventrale, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Les photos suivantes illustrent le mâle en approche de la femelle ainsi que l’accouplement.

Couple d'Epeire diadème, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Couple d’Epeire diadème, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Le mâle est  à gauche sur la photo ci-dessus.

Accouplement d'Araneus diadematus, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Accouplement d’Araneus diadematus, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

La Méta d’Automne (Metellina segmentata) est commune en automne. Je l’ai déjà présentée sur le site lorsqu’elle était sur sa toile. Cette Méta se trouvait sur des graminées parmi la végétation basse.

Méta d'automne, Beaumonts, 4 septembre 2014, cliché André Lantz

Méta d’automne, Beaumonts, 4 septembre 2014, cliché André Lantz

Un nouvel insecte à fait son appariton au parc. Il s’agit de la pyrale du buis (Cydalima perspectalis). La forme la plus souvent rencontrée possède des ailes blanches légèrement irisées et bordées de noir.  Le thorax et l’abdomen de l’adulte sont blancs. L’extrémité abdominale est noirâtre.

Cette espèce invasive en Europe est originaire de Corée, du Japon et de Chine. Elle a été introduite accidentellement dans une importation de buis ornementaux en Allemagne en 2006. Elle s’est répandue progressivement vers l’ouest et le sud de la France. Les premiers exemplaires ont été aperçus en Île de France en 2012 et dans Paris on pouvait en rencontrer déjà facilement en 2013. En 2014 j’ai observé de nombreux imagos en ville aussi bien à Vincennes qu’à Montreuil. Ce lépidoptère nocturne, attiré comme les autres par les lumières se pose en effet facilement sur les murs des habitations où il y reste immobile en journée. Sa taille importante et sa livrée ne passe pas inaperçues. Il a été photographié au parc bien que les buis ne s’y trouvent pas, mais le cimetière n’est pas très loin.

Pyrale du buis (Cydalima perspectalis), Beaumonts, 19 Août 2014, cliché André Lantz

Pyrale du buis (Cydalima perspectalis), Beaumonts, 19 Août 2014, cliché André Lantz

Cette espèce se trouvait aussi à la même époque au parc floral de Paris. La chrysalide est mise ici en évidence après avoir déplié des feuilles de buis qui avaient été fermées pour protéger la chenille avant sa nymphose.

Chrysalide de la pyrale du buis, Parc floral, 15 septembre 2014, cliché André Lantz

Chrysalide de la pyrale du buis, Parc floral, 15 septembre 2014, cliché André Lantz

Lors d’une nuit d’observation en septembre des lépidoptères à Montfermeil  (Seine-Saint-Denis) nous avons compté pas moins d’une vingtaine d’imagos attirés par la lampe. Si la forme blanche y était particulièrement majoritaire, la forme foncée (il ne reste que la tache discale de l’aile antérieure qui est blanche) était représentée par 3 individus. Cette espèce peut admettre trois générations dans une année. On dit alors que l’espèce est trivoltine.

Forme sombre de la pyrale du buis, attirée par la lumière, Le Sempin à Montfermeil, 12 septembre 2014, cliché André Lantz

Forme sombre de la pyrale du buis, attirée par la lumière, Le Sempin à Montfermeil, 12 septembre 2014, cliché André Lantz

Les dégâts occasionnés sur les buis sont importants.

Un nouveau champignon a fructifié cet automne près de la mare perchée. Il s’agit de l’Inocybe doux-amer (Inocybe dulcamara). C’est un assez petit champignon dont le chapeau ne dépasse pas 4 à 5 cm de diamètre. Il est très feutré de couleur brun-roux. Les lames émettent en les froissant une légère odeur de miel. Sa saveur est douce ou un peu amère. Il est toxique. Il y en avait plus d’une dizaine au même endroit. Vu son emplacement il est associé aux saules qui bordent la mare. Il pourrait cependant se retrouver sous d’autres feuillus.

Inocybe dulcamara, Beaumonts, 19 septembre 2014, cliché André Lantz

Inocybe dulcamara, Beaumonts, 19 septembre 2014, cliché André Lantz

La SMF organise comme chaque année une exposition de champignons au Parc Floral de Paris (situé à Vincennes) au pavillon 18 du vendredi après-midi 17 octobre au lundi après-midi 20 octobre.

Une conférence sur les champignons du bois de Vincennes aura lieu le samedi 18 vers 15 heure et une autre sur la toxicité des champignons le dimanche 19 à la même heure. L’entrée du marc floral et de l’exposition est gratuite. Venez nombreuses et nombreux à cette exposition.

 

André Lantz le 1er octobre 2014.

 



Plantes, insectes et champignons de l’été 2013 by beaumonts

Plantes, insectes et champignons de l’été 2013.

 Avec Thierry Laugier nous avons eu le plaisir de retrouver l’orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis L.)Une dizaine de pieds ont donné une hampe florale vers la mi-juin. La pluie et les températures basses en mai et juin ont décalé la floraison de quinze jours à trois semaines par rapport aux autres années.

Orchis pyramidal, 8 juin 2013, cliché André Lantz

Orchis pyramidal, 8 juin 2013, cliché André Lantz

L’ophrys abeille (Ophrys apifera Huds.) a fleuri aussi à la mi-juin. Les plantes étaient bien cachées dans la végétation ambiante.

 

Ophrys abeille, 18 juin 2013, cliché A. lantz

Ophrys abeille, 18 juin 2013, cliché A. lantz

Une nouveauté pour le parc : le muscari à toupet (Muscari comosum (L.)Mill). C’est une plante calcicole, elle est rare en Seine-Saint-Denis.

 

Muscari à toupet, 8 juin 2013, cliché A. Lantz

Muscari à toupet, 8 juin 2013, cliché A. Lantz

Parmi les espèces protégées d’insectes en île de France j’ai pu voir à nouveau le Flambé (Iphiclides podalirius L.) voler au parc le 20 août.

Plusieurs individus du conocéphale gracieux (Ruspolia nitidula (Scopoli)) se trouvaient dans les prairies. Cette espèce a  également été observée cette année sur les coteaux d’Avron et à Montfermeil.

Conocéphale gracieux, 28 août 2013, cliché A. Lantz

Conocéphale gracieux, 28 août 2013, cliché A. Lantz

Un imago de petite tortue (Aglais urticae L.) butinait les fleurs des arbres du père David ou arbres à papillons (Buddleja davidii Franch) au début du mois d’août. Il est à noter qu’elle n’avait pas été revue au parc depuis 2006. Le nom commun donné à ce papillon provient de l’allusion aux motifs des ailes qui rapellent les écailles de certaines tortues (Réaumur , 1734). Le nom de genre latin est synonyme de beau en grec. Le nom de l’espèce fait référence à l’ortie,  plante hôte de la chenille.

petite tortue, 2 août 2013, cliché A. Lantz

petite tortue, 2 août 2013, cliché A. Lantz

 

petite tortue, 2 août 2013, cliché A. Lantz

petite tortue, 2 août 2013, cliché A. Lantz

Enfin signalons quelques champignons qui n’avaient pas encore été observés au parc :

 

Le mois de juin ayant été particulièrement pluvieux, des champignons se sont développés au détriment des graminées.

Epichloe typhina est un ascomycète qui provoque la quenouille des graminées. Il forme un manchon entourant les tiges de graminées qui s’étend sur une longueur de 2 à 3 cm.

Au départ la couleur est blanc-crème puis devient jaune, voir jaune orangé à la maturité. La présence de ce champignon arrête la croissance de la plante. Des diptères pourraient aider à sa dispersion.

Epichloe typhina, 25 juin 2013, cliché A. Lantz

Epichloe typhina, 25 juin 2013, cliché A. Lantz

Son abondance cette année a donné l’occasion de le trouver dans de nombreuses localités de l’ile de France.

Les périthèces colorés en orange sur le fond jaune sont visibles sur ce cliché. Les ascospores sortent de ces périthèces.

 

Epichloe typhina, Valmondois, 15 juin 2013, cliché A. Lantz

Epichloe typhina, Valmondois, 15 juin 2013, cliché A. Lantz

Le polypore du Frêne (Perenniporia fraxinea) demande plusieurs années pour grandir sur les troncs vivants de Frêne (Fraxinus excselsior L.). C’est un parasite qui condamne l’arbre au dépérissement.

 

Polypore du frêne, 2 février 2013, cliché A. Lantz

Polypore du frêne, 2 février 2013, cliché A. Lantz

Le retour de la pluie après un mois d’août ensoleillé et sec est propice à la sortie des sporophores de champignons. Le mulch (copeaux de branches d’arbres) est un bon vecteur de propagation de certaines espèces. Le mycélium s’y développe plus facilement que sur un arbre mort car la surface de contact est accrue et la matière se décompose plus rapidement.

Les Agrocybes se caractérisent par des lames qui brunissent lors de la maturation des spores.

Certains possèdent un anneau qui peut être fugace, d’autres n’en possèdent pas.

Agrocybe rivulosa est doté d’un anneau. Le chapeau est crème jaunâtre. La cuticule est visqueuse par temps humide mais qui devient sèche et qui peut être brillante par temps ensoleillé comme le montre la photo. On le trouve souvent en petits groupes. Certains beaux spécimens ont atteint une taille de vingt centimètres de haut.

Agrocybe rivulosa, 30 août 2013, cliché A. Lantz

Agrocybe rivulosa, 30 août 2013, cliché A. Lantz

Agrocybe rivulosa, 30 août 2013, cliché A. Lantz

L’hygrophore conique (Hygrocybe conica) est un joli champignon rouge. Il réapparait si les pluies sont abondantes. Cette espèce avait déjà fructifié au même endroit l’an passé.

 

Hygrophore conique, 20 septembre 2013, cliché A. Lantz

Hygrophore conique, 20 septembre 2013, cliché A. Lantz

L’exposition annuelle de champignons organisée conjointement par la Société Mycologique de France et la Ville de Paris se tiendra du vendredi après-midi 11 octobre au lundi soir 14 octobre au parc floral de Paris, salon 18.

 Affiche Champignons parc floral, DSC_0423

Venez nombreux la visiter. Les entrées du parc floral et du salon d’exposition sont gratuites.

André Lantz, le 26 septembre 2013

 

 

 



Champignons hivernaux by beaumonts

Champignons hivernaux.

Certains champignons s’observent toute l’année, mais ils sont en meilleur état lorsque le temps est humide. Cette année la douceur et la pluie ont été propices à leur développement en ce début d’hiver.

Les auriculaires (forme d’oreille) sont des espèces gélatineuses ne possédant ni lames comme les agarics, ni tubes comme les bolets et ni pores comme les polypores. La surface libérant des spores désignée par hyménium est lisse ou plissée et dirigée vers la terre. Ce sont des champignons vivant sur les bois morts et parfois vivants.

 

L’oreille de judas (Auricularia auricula-judae) tire son nom de sa forme en coupe qui ressemble à une oreille. Comme elle affectionne particulièrement le sureau, arbre auquel Judas se serait pendu après sa trahison, on lui a donné le nom latin  d’auricula-judae. Ce champignon est consommé dans la cuisine asiatique sous le nom de champignon noir. Desséché il reprend son volume initial après immersion dans de l’eau.

Oreille de Judas, Décembre 2012,cliché Roland Paul

Oreille de Judas, Décembre 2012,cliché Roland Paul

 

Oreille de Judas, 1er Janvier 2013, cliché André Lantz

Oreille de Judas, 1er Janvier 2013, cliché André Lantz

L’auriculaire mésentérique (Auricularia mesenterica) s’étale sur le bois en une croûte assez épaisse et forme à son bord des chapeaux à face supérieure feutrée ou hirsute. La face inférieure est ridée ou plissée. On la rencontre dans plusieurs endroits du parc. Les chapeaux sont en général plus imposants sur les vieilles souches. L’exemplaire de la photo ci-dessous a été trouvé sur un arbre mort, et les dessins formés sur la face inférieure sont particulièrement remarquables.

Chapeaux d'Auriculaire mésentérique, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

Chapeaux d’Auriculaire mésentérique, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

 

Hyménium d'Auricularia mesenterica, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

Le Leptoglosse des mousses (Arrhenia spathulata) possède comme son nom l’indique un chapeau en forme de spatule mais qui peut aussi être en forme d’entonnoir. Sur l’hymenium les lames sont réduites à quelques plis. Ce champignon croît sur les mousses vivantes. C’est la première fois que ce champignon peu commun est observé au parc.

Leptoglosse des mousses (Arrhenia spathulata), 8 janvier 2013, cliché André Lantz

(Meottomyces dissumulans)  est un petit  champignon dont le chapeau mesure de 1 à 4 cm. La cuticule est visqueuse, striée au bord surtout sur les exemplaires âgés dont le chapeau est étalé. La couleur est plus foncée quand il est jeune et il présente alors des flocons blancs sur la marge. Le pied de couleur ocre clair est parsemé de fibrilles blanchâtres. Il est arqué et greffé sur les feuilles mortes. Cette espèce peu courante n’avait pas encore été observée au parc. Le nom d’espèce dissimulans = déguisé = ressemblant lui va bien car à première vue il se confond avec d’autres espèces plus ou moins ressemblantes. De plus le nom de genre de cette espèce a souvent été modifié.

 

Meottomyces dissimulans, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

La photographie microscopique suivante à un grossissement de 1000 (une division élémentaire du réticule correspons à 1 micromètre montre l’arête d’une lame. On distingue sur la droite plusieurs basides dont une est encore en possession de ses quatre spores. Les articles plus grands sont des cheilocystides.

Photo microscopique des basides et cheilocystides de Meottomyces dissimulans, cliché André Lantz

Photo microscopique des basides et cheilocystides de Meottomyces dissimulans, cliché André Lantz

La collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) a déjà été illustrée dans la précédente note du début décembre 2012. Ce champignon hivernal ne craint pas la neige, comme on peut l’observer sur la photo suivante.

Collybie à pied velouté (Flammulina velutipes), 19 janvier 2013, cliché André Lantz

Collybie à pied velouté (Flammulina velutipes), 19 janvier 2013, cliché André Lantz

Ajoutons quelques photos du parc récemment enneigé.

Ci-dessous la Massette (Typhula angustifolia) n’a pas encore libéré ses fruits.

Massette sous la neige, 19 janvier 2013, cliché André Lantz

Massette sous la neige, 19 janvier 2013, cliché André Lantz

La vieille souche s’offre un manteau de neige dans la partie boisée.

 

Souche sous la neige, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

Souche sous la neige, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

 

Le Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) s’accroche aux phragmites de la mare perchée tandis que la neige continue de tomber.

rouge-gorge familier, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

rouge-gorge familier, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

 André Lantz  le 21 janvier 2013



Champignons montreuillois automnaux by beaumonts

Champignons automnaux montreuillois; illustrations de Roland Paul & André Lantz

 

Les pluies tardives et la douceur de ces mois d’octobre et novembre ont été propices à la fructification de champignons. Rappelons que sur le plan trophique les champignons se répartissent en général en trois groupes :

 – Les saprophytes utilisent pour leur croissance de la matière organique en décomposition (feuilles mortes, bois mort, herbes en décomposition…)

– Les mycorhiziques ou mycorhiziens sont en symbiose par leur mycélium avec des végétaux dont une grande quantité d’espèces d’arbres.

– Enfin les parasites vivent aux dépens d’un autre être vivant (végétal, animal, ou autre champignon).

L’essentiel des champignons rencontrés aux Beaumonts sont saprophytes. En effet les érables, marronniers, robiniers qui constituent la majorité des grands arbres du parc ne sont pas ectomycorhiziques (les champignons de taille allant de quelques cm à  plus d’une dizaine de cm dont le mycélium vient entourer extérieurement les radicelles de l’arbre). Dans un dernier article j’avais illustré un champignon parasite. Le polypore soufré. Dans cette note figureront les champignons saprophytes et mycorhiziens.

Débutons par quelques-uns des champignons saprophytes du Parc des Beaumonts.

La Bolbitie jaune d’œuf  (Bolbitius titubans), (le terme grec et latin Bolbitius peut se traduire par bouse de vache),  possède un chapeau conique souvent visqueux, au début entièrement jaune, puis étalé de couleur beige à centre jaune en vieillissant. Il se rencontre dans les pelouses sur les herbes pourrissantes. Il n’avait pas encore été observé aux Beaumonts.

Bolbitie jaune d'oeuf, 16 octobre 2012, cliché André Lantz

Bolbitie jaune d’oeuf, 16 octobre 2012, cliché André Lantz

 La crépidote à spores sphériques (Crepidotus cesatii) est un petit champignon sans pied attaché par le dessus du  chapeau à son support. Cette partie du chapeau est blanche, veloutée et finement feutrée vers le point d’insertion. Les lames sont relativement espacées, blanches et crèmes dans la jeunesse puis beige saumonée ou ocre à maturité. On la rencontre souvent sur les branches de bois de feuillus ou de ronces lorsque ces dernières sont bien imbibées d’eau. Si le manque d’eau apparait, ces champignons n’atteignent pas à leur taille définitive et se dessèchent rapidement. On peut aussi les trouver à d’autres saisons si les conditions de température et hygrométrique sont remplies.

 

Crépidote à spores ronde, vue des lames, 24 novembre 2012, cliché André Lantz

Crépidote à spores ronde, vue des lames, 24 novembre 2012, cliché André Lantz

 

Crépidote à spores rondes, vue de dessus, 21 novembre 2012, cliché André Lantz

Crépidote à spores rondes, vue de dessus, 21 novembre 2012, cliché André Lantz

 

La collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) est dotée d’un chapeau visqueux jaune orangé dans la jeunesse. La coloration devient ensuite plus foncée. Au début de la pousse les lames sont blanc-crème puis deviennent beige en vieillissant. Le pied est caractéristique: il est entièrement velouté, jaune au début puis ocre ensuite. La base du pied toujours plus foncée devient brun noirâtre à maturité. Cette collybie ne se trouve jamais isolée mais en touffe plus ou moins dense, greffée sur les bois morts de feuillus. Cette espèce fructifie aussi après les gelées et en hiver. Elle s’observe chaque année au parc.

Le premier cliché montre une jeune touffe de cette belle espèce.

 

Collybie à pied velouté, novembre 2012, cliché Roland Paul

Collybie à pied velouté, novembre 2012, cliché Roland Paul

La photo suivante illustre les lames claires contrastant avec l’extrémité du pied.

 

Collybie à pied velouté, Novembre 2012, cliché André Lantz

Collybie à pied velouté, Novembre 2012, cliché André Lantz

La schizophylle commune (Schizophyllum commune) tient son nom du dédoublement de ses lames de couleur brun-rosé typiquement refendues en gouttière sur l’arête. Le dessus du chapeau est en général blanc-gris feutré et hirsute (recouvert par de nombreux poils assez longs) et possède en général un bord lobé. Cette espèce assez commune se rencontre sur les bois morts de feuillus. On peut aussi la trouver sur des arbres vivants ou blessés. Elle possède la propriété d’être reviviscente (des exemplaires desséchés ont la possibilité de reprendre vie quand ils sont à nouveau hydratés, même après plusieurs années). Cette espèce commune a déjà été répertoriée aux Beaumonts.

 

Schizophylle commune, Novembre 2012, cliché Roland Paul

Schizophylle commune, Novembre 2012, cliché Roland Paul

Schizophylle commune, vue des lames, 28 novembre 2012, cliché André Lantz

Schizophylle commune, vue des lames, 28 novembre 2012, cliché André Lantz

Certains champignons ne possèdent ni un chapeau avec des lames comme les Agarics ni un chapeau avec des tubes comme les bolets. Les Clavaires (Clava en latin se traduit par massue) constituent un groupe de champignons allongés et renflés.

La clavaire filiforme (Macrotyphula filiformis) est assez caractéristique mais peut passer souvent inaperçue. Ce champignon est d’une couleur jaune-ocre clair uniforme. Sa longueur va de quelques cm à plus d’une dizaine de cm. Par contre la fructification est très étroite de 1 à 2 mm. On le trouve souvent en troupe sur les feuilles mortes qui pourrissent. C’est la première fois qu’il est observé dans le parc.

Clavaire filiforme, 10 novembre 2012, cliché André Lantz

Clavaire filiforme, 10 novembre 2012, cliché André Lantz

Le mulch (éclats ou broyats de bois utilisés dans les parterres ou les bacs) à la Croix de Chavaux a favorisé l’installation d’un joli champignon rouge. Anciennement désigné par Strophaire orangé ou Hypholome orangé, il porte depuis 2008 l’appellation binominale Leratiomyces ceres. Il se caractérise par la couleur rouge brique de son chapeau dont la marge possède des flocons blanc jaunâtre dans la jeunesse, par un pied blanc puis ocre, avec quelquefois une zone annulaire sombre de cortine. Les lames prennent une teinte noirâtre de la couleur des spores en vieillissant. On le trouve dans les parcs et les jardins, sur la sciure ou dans les paillis et mulch des massifs. Cette espèce considérée comme rare ne se trouvait encore il y a quelques années que dans la moitié sud de la France. Elle est apparue il y a environ 4 à 5 ans dans le sud de l’Île de France. Elle remonte donc progressivement cers le Nord.

Les exemplaires récoltés étaient déjà desséchés.

 

"strophaire" orangé, 26 novembre 2012, cliché André Lantz

« strophaire » orangé, 26 novembre 2012, cliché André Lantz

Les exemplaires frais suivants ont été photographiés près de Nantes.

 

"strophaire" orangé, la Pierre attelée, 4 novembre 2009, cliché André Lantz

« strophaire » orangé, la Pierre attelée, 4 novembre 2009, cliché André Lantz

Présentons maintenant quelques champignons mycorhiziens.

La parcelle 343 des anciens murs à pêches est restée sans intervention humaine depuis environ 40 ans. Si le sous-sol est un peu marneux comme celui des Beaumonts, des arbres  comme les bouleaux, les trembles, les saules et quelques chênes ont pu s’y installer. Les robiniers y sont heureusement peu nombreux ! De plus, conditions favorables à certains champignons, les sols ne sont ni tassés par le piétinement ni enrichis par les déjections canines et humaines. Quelques champignons symbiotiques avec les arbres se plaisent dans ce milieu.

Parmi eux la Russule décolorée (Russula exalbicans) est inféodée aux bouleaux. Le mot  russule a son origine latine russus qui veut dire roux. Beaucoup de russules possèdent une cuticule rouge. La couleur du chapeau de la russule décolorée est très variable. Elle peut aller du rouge au blanc en passant par le rose.

Russule décolorée, 27 octobre 2012, cliché André Lantz

Russule décolorée, 27 octobre 2012, cliché André Lantz

Les Tricholomes (du grec tricho = cheveu et loma = frange), littéralement champignon à chapeau à bord chevelu ou frangé, sont aussi associés aux arbres. Le tricholome jaunissant (Tricholoma scalpturatum) se rencontre sous divers feuillus et conifères. Il était également particulièrement abondant dans le bois de Vincennes en octobre et novembre. Le nom de l’espèce a été donné à cuse des lames qui jaunissent à la blessure.

 

Tricholome jaunissant, 27 octobre 2012, cliché André Lantz

Tricholome jaunissant, 27 octobre 2012, cliché André Lantz

Une espèce d’Inocybe décrite en 1988 de la zone alpine a été observée pour la première fois en Île de France dans cette parcelle. Les inocybes forment un groupe de champignons particulièrement ardu .L’étymologie provient du grec Ino= fibre et Cybe = tête soit chapeau fibrilleux. Ces champignons sont souvent toxiques car ils possèdent de la muscarine. L’inocybe de Patouillard (Inocybe patouillardii) est très toxique voir mortel.

Les caractères microscopiques et macroscopiques ont été étudiés par Patrice Lainé, un collègue de la Société Mycologique de France qui connait bien ce genre ont conduit à Inocybe leucoloma (littéralement  Inocybe à marge blanche). J’espère que cette belle espèce fructifiera encore l’an prochain.

 

Inocybe " à marge blanche", 17 octobre 2012, cliché André Lantz

Inocybe  » à marge blanche », 17 octobre 2012, cliché André Lantz

 

 André Lantz le 30 novembre 2012.