Beaumonts nature en ville


Biodiversité au Parc des Beaumonts by beaumonts
  1. Les Naturalistes du parc des Beaumonts ont déjà signalé par le passé les difficultés inhérentes à la gestion du lieu, pourtant classé Natura 2000 dans la directive « Oiseaux ».  Nous avons envoyé une lettre à la mairie de Montreuil ainsi qu’au Comité de pilotage (COPIL) du site départemental Natura 2000. A ce jour nous n’avons reçu que la réponse du COPIL Natura 2000 qui propose une réunion devant se tenir en mai 2017. Nous n’avons rien reçu des édiles de Montreuil.

Voici la lettre qui a été envoyée:

Le 7 mars 2017,

La gestion du parc des Beaumonts

A l’intention des membres de la municipalité de Montreuil (93) et des responsables du COPIL du site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis

Pour la municipalité de Montreuil :

M. Patrice Bessac, maire de Montreuil

M. Ibrahim Dufriche-Soilihi1er Adjoint délégué à la transition écologique et nature en ville

Le parc des Beaumonts fait partie des quinze entités réunies dans le site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis.

La municipalité de Montreuil bénéficie à ce titre d’un parc classé de la directive « Oiseaux  » du réseau Natura 2000. Elle a donc l’obligation de gérer et d’entretenir le site afin de conserver ou d’améliorer la biodiversité présente.

La gestion du parc certes a été remise (dans quelle mesure ?) à l’intercommunalité, mais nous n’avons jamais été contactés à ce niveau et nous ne savons pas qui est responsable du suivi des Beaumonts.

Nous pensons en tout état de cause que la municipalité ne peut tout simplement pas se désintéresser du parc, dont elle souhaiterait par ailleurs, semble-t-il, le « rapatriement ». Elle peut (nous pouvons) intervenir vis-à-vis de l’agglomération.

Les naturalistes de Beaumonts-Nature en Ville signataires de cette lettre sont en effet loin d’être satisfaits de la gestion du parc. Ils ne sont pas consultés en amont sur les projets de travaux qui sont effectués sur le site et les méthodes de gestion utilisées.

Nous voudrions soulever des questions qui relèvent tant de la gestion courante du parc que d’interventions spécifiques plus « lourdes » (du type aménagement de la friche centrale ou de la mare perchée).

Gestion courante

Ne prenons que deux exemples parmi bon nombre d’autres.

Nous avions signalé en 2016 que la non-remise en eau, en temps voulu, des mares perchée et du milieu avait un impact sur les amphibiens. En ce début de mars 2017, nous nous retrouvons dans une situation encore pire liée à la sécheresse de cet hiver, qui n’est qu’imparfaitement corrigée par l’actuelle vague de pluie.

Tous les saules bordant la mare perchée ont été ébranchés ; nous aurions proposé que certains soient « épargnés » pour les insectes qui sont inféodés à cette essence et pour le déplacement de passereaux. Par ailleurs, toute la roselière nord a été rasée de près. Nous aimerions savoir pourquoi, alors que, même sèche, elle a un rôle de protection très important. Elle ne repoussera que tard en saison, bien après l’arrivée ou la date d’installation d’oiseaux nicheurs. Il est à craindre, par exemple, que la rousserolle effarvatte ne niche pas cette année, si la roselière sud ne lui suffit pas.

Nous ne disons pas que tout est mal fait, tant s’en faut ; mais que la concertation en amont est utile, nécessaire. Nous reconnaissons volontiers qu’un effort notable a été consenti par les responsables sur le terrain pour prendre en compte les conditions particulières de gestion d’un tel site : éviter de faucher certaines parcelles, en faucher d’autres suffisamment tôt pour ne pas contrarier la reproduction (notamment des insectes et araignées), utiliser les branchages coupés pour créer des abris pour la faune…

Interventions « lourdes »

Nous avons pu suivre l’aménagement de la friche centrale, ce qui était une bonne chose. Il n’en est plus de même, alors que l’objectif (une prairie fleurie) n’a pas été atteint l’année dernière. Nous espérons que les coupes récentes aideront en 2017 à en reconstituer une, mais nous aimerions connaître l’avis des services des espaces verts sur ce qui a marché comme prévu, après l’aménagement, et ce qui ne l’a pas.

La question des prises de décision concernant la mare perchée est pour nous particulièrement inquiétante. Nous avons participé aux études initiales sur le nouvel aménagement de la mare, conduisant à la définition d’un projet qui aurait représenté un progrès réel. Tout a depuis été remis en cause sans que nous n’en soyons jamais informés. Les coûts seraient prohibitifs. Nous ne savons pas si des subventions (projet Natura 2000) ont été demandées, à qui, et pourquoi elles auraient été refusées. Nous ne savons pas plus quel « plan B » est envisagé pour la mare perchée en particulier et la zone humide en général. Car si le « plan A » est véritablement abandonné, il faut bien un « plan B », n’est-ce pas ?

Le Conseil Scientifique du parc des Beaumonts qui avait été créé à notre demande ne s’est plus réuni depuis le départ de Didier Gleyzes en 2013.

Nous considérons que le rôle du conseil scientifique est de discuter en amont des projets de travaux sur le parc, en tenant compte des contraintes techniques, mais aussi des avis des naturalistes. Ce conseil n’a pas pour vocation d’être une simple chambre d’enregistrement, mais d’un lieu où sont envisagées des interventions qui seront mises en application en fonction des avis étayés éventuellement par des études scientifiques pour améliorer la biodiversité.

Nous nous adressons aujourd’hui à la mairie et au copil Natura 2000 du département de Seine-Saint-Denis et nous souhaitons qu’elle fasse part de notre inquiétude à l’Intercommunalité.

Bien à vous,

Des naturalistes de BNEV :

Pierre Rousset; André Lantz; Thierry Laugier; Thomas Puaud; Alexis Martin; David Thorns.

2. Quelques inventaires viennent d’être publiés concernant l’avifaune et l’entomofaune des Beaumonts.

Vous pourrez retrouver les oiseaux qui ont été observés au parc ou en survol par  David Thorns avec la traduction française assistée par Isabelle Merle, sur son site à l’adresse suivante < http://www.skutchia.com/annualreport2016-fra >

Un inventaire des Lépidoptères du parc des Beaumonts, reprenant les données d’observations entre 2009 et 2016 est paru dans le n° 37 de la revue Oreina (Les papillons de France) en mars 2017. Cet article n’est pas encore en ligne sur le site de cette revue. Nous atteignons presque un chiffre de 300 espèces déterminées sur le site. Une comparaison avec les sites des coteaux d’Avron et les Jardin du MNHN de Paris termine cette étude. Vous pouvez le consulter ici

3. Voici quelques images d’insectes prises cette année.

L’azuré des Nerpruns (Celastrina argiolus) est un petit  papillon bleu clair qui préfère souvent les sous-bois aux prairies trop vivement ensoleillées.

Azuré des Nerpruns, Beaumonts le 25 mars 2017, cliché André Lantz

Cet imago est en train de pomper les gouttes d’eau disposées sur le feuilles de Ficaire.

Le collier de corail (Aricia agestis) a été très précoce cette année. Habituellement on ne le voyait voler qu’à partir de juin.

Collier de corail, Beaumonts, 21 avril 2017, Cliché André Lantz

Cet imago est en train de butiner les fleurs de Passerage.

L’aurore (Anthocharis cardamines) est très régulière au parc et s’observe chaque année au début avril. Cette année les premiers imagos ont été observés dès la fin mars.

Aurore mâle, Beaumonts le 7 avril 2017, cliché André Lantz

L’Adèle Nematopogon swammerdamella est blonde et les ailes antérieures sont finement réticulées. L’imago sort habituellement en avril. Plusieurs adultes ont été notés en avril 2017.   la photo ci-dessous montre la face ventrale de l’imago.

Nematopogon swammerdamella Beaumonts, 13 avril 2017 cliché André Lantz

Sur la suivante on peut  distinguer l’aile antérieure qui recouvre la postérieure et la présence d’une fine réticulation.

Nematopogon swammerdamella, de profil, face dorsale, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

L’adèle de Réaumur (Adela reaumurella) est d’un joli vert métallique. Les mâles aux longues antennes volettent au soleil en essaim au dessus de la végétation arbustive, tandis que les femelles aux antennes plus courtes restent souvent posées dans la végétation basse. Il est rare de pouvoir photographier une femelle en train de butiner comme sur ce cliché.

femelle de l’Adèle de Réaumur butinant une fleur d’Anthrisque, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Le temps parfois un peu frais de cette dernière période n’est pas un obstacle pour les observations de diptères qui sortent à des températures parfois inférieures à une dizaine de degrés.

Les syrphes se rencontrent aussi bien dans les parties boisées que les stations dégagées.  Ce Syrphe élégant (Epistrophe eligans)est caractérisé par un dimorphisme sexuel prononcé. La larve se nourrit de pucerons comme beaucoup d’autres espèces de Syrphe. Cette femelle est posée en sous-bois sur les Anthrisques.

Femelle d’Epistrophe eligans, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Ce joli syrphe de la photo suivante (Dasysyrphus albostriatus), en dehors de sa livrée jaune et noire, est caractérisé en particulier par deux bandes claires sur le thorax noir. Il se rencontre facilement sur les fleurs ou les herbes. Il n’avait pas encore été photographié sur le site.

Dasysyrphus albostriatus, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Les Bibions sont des diptères précoces de la famille des Bibionidae. Ils se caractérisent par leur teinte sombre, un abdomen assez large, des antennes courtes et une pilosité abondante. Les larves sont terricoles saprophages et peuvent se nourrir des racines de diverses plantes. Le Bibion le plus connu est la mouche de Saint-Marc (Bibio marcii) qui peut quelquefois pulluler. On peut souvent les observer en essaim au soleil au dessus des branches d’arbres ou arbustes. Lors du vol les pattes postérieures pendent vers le bas. Des adultes se trouvent également parmi la végétation surtout lorsqu’il ne fais pas encore suffisamment chaud. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Le mâle possède des yeux poilus de grande taille qui prennent pratiquement tout le volume de la tête, alors que ceux de la femelle sont nettement réduits. Ils sont apparus un peu en avance sur la saison ce printemps 2017.

mâle de Bibio marcii, sur une fleur de pommier, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

Un autre Bibio a été observé cette année au Parc des Beaumonts. Je l’avais déjà noté dans le Bois de Vincennes (Paris 12) en 2016. Il a aussi été trouvé au jardin des plantes par Axel Dehalleux qui a pu le déterminer. Il s’agit de Bibio anglicus. c’est une espèce de taille bien inférieure à la mouche de Saint- Marc.

Le dimorphisme sexuel est aussi particulièrement prononcé. Le mâle est noir avec de gros yeux et la femelle possède un abdomen jaune-orangé et un thorax rougeâtre. Voici la femelle posé dans la végétation.

Femelle de Bibio anglicus, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

 

Couple de Bibio anglicus, Bois de Vincennes (Paris 12), 18 avril 2017, cliché André Lantz

Voici un couple de cette espèce photographié au Bois de Vincennes. Le mâle noir est à gauche et la femelle à droite.

Parmi les libellules, le leste brun ou brunette hivernale (Sympecma fusca) sort de sa torpeur aux premiers beaux jours. Contrairement aux autre libellules européennes, cette espèce hiberne à l’état imaginal. De part sa taille et sa coloration, cette petite espèce peut passer facilement inaperçue.

Femelle de Brunette hivernale, Beaumonts, 27 mars 2017, cliché André Lantz

 

André Lantz le 25 avril 2017



Quelques nouvelles images automnales by beaumonts

Quelques nouvelles images automnales

Grâce aux observations très matinales de notre collègue ornithologue David Thorns, La présence du Renard roux (Vulpes vulpes) a pu être photographiée. Sa présence avait déjà été notée il y a plusieurs années mais nous ne l’avions pas revu durant ces dernières années. J’ai eu l’occasion d’en observer de jour dans le bois de Vincennes relativement proche.

Renard Roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Renard Roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Renard roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Renard roux, Beaumonts, 16 septembre 2014, cliché David Thorns

Les araignées ont été particulièrement nombreuses en ce début d’automne. L’épeire diadème (Araneus diadematus) est l’espèce la plus commune au parc et dans la majorité des lieux proches des habitations. S’il est fort aisé de voir les femelles au milieu de la toile ou cachées dans la végétation à proximité, il est plus rare de pouvoir observer le mâle. Celui-ci est de taille plus modeste surtout au niveau de l’abdomen. Pour féconder la femelle il doit être très rapide et vigilant s’il ne veut pas se retrouver capturé et mangé par la femelle. La période d’approche, telle que j’ai pu l’observer dure de quelques minutes à une bonne dizaine de minutes. En général si la femelle est réceptrice, sa position n’est pas celle que l’on observe habituellement au centre de la toile, pattes étalées mais à environ mi distance entre le centre et la périphérie, pattes ramassées. Le mâle arrive lentement par la périphérie et utilise sa première paire de pattes pour émettre et recevoir les vibrations. Sa progression est de plus en plus lente au fur et à mesure qu’il s’approche de la femelle. Cette phase dure donc plusieurs minutes. l’accouplement ne dure qu’une à quelques secondes avant que le mâle ne fuit ou se laisse tomber.

Mâle d'Epeire diadème, face ventrale, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Mâle d’Epeire diadème, face ventrale, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Les photos suivantes illustrent le mâle en approche de la femelle ainsi que l’accouplement.

Couple d'Epeire diadème, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Couple d’Epeire diadème, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Le mâle est  à gauche sur la photo ci-dessus.

Accouplement d'Araneus diadematus, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

Accouplement d’Araneus diadematus, Beaumonts, 18 septembre 2014, cliché André Lantz

La Méta d’Automne (Metellina segmentata) est commune en automne. Je l’ai déjà présentée sur le site lorsqu’elle était sur sa toile. Cette Méta se trouvait sur des graminées parmi la végétation basse.

Méta d'automne, Beaumonts, 4 septembre 2014, cliché André Lantz

Méta d’automne, Beaumonts, 4 septembre 2014, cliché André Lantz

Un nouvel insecte à fait son appariton au parc. Il s’agit de la pyrale du buis (Cydalima perspectalis). La forme la plus souvent rencontrée possède des ailes blanches légèrement irisées et bordées de noir.  Le thorax et l’abdomen de l’adulte sont blancs. L’extrémité abdominale est noirâtre.

Cette espèce invasive en Europe est originaire de Corée, du Japon et de Chine. Elle a été introduite accidentellement dans une importation de buis ornementaux en Allemagne en 2006. Elle s’est répandue progressivement vers l’ouest et le sud de la France. Les premiers exemplaires ont été aperçus en Île de France en 2012 et dans Paris on pouvait en rencontrer déjà facilement en 2013. En 2014 j’ai observé de nombreux imagos en ville aussi bien à Vincennes qu’à Montreuil. Ce lépidoptère nocturne, attiré comme les autres par les lumières se pose en effet facilement sur les murs des habitations où il y reste immobile en journée. Sa taille importante et sa livrée ne passe pas inaperçues. Il a été photographié au parc bien que les buis ne s’y trouvent pas, mais le cimetière n’est pas très loin.

Pyrale du buis (Cydalima perspectalis), Beaumonts, 19 Août 2014, cliché André Lantz

Pyrale du buis (Cydalima perspectalis), Beaumonts, 19 Août 2014, cliché André Lantz

Cette espèce se trouvait aussi à la même époque au parc floral de Paris. La chrysalide est mise ici en évidence après avoir déplié des feuilles de buis qui avaient été fermées pour protéger la chenille avant sa nymphose.

Chrysalide de la pyrale du buis, Parc floral, 15 septembre 2014, cliché André Lantz

Chrysalide de la pyrale du buis, Parc floral, 15 septembre 2014, cliché André Lantz

Lors d’une nuit d’observation en septembre des lépidoptères à Montfermeil  (Seine-Saint-Denis) nous avons compté pas moins d’une vingtaine d’imagos attirés par la lampe. Si la forme blanche y était particulièrement majoritaire, la forme foncée (il ne reste que la tache discale de l’aile antérieure qui est blanche) était représentée par 3 individus. Cette espèce peut admettre trois générations dans une année. On dit alors que l’espèce est trivoltine.

Forme sombre de la pyrale du buis, attirée par la lumière, Le Sempin à Montfermeil, 12 septembre 2014, cliché André Lantz

Forme sombre de la pyrale du buis, attirée par la lumière, Le Sempin à Montfermeil, 12 septembre 2014, cliché André Lantz

Les dégâts occasionnés sur les buis sont importants.

Un nouveau champignon a fructifié cet automne près de la mare perchée. Il s’agit de l’Inocybe doux-amer (Inocybe dulcamara). C’est un assez petit champignon dont le chapeau ne dépasse pas 4 à 5 cm de diamètre. Il est très feutré de couleur brun-roux. Les lames émettent en les froissant une légère odeur de miel. Sa saveur est douce ou un peu amère. Il est toxique. Il y en avait plus d’une dizaine au même endroit. Vu son emplacement il est associé aux saules qui bordent la mare. Il pourrait cependant se retrouver sous d’autres feuillus.

Inocybe dulcamara, Beaumonts, 19 septembre 2014, cliché André Lantz

Inocybe dulcamara, Beaumonts, 19 septembre 2014, cliché André Lantz

La SMF organise comme chaque année une exposition de champignons au Parc Floral de Paris (situé à Vincennes) au pavillon 18 du vendredi après-midi 17 octobre au lundi après-midi 20 octobre.

Une conférence sur les champignons du bois de Vincennes aura lieu le samedi 18 vers 15 heure et une autre sur la toxicité des champignons le dimanche 19 à la même heure. L’entrée du marc floral et de l’exposition est gratuite. Venez nombreuses et nombreux à cette exposition.

 

André Lantz le 1er octobre 2014.

 



Insectes et Apiacées by beaumonts

Les plantes de la famille des Apiacées (anciennement désignée par Ombellifères à cause des capitules de fleurs réunis en ombelle) servent de nourriture (nectar et pollen) à de nombreux insectes. Certaines larves ou chenilles consomment les feuilles, fleurs ou graines, mais un grand nombre d’espèces viennent sur leurs fleurs pour consommer le nectar ou le pollen. Des prédateurs y sont aussi présents pour capturer leurs proies.

Les diptères sont très nombreux en espèces et en nombre, suivis par les hyménoptères. Les autres ordres d’insectes y sont présents mais en nombre plus faible d’adultes.

 Diptères :

Un très grand nombre d’espèces peuvent être observées durant la floraison des plantes. Je présenterai en premier les espèces de plus grande taille.

La volucelle zonée (Volucella zonaria) (Etymologiquement : Volucella = qui vole de manière légère et rapide et zonaria = zonée = avec des bandes) est une mouche qui fait partie des Syrphes. Sa taille imposante, sa coloration et son vol lui procure l’avantage de pouvoir être confondue avec le frelon européen (Vespa crabo) appartenant à l’ordre des hyménoptères.

Il s’agit comme pour d’autres syrphes d’un mimétisme batésien car l’adulte particulièrement inoffensif porte les couleurs et l’allure d’un insecte dangereux. Les prédateurs éventuels sont donc avertis (ou leurrés) par l’alternance des couleurs jaune et noire (ou orange et noir) de la toxicité ou de la dangerosité de l’insecte.

Les larves de la volucelle zonée se nourrissent de cadavres ou de restes dans les nids d’abeilles, de guêpes ou de frelons.

L’abdomen ne présente pas le rétrécissement caractéristique des hyménoptères, Les yeux sont très volumineux et les antennes courtes alors qu’elles sont plus développées chez les hyménoptères.

Au parc des Beaumonts on rencontre cette espèce butinant les fleurs d’Apiacées tels que la grande berce (Heracleum sphondylium L.) et le panais cultivé (Pastinaca sativa L.). On la trouve aussi sur le sureau yèble.

Les femelles se distinguent facilement des mâles par une bande jaune qui traverse le front séparant les deux yeux. Pour le mâle les yeux sont jointifs. Ce dimorphisme est aussi valable pour d’autres diptères. On peut distinguer sur le profil de l’adulte un petit point blanc. Cet organe est l’haltère ou le balancier qui correspond au vestige de la seconde paire d’ailes qui a disparue chez les diptères. Ce balancier joue un rôle indispensable dans l’équilibrage du vol.

femelle de Volucelle zonée, Beaumonts 4 août 2014, cliché André Lantz

femelle de Volucelle zonée, Beaumonts 4 août 2014, cliché André Lantz

Mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4août 2014, cliché André Lantz

Mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4août 2014, cliché André Lantz

Profil du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Profil du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Tête du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Tête du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

 La Volucelle transparente (Volucella pellucens) est de taille légèrement plus petite et présente un abdomen blanc en haut et noir en bas. Des zébrures prononcées sont présentes sur les ailes.

Volucelle transparente, Beaumonts, 13 août 2014, cliché André Lantz

Volucelle transparente, Beaumonts, 13 août 2014, cliché André Lantz

 La Graphomyie tachetée (Graphomyia maculata) est une mouche de plus petite taille de l’ordre de 6 à 10 mm. Son corps gris est parcouru de dessins noirs caractéristiques. Elle fait partie de la famille des Mucidae. On ne la trouve pratiquement butiner que les diverses Apiacées. Sa larve est prédatrice d’autres larves de diptères qui se développent dans l’humus.

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Si les diptères affectionnent particulièrement les fleurs d’Apiacées, d’autres insectes y viennent aussi butiner. Lors de précédentes notes j’ai déjà illustré certains d’entre eux. Je me contenterai ici d’en illustrer quelques autres.

Coléoptères

Parmi les coléoptères certaines cétoines viennent aussi de manière assez pataude se nourrir de pollen.

La Trichie de la rose ou Trichie commune (Trichius rosaceus) en est un exemple. L’adulte vient également souvent sur les fleurs de ronce, d’églantiers et de sureau yèble.

Trichie de la rose, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Trichie de la rose, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Par contre un petit coléoptère d’environ 5mm passe souvent inaperçu. Il s’agit de la Mordelle fasciée (Variimorda villosa). Il est noir avec des taches argentées sur le thorax. L’abdomen est pointu et dépasse les élytres.

Mordelle fasciée, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Mordelle fasciée, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Voici une partie de la description qu’en donnait l’illustre entomologiste Réaumur : (La tête est petite, arrondie à sa partie supérieure, pointue à sa partie antérieure, très inclinée et recourbée sous le corselet… L’abdomen est comprimé sur les côtés et terminé par une pointe presqu’aussi longue que la moitié des élytres). Ce coléoptère a la propriété de pouvoir à la fois voler et sauter.

 Hyménoptères:

es hyLménoptères viennent aussi butiner et s’accoupler comme ce couple de Tenthrède. (Tenthredo du groupe marginella car il y a plusieurs espèces indiscernables à l’œil nu). Les larves de tenthrèdes ressemblent un peu aux chenilles et sont phytophages comme ces dernières. Pour ce genre l’abdomen est rattaché au thorax sans rétrécissement. Le premier article de la base des antennes est jaune. L’abdomen noir est orné de bandes jaunes sur les premiers, quatrièmes et cinquièmes tergites. Les larves se nourrissent de menthes, plantains, lycopes et d’autres plantes basses. Le petit ru qui s’écoule de la mare perchée est favorable au développement de plantes semi-aquatiques comme la Lycope qui pourrait favoriser ces insectes.

 

Tenthredo marginella (groupe),Beaumonts, 28 août 2008, cliché André Lantz

Tenthredo marginella (groupe),Beaumonts, 28 août 2008, cliché André Lantz

couple de Tenthredo marginella (groupe), 2 août 2014, cliché André Lantz

couple de Tenthredo marginella (groupe), 2 août 2014, cliché André Lantz

Un autre hyménoptère fréquente les mêmes fleurs. C’est un Ancistrocerus. L’étymologie du genre provient du fait que les derniers articles des antennes sont recourbés. Il existe plusieurs espèces difficilement différentiables. Une des espèces les plus courantes est Ancistrocerus nigricornis. L’adulte possède un étranglement entre le thorax et l’abdomen. Ce genre appartient à la sous-famille des Eumeninae dans la famille des Vespidae. Comme les guêpes, les adultes capturent des larves d’insectes en les paralysant pour nourrir leur descendance. Ils construisent des nids mais ne forment pas de colonies comme les guêpes voisines.

Ancistrocerus sp, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Ancistrocerus sp, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Névroptères :

Parmi les Névroptères la jolie chrysope (de nombreuses espèces et se ressemblent fortement) aime aussi à se placer sur les fleurs. Sa larve est très utile car elle s’attaque aux pucerons. L’adulte est aussi un carnivore et se nourrit aussi de pucerons.

Chhrysope, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Chhrysope, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Lépidoptères :

Certaines chenilles se nourrissent des feuilles d’Apiacée comme le Machaon que l’on trouvait il y a quelques années au parc et dont la chenille avait pu être photographiée. Une petite pyrale, le Botys verdâtre (Sitochroa palealis) bon indicateur des prairies non fauchées se nourrit des inflorescences de la carotte sauvage ou du panais commun. Elle constitue un abri dans l’inflorescence au moyen d’un réseau de fils de soie qu’elle tisse. Le papillon est blanc avec les nervures noirâtres au revers. Il a une activité nocturne mais peu s’envoler de jour si on passe à proximité et si on le dérange. Il se repose à quelques mètres mais toujours la face dorsale dirigée vers le sol.

Botys verdâtre, Beaumonts, 5 août 20013, cliché André Lantz

Botys verdâtre, Beaumonts, 5 août 20013, cliché André Lantz

Une petite tordeuse (Cydia compositella) de 4 à 5 mm est très commune. La couleur de fond est gris noir. 4 rayures blanches traversent une bonne partie des ailes antérieures. Son vol est caractéristique et elle y apparait très clair et même blanchâtre! La chenille vit sur les trèfles.

Cydia compositella, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Cydia compositella, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Enfin l’azuré de la Bugrane (Polyommatus icarus), une des espèces les plus communes, présente sur les terrains découverts. On peut même la voir en ville. Le dimorphisme sexuel est caractéristique de plusieurs lycènes. Le mâle est paré d’un joli bleu, alors que la femelle pour être moins voyante et moins repérable par les prédateurs porte une livrée marron. Des taches ou lunules orangées viennent orner les deux paires d’ailes. L’adulte vient souvent butiner les fleurs de trèfles, plante dont se nourrit la chenille.

Femelle de l'Azuré de la Bugrane, Beaumonts, 19 août 2014, cliché André Lantz

Femelle de l’Azuré de la Bugrane, Beaumonts, 19 août 2014, cliché André Lantz

Orthoptères:

Il arrive que quelques orthoptères grimpent aussi sur les ombelles.

Cette Leptophie ponctuée ou sauterelle ponctuée (Leptophyes punctatissima) fait partie des sauterelles car elle possède des antennes dont la dimension dépasse la longueur du corps de l’adulte. Les élytres sont ici très réduites et on donné son nom (Lepto = mince en grec) à cet insecte. Elle se cache la plupart du temps dans la végétation.

Leptophie ponctuée, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Leptophie ponctuée, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Hémiptères :

Certaines punaisent se trouvent facilement sur les ombellifères. Le pentatome rayé, ou scutellère rayée ou encore punaise arlequin (Graphiosoma italicum) est commun sur les fleurs et aussi les fruits de la carotte sauvage.

Punaise arlequin, Beaumonts, 28 juin 2010, cliché André Lantz

Punaise arlequin, Beaumonts, 28 juin 2010, cliché André Lantz

Araignées:

Les araignées qui sont des prédateurs des insectes se positionnent sur les fleurs soit pour sauter sur leurs proies quand elles se trouvent à proximité comme les Thomises, soit pour tendre une toile de quelques fils de soie afin d’emprisonner l’insecte.

Cette Enoplognatha ovata a capturé une guêpe commune (Paravespula vulgaris) beaucoup plus grande qu’elle.

Enaplognatha ovata ayant capturé une guêpe, Beaumonts, 13août 2014, cliché André Lantz

Enaplognatha ovata ayant capturé une guêpe, Beaumonts, 13août 2014, cliché André Lantz

 André Lantz le 29 août 2014


L’Ortie dioïque et son cortège d’insectes by beaumonts

L’ortie dioïque et son cortège d’insectes.

L’ortie dioïque (Urtica dioica) est l’ortie la plus courante et celle que l’on trouve en abondance dans le parc des Beaumonts. Il existe donc des pieds mâles et des pieds femelles différents. Contrairement à l’ortie dioïque ou grande ortie, l’ortie brulante (Urtica urens) est monoïque, plus petite et plus brulante.

Les orties sont regroupées dans le Genre Urtica de la famille des Urticacées.

Les autres genres de cette famille sont Helxine et Parietaria en France.

Les orties sont anthropophiles. Elles affectionnent les sols riches en matières organiques, surtout en azote et phosphate apportées par l’urine et les déjections animales. Plus d’une centaine d’espèces d’insectes se nourrissent d’orties. Environ une trentaine d’entre eux sont spécifiques à cette plante. Il n’est pas question ici de décrire ou illustrer l’ensemble des espèces. On pourra se reporter pour une vision plus complète à l’ouvrage suivant : Des plantes et leurs insectes de Bruno Didier et Hervé Guyot, coordinateurs, édition QUAE, ouvrage de l’OPIE.

Lépidoptères :

Les Vanesses sont de beaux papillons dont plusieurs chenilles vivent en consommant des feuilles d’ortie. Les chenilles de paon du jour (Aglais io) sont grégaires dans les premiers états puis deviennent ensuite plus solitaires.

 

jeunes chenilles de paon du jour, 12 mai 2014, cliché André Lantz

jeunes chenilles de paon du jour, 12 mai 2014, cliché André Lantz

 

Il en est de même pour les chenilles de la petite tortue (Aglais urticae) qui étaient nombreuses à la fin avril. Elles sont aussi grégaires dans leurs premiers états.

 

Chenilles de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

Chenilles de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

Chenille de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

Chenille de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

 

Imago de petite tortue fraichement éclos, 29 mai 2014, cliché André Lantz

Imago de petite tortue fraichement éclos, 29 mai 2014, cliché André Lantz

 

Il en est différemment du Robert le diable (Polygonia c-album) où la chenille vit solitaire au revers des feuilles d’orties. Le papillon se trouve en abondance au parc. La photo suivante a été prise dans une parcelle rue Bochor. On peut voir les protubérances sur la chenille qui ne sont pas urticantes. Le premier tiers à partir de la tête de la chenille est brun alors que le reste est blanc. Cette coloration peut être interprétée comme une fiente d’oiseau. Les poils d’ortie sont bien visibles sur le cliché. Ce sont des sortes de petites seringues en silice reliées à leur base à une petite ampoule contenant le liquide urticant dont la composition varie en fonction de l’espèce. L’histamine provoque des démangeaisons de type allergique, l’acétylcholine la sensation de douleur. Il y a aussi de la sérotonine. Il est intéressant de noter la stratégie adoptée pour se défendre des prédateurs, en particulier des mammifères brouteurs. Il a été montré que la densité des piquants augmente chez les plantes broutées ou fauchées.

 

Chenille de Robert le diable, rue Bochor, 9 mai 2014, cliché André Lantz

Chenille de Robert le diable, rue Bochor, 9 mai 2014, cliché André Lantz

 

La chenille du Vulcain (Vanessa atalanta) a développé une autre stratégie identique à celle de la Belle-Dame (Cynthia cardui) qui peut se nourrir aussi d’orties : Les chenilles se cachent de jour dans des feuilles qu’elles relient au moyen de fils de soie. Elles peuvent aussi réunir plusieurs feuilles au moyen de fils pour construire leur abri.

Chenille de vulcain dans une feuille d'ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Chenille de vulcain dans une feuille d’ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Imago du vulcain venant d'éclore, 30 mai 2014, cliché André Lantz

Imago du vulcain venant d’éclore, 30 mai 2014, cliché André Lantz

La carte géographique (Araschnia levana) se nourrit également des feuilles d’ortie. Un imago a été observé au début du printemps mais il n’y a pas une population de cette espèce au parc pour l’instant. Elle préfère les milieux plus humides.

Les chrysalides des vanesses sont nues (c’est-à-dire sans cocon) et suspendues à un support par leur crémaster. Elles présentent souvent des points ou taches d’or brillant.

Chrysalide de petite tortue suspendue à une feuille d'ortie, 7 mai 2014, cliché André Lantz

Chrysalide de petite tortue suspendue à une feuille d’ortie, 7 mai 2014, cliché André Lantz

Chrysalide du Vulcain, 29 mai 2014, cliché André Lantz

Chrysalide du Vulcain, 29 mai 2014, cliché André Lantz

Parmi les hétérocères citons la noctuelle à museau (Hypena proboscidalis), papillon qui vole la nuit mais qui s’envole de jour quand on passe à proximité.

Plusieurs microlépidoptères sont aussi inféodés aux orties.

J’ai déjà illustré sur le site la Pyrale de l’ortie ou queue jaune (Anania hortulata) très caractéristique avec son corps jaune et ses taches noires sur les ailes blanches. La pyrale campagnarde (Pleuroptya ruralis) est beaucoup plus présente, mais affectionne davantage les plantations plus ombrées. La chenille enroule aussi une feuille au moyen de fils de soie, lui donnant alors une allure de cigare. L’adulte est un représentant des plus grandes pyrales de France.

Le Xylopode de Fabricius (Anthophila fabriciana) est un microlépidoptère de la famille des Choreutinae. Sa chenille se nourrit exclusivement d’orties. Elle enroule également les feuilles.

La Sérycore des mares (Celypha lacunana) est une petite tordeuse très commune dont la chenille est polyphage. Elle peut donc se trouver sur les orties, comme l’atteste de nombreux imagos observés ce printemps.

Sérycore des mares, Celypha lacunana adulte sur ortie, 12 mai 2014,

Sérycore des mares, Celypha lacunana adulte sur ortie, 12 mai 2014,

La chenille présentée dans le cliché ci-dessous se nourrissait de Gaillet.

 

Chenille de la sérycore des mares (Celypha lacunana), 2 mai 2014, cliché André Lantz

Chenille de la sérycore des mares (Celypha lacunana), 2 mai 2014, cliché André Lantz

 

 Coléoptères :

Plusieurs coléoptères se développent au détriment de l’ortie.

Le petit charançon de l’ortie (Phyllobius pomaceus) d’environ 8mm de long est spécifique de l’ortie dioïque. La larve s’attaque au collet puis progresse sur les racines. L’adulte consomme aussi les feuilles. Il est reconnaissable à sa coloration plus ou moins brillante d’un joli vert.

Charançon de l'ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Charançon de l’ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Plusieurs espèces de Taupins (famille des Elateridae) se trouvent sur l’ortie. 4 espèces du genre Agriotes peuvent y être observées.

Agriotes sp, un des taupins de l'ortie, cliché André Lantz

Agriotes sp, un des taupins de l’ortie, cliché André Lantz

Bien entendu les coccinelles, larves et adultes (non phytophages) qui se nourrissent de pucerons se trouvent également sur l’ortie. La photo suivante illuste la coccinelle à 14 points (Propulea quatuordecimpunctata)

Coccinelle à 14 points, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Coccinelle à 14 points, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Hémiptères: 

Parmi les rencontres effectuées en observant les orties j’ai trouvé cette jolie punaise rouge et noire mais qui n’est pas en gendarme. Cette espèce porte le nom de punaise de la Jusquiame (Coryzus hyoscyami). Elle affectionne les milieux ouverts et ensoleillés. L’insecte mesure environ une dizaine de millimètre. Il hiberne à l’état d’adulte. Sa couleur rouge et noire est aposématique, avertissant les éventuels prédateurs de sa toxicité.

 

Punaise de la Jusquiame, 22 avril 2014, cliché André Lantz

Punaise de la Jusquiame, 22 avril 2014, cliché André Lantz

 

Araignées:

Des araignées profitent des insectes qui se plaisent sur les orties pour les chasser. On peut rencontrer beaucoup de pisaures admirables (Pisaura mirabilis) qui ne construisent pas de toiles et qui chassent à l’affut.

Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Parmi les araignées rencontrées, Cette jolie araneidae au nom d’Epeire dromadaire (Gibbaranea bituberculata), doit son nom aux deux bosses disposées sur la partie antérieure de l’abdomen. Elle n’avait pas encore été trouvée au parc. Cette espèce, comme les autres épeires, tisse une toile pour attraper les insectes.

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Indiquons quelques propriétés de l’ortie:

Il est avéré que cette plante était déjà utilisée comme légume et comme plante textile au néolithique.

Les feuilles fraiches contiennent plus de protéines et de minéraux que les épinards. Elles sont particulièrement riches en provitamine A et vitamine C, et en calcium, phosphore, fer, potassium et magnésium. Attention au lieu de cueillette pour la consommation ! Comme les champignons, l’ortie concentre les métaux lourds et les pesticides !

Les principales propriétés médicinales de l’ortie sont les suivantes :

Antianémique, reminéralisante, antioxydante et adaptogène (rééquilibrage des interactions entre les systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire).

Dictons :

Une ortie dans le poulailler c’est un œuf de plus dans le panier. (Proverbe français).

L’ortie est sans doute la seule plante que tout le monde connait car sa poignée de main est inoubliable. (Künzle :curé herboriste suisse).

Les 24 heures de la Biodiversité en Seine-Saint-Denis se dérouleront les samedi 14 et dimanche 15 juin 2014. Un très grand nombre d’animations auront lieu dans les parcs départementaux et aussi dans les sites partenaires. Thierry Laugier fera une animation sur les papillons au parc des Beaumonts le dimanche 15 juin de 10h30 à 12h.

Si vous souhaitez y participer où si vous voulez participer à une autre manifestation à Montreuil ou en Seine Saint Denis il est impératif de s’inscrire. En effet certaines animations ne peuvent accueillir qu’un nombre limité de participants. Certaines visites peuvent aussi être annulées si le nombre de participants est trop faible. En vous inscrivant vous serez donc prévenus.

Pour vous inscrire il vous suffit de vous connecter sur le site des 24 heures en cliquant ici : récapitulatif des animations proposées et inscription.

 http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/spip.php?article1576

 

André Lantz, le 2 juin 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Printemps hâtif by beaumonts

Des printemps qui ne se ressemblent pas!

En 2013 Il était particulièrement tardif et cette année il est bien hâtif.

 Si l’on compare les sorties de quelques uns de nos rhopalocères, en 2013 le premier paon du jour (Aglais io) avait été observé le 25 mars en 2013 alors qu’en 2014 il volait le 8 mars.

Paon du jour, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Paon du jour, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Chenille du Paon du jour, 28 août 2013, cliché André Lantz

Chenille du Paon du jour, 28 août 2013, cliché André Lantz

Pour le Robert-le-Diable (Polygonia c-album), plusieurs individus volaient cette année dès le 8 mars alors qu’en 2013 un seul exemplaire avait été vu le 7 avril ! 

Robert-le-Diable butinant des fleurs de prunellier, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Robert-le-Diable butinant des fleurs de prunellier, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Parmi les noctuelles, l’Orthosie du cerisier  (Orthosia cerasi) était sortie le 21 février. Comme la majorité des noctuelles, l’imago vole uniquement la nuit et peut s’observer sur les murs des habitations en journée. C’est une espèce commune dont la période de vol débute en février et se termine en mai. Cette espèce est univoltine (une seule génération par an). La chenille se développe sur les arbres caducifoliés.

Chenille de l'Orthosie du cerisier sur Erable, 21 avril 2011, cliché André Lantz

Chenille de l’Orthosie du cerisier sur Erable, 21 avril 2011, cliché André Lantz

 

Imago de l'Orthosie du cerisier, 21 février 2014, cliché André Lantz

Imago de l’Orthosie du cerisier, 21 février 2014, cliché André Lantz

 Le Ptérophore commun (Emmelina monodactyla) est plus facile à identifier sur un mur que dans la végétation où il passe totalement inaperçu. Cette espèce est nocturne et attirée par les lumières.

 

Ptérophore commun, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Ptérophore commun, 11 mars 2014, cliché André Lantz

La petite tortue (Aglais urticae), qui n’avait été revue qu’en 2013 (année à petites tortues selon  les observations réalisées par Naturparif) a été observée par Thierry Laugier les 8 et 9 mars dernier. Un exemplaire un peu defraîchi volait sur les sentiers ensoleillés du parc ce 16 mars.

Petite tortue au soleil, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Petite tortue au soleil, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Un autre imago butinait les fleurs de prunus le 19 mars

 

Petite tortue, le 19 mars 2014, cliché André Lantz

Petite tortue, le 19 mars 2014, cliché André Lantz

 

Enfin les premiers imagos du Tircis (Pararge aegeria tircis) venaient d’éclore en sous-bois. En 2013 j’avais observé les premiers adultes le 19 avril et en 2012 le 16 mars.

Tircis venant d'éclore, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Tircis venant d’éclore, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Tircis , ailes étalées, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Les diptères sont souvent moins sensibles aux conditions thermiques pour sortir et polliniser les premières fleurs

Les premiers syrphes ont déjà fait leur apparition en février. Dès le 10 février volait aux premiers rayons de soleil le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). C’est une espèce migratrice qui remonte du sud plus tardivement. Un grand nombre d’individus se déplacent aussi vers le sud en automne, mais ce sont des individus des générations ultérieures. Des femelles fécondées hibernent sur place et ressortent aux premiers beaux jours.

Syrphe ceinturé, 10 février 2014, cliché André Lantz

Syrphe ceinturé, 10 février 2014, cliché André Lantz

 Le syrphe du groseillier (Syrphus ribesii) butinait déjà les fleurs de prunellier.

Syrphe du groseillier, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Syrphe du groseillier, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Une petite mouche Suillia variegata voletait en sous-bois également à la date du 10 février.

Suillia variegata, 11 février 2014, cliché André Lantz

Suillia variegata, 11 février 2014, cliché André Lantz

Dans le même genre se trouve la mouche de la truffe noire (en réalité il y a plusieurs espèces du genre Suillia inféodées aux truffes) qui est attirée par son odeur car sa larve se nourrit de ce champignon ascomycète mycorhizien (Tuber melanosporum).

 La nervure costale de l’aile est caractérisée par de nombreuses épines.

Les larves du genre Suillia sont coprophages, saprophages et surtout mycétophages. Les adultes résistent bien à des températures basses et on peut donc les observer en hiver.

La Scathophage stercoraire, mouche du fumier ou mouche à merde (Scatophaga stercoraria) est très velue d’une belle couleur jaune. Elle porte pour cette raison également le nom moins commun de mouche à toison jaune. L’adulte capture de petites mouches pour son repas et les larves de cette espèce se nourrissent d’autres larves d’insectes coprophages.

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

 

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Enfin n’oublions pas non plus l’apparition des jeunes araignées dans le parc. Plusieurs juvéniles de la pisaure admirable (Pisaura mirabilis) profitaient des rayons du soleil en cette douceur printannière.

Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz
Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Cette année les 24h de la biodiversité organisées par le Conseil Général se Seine-Saint-Denis se dérouleront les Samedi 14 juin et Dimanche 15 juin.

Réservez déjà ces dates sur vos agendas.

 André Lantz, le 16 mars 2014


Araignées du Parc by beaumonts

Quelques unes des nombreuses araignées du parc des Beaumonts avec des photographies d’André Lantz et de Roland Paul.

Petit rappel :

Environ 80% des animaux appartiennent au Phylum des arthropodes. Les insectes et arachnides font donc partie des arthropodes. Si un grand nombre d’insectes sont ailés et possèdent 6 pattes, les araignées n’ont  ni antennes, ni ailes mais possèdent 4 paires de pattes. A la différence des insectes dont on distingue 3 parties (tête, thorax et abdomen) le corps des araignées  se compose de deux parties bien distinctes : le céphalothorax et l’abdomen. Par contre comme les insectes, les araignées grandissent par mues successives.

On pense que le premier arachnide, ancêtre des scorpions arriva sur la terre il y a 500 millions d’années.

Les araignées sont essentiellement prédatrices d’insectes et d’autres arthropodes. La digestion est externe chez elles. Les chélicères sont utilisées pour introduire les sucs digestifs dans la proie immobilisée.

Il y aurait 40000 espèces d’araignées dans le monde dont environ 1500 espèces en France. La grande majorité d’entre elles sont de petite dimension, de quelques mm au cm. La majorité d’entre elles sont nocturnes. Les araignées ne possèdent pas de yeux composés comme les insectes mais des yeux simples. Leur nombre varie de 2 à 8. Certaines araignées ne possèdent pas d’yeux. La vision des araignées n’est pas très bonne sauf pour quelques espèces. Ce sont les soies ou poils sensoriels qui servent à détecter les vibrations.

Les araignées ne sont pas dangereuses ! Si les serpents font environ 30000 morts par an dans le monde et les guêpes environ 400 en Europe, les araignées ne sont la cause que d’environ 4 décès par an pour la planète ! Elles ne piquent pas car elles ne possèdent pas de dard à l’extrémité de l’abdomen. Elles peuvent simplement mordre par réflexe de défense, mais la taille des humains est beaucoup trop grande pour elles et rend la morsure physiquement impossible. (Essayer de mordre un rhinocéros!)

 Les araignées sont très utiles car elles permettent la régulation de population d’insectes. On considère qu’elles dévorent chaque année 400 millions d’insectes par hectare.

Une même araignée peut produire des fils différents selon les besoins et les conditions extérieures. Il a été prouvé qu’un fil de soie est plus résistant qu’un fil d’acier et possède une mémoire de forme supérieure au latex.

Selon Roland Lupoli (L’insecte médical), des molécules hydrosolubles, chimiquement proches des neurotransmetteurs ont été mise en évidence dans les toiles d’Epeire et d’Argiope. C’est peut être la raison pour laquelle les toiles d’araignées ont été utilisées dans les médecines traditionnelles. Parmi plusieurs utilisations médicales, ce sont les propriétés cicatrisantes, coagulantes et antiseptiques des toiles qui sont prescrites en Asie, Europe méditerranéenne, Afrique et Amérique.

 Le parc des Beaumonts recèle de nombreuses araignées que l’on peut observer facilement. En voici quelques unes appartenant à différentes familles.

 1)      Les Thomisidae

 Ce sont de petites araignées qui ne fabriquent pas de toiles pour attraper les insectes. Elles les chasses directement, en restant à l’affût souvent de même couleur que la fleur sur laquelle elles se trouvent. Elles se déplacent vers l’avant, sur le coté et vers l’arrière. Les deux premières paires de pattes sont nettement plus longues que les deux dernières. On les désigne aussi par araignées crabes.

La femelle Ebrechtella tricuspidata mesure de 5 à 6mm. Le mâle est brun et plus petit.

 

Ebrechtella tricuspidata sur fleur d'églantier, mai 2009, cliché André Lantz

La Misumène variable (Misumena vatia) a une taille de 9 à 11mm pour la femelle et de 3 à 4 mm pour le mâle. On la trouve assez facilement l’été sur les fleurs blanches ou jaunes.

 

Misumène variable femelle sur carotte sauvage, juillet 2008, cliché André Lantz

 

Misumena vatia mâle ayant capturé un diptère sur silène, mai 2009, cliché André Lantz

L’araignée Napoléon (Synema globosum) se trouve aussi en été sur les ombellifères, diverses fleurs et la végétation. La couleur est variable, le dessin sur la partie antérieure de l’abdomen ressemble un peu au chapeau de Napoléon.

 

Araignée Napoléon, 24 juin 2011, cliché André Lantz

 

2)       Pisauridae

La Pisaure admirable (Pisaura mirabilis) se trouve dans les prairies, les landes et clairières. Les deux premières paires de pattes sont étirées et regroupées bien droites en position oblique. Elle possède une ligne médiane sur le céphalothorax et un abdomen fin et appointi. Elle tisse un cocon contenant les œufs et le transporte sous leur corps. Avant l émergence des petites araignées le cocon est fixé sur des plantes basses. Une tente de soie y est fixée autour.

La femelle a une taille de 12 à 15 mm. Le mâle est plus petit de 10 à 13mm. Pour séduire sa belle, le mâle présente à la femelle une proie morte enrobée de soie. Il peut ainsi s’accoupler, tandis que la femelle consomme le présent qui lui a été offert.

Pisaure admirable, 23 avril 2011, cliché Roland Paul

 

Pisaure admirable, Mai 2009, cliché André Lantz

 

3)      Araneidae

Ce sont des araignées d’assez grande taille. Ces araignées utilisent une toile orbiculaire pour capturer les proies.

L’épeire diadème (Araneus diadematus) est la plus commune et la plus connue. Lorsque l’épeire est dans sa retraite, un fil avertisseur la relie au moyeu de la toile et les vibrations l’avertissent de la présence d’une proie.

 

Juvéniles d'Epeire diadème, 19 avril 2011, cliché Roland Paul

L’épeire, bien qu’araignée, n’est pas une vilaine bête ; elle est épiscopale, elle porte sur le dos une jolie croix blanche renversée. (Rémy de Gourmont, Physique de l’amour, 1903)

 

Epeire diadème sur sa toile, 15 août 2011, cliché André Lantz

 Une araignée qui a tendu sa toile entre deux fils télégraphiques pour écouter ce qu’on dit (Jules Renard, Journal, 1902)

L’Argiope fasciée ou araignée-tigre (Argiope bruennichi) est facilement reconnaissable à l’alternance de rayures jaunes et noires. On la trouve à la fin de l’été et pendant l’automne. Elle fabrique une toile dans les hautes herbes près du sol. Cette toile est dotée d’une partie renforcée désignée par stabilimentum en forme de zigzag. Lorsqu’elle est dérangée elle fait vibrer la toile qui rend la toile et les couleurs de l’araignée moins distinctes. La femelle mesure de 11 à 15 mmet le mâle de 4 à5 mm. Le mâle est souvent dévoré par la femelle après et parfois dès l’accouplement.

Argiope fasciée ou araignée tigre, août 2011, cliché André Lantz

 Les araignées dessinent des plans de villes capitales (Jules Renard, Journal, 1899)

 

L’Araignée courge (Araniella cucurbitina) se trouve dans les parcs, les jardins et en lisière des bois. La taille de la femelle n’excède pas 7mm alors que le mâle ne mesure que 5mm. Cette petite araignée qui se confond avec les feuilles tisse une toile d’un diamètre de10 cm au maximum. Elle peut attraper des insectes beaucoup plus gros qu’elle. Le mâle doit aussi quitter rapidement la femelle après l’accouplement s’il ne veut pas être dévoré par elle.   

 

Araignée courge, 7 mai 2010, cliché André Lantz

4)      Tetragnathidae

 Les araignées de cette famille construisent aussi des toiles orbiculaires mais dont le moyeu est ouvert. Les toiles se trouvent dans la végétation du niveau du sol à 1 à 2m

La Méta d’automne (Metellina segmentata) moins commune que l’épeire diadème est d’une taille plus petite : 5 à 8 mm pour la femelle, et 5 à 6 mm pour le mâle. Le céphalothorax est orné d’une tache en forme de fourche.

 

Méta d'automne, 10 septembre 2011, Cliché André Lantz

5)      Agelidae

Ces araignées tissent des toiles en nappe conduisant à une retraite tubulaire. La toile n’est pas collante. Les insectes sont pris dans le réseau de fils assez dense de la toile.

L’Agélène à labyrinthe (Agelena labyrinthica) est assez commune en automne sur la végétation basse des prairies. Il n’est pas aisé de les observer car en approchant le la toile, les vibrations préviennent l’araignée qui se retranche dans sa retraite tubulaire. Il faut être assez patient et attendre de bonnes minutes sans bouger pour qu’elle revienne sur la toile. Le déclenchement de l’obturateur peut être suffisant pour qu’elle retourne immédiatement dans sa retraite.

 

Agélène à labyrinthe, 22 septembre 2011, cliché André Lantz

6)      Linyphiidae

 Ces araignées construisent aussi de petites toiles dans la végétation dans la partie plutôt boisée du parc ou en lisière de chemin. Leur particularité est de se tenir en dessous de la toile. Comme les toiles sont souvent  à quelques dizaines de cm du sol ; il est difficile d’observer la face dorsale de ses araignées. Leur taille varie de 4 à 6 mm. On les rencontre en fin d’été et en automne.

Linyphia triangularis est assez commune et présente de jolies couleurs quand on a la chance de pouvoir se positionner sous une toile.

Lyniphia triangularis positionnée sous sa toile, 13 mai 2011, cliché Roland Paul

 

Lyniphia triangularis, face dorsale, 29 septembre 2011, cliché André Lantz

      7) Zoropsidae

 Enfin Zoropsis est arrivée ! Cette grande araignée s’est retrouvée entre les feuilles d’un journal chez moi. Peut être était-elle intriguée par quelque article à propos du Web.

Zoropsis spinimana est une espèce méditerranéenne que l’on rencontre maintenant plus au nord. Il lui arrive de se réfugier dans les maisons en hiver. Son habitat est celui des lisières, dans des retraites tapissées de soie irrégulière ou sous les écorces.

Zoropsis spinimana en habitation, 22 novembre 2011, cliché André Lantz

Le cliché suivant illustre sa parfaite homochromie avec des écorces de pins sous laquelle elle s’est placée pour passer l’hiver. 

Zoropsis spinimana sous écorce de pin, 26 février 2012, cliché André Lantz

 Je tiens à remercier Christine Rollard du MNHN de Paris qui a gentiment accepté de vérifier les déterminations des espèces photographiées.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à visiter l’exposition au fil des araignées, qui se trouve au jardin des plantes à la grande galerie de l’évolution et qui est ouverte (sauf les mardis et le 1er mai) de 10h à 18h  jusqu’au 2 juillet 2012. L’exposition est très bien conçue pour tous les publics, bien documentée et donne l’occasion d’apprendre beaucoup de choses sur ces animaux souvent mal aimés dans le monde occidental : http://araignees.mnhn.fr

 André Lantz, le 24 avril 2012