Beaumonts nature en ville


Insectes et Apiacées by beaumonts

Les plantes de la famille des Apiacées (anciennement désignée par Ombellifères à cause des capitules de fleurs réunis en ombelle) servent de nourriture (nectar et pollen) à de nombreux insectes. Certaines larves ou chenilles consomment les feuilles, fleurs ou graines, mais un grand nombre d’espèces viennent sur leurs fleurs pour consommer le nectar ou le pollen. Des prédateurs y sont aussi présents pour capturer leurs proies.

Les diptères sont très nombreux en espèces et en nombre, suivis par les hyménoptères. Les autres ordres d’insectes y sont présents mais en nombre plus faible d’adultes.

 Diptères :

Un très grand nombre d’espèces peuvent être observées durant la floraison des plantes. Je présenterai en premier les espèces de plus grande taille.

La volucelle zonée (Volucella zonaria) (Etymologiquement : Volucella = qui vole de manière légère et rapide et zonaria = zonée = avec des bandes) est une mouche qui fait partie des Syrphes. Sa taille imposante, sa coloration et son vol lui procure l’avantage de pouvoir être confondue avec le frelon européen (Vespa crabo) appartenant à l’ordre des hyménoptères.

Il s’agit comme pour d’autres syrphes d’un mimétisme batésien car l’adulte particulièrement inoffensif porte les couleurs et l’allure d’un insecte dangereux. Les prédateurs éventuels sont donc avertis (ou leurrés) par l’alternance des couleurs jaune et noire (ou orange et noir) de la toxicité ou de la dangerosité de l’insecte.

Les larves de la volucelle zonée se nourrissent de cadavres ou de restes dans les nids d’abeilles, de guêpes ou de frelons.

L’abdomen ne présente pas le rétrécissement caractéristique des hyménoptères, Les yeux sont très volumineux et les antennes courtes alors qu’elles sont plus développées chez les hyménoptères.

Au parc des Beaumonts on rencontre cette espèce butinant les fleurs d’Apiacées tels que la grande berce (Heracleum sphondylium L.) et le panais cultivé (Pastinaca sativa L.). On la trouve aussi sur le sureau yèble.

Les femelles se distinguent facilement des mâles par une bande jaune qui traverse le front séparant les deux yeux. Pour le mâle les yeux sont jointifs. Ce dimorphisme est aussi valable pour d’autres diptères. On peut distinguer sur le profil de l’adulte un petit point blanc. Cet organe est l’haltère ou le balancier qui correspond au vestige de la seconde paire d’ailes qui a disparue chez les diptères. Ce balancier joue un rôle indispensable dans l’équilibrage du vol.

femelle de Volucelle zonée, Beaumonts 4 août 2014, cliché André Lantz

femelle de Volucelle zonée, Beaumonts 4 août 2014, cliché André Lantz

Mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4août 2014, cliché André Lantz

Mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4août 2014, cliché André Lantz

Profil du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Profil du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Tête du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Tête du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

 La Volucelle transparente (Volucella pellucens) est de taille légèrement plus petite et présente un abdomen blanc en haut et noir en bas. Des zébrures prononcées sont présentes sur les ailes.

Volucelle transparente, Beaumonts, 13 août 2014, cliché André Lantz

Volucelle transparente, Beaumonts, 13 août 2014, cliché André Lantz

 La Graphomyie tachetée (Graphomyia maculata) est une mouche de plus petite taille de l’ordre de 6 à 10 mm. Son corps gris est parcouru de dessins noirs caractéristiques. Elle fait partie de la famille des Mucidae. On ne la trouve pratiquement butiner que les diverses Apiacées. Sa larve est prédatrice d’autres larves de diptères qui se développent dans l’humus.

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Si les diptères affectionnent particulièrement les fleurs d’Apiacées, d’autres insectes y viennent aussi butiner. Lors de précédentes notes j’ai déjà illustré certains d’entre eux. Je me contenterai ici d’en illustrer quelques autres.

Coléoptères

Parmi les coléoptères certaines cétoines viennent aussi de manière assez pataude se nourrir de pollen.

La Trichie de la rose ou Trichie commune (Trichius rosaceus) en est un exemple. L’adulte vient également souvent sur les fleurs de ronce, d’églantiers et de sureau yèble.

Trichie de la rose, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Trichie de la rose, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Par contre un petit coléoptère d’environ 5mm passe souvent inaperçu. Il s’agit de la Mordelle fasciée (Variimorda villosa). Il est noir avec des taches argentées sur le thorax. L’abdomen est pointu et dépasse les élytres.

Mordelle fasciée, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Mordelle fasciée, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Voici une partie de la description qu’en donnait l’illustre entomologiste Réaumur : (La tête est petite, arrondie à sa partie supérieure, pointue à sa partie antérieure, très inclinée et recourbée sous le corselet… L’abdomen est comprimé sur les côtés et terminé par une pointe presqu’aussi longue que la moitié des élytres). Ce coléoptère a la propriété de pouvoir à la fois voler et sauter.

 Hyménoptères:

es hyLménoptères viennent aussi butiner et s’accoupler comme ce couple de Tenthrède. (Tenthredo du groupe marginella car il y a plusieurs espèces indiscernables à l’œil nu). Les larves de tenthrèdes ressemblent un peu aux chenilles et sont phytophages comme ces dernières. Pour ce genre l’abdomen est rattaché au thorax sans rétrécissement. Le premier article de la base des antennes est jaune. L’abdomen noir est orné de bandes jaunes sur les premiers, quatrièmes et cinquièmes tergites. Les larves se nourrissent de menthes, plantains, lycopes et d’autres plantes basses. Le petit ru qui s’écoule de la mare perchée est favorable au développement de plantes semi-aquatiques comme la Lycope qui pourrait favoriser ces insectes.

 

Tenthredo marginella (groupe),Beaumonts, 28 août 2008, cliché André Lantz

Tenthredo marginella (groupe),Beaumonts, 28 août 2008, cliché André Lantz

couple de Tenthredo marginella (groupe), 2 août 2014, cliché André Lantz

couple de Tenthredo marginella (groupe), 2 août 2014, cliché André Lantz

Un autre hyménoptère fréquente les mêmes fleurs. C’est un Ancistrocerus. L’étymologie du genre provient du fait que les derniers articles des antennes sont recourbés. Il existe plusieurs espèces difficilement différentiables. Une des espèces les plus courantes est Ancistrocerus nigricornis. L’adulte possède un étranglement entre le thorax et l’abdomen. Ce genre appartient à la sous-famille des Eumeninae dans la famille des Vespidae. Comme les guêpes, les adultes capturent des larves d’insectes en les paralysant pour nourrir leur descendance. Ils construisent des nids mais ne forment pas de colonies comme les guêpes voisines.

Ancistrocerus sp, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Ancistrocerus sp, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Névroptères :

Parmi les Névroptères la jolie chrysope (de nombreuses espèces et se ressemblent fortement) aime aussi à se placer sur les fleurs. Sa larve est très utile car elle s’attaque aux pucerons. L’adulte est aussi un carnivore et se nourrit aussi de pucerons.

Chhrysope, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Chhrysope, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Lépidoptères :

Certaines chenilles se nourrissent des feuilles d’Apiacée comme le Machaon que l’on trouvait il y a quelques années au parc et dont la chenille avait pu être photographiée. Une petite pyrale, le Botys verdâtre (Sitochroa palealis) bon indicateur des prairies non fauchées se nourrit des inflorescences de la carotte sauvage ou du panais commun. Elle constitue un abri dans l’inflorescence au moyen d’un réseau de fils de soie qu’elle tisse. Le papillon est blanc avec les nervures noirâtres au revers. Il a une activité nocturne mais peu s’envoler de jour si on passe à proximité et si on le dérange. Il se repose à quelques mètres mais toujours la face dorsale dirigée vers le sol.

Botys verdâtre, Beaumonts, 5 août 20013, cliché André Lantz

Botys verdâtre, Beaumonts, 5 août 20013, cliché André Lantz

Une petite tordeuse (Cydia compositella) de 4 à 5 mm est très commune. La couleur de fond est gris noir. 4 rayures blanches traversent une bonne partie des ailes antérieures. Son vol est caractéristique et elle y apparait très clair et même blanchâtre! La chenille vit sur les trèfles.

Cydia compositella, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Cydia compositella, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Enfin l’azuré de la Bugrane (Polyommatus icarus), une des espèces les plus communes, présente sur les terrains découverts. On peut même la voir en ville. Le dimorphisme sexuel est caractéristique de plusieurs lycènes. Le mâle est paré d’un joli bleu, alors que la femelle pour être moins voyante et moins repérable par les prédateurs porte une livrée marron. Des taches ou lunules orangées viennent orner les deux paires d’ailes. L’adulte vient souvent butiner les fleurs de trèfles, plante dont se nourrit la chenille.

Femelle de l'Azuré de la Bugrane, Beaumonts, 19 août 2014, cliché André Lantz

Femelle de l’Azuré de la Bugrane, Beaumonts, 19 août 2014, cliché André Lantz

Orthoptères:

Il arrive que quelques orthoptères grimpent aussi sur les ombelles.

Cette Leptophie ponctuée ou sauterelle ponctuée (Leptophyes punctatissima) fait partie des sauterelles car elle possède des antennes dont la dimension dépasse la longueur du corps de l’adulte. Les élytres sont ici très réduites et on donné son nom (Lepto = mince en grec) à cet insecte. Elle se cache la plupart du temps dans la végétation.

Leptophie ponctuée, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Leptophie ponctuée, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Hémiptères :

Certaines punaisent se trouvent facilement sur les ombellifères. Le pentatome rayé, ou scutellère rayée ou encore punaise arlequin (Graphiosoma italicum) est commun sur les fleurs et aussi les fruits de la carotte sauvage.

Punaise arlequin, Beaumonts, 28 juin 2010, cliché André Lantz

Punaise arlequin, Beaumonts, 28 juin 2010, cliché André Lantz

Araignées:

Les araignées qui sont des prédateurs des insectes se positionnent sur les fleurs soit pour sauter sur leurs proies quand elles se trouvent à proximité comme les Thomises, soit pour tendre une toile de quelques fils de soie afin d’emprisonner l’insecte.

Cette Enoplognatha ovata a capturé une guêpe commune (Paravespula vulgaris) beaucoup plus grande qu’elle.

Enaplognatha ovata ayant capturé une guêpe, Beaumonts, 13août 2014, cliché André Lantz

Enaplognatha ovata ayant capturé une guêpe, Beaumonts, 13août 2014, cliché André Lantz

 André Lantz le 29 août 2014
Publicités