Beaumonts nature en ville


Araignées du Parc by beaumonts

Quelques unes des nombreuses araignées du parc des Beaumonts avec des photographies d’André Lantz et de Roland Paul.

Petit rappel :

Environ 80% des animaux appartiennent au Phylum des arthropodes. Les insectes et arachnides font donc partie des arthropodes. Si un grand nombre d’insectes sont ailés et possèdent 6 pattes, les araignées n’ont  ni antennes, ni ailes mais possèdent 4 paires de pattes. A la différence des insectes dont on distingue 3 parties (tête, thorax et abdomen) le corps des araignées  se compose de deux parties bien distinctes : le céphalothorax et l’abdomen. Par contre comme les insectes, les araignées grandissent par mues successives.

On pense que le premier arachnide, ancêtre des scorpions arriva sur la terre il y a 500 millions d’années.

Les araignées sont essentiellement prédatrices d’insectes et d’autres arthropodes. La digestion est externe chez elles. Les chélicères sont utilisées pour introduire les sucs digestifs dans la proie immobilisée.

Il y aurait 40000 espèces d’araignées dans le monde dont environ 1500 espèces en France. La grande majorité d’entre elles sont de petite dimension, de quelques mm au cm. La majorité d’entre elles sont nocturnes. Les araignées ne possèdent pas de yeux composés comme les insectes mais des yeux simples. Leur nombre varie de 2 à 8. Certaines araignées ne possèdent pas d’yeux. La vision des araignées n’est pas très bonne sauf pour quelques espèces. Ce sont les soies ou poils sensoriels qui servent à détecter les vibrations.

Les araignées ne sont pas dangereuses ! Si les serpents font environ 30000 morts par an dans le monde et les guêpes environ 400 en Europe, les araignées ne sont la cause que d’environ 4 décès par an pour la planète ! Elles ne piquent pas car elles ne possèdent pas de dard à l’extrémité de l’abdomen. Elles peuvent simplement mordre par réflexe de défense, mais la taille des humains est beaucoup trop grande pour elles et rend la morsure physiquement impossible. (Essayer de mordre un rhinocéros!)

 Les araignées sont très utiles car elles permettent la régulation de population d’insectes. On considère qu’elles dévorent chaque année 400 millions d’insectes par hectare.

Une même araignée peut produire des fils différents selon les besoins et les conditions extérieures. Il a été prouvé qu’un fil de soie est plus résistant qu’un fil d’acier et possède une mémoire de forme supérieure au latex.

Selon Roland Lupoli (L’insecte médical), des molécules hydrosolubles, chimiquement proches des neurotransmetteurs ont été mise en évidence dans les toiles d’Epeire et d’Argiope. C’est peut être la raison pour laquelle les toiles d’araignées ont été utilisées dans les médecines traditionnelles. Parmi plusieurs utilisations médicales, ce sont les propriétés cicatrisantes, coagulantes et antiseptiques des toiles qui sont prescrites en Asie, Europe méditerranéenne, Afrique et Amérique.

 Le parc des Beaumonts recèle de nombreuses araignées que l’on peut observer facilement. En voici quelques unes appartenant à différentes familles.

 1)      Les Thomisidae

 Ce sont de petites araignées qui ne fabriquent pas de toiles pour attraper les insectes. Elles les chasses directement, en restant à l’affût souvent de même couleur que la fleur sur laquelle elles se trouvent. Elles se déplacent vers l’avant, sur le coté et vers l’arrière. Les deux premières paires de pattes sont nettement plus longues que les deux dernières. On les désigne aussi par araignées crabes.

La femelle Ebrechtella tricuspidata mesure de 5 à 6mm. Le mâle est brun et plus petit.

 

Ebrechtella tricuspidata sur fleur d'églantier, mai 2009, cliché André Lantz

La Misumène variable (Misumena vatia) a une taille de 9 à 11mm pour la femelle et de 3 à 4 mm pour le mâle. On la trouve assez facilement l’été sur les fleurs blanches ou jaunes.

 

Misumène variable femelle sur carotte sauvage, juillet 2008, cliché André Lantz

 

Misumena vatia mâle ayant capturé un diptère sur silène, mai 2009, cliché André Lantz

L’araignée Napoléon (Synema globosum) se trouve aussi en été sur les ombellifères, diverses fleurs et la végétation. La couleur est variable, le dessin sur la partie antérieure de l’abdomen ressemble un peu au chapeau de Napoléon.

 

Araignée Napoléon, 24 juin 2011, cliché André Lantz

 

2)       Pisauridae

La Pisaure admirable (Pisaura mirabilis) se trouve dans les prairies, les landes et clairières. Les deux premières paires de pattes sont étirées et regroupées bien droites en position oblique. Elle possède une ligne médiane sur le céphalothorax et un abdomen fin et appointi. Elle tisse un cocon contenant les œufs et le transporte sous leur corps. Avant l émergence des petites araignées le cocon est fixé sur des plantes basses. Une tente de soie y est fixée autour.

La femelle a une taille de 12 à 15 mm. Le mâle est plus petit de 10 à 13mm. Pour séduire sa belle, le mâle présente à la femelle une proie morte enrobée de soie. Il peut ainsi s’accoupler, tandis que la femelle consomme le présent qui lui a été offert.

Pisaure admirable, 23 avril 2011, cliché Roland Paul

 

Pisaure admirable, Mai 2009, cliché André Lantz

 

3)      Araneidae

Ce sont des araignées d’assez grande taille. Ces araignées utilisent une toile orbiculaire pour capturer les proies.

L’épeire diadème (Araneus diadematus) est la plus commune et la plus connue. Lorsque l’épeire est dans sa retraite, un fil avertisseur la relie au moyeu de la toile et les vibrations l’avertissent de la présence d’une proie.

 

Juvéniles d'Epeire diadème, 19 avril 2011, cliché Roland Paul

L’épeire, bien qu’araignée, n’est pas une vilaine bête ; elle est épiscopale, elle porte sur le dos une jolie croix blanche renversée. (Rémy de Gourmont, Physique de l’amour, 1903)

 

Epeire diadème sur sa toile, 15 août 2011, cliché André Lantz

 Une araignée qui a tendu sa toile entre deux fils télégraphiques pour écouter ce qu’on dit (Jules Renard, Journal, 1902)

L’Argiope fasciée ou araignée-tigre (Argiope bruennichi) est facilement reconnaissable à l’alternance de rayures jaunes et noires. On la trouve à la fin de l’été et pendant l’automne. Elle fabrique une toile dans les hautes herbes près du sol. Cette toile est dotée d’une partie renforcée désignée par stabilimentum en forme de zigzag. Lorsqu’elle est dérangée elle fait vibrer la toile qui rend la toile et les couleurs de l’araignée moins distinctes. La femelle mesure de 11 à 15 mmet le mâle de 4 à5 mm. Le mâle est souvent dévoré par la femelle après et parfois dès l’accouplement.

Argiope fasciée ou araignée tigre, août 2011, cliché André Lantz

 Les araignées dessinent des plans de villes capitales (Jules Renard, Journal, 1899)

 

L’Araignée courge (Araniella cucurbitina) se trouve dans les parcs, les jardins et en lisière des bois. La taille de la femelle n’excède pas 7mm alors que le mâle ne mesure que 5mm. Cette petite araignée qui se confond avec les feuilles tisse une toile d’un diamètre de10 cm au maximum. Elle peut attraper des insectes beaucoup plus gros qu’elle. Le mâle doit aussi quitter rapidement la femelle après l’accouplement s’il ne veut pas être dévoré par elle.   

 

Araignée courge, 7 mai 2010, cliché André Lantz

4)      Tetragnathidae

 Les araignées de cette famille construisent aussi des toiles orbiculaires mais dont le moyeu est ouvert. Les toiles se trouvent dans la végétation du niveau du sol à 1 à 2m

La Méta d’automne (Metellina segmentata) moins commune que l’épeire diadème est d’une taille plus petite : 5 à 8 mm pour la femelle, et 5 à 6 mm pour le mâle. Le céphalothorax est orné d’une tache en forme de fourche.

 

Méta d'automne, 10 septembre 2011, Cliché André Lantz

5)      Agelidae

Ces araignées tissent des toiles en nappe conduisant à une retraite tubulaire. La toile n’est pas collante. Les insectes sont pris dans le réseau de fils assez dense de la toile.

L’Agélène à labyrinthe (Agelena labyrinthica) est assez commune en automne sur la végétation basse des prairies. Il n’est pas aisé de les observer car en approchant le la toile, les vibrations préviennent l’araignée qui se retranche dans sa retraite tubulaire. Il faut être assez patient et attendre de bonnes minutes sans bouger pour qu’elle revienne sur la toile. Le déclenchement de l’obturateur peut être suffisant pour qu’elle retourne immédiatement dans sa retraite.

 

Agélène à labyrinthe, 22 septembre 2011, cliché André Lantz

6)      Linyphiidae

 Ces araignées construisent aussi de petites toiles dans la végétation dans la partie plutôt boisée du parc ou en lisière de chemin. Leur particularité est de se tenir en dessous de la toile. Comme les toiles sont souvent  à quelques dizaines de cm du sol ; il est difficile d’observer la face dorsale de ses araignées. Leur taille varie de 4 à 6 mm. On les rencontre en fin d’été et en automne.

Linyphia triangularis est assez commune et présente de jolies couleurs quand on a la chance de pouvoir se positionner sous une toile.

Lyniphia triangularis positionnée sous sa toile, 13 mai 2011, cliché Roland Paul

 

Lyniphia triangularis, face dorsale, 29 septembre 2011, cliché André Lantz

      7) Zoropsidae

 Enfin Zoropsis est arrivée ! Cette grande araignée s’est retrouvée entre les feuilles d’un journal chez moi. Peut être était-elle intriguée par quelque article à propos du Web.

Zoropsis spinimana est une espèce méditerranéenne que l’on rencontre maintenant plus au nord. Il lui arrive de se réfugier dans les maisons en hiver. Son habitat est celui des lisières, dans des retraites tapissées de soie irrégulière ou sous les écorces.

Zoropsis spinimana en habitation, 22 novembre 2011, cliché André Lantz

Le cliché suivant illustre sa parfaite homochromie avec des écorces de pins sous laquelle elle s’est placée pour passer l’hiver. 

Zoropsis spinimana sous écorce de pin, 26 février 2012, cliché André Lantz

 Je tiens à remercier Christine Rollard du MNHN de Paris qui a gentiment accepté de vérifier les déterminations des espèces photographiées.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à visiter l’exposition au fil des araignées, qui se trouve au jardin des plantes à la grande galerie de l’évolution et qui est ouverte (sauf les mardis et le 1er mai) de 10h à 18h  jusqu’au 2 juillet 2012. L’exposition est très bien conçue pour tous les publics, bien documentée et donne l’occasion d’apprendre beaucoup de choses sur ces animaux souvent mal aimés dans le monde occidental : http://araignees.mnhn.fr

 André Lantz, le 24 avril 2012

 

 

 

 

 

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Les Couleurs du printemps by beaumonts

Les couleurs du printemps

 Blanc :

Prunelliers, prunus se sont parés de leurs fleurs blanches dès la mi-mars. La piéride du navet (Pieris napi) se confond avec les fleurs du prunellier ( Prunus spinosa). Elle se distingue, ailes relevées, de la piéride de la rave (Pieris rapae) par les écailles foncées disposées sur les nervures du revers des ailes postérieures. La chenille se nourrit de diverses Brassicacées (anciennes Crucifères).

Piéride du navet sur prunellier, 26 mars 2012, cliché André Lantz

Gris:

Cette belle géomètre, la boarmie crépusculaire (Ectropis crepuscularia) était posée sur le tronc d’un érable dans la partie boisée. Cette espèce nocturne ne s’est pas envolée malgré la présence de l’objectif à une quinzaine de cm. C’est la première fois que je la voie dans le parc.

La Boarmie crépusculaire, 27 mars 2012; cliché André Lantz

Rouge:

Cette petite coccinelle qui ne mesure pas plus de 5 mmest toute noire avec deux taches rouges en forme de rein sur les élytres. Cette particularité lui a donné son nom latin (Chilocorus renipustulatus). Elle est aussi désignée par coccinelle des saules. Si elle affectionne les saules, on la rencontre aussi sur d’autres feuillus comme dans le parc où elle se trouvait sur les troncs d’érables. Elle se nourrit de cochenilles.

la coccinelle des saules, 15 mars 2012; cliché André Lantz

Orange:

Une autre coccinelle, déjà présentée sur le site un hiver précédent, était assez commune en ce début de saison dans la partie boisée. Il s’agit de la coccinelle à 16 macules (Halyzia sedecimguttata). Cette coccinelle mycétophage peut aussi se nourrir de pucerons.

Coccinelle à 16 macules , 26 mars 2012; cliché André Lantz

Jaune:

De nombreux syrphes possèdent une livrée jaune et noire imitant les guêpes. Cette petite espèce, le syrphe des corolles (Eupeodes corollae)  procédait à sa toilette, d’où une disposition non symétrique des ailes par rapport au corps. C’est un prédateur de pucerons.

le syrphe des corolles, 30 mars 2012; cliché André Lantz

 Brun:

Le Tircis (Pararge aegeria) est un des premiers papillons de jour à émerger au printemps. Il est commun à la mi-ombre, préférant les zones boisées. La chenille vit sur les graminées.

 le Tircis, 30 mars 2012; cliché André Lantz

Roux:

Ce bourdon, sans doute une reine du bourdon des champs (Bombus pascuorum), adore se nourrir de nectar du lamier pourpre (Lamium purpureum), plante eutrophe (qui aime un substrat riche en éléments nutritifs) très commune.

Bourdon des champs sur Lamier pourpre, 23 mars 2012; cliché André Lantz

Noir:

Cette planche de fakir Lilliput (la taille des pointes ne fait qu’environ 2mm) est la fructification d’un champignon ascomycète (Eutypella scoparia) sur un morceau de bois mort de Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia).

Eutypella scoparia sur bois mort de robinier, 13 mars 2012; cliché André Lantz

La prolifération des robiniers aux Beaumonts conduit d’une part à une fermeture progressive et rapide des milieux ouverts plus riches en biodiversité, et d’autre part à la libération de nitrates dans le sol. Cette modification chimique du sol, produite par les plantes de la famille des Fabacées (anciennes Papilionacées), favorise les plantes rudérales au détriment des autres espèces.

 

André Lantz le 3 avril 2012.