Beaumonts nature en ville


Champignons d’hiver by beaumonts

Certaines espèces de champignons ne fructifient qu’en hiver, d’autres peuvent fructifier toute l’année, selon les conditions de température, d’humidité et d’autres paramètres. Beaucoup d’Ascomycètes apparaissent donc souvent en février et au début du mois de mars. Certains d’entre-eux sont associés à une seule plante hôte, d’autres sont moins exigeants et consomment la matière organique de plusieurs essences.

1) L’Ascomycète Mazzantia galii se développe à la fin de l’hiver et fructifie souvent en février-mars sur les tiges mortes du Gaillet gratteron. Il s’agit donc d’une espèce saprophyte.

Le Gaillet gratteron (Galium aparine) est une espèce très commune de la famille des Rubiacées. Cette plante annuelle possède des tiges de section carrée couvertes de petits crochets, tout comme les feuilles et les fruits. Les feuilles sont réunies en verticille par groupe de 6 à 10. Les fleurs blanches sont très petites. Essentiellement auto-pollinisées elles donnent naissance à des fruits (akènes globuleux) qui forment deux petites boules réunies et munies de petits crochets. Ses graines peuvent donc se disperser facilement en s’accrochant à la fourrure des animaux de passage, et aussi au pantalons et chaussettes des promeneurs! Cette plante affectionne les friches nitrophiles et côtoie les Orties.

Tiges de Galium aparine couvertes du champignon Mazzantia galii, Beaumonts, 12 mars 2018,
Photo André Lantz

Le champignon forme de petites taches ellipsoïdes noires sur les tiges sèches. En ouvrant la tige on peut observer deux logettes formées par la fructification de l’ascomycète. On peut y prélever les asques et les spores.

Coupe de la tige et du champignon montrant les deux logettes, 12 mars 2018 cliché André Lantz
Asque contenant les spores. 1 petite division = 1 µm. (12 mars 2018), cliché André Lantz

2) Le Géopore des cèdres Geopora sumneriana est un ascomycète inféodé aux Cèdres. C’est un champignon mycorhizien. En effet, si les champignons mycorhiziens associés aux arbres caducs ne fructifient pas en hiver car leurs hôtes sont en repos, les conifères comme les cèdres gardent une activité réduite suffisante pour assurer la fructification de certaines espèces de champignons.

Geopora sumneriana, Beaumonts, 12 mars 2020, cliché André Lantz

L’apothécie (la fructification en forme de disque) au départ souterraine (hypogée) s’ouvre ensuite formant une étoile. Cette espèce ne se trouve que sur les pelouses situées sous les cèdres. Cette espèce, commune dans le Bois de Vincennes, n’avait pas encore été observée au Parc des Beaumonts. Cet hiver doux et pluvieux a été très favorable à sa fructification.

asque de Geopora sumneriana contenant 8 spores guttulées. une petite division = 2,5µm, Cliché André Lantz

3) La Suie de l’Érable Cryptostroma corticale est un ascomycète parasite des Érables (Érable sycomore et Érable champêtre). Ce parasite cause la mort de son hôte. Sa propagation est favorisée par le stress des arbres, suite à des épisodes de sécheresse prolongée, à la canicule, au tassement du sol, à la mise en lumière des arbres… La propagation s’effectue par les conidies. (Les conidies ou conidiospores résultent de la multiplication asexuée des champignons produite par des mitoses successives). Ces conidies pénètrent dans les arbres sains par de petites blessures et vont donner naissance à des hyphes qui vont se développer sous l’écorce. Les hyphes vont ainsi former une couche d’environ 1mm d’épaisseur et produire à nouveau des conidies. L’écorce va casser laissant apparaître la masse noirâtre des conidies qui ressemble à de la suie.

Erable ayant perdu une partie de son écorce du à Cryptostroma corticale, Beaumonts, 18 mars 2020, cliché André Lantz

Les spores vont à leur tour être dispersées par le vent pour atteindre d’autres arbres. Ces spores peuvent provoquer de graves problèmes respiratoires aux personnes présentant déjà des difficultés (asthme, granulomes pulmonaires). Les gestionnaires d’espaces verts cherchent à limiter la propagation de la suie des Érables en abattant et brûlant ou exportant les matériaux abattus.

600 arbres ont ainsi été abattus par la ville de Paris en 2005, sur un effectif de 55000 Érables, essentiellement dans les bois de Boulogne et de Vincennes.

Cette maladie de l’Érable a été signalée la première fois en Europe à Londres en 1945.

4) La Daldinie concentrique Daldinia concentrica est un ascomycète saprophyte. Ses fructifications peuvent rester pérennes sur plusieurs années. Ainsi on peut observer sa croissance sur plusieurs mois, voir plusieurs années. De forme plus ou moins hémisphérique elle est brun rougeâtre à noirâtre. Elle ne présente pas de pied et adhère aux grosses branches ou troncs. Ce champignon a une préférence pour le Frêne. A la coupe on peut admirer les zones concentriques qui se sont formées lors de sa croissance.

Daldinia concentrica sur Frêne, Beaumonts, 18 décembre 2019, cliché André Lantz
Coupe de Daldinia concentrica, 20 mars 2018, cliché André Lantz

5) L’Exidie à noyau (Exidia nucleata = Myxarium nucleatum) est un basidiomycète saprophyte. Elle fait partie de la Famille des Tremellacées. D’1 à 3 cm, elle présente un aspect gélatineux, un peu cérébriforme blanc plus ou moins translucide. Elle se caractérise par rapport à d’autres espèces voisines par la présence dans la masse gélatineuse de petits cristaux blanc d’oxalate de calcium, qui contrastent avec la masse translucide. Il se trouve essentiellement sur les bois morts bien humide.

Exidia nucleata, Beaumonts, 18 décembre 2019, cliché André Lantz

6) Postia stiptica = Oligoporus stipticus est un joli polypore tout blanc. C’est aussi un basidiomycète saprophyte. Il pousse en automne sur le bois mort, surtout de conifère. C’est un champignon spongieux et particulièrement amer et astringent !

Postia stiptica, Beaumonts, 23 novembre 2019, cliché André Lantz
Postia stiptica, Beaumonts, 23 novembre 2019, cliché André Lantz

7) Rhodotus palmatus est un très joli champignon de couleur rose ou abricot. Il appartient à la famille des Dermolomatacées. C’est un basidiomycète saprophyte. C’est un champignon plus « classique » car il possède un pied souvent excentré et un chapeau portant des lames. Sa couleur et sa bonne odeur d’abricot permettent de le déterminer très facilement. Cette espèce se trouve sur les bois morts d’Orme. La raréfaction des ormes causée par la maladie de l’orme a rendu ce champignon beaucoup plus rare. Cependant il semble s’adapter à d’autres essence car il a été photographié au parc des Beaumonts sur un tronc mort de marronnier. Des observations franciliennes récentes de cette espèce ont également signalé sa présence sur d’autres essences d’arbres que l’Orme.

Rhodotus palmatus, Beaumonts, 3 décembre 2019, cliché André Lantz

André Lantz le 25 mars 2020.



Les Champignons du parc des Beaumonts by beaumonts

Les Champignons au parc des Beaumonts.

Cet article reprend une précédente note de 2008 en la complétant.

1) Remarques générales.

La forêt est la station préférée des champignons.

On y trouve les trois types de champignons : mycorhiziens en symbiose avec les arbres vivants, saprophytes qui décomposent la matière organique morte (bois mort, feuilles mortes) et participent au recyclage du carbone pour la création de l’humus et enfin parasites qui attaquent le plus souvent des arbres sénescents, blessés ou faibles.

Les prairies non enrichies artificiellement par des engrais accueillent elles aussi un cortège plus limité d’espèces fongiques.

Il a été constaté que plus les arbres sont âgés plus le nombre d’espèces de champignons mycorhiziens ou saprophytes est important.

Parmi les mycorhiziens on distingue les endomycorhiziens dont les filaments du mycélium pénètrent les radicelles des plantes, arbustes ou arbres et les ectomycorhiziens dont les filaments entourent les radicelles.

La fructification des ces deux groupes est différente.

Les ectomycorhiziens forment des fructifications au dessus du sol que l’on voit parfaitement et qui ravissent les mycophages (Bolets, Amanites, Lactaires, Russules…) tandis que les endomycorhiziens ne fructifient que dans le sol.

Les essences d’arbres de nos forêts tempérés sont surtout associées à des champignons ectomycorhiziens (Chêne, Hêtre, Sapin, Tilleul, Charme…) Par contre les Érables, Robiniers sont associé à des endomycorhiziens.

L’état du sol est aussi un élément important à prendre en compte pour le développement de la vie fongique : Un sol meuble, couvert de débris ligneux, feuilles mortes, perméable est plus adapté à la croissance du mycélium qu’un sol tassé, nu, et non perméable.

Ces quelques rappels schématiques mettent en évidence la différence importante du nombre d’espèces entre la forêt et le parc urbain.

Le bois de Vincennes (440 hectares boisés) compte de nombreuses essences arbustives. En plus de la diversité des espèces (Hêtre, Chênes, Charme, Pins, Bouleau, Tilleul, Peupliers…), on y trouve des exemplaires jeunes et âgés en bonne santé ainsi que des arbres morts laissés sur le sol ou en chandelle. Les vieilles souches sont souvent conservées.

Ceci explique que la Société Mycologique de France (SMF) a recensé plus de mille espèces de champignons au bois de Vincennes. Guillaume Eyssartier a étudié la fonge du Parc du Sausset et y a aussi trouvé un grand nombre d’espèces. Le Parc du Sausset présente aussi une belle diversité d’essences arbustives.

Le parc des Beaumonts ne comporte que peu d’essences ectomycorhiziennes (aucun hêtre, pas de chênes en dehors de quelques jeunes pousses, pas de tilleul ni de charme, pas de pins). Il n’est donc pas étonnant que l’on y trouve aucune russule, lactaire, amanite,ou bolets.

Les seules espèces trouvées sont essentiellement des saprophytes qui se nourrissent de la matière organique morte : Polypores, Lépistes, Coprins, Psathyrelles. Une centaine d’espèces y ont été observées.

2) Les champignons du Parc des Beaumonts

Le parc se compose de plusieurs biotopes différents :

  1. La « savane » composée de graminées, d’apiacées et de divers arbustes est un milieu assez sec. La flore et les populations d’insectes thermophiles l’attestent. De plus sa situation élevée, balayée par les vents, favorise une évaporation rapide des précipitations et de la rosée, surtout en été et au début de l’automne. Peu de champignons y prospèrent.

  2. La partie boisée du Parc Mabille pourrait sembler plus prometteuse. Cependant la majorité des essences qui la recouvre est constituée d’érables, de frênes et de robiniers faux acacias. Les feuillus tels que les chênes, hêtres, charmes, bouleaux, qui sont en général des essences vivant en symbiose avec des champignons, sont inexistants. Enfin le lierre est omniprésent à la fois en recouvrement du sol et en accrochage sur les fûts et les branches de nombreux arbres. Il ne favorise pas l’implantation des espèces fongiques.

  3. Le parc, dont 70% du terrain se trouve sur d’anciennes carrières de gypse ne possède sans doute pas une couche suffisante d’humus propice à l’installation de champignons. En effet, lorsque le terrain a été acquis par la municipalité, les galeries ont été comblées par du mâchefer, des remblais de construction, des roches concassées, du sable et cendres d’incinération d’ordures ménagères.

  4. A ces deux milieux « savane » et parc Mabille on peut adjoindre deux autres milieux : D’une part Le milieu humide constitué par la mare artificielle du haut (mare perchée) et la petite mare naturelle de Brie située vers l’entrée de Fontenay-sous-bois. D’autre part la partie paysagère conçue avec des pelouses entretenues et plantées de diverses essences d’arbres et d’arbustes.

    Ces milieux restent également assez pauvres en espèces fongiques.

3) La sécheresse et le stress hydrique qui en a découlé l’automne 2018 n’a pas favorisé l’observation des champignons dans l’ensemble de l’Île-de-France. Cet hiver 2018-2019 où la pluie a fait son retour nous offre quelques espèces hivernales ou quelques espèces qui peuvent se rencontrer toute l’année. Les bois morts à terre ou suspendus sont colonisés par deux champignons saprophytes. L’Oreille-de-Judas Auricularia auricula-judae et L’Auriculaire mésentérique Auricularia mesenterica. La première de couleur brune, gélatineuse, mince, en forme d’oreille est fixée sans pied sur le bois. Elle ressemble au champignon noir utilisé dans la cuisine asiatique. Celui-ci est une espèce cultivée Auricularia polytricha que l’on ne trouve pas dans la nature. L’oreille de Judas se rencontre souvent sur les sureaux mais aussi sur d’autres essences de bois mort. La photo suivante montre quelques individus sur branche morte de Saule.

Oreille-de-Judas, parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché André Lantz

La seconde, l’Auriculaire mésentérique possède sur la face supérieure une pilosité feutrée et hirsute , zonée, gris-brun à gris-verdâtre. La face inférieure d’un brun uni est fortement veinée ou plissée. Ce champignon n’est pas comestible. La photo suivante montre quelques sporophores? Celui de gauche a été retourné pour mettre en évidence la face inférieure du champignon. Pour les basidiomycètes (les spores croissent sur des organes appelés basides et lorsqu’elles sont mûres elles se détachent de la baside et tombent par gravité),  La face fertile produisant les spores est toujours dirigée vers le sol.

Auriculaire mésentérique, Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché : André Lantz

L’espèce suivante est typiquement hivernale. On peut même la trouver sous la neige!  Il s’agit de la Collybie à pied velouté  Flammulina velutipes. C’est une belle espèce orangée dont le chapeau est visqueux par temps plus ou moins humide. Les lames blanches dans la jeunesse se colorent en crème puis en beige ochracé. Le pied s’assombrit pour devenir noir à la base lorsque le champignon est plus âgé. Les sporophores peuvent croître en touffe de plus d’une dizaines d’individus.

Collybie à pied velouté, Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché: André Lantz

Le Schizophylle commun  Schizophyllum commune, est un champignon dont le chapeau est très feutré et clair. La marge est souvent ondulée.  Le chapeau est en général clair dans sa jeunesse, puis lorsqu’il est plus âgé, plus sombre et verdi par des algues unicellulaires comme sur le second cliché.

Fructification de Schizophylle commun jeune sur tronc de marronnier. Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché: André Lantz

Son nom vient du dédoublement des lames. Elles sont fendues en gouttière sur leurs arêtes. Ce champignon ne doit pas être respiré par les personnes présentant ds troubles respiratoires. En effet on a trouvé que les spores pouvaient germer dans les voies respiratoires en occasionnant des oedèmes chez les personnes immunodéficientes.

Pousse âgée de Schizophylle commun sur racines de marronnier;  Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché:André Lantz

Ce champignon est reviviscent: il est capable de reprendre son activité métabolique quand il est hydraté, même après plusieurs années de sécheresse.

Il est en général décoloré en blanc lorsqu’il est sec.

Pour un  champignon ascomycète ( Les spores sont enfermées dans des sortes de tubes désignés par Asques. Lorsqu’elles sont mûres l’asque s’ouvre et les spores sont émises brutalement dans l’espace), La parte fertile peut donc se trouver sur sa face supérieure. Le champignon suivant est un ascomycète.

Les vieilles feuilles de Lierre jaunies et pendantes dans la masse des feuilles accrochées à des arbres, des murs, des clôtures sont attaquées par un très petit champignon noir dont la fructification est inférieure au millimètre. Il y en a  plusieurs dizaines voir une centaine sur une seule feuille. Il s’agit de Trochila craterium.

Trochila craterium sur Lierre, Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché: André Lantz

Une liste des espèces des champignons du parc des Beaumonts a été établie grâce aux concours de différents spécialistes de la Société Mycologique de France (SMF). Nos remerciements s’adressent à René Chalange, Alain Champagne, René Hentic, Patrice Lainé, François Valade

Dans la première colonne A = Ascomycète; B = Basidiomycète,

la seconde colonne correspond au groupe ou famille, le troisième au nom de Genre, la quatrième au nom d’espèce, la cinquième au nom commun quand il existe

B AGARICACEAE Agaricus bitorquis Agaric des trottoirs
B STROPHARIACEES Agrocybe cylindracea Pholiote du peuplier
B STROPHARIACEES Agrocybe rivulosa Agrocybe rivuleux
B TRICHOLOMATACEAE Armillaria mellea Armillaire couleur de miel
B HYGROPHORACEES Arrhenia spathulata Leptoglosse des mousses
B AURICULARIACEAE Auricularia auricula-judae Oreille de judas
B AURICULARIACEAE Auricularia mesenterica Auriculaire mésentérique
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Bjerkandera adusta Polypore brulé
B BOLBITIACEES Bolbitius titubans Bolbitie jaune d’oeuf
A DERMATEACEAE Calloria neglecta
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Ceriporia alachuana
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Chondrostereum purpureum Stérée pourpre
B TRICHOLOMATACEAE Clitocybe decembris Clitocybe dicolore
B TRICHOLOMATACEAE Clitocybe graminicola Clitocybe graminicole
B ENTOLOMATACEAE Clitopilus hobsonii Clitopile de Hobson
B COPRINACEAE Coprinus atramentarius Coprin noir d’encre
B COPRINACEAE Coprinus auricomus Coprin à poils jaunes
B COPRINACEAE Coprinus comatus Coprin chevelu
B COPRINACEAE Coprinus disseminatus Coprin disséminé
B COPRINACEAE Coprinus lagopus Coprin pied de lièvre
B COPRINACEAE Coprinus leiocephalus Coprin à disque lisse
B COPRINACEAE Coprinus micaceus Coprin micacé
B CORTINARIACEAE Cortinarius anomalus Cortinaire anormal
B CREPIDOTACEAE Crepidotus cesatii Crépidote à spores sphériques
B CREPIDOTACEAE Crepidotus epibryus Crépidote des mousses
B CREPIDOTACEAE Crepidotus luteolus Crépidote jaune pâle
B CREPIDOTACEAE Crepidotus variabilis Crépidote variable
B MARASMIACEAE Crinipellis scabella Marasme des chaumes
B HYGROPHORACEA Cuphophyllus virgineus Hygrophore blanc
B AGARICACEES Cyathus olla Cyathe
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Cylindrobasidium evolvens
B DACRYMYCETACEAE Dacrymyces stillatus
A PYRENOMYCETIDEAE Daldinia concentrica Daldinie concentrique
B MARASMIACEAE Delicatula integrella Mycène délicate
B ENTOLOMATACEAE Entoloma hebes Entolome à pied grèle
B ENTOLOMATACEAE Entoloma papillatum Entolome papillé
B ENTOLOMATACEAE Entoloma sericellum Entolome blanc soyeux
A CLAVICIPITACEAE Epichloe typhina Quenouille des massettes
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Exidiopsis calcea
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Exidiopsis effusa
B DERMOLOMATACEAE Flammulina velutipes Collybie à pied velouté
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Fomes fomentarius Amadouvier
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Funalia gallica
B CREPIDOTACEAE Galerina marginata Galère marginée
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Ganoderma lipsiense Ganoderme plat
B GASTEROMYCETIDEAE Geastrum triplex géastre à trois enveloppes
Famille Genre espèce Nom Vernaculaire
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Gloeophyllum sepiarium Lenzite des clotures
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Gloiothele lactescens
B CORTINARIACEAE Hebeloma crustuliniforme Hébélome croûte de pain
B CORTINARIACEAE Hebeloma mesophaeum Hébélome à centre sombre
B CORTINARIACEAE Hebeloma pusillum
B CORTINARIACEAE Hebeloma sinapizans Hébélome échaudé
B HYGROPHORACEA Hygrocybe conica Hygrocybe conique
B HYGROPHORACEA Hygrocybe virginea Hygrocybe blanc de neige
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Hyphodontia sambuci
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Hypochnicium vellereum
B INOCYBACEES Inocybe dulcamara Inocybe doux-amer
A LACHNELLACEAE Lachnella alboviolascens
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Laetiporus sulphureus Polypore soufré
B TRICHOLOMATACEAE Lepista nuda pied bleu
B TRICHOLOMATACEAE Lepista saeva pied violet
B TRICHOLOMATACEAE Lepista sordida Lépiste sordide
A PLEOSPORACEAE Leptospharia acuta
B AGARICACEAE Leucoagaricus badhamii Lépiote de Badham
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Lopharia spadicea
B LYOPHYLLACEES Lyophyllum decastes Tricholome en touffes
B AGARICACEAE Macrolepiota rhacodes var.bohemica Lépiote déguenillée
B CLAVARIACEAE Macrotyphula filiformis Clavaire filiforme
B MARASMIACEAE Marasmius epiphylloides Marasme de feuilles de lierre
A DIAPORTHACEAE Mazzantia galii
B LEUCOPAXILLOIDEAE Melanoleuca kuehneri Tricholome gris-souris
B LEUCOPAXILLOIDEAE Melanoleuca polioleuca Tricholome à chair brune
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Meripilus giganteus Polypore géant
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Meruliopsis corium Mérule papyracée
B MARASMIACEAE Mycena adscendens Mycène à socle
B MARASMIACEAE Mycena galericulata Mycène en casque
B MARASMIACEAE Mycena olida Mycène odorante
B MARASMIACEAE Mycena polygramma Mycène à pied strié
B MARASMIACEAE Mycena speirea Mycène groupée
B MARASMIACEAE Mycena tenerrima Mycène ascendante
B TREMELLACEAE Myxarium nucleatum Exidie à noyau
A PYRENOMYCETIDEAE Nectria cinnabarina
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Oxyporus latemarginatus
B COPRINACEAE Parasola plicatilis Coprin plissé
B PAXILLACEAE Paxillus involutus Paxille enroulée
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Peniophora lycii
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Perrenniporia fraxinea Polypore du frêne
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Phellinus punctatus
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Phellinus robustus Phellin robuste
B « rouille » Phragmidium bulbosum
B « rouille » Phragmidium violaceum
B PLEUROTACEAE Pleurotus ostreatus Pleurote en huître
B PLUTEACEAE Pluteus cervinus Plutée couleur de cerf
B PLUTEACEAE Pluteus salicinus Plutée du saule
B COPRINACEAE Psathyrella candoleana Psathyrelle de De Candolle
B COPRINACEAE Psathyrella conopilus Psathyrelle conique
B COPRINACEAE Psathyrella gracilis Psathyrelle gracile
B COPRINACEAE Psathyrella lacrymabunda Psathyrelle veloutée
B COPRINACEAE Psathyrella marcescibilis Psathyrelle marcescente
B COPRINACEAE Psathyrella melanthina Psathyrelle gris lilas
B COPRINACEAE Psathyrella multipedata Psathyrelle cespiteuse
B COPRINACEAE Psathyrella spadiceogrisea Psathyrelle grisatre
B COPRINACEAE Psathyrella tephrophylla Psathyrelle à lames sombres
B « rouille » Puccinia graminis
B DERMOLOMATACEAE Rhodotus palmatus Rhodotus réticulé
A PEZIZOMYCETIDEAE Rhytisma acerinum Goudron de l’érable
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Schizophyllum commune Schizophylle commun
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Stereum hirsutum Stérée hirsute
B STOPHARIACEAE Stropharia cyanea Strophaire bleue
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Trametes gibbosa Tramète gibbeuse
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Trametes versicolor Tramète versicolore
A DERMATEACEAE Trochila craterium
B CREPIDOTACEAE Tubaria autochtona Tubaire de l’aubépine
B CREPIDOTACEAE Tubaria hiemalis Tubaire hivernale
B CREPIDOTACEAE Tubaria romagnesiana Tubaire de Romagnesi
B CREPIDOTACEAE Tubaria segestria
A PYRENOMYCETIDEAE Tubercularia vulgaris
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Tyromyces fissilis
A ERYSIPHOMYCETIDAE Uncinula tulasnei oïdium de l’érable
B PLUTEACEAE Volvariella speciosa Volvaire visqueuse
A PYRENOMYCETIDEAE Xylaria hypoxylon Xylaire du bois
A PYRENOMYCETIDEAE Xylaria polymorpha Xylaire polymorphe

André Lantz le 9 février 2019



24h de la biodiversité, compte-rendu de visite. by beaumonts

Les 24h de la biodiversité se sont tenues le samedi 25 juin 2016 à Montreuil.

Le programme avait été présenté dans l’article précédent.

Une dizaine de participants dont les randonneurs montreuillois se sont retrouvés au parc des Beaumonts avec David Thorns, ornithologue, et André Lantz, entomologiste, de l’association BNEV. Cette année le temps ensoleillé a été plus favorable à l’observation des insectes que lors des années antérieures. Les horaires étaient plus propices aux insectes qu’aux oiseaux. Certains d’entre eux n’ont pu être déterminés que par leur chant car, en cette saison, ils sont souvent cachés par la végétation.

Voici la liste des espèces rencontrées lors de cette visite:

Les Piérides blanches ont été très nombreuses, également réparties dans la zone paysagère et dans la partie plus sauvage du parc. D’autres espèces comme le Demi-deuil ou la Trichie de la rose ne se rencontrent que dans les prairies sauvages non fauchées ou le long du ru qui descend de la mare perchée.

date genre espèce nom vernaculaire nombre remarques
25/06/16 Pieris   Piérides blanches 26 dont Pieris rapae et Pieris napi
25/06/16 Melanargia galathea Demi-Deuil 3  
25/06/16 Pararge aegeria Tircis 2  
25/06/16 Polyommatus icarus Azuré de la Bugrane 1  
25/06/16 Apis mellifera Abeille domestique 8  
25/06/16 Bombus sp Bourdon 3  
25/06/16 Xylocopa sp Xylocope 1  
25/06/16 Trichius rosaceus Trichie de la Rose 1  
25/06/16     Libellule 2 en vol, non déterminable
25/06/16 Tettigonia viridissima Sauterelle verte 3  
25/06/16 Coccinella septempunctata Coccinelle à 7 points 1  
25/06/16 Sylvia atricapilla Fauvette à tête noire 1 entendue
25/06/16 Phylloscopus collybita Pouillot véloce 1 vu
25/06/16 Troglodytes troglodytes Troglodyte mignon 1 entendu
25/06/16 Pica pica Pie bavarde 1 vue
25/06/16 Dendrocopos major Pic épeiche 1 vu

David Thorns nous a permis de distinguer au moyen de son téléobjectif performant la piéride de la rave, au dessous uni, de la piéride du navet où les nervures des ailes postérieures sont soulignées d’écailles sombres.

Les deux photos suivantes illustrent une femelle de la piéride du Navet Pieris napi. La femelle se distingue du mâle par la présence de deux points noirs sur la face dorsale de l’aile antérieure. Les nervures sont bien soulignées d’écailles plus sombres sur le revers de l’aile postérieure.

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

La piéride de la rave (Pieris rapae) présente un revers uni.

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Le demi-Deuil (Melanargia galathea)avec son damier noir et blanc est une des espèces bien reconnaissables. Elle affectionne les prairies non fauchées et fleuries.

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Lors de cette visite les participants se sont aussi intéressés aux plantes et fleurs du parc, dont certaines sont mellifères et attirent de nombreux insectes.

André Lantz le 4 juillet 2016.



Orchidées du printemps 2016 by beaumonts

Orchidées du printemps 2016

 La coupe des cornouillers avant le printemps de cette saison a été assez favorable à la repousse et floraison de quelques orchidées. Il serait cependant nécessaire d’extraire les végétaux coupés ou broyés afin de garder au sol sa composition originelle. L’apport de bois mort entraîne un enrichissement du sol préjudiciable à la fois aux orchidées mais aussi à d’autres plantes qui affectionnent les prairies mésophiles.

L’orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis) est une orchidée de pelouse calcaire ensoleillée.

Orchis pyramidal, Beaumonts, 17 mai 2016, cliché André Lantz

Orchis pyramidal, Beaumonts, 17 mai 2016, cliché André Lantz

La taille de l’épi qui est pyramidal dans le début de floraison peut atteindre 50cm. Les fleurs sont nombreuses. Le labelle est trilobé et porte à sa base deux lamelles quasi parallèles.

Bien que n’offrant pas de nectar, les fleurs peuvent être pollinisées par des insectes dont des papillons.

L’Ophrys abeille (Ophrys apifera) est le plus commun des Ophrys. C’est aussi le seul Ophrys autogame (Il peut se reproduire par autofécondation. Les pollinies (masses de pollen) sortent de leur loges et s’incurvent vers le stigmate. Les grains de pollens peuvent alors tomber sur le stigmate et féconder l’ovaire. Ainsi certaines mutations (modification de la couleur ou de la forme des pétales) peuvent être transmises aux descendants.

Ophrys abeille, Beaumonts , 9 juin 2016, cliché André Lantz

Ophrys abeille, Beaumonts , 9 juin 2016, cliché André Lantz

Le Dactylorhiza négligé ou Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa) est une plante pouvant atteindre 80 cm de haut. Comme les autre fleurs de dactylorhiza le labelle est parsemé de petits traits plus foncés, contrastant sur un fond clair. Cette plante pousse dans les prairies calcicoles humides. C’est une plante septentrionale car on ne la trouve qu’au dessus d’une ligne reliant la ville de Nantes à celle de Strasbourg. Elle est protégée en Île de France.

Dactylorhiza négligé, Beaumonts, 9 juin 2016, cliché André Lantz

Dactylorhiza négligé, Beaumonts, 9 juin 2016, cliché André Lantz

Signalons que plusieurs papillons migrateurs sont revenus. La Belle-Dame (Vanessa cardui) est de retour en Île de France et on peut l’observer au parc les jours de beau temps.

Belle-Dame butinant les fleurs de trèfles. Beaumonts, le 7 juin 2016, cliché André Lantz

Belle-Dame butinant les fleurs de trèfles. Beaumonts, le 7 juin 2016, cliché André Lantz

Les 24 h de la biodiversité en Seine Saint-Denis se dérouleront cette année le samedi 25 juin et le dimanche 26 juin sur l’ensemble du département.

A Montreuil, cet événement se déroulera le 25 juin de la manière suivante :

24h de la Biodiversité à Montreuil le samedi 25 juin 2016

1) Départ de la randonnée pédestre avec François Degoul et Claire Nicolas à 9 h précises sur les marches de la Mairie de Montreuil en direction du parc Montreau. Tour du Parc Montreau.

 2) Après le parc Montreau, Rendez-vous vers 10h 45 au Jardin des Couleurs, 39 rue Bouchor  (bus 122 et 301, arrêt Ruffins) pour l’animation des Ateliers de la Nature autour des herbes de la Saint Jean : traditions, reconnaissance des plantes, usages et préparations à réaliser ensemble (Françoise Curtet, Jean Werlen).

 3) Vers 11h 45 : départ du Jardin des Couleurs en direction des Murs à pêches (prairie des Murs à pêches, rue Pierre de Montreuil et impasse Gobetue). Arrivée vers le site prévue à 12h

Animations sur le site et repas commun végétalien organisé par les Estivales de la permaculture (Christophe Bichon).

 4) Départ du site vers 13h30 en direction du parc des Beaumonts. Rendez-vous sur le parking face au 5 rue Paul Doumer (bus 122, arrêt St Just) à 13h 45.

Animation sur les papillons et les oiseaux de 13h 45 à 15h 15 sur le site par l’association BNEV (André Lantz et  David Thorns).

 5) Départ du parc des Beaumonts (statue du calligraphe chinois rue Jean Moulin) vers 15 h 15. Retour entre 16h 30 et 17h par le parc Jean Moulin – Les Guilands ou directement à la Mairie selon la Météo.

 En plus de ce parcours, des animations et des ateliers seront proposés

– le samedi après-midi sur le site du Jardin des Couleurs par Les Ateliers de la Nature

– le samedi et le dimanche après-midi sur la prairie des Murs à pêches par les Estivales de la Permaculture

Venez nombreux participer à cet événement. Vous pouvez vous inscrire  gratuitement sur le site suivant:

 http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/24H-pour-la-biodiversite-2016-des-animations-sportives-et-naturalistes.html

Vous pourrez aussi participer le dimanche 26 juin à une sortie organisée par l’ANCA sur la friche de Ville-Evrard (Neuilly-sur-Marne).

Au programme : observations naturalistes (flore, insectes et oiseaux) au cours d’une promenade d’environ 3H.

Le rendez-vous est fixé à 14H, sur le parking juste après l’entrée du poste de Surveillance de Ville-Evrard (entrée: 202 avenue Jean Jaurès, 93330 Neuilly-sur-Marne).

Pour participer, si vous le souhaitez, il faut s’inscrire auprès du département : http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/24H-pour-la-biodiversite-2016-des-animations-sportives-et-naturalistes.html#outil_sommaire_3

André Lantz le 13 juin 2016

 

 



Insectes printaniers, lichens et plantes by beaumonts

Quelques insectes du printemps 2016

Comme chaque année les premiers rayons de soleil et de chaleur réveillent les papillons endormis durant la période hivernale. Quelques plantes sont déjà fleuries et procurent aux espèces hivernantes le nectar dont ils ont besoin pour voler et se reproduire.

Le Paon du jour (Aglais io), dont la chenille consomme les Orties dioïques au parc des Beaumonts, est une espèce bivoltine, c’est à dire qu’elle présente deux générations dans une année. Les imagos tardifs de seconde génération se cachent l’hiver dans des endroits sombres et le revers noir de leurs ailes assure une protection efficace contre d’éventuels prédateurs. L’exemplaire photographié appréciait les fleurs de pissenlit.

Aglais io, Beaumonts, 5 avril 3016, DSC_7028 bis

Paon du jour, Aglais io, Beaumonts, 5 avril 2016, cliché André Lantz

On peut imaginer dans le détail de l’ocelle de l’aile postérieure une petite tête de lutin facétieux.

Aglais io, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_7023

Ocelle de l’aile postérieure du paon du jour, Beaumonts, 5 avril 2016, cliché André Lantz 

Le Robert-le diable (Polygonia c-album) fait aussi partie des Vanesses qui hibernent. Cette espèce est également bivoltine. Contrairement au paon du jour dont les imagos de première et de seconde génération présentent des motifs et des colorations identiques, les exemplaires de seconde génération (août octobre) du Robert- le Diable présentent des ailes plus découpées et une coloration fauve plus foncée que ceux de la première génération (juin-août). Le spécimen photographié est bien un hibernant de seconde génération.

Polygonia c-album, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_6975

Robert-le-diable, Polygonia c-album, Beaumonts, 5 Avril 2016, cliché André Lantz

 Le Tircis (Pararge aegeria) est un papillon commun que l’on peut trouver maintenant dans les Villes. La chenille se nourrit de graminées et les arbres fournissent la mi-ombre qu’affectionne l’adulte.

Cette espèce possède 3 à 4 générations annuelles mais n’hiberne pas. Les ailes des mâles offrent en général des taches claires moins étendues que chez les femelles. Cette espèce présente deux taxons en France. Le taxon aegeria (Pararge aegeria aegeria) possède une couleur de fond plus orangé. Le Taxon Tircis (Pararge aegeruia tircis) un fond plus clair.

Le taxon aegeria est implanté dans le sud de la France et tircis dans le nord. Les études récentes d’ADN ne montrent pas de différence génétique entre les deux taxons.

Le réchauffement climatique favorise la remontée vers le nord du taxon aegeria.

L’exemplaire photographié au parc illustre bien le taxon tircis avec des taches assez claires. L’imago vient sans doute d’émerger compte tenu de sa livrée intacte et de sa pilosité en très bon état.

Parage aegeria, Beaumonts,5 avril 2016, DSC_6960comp.

Tircis mâle fraichement éclos sur Anthrisque. Beaumonts, 5 avril 2016, Cliché André Lantz

Les imagos des Piérides n’hibernent pas.

Les premiers adultes émergent donc aux premiers beaux jours. Cets espèces peuvent être trivoltines : 3 générations par an. La première vole de début avril à mai, la seconde de juin à août et la troisième de août à septembre. En vol il n’est pas possible de distinguer la Piéride de la rave (Pieris rapae) de la Piéride du Navet (Pieris napi).

Lorsque le papillon est posé, l’observation du revers des ailes permet de faire l’identification.

La face ventrale des ailes est uniforme chez la Piéride de la rave alors que les nervures sont soulignées de noir chez la Piéride du navet.

Les nervures des ailes postérieures sont beaucoup plus soulignées de gris verdâtre pour les adultes de la première génération. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Les femelles présentent deux taches noires bien visibles sur le dessus de l’aile antérieure alors que le mâle n’en possède qu’une moins prononcée.

Le cliché suivant d’une Piéride du navet butinant un pissenlit illustre à la fois les nervures bien soulignées d’écailles noires sur le dessous et légèrement soulignées sur la face dorsale des ailes.

Pieris napi, Beaumonts, 6 avril 2016, DSC_7091

Femelle de la Piéride du navet fraichement éclose, Beaumonts, 6 avril 2016, cliché André Lantz

Les lichens sont constitués de champignons, essentiellement ascomycète, (90 à 95 % de la biomasse) et d’algues, soit des Procaryotes (cyanobactéries) soit des Eucaryotes (algues vertes).

Même minoritaires, les algues fournissent par photosynthèse les ressources carbonées nécessaires à la vie du lichen. Le champignon fournit la protection, l’eau et les éléments minéraux.

La propriété des lichens est la reviviscence. Ces êtres vivants sont capables de passer de très nombreuses fois d’un état déshydraté à un état hydraté. Cette propriété leur permet de conquérir des milieux hors sols comme les arbres ou les rochers. La principale source d’eau est donc la pluie. C’est la raison pour laquelle les lichens sont très sensible à la pollution. En effet l’eau de pluie chargée de polluant atmosphérique comme le dioxyde de souffre est acide et ne permet plus au lichen de se développer. Ils sont des bons indicateurs de la qualité de l’air. On admet que les lichens couvrent 8 % des surfaces terrestres émergées. Cependant, comme les autres champignons ils accumulent des métaux lourds.

La Parmélie des murailles ou Xanthorine (Xanthoria parietina) est un lichen très commun reconnaissable à sa couleur jaune ou jaune-orange.

Cette couleur secrétée par le champignon est du à la pariétine. La couleur orange est d’autant plus prononcée que le lichen est placé en plein soleil. Comme bon nombre d’autres lichens la parmélie prospère sur deux milieux différents: L’écologie est dite corticole sur les écorces des vieux arbres ou saxicole sur les rochers ou les pierres.

Les algues monocellulaires qui vivent dans la parmélie sont du genre Trebouxia.

La reproduction peut se faire par l’eau ou le vent qui transporte les spores. Cependant deux acariens se nourrissant du lichen rejettent dans leurs fèces des spores et des algues intactes car non digérées par le tube digestif de ces acariens. Ce processus facilite la reproduction et la dissémination du lichen.

La Parmélie a été utilisée pour la fabrication d’un colorant. Pilée et mélangée à de l’urine elle servait à teindre la laine en rose, en particulier pour la confection des kilts écossais.

Ce lichen aurait servi par les guérisseurs de moyen-âge à soigner la jaunisse et les maladies du foi selon la théorie des signatures.

L’exemplaire photographié se trouvait sur un vieux frêne abattu par le vent. On peut distinguer les petites coupelles oranges désignées par apothécies discoïdes. Ce sont les parties fertiles des champignons. (comme pour les pézizes où les apothécies peuvent atteindre plusieurs centimètres).

Xanthoria parietina, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_6971

Parmélie des murailles ou Xanthorine.Beaumonts, sur branche de Frêne, 5 avril 2016, cliché André Lantz

En réhydratant une partie du lichen, les apothécies se sont gonflées. Les algues participent à la coloration plus verdâtre du champignon.

Xanthoria parietina, Beaumonts, 6 avril 2016, DSC_7101

Apothécies de Xanthoria parietina, Beaumonts, 6 avril 2016, cliché André Lantz

Le cliché microscopique suivant montre un asque avec les spores. Il y a 8 spores par asques mais certaines d’entre elles peuvent être cachées par d’autres . On distingue également les algues vertes.

Xanthoria parietina, asque et algue x 1000, Beaumonts, 11 avril 2016,DSCN6010

Asque octosporé et algues vertes de Xanthoria parietina,, Beaumonts, 11 avril 2016, cliché et préparation André Lantz

Le cliché suivant montre les 8 spores dans un asque. Elles ne sont pas encore mûres mais leur forme en sablier à ce stade d’évolution est caractéristique. Les spores sont dites polariloculaires.

Xanthoria parietina, asques x 1000, Beaumonts, 11 avril 2016, DSCN6007

Asque octosporé et spores de Xanthoria parietina, Une petite division correspond à 1 micromètre, 11 avril 2016, cliché André Lantz

Certaines chenilles se nourrissent de lichens. La Lithosie complanule (Eilema lurideola) ou Lithosie plombée est un papillon nocturne de la famille des Erebidae. La chenille est noire avec une bande latérale rouge par côté. Cette espèce a été trouvée aux Beaumonts. La chenille photographiée sur la parmélie des murailles provient du parc. Au dernier stade de sa croissance la chenille ne mesure pas plus de 20mm.

Eilema lurideola, n° 83, 24 avril 2014, DSC_0751

Chenille adulte de La Lithosie complanule, Eilema lurideola sur Xanthoria parietina, Beaumonts, 24 avril 2014, cliché André Lantz

Les ailes antérieures de l’imago sont grises avec une fine bordure costale jaune qui s’amenuise vers l’apex.

Eilema lurideola, n° 83, Beaumonts, 30 mai 2014, DSC_0057

Imago de la Lithosie plombée, Eilema lurideola, Beaumonts, 30 mai 2014, cliché André Lantz

L’Ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum) n’avait pas à ma connaissance été notée au Parc des Beaumonts. On peut aussi en voir quelques pieds au Parc départemental Jean Moulin-Les Guilands sur les communes de Montreuil et de Bagnolet.

Ornithogalum umbellatum, Beaumonts, 12 avril 2016, DSC_7138

Dame d’Onze heures, Ornithogalum umbellatum, Beaumonts, 12 avril 2016, cliché André Lantz

Cette plante bulbeuse est aussi nommée Dame d’onze heures. Les jours gris et sans soleil les fleurs ne s’ouvrent pas. Par contre les jours ensoleillés où les polinisateurs sont plus nombreux à sortir et visiter les fleurs, les 6 tépales de l’ornithogale s’ouvent vers 11h.

Sorties Ornithologiques au parc des Beaumonts

Venez découvrir le 22 mai de 9h30 à 12h 30 la richesse ornithologique du parc des Beaumonts où la faune et la flore sauvages sont protégées. Promenade détendue et conviviale. Prévoir : jumelles. Promenade ornithologique conseillée pour s’initier ou se perfectionner. Rdv : 9 h 15. Avenue Jean Moulin, à côté de la statue monumentale du calligraphe, au pied de l’escalier d’accès au parc des Beaumonts. Limité à 12 participants. Promenade ornithologique animée par Thomas Puaud (06.87.23.69.95). Réservation obligatoire au plus tard le vendredi précédant l’activité avant 16 h auprès du service Environnement et Développement Durable de la Ville de Montreuil : 01 48 70 67 94 – environnement@montreuil.fr. Renseignements auprè du service Environnement et Développement Durable de Montreuil ou Thomas PUAUD (entre 19h30 et 21h30).

24 Heures de la Biodiversité

Le samedi 25 juin et le dimanche 26 juin se tiendront les 24 heures de la Biodiversité sur le territoire du département de la Seine-Saint-Denis.

Les diverses associations naturalistes et sportives de plein-air pourront s’y rencontrer. Vous pouvez dès maintenant retenir ces dates. Des informations sur les activités proposées à Montreuil vous seront indiquées plus tard. Les randonneurs de Tourisme, loisir et culture de Montreuil s’associeront à des manifestations naturalistes proposées par BNEV, Le jardin des Couleurs et le sens de l’Humus (Estivales de la permaculture) le samedi 25 juin.

Notez bien ces dates sur votre agenda.

André Lantz, le 12 avril 2016



Premiers jours de printemps 2016 by beaumonts

Malgré des nuits bien fraîches, le soleil de mars réchauffe le sol et à l’abri du vent les premiers insectes viennent butiner les premières fleurs : Ficaire ou Ficaire fausse renoncule (Ficaria ranunculoides), Lamier pourpre (Lamium purpureum), Lamier blanc (Lamium album), Véronique de Perse (Veronica persica)…

Les diptères et hyménoptères sortent plus facilement aux températures basses que les Lépidoptères. Il n’est donc pas étonnant de retrouver le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). Les ailes sont plus souvent rabattues sur le corps par température basse (12°C à l’ombre) comme en ce moment. Par températures plus élevées les ailes sont étalées.

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6753

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André  Lantz 

 

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6755

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premiers Bombyles volettent dans les endroits ensoleillés et bien abrités du vent. Le grand Bombyle (Bombylius major) est toujours bien présent au parc. Ce diptère régule les populations de microlépidoptères car les larves se nourrissent de chenilles.

Bombylius major, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6814

Grand Bombyle, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premières reines de bourdon viennent butiner. L’imago suivant appartient au groupe du Bombus terrestris constitué de plusieurs espèces difficilement distinguables. Une étude plus approfondie des caractères a montré que l’espèce Bombus lucorum était bien présente au parc. C’est peut être un représentant de cette espèce qui butinait le lamier pourpre bien fleuri en ce moment.

Bombus lucorum à vérifier, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6822

Reine de Boudon du groupe Bombus  terrestris, Bombus lucorum, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz 

 

Quelques abeilles domestiques (Apis mellifera) sortent également des ruches pour rechercher pollen et nectar.

Parmi les Rhopalocères (papillons de jour) les premières vanesses sortent de l’état d’hibernation.

Le vulcain (Vanessa atalanta) et la petite tortue (Aglais urticae) ont émergé les premières.

Cet imago  de petite tortue sur le sol profite des rayons du soleil de l’après-midi.

Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6837

Petite Tortue, Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Le morosphinx (Macroglossum stellatarum) ne se pose pas pour butiner comme la majorité des papillons mais utilise le vol stationnaire.

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6799

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6794

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Enfin parmi les coléoptères on pouvait observer les premières coccinelles à 7 points (Coccinella septempunctata).

Coccinella septempunctata, sur Lamium purpureum, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6729

Coccinelle à 7 points, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Quelques arbres débutent leur floraison comme ceux du genre Prunus mais aussi les Aulnes.

On peut distinguer sur la photo suivante les petites fleurs femelles dressées et les fleurs mâles pendantes remplies de pollen jaune.

Fleurs mâles et femelles d'Aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6741

Floraison de l’aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

André Lantz, le 20 mars 2016



Sorties proposées en Octobre 2015 by beaumonts

Proposition de visites et sorties en octobre 2015.

Notre collègue et ornithologue Thomas Puaud se propose d’organiser une visite au parc des Beaumonts pour y observer les oiseaux. Cette visite est prévue le Dimanche 11 octobre 2015.

Rdv : 9 h 15. Avenue Jean Moulin, à côté de la statue monumentale du calligraphe, au pied de l’escalier d’accès au parc des Beaumonts. Limité à 12 participants. Cette promenade ornithologique sera animée par Thomas Puaud.

Réservation obligatoire au plus tard le vendredi précédant l’activité avant 16 h auprès du service Environnement et Développement Durable de la Ville de Montreuil : 01 48 70 67 94 – environnement@montreuil.fr

Je vous signale également que l’exposition annuelle de champignons préparée par la Société Mycologique de France en partenariat avec la Ville de Paris se tiendra du vendredi 16 octobre après-midi au lundi 19 octobre au parc floral de Paris. Pavillon 18. Une conférence sur les champignons du bois de Vincennes aura lieu le samedi 17 après-midi. Une autre conférence sur les champignons comestibles ou vénéneux se tiendra le dimanche après-midi.

Voici quelques photos de champignons prises au parc des Beaumonts.

Le Coprin chevelu (Coprinus comatus) est une espèce très reconnaissable. Sa taille est d’environ une dizaine de cm. Le chapeau presque cylindrique dans la jeunesse, s’étale ensuite en cloche. Il est tout blanc et recouvert de mèches plus ou moins retroussées. Avec l’âge il devient déliquescent et noir. Il porte un petit anneau blanc. Il pousse plutôt dans l’herbe, sur les prés ou au bord des chemins. C’est un bon comestible quand le sol n’est pas pollué par les métaux lourds et les pesticides.

Coprin chevelu, Beaumonts, 13 août 2015, cliché André Lantz

Coprin chevelu, Beaumonts, 13 août 2015, cliché André Lantz

Les deux photos suivantes représentent un autre champignon qui parasite la Clématite (Clematis vitalba). Il s’agit de Aecidium clematidis.

rouille Aecidium clematidis sur clématite, Beaumonts, 12juin 2015, cliché André Lantz

rouille Aecidium clematidis sur clématite, Beaumonts, 12juin 2015, cliché André Lantz

Rouille Aecidium clematidis sur Clématite, Beaumonts, 12 juin 2015, cliché André Lantz

Rouille Aecidium clematidis sur Clématite, Beaumonts, 12 juin 2015, cliché André Lantz

Voici une courte explication concernant cet ordre fongique donnée par le mycologue Albert Péricouche:

La rouille est une maladie végétale due à des champignons microscopiques Basidiomycètes de l’ordre des Urédinales parasites des végétaux vasculaires. Le nom de rouille provient de l’existence de fructifications de couleur brun-orangé, coloration due à la présence de pigments caroténoïdes.
Il en existe plus de 6000 espèces qui sont pour la pluspart spécifiques d’hôtes déterminés.
Selon les espèces, le cycle évolutif nécessite le passage sur deux hôtes successifs et dans un sens bien déterminé (rouilles hétéroxènes ou hétéroïques) ou bien se déroule sur un hôte unique (rouilles monoxènes ou monoïques).
Au cours de ce cycle , il se forme des spores (5 formes de spores pour un cycle complet et désignées par stades 0,S,I,II,III) qui permettent l’extension de la rouille.

André Lantz, le 2 octobre 2015