Beaumonts nature en ville


Fin d’Hiver 2015 (suite) by beaumonts

 

Fin d’hiver 2015 (suite)

Peu de précipitation en ce mois de mars, ce qui n’est ni propice aux batraciens ni aux champignons. Certaines journées ensoleillées, mais dans l’ensemble des nuits bien fraîches.

Ce qui n’a pas fait sortir beaucoup d’insectes et de batraciens. Une floraison relativement habituelle de plantes communes des milieux rudéralisés ou prairaux : Ficaires, Pissenlits, violettes et lamiers blancs, cardamine hirsute, véronique de perse.

Une nouvelle espèce de champignon a quand même pu être observée. Il s’agit de la Pézize variable (Peziza varia).

Peziza varia, Pezize variable, fructifications, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Peziza varia, Pezize variable, fructifications, 11 mars 2015, cliché André Lantz

C’est un ascomycète d’assez grande taille de plusieurs cm. Plusieurs Apothécies (fructifications) peuvent être groupées comme sur l’exemple de la photo.

L’hyménium (surface produisant les spores) est brun. La marge est plus ou moins érodée. La surface externe est couverte d’une pruine blanchâtre sale qui disparaît avec l’âge. La chair cassante n’exsude pas de lait. Les spores sont ellipsoïdes et parfaitement lisses. La photo suivante illustre les formes des spores groupées par 8 dans les asques.

Spores et asques de la Pézize variable, 16 mars 2015, cliché André Lantz

Spores et asques de la Pézize variable, 16 mars 2015, cliché André Lantz

Ce champignon saprophyte peut se rencontre à terre , dans des gravats ou sur débris ligneux, dans des milieux très variés. Il a fructifié sur « la montagne » des coupes de la zone centrale réalisée en octobre denier et stockée au début de l’allée des marronniers.

Les diptères ne craignent pas les matinées un peu froides pour faire leur travail de pollinisateur. L’Éristale persistante ou Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) est un syrphe floricole commun.

Mâle d'Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant un capitule de pissenlit, 17 mars 2015,  cliché André Lantz

Mâle d’Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant un capitule de pissenlit, 17 mars 2015, cliché André Lantz

La distinction avec son sosie l’ Éristale gluante ou Éristale tenace (Eristatis tenax) n’est pas toujours aisée à faire à partir d’un cliché photographique. Il est toujours recommandé  de prendre l’insecte sous plusieurs plans afin de disposer plus tard d’éléments de comparaisons.

L’un des critères d’identification de l’espèce s’avère net sur cette photo : Les tarses (extrémités des pattes) des deux premières paires sont jaunes pour l’espèce pertinax et noirâtres pour tenax.

Mâle d'Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant sur un capitule de pissenlit, 17 mars 2015;, cliché André Lantz

Mâle d’Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant sur un capitule de pissenlit, 17 mars 2015;, cliché André Lantz

Un autre syrphe Eupeodes luniger a pu être photographié. La forme des taches jaunes de l’abdomen pourrait à première vue le faire confondre à un autre syrphe du genre Scaeva.

Mâle d'Eupeodes luniger, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Mâle d’Eupeodes luniger, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Les deux genres se distinguent entre autre par l’absence (Eupeodes) ou la pilosité (Scaeva) des yeux.

Les premiers « boudons », en général des reines, éclosent vers le printemps et viennent butiner les premières fleurs.

Bombus vestalis, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Bombus vestalis, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Cet exemplaire restait au sol attendant un peu de chaleur avant de s’affairer à rechercher les fleurs de pissenlits. Il s’agit sans doute de Bombus vestalis, assez commun dans le parc, qui parasite plusieurs bourdons dont le bourdon terrestre (Bombus terrestris).

Notre sortie nocturne de comptage et d’observation des batraciens vers la mi mars a été un peu moins décevante que celle que nous avions relatée dans notre précédent article. Nous avons pu observer quelques mâles de crapaud commun (Buffo buffo). Nous avons pu photographier à la mare de Brie ce beau mâle de triton ponctué (Lissotriton vulgaris) parmi quelques uns de ses congénères.

mâle de Triton ponctué, 19 mars 2015, cliché André Lantz

mâle de Triton ponctué, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Il est indiqué dans l’ouvrage « Atlas des amphibiens et reptiles de la Seine-Saint-Denis rédigés par J. Lescure, J-C. De Massany et F. Oger » que cette espèce est relativement bien répandu sur le département , mais souvent présent en faible quantités. L’espèce est aussi très sensible à la présence de poissons. C’est donc une espèce dont l’enjeu de conservation aux Beaumonts est important.

Le triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) qui avait été observé en grand nombre en 2014 n’a été trouvé qu’en quelques exemplaires lors de cette sortie.

Triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Espèce plus montagnarde que de plaine, en Île de France cette espèce est rare. Selon l’ouvrage cité ci-dessus, l’espèce ne serait présente en Seine-Saint-Denis que dans le bois St Martin car elle fréquente les massifs forestiers limitrophes d’Armainvilliers, de Ferrières, et du bois (ou Forêt) Notre-Dame. Cette espèce aurait été introduite il y a entre 15 et 20 ans au parc des Beaumonts. Comme pour le triton ponctué, le triton alpestre est très sensible aux poissons. Son ventre orangé est très caractéristique.

face ventrale du mâle de triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

face ventrale du mâle de triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Le ru étant asséché n’assure plus la continuité écologique entre les trois mares du parc. Alors que l’an passé on pouvait y observer les parades nuptiales des tritons et des crapauds, nous n’avons observé aucun batracien cette année.

Malheureusement les pontes de la grenouille rousse que nous avions illustrées dans l’article précédent étaient complétement desséchées : aucune n’a survécue. C’est un coup dur pour la population de grenouilles rousses du parc qui poourraient tout simplement disparaître si elles n’arrivaient pas à se reproduire.

La grenouille rousse constitue un enjeu de conservation important en Île-de-France, et un enjeu de conservation très fort pour le parc des Beaumonts. La présence de l’espèce est en effet exceptionnelle dans notre parc. En outre, la grenouille rousse constitue un enjeu national : vulnérable, elle est en déclin dans une grande partie de son aire de répartition du fait de la destruction de ses habitats.

Malgré la vigilance des membres de notre association et leur exigence affirmée à plusieurs reprises de réalimenter le système des mares, la remise en eau par les services municipaux a été beaucoup trop tardive , et en absence de pluie nous avons retrouvé la mare du milieu complètement sèche. La nouvelle gestion des reponsabilités entre Est-Ensemble et la municipalité retarde les prises de décision. Il nous semble indispensable qu’à l’avenir s’établisse une méthode d’organistaion afin que de telles pertes de biodiversité (ou d’autres à venir) ne puissent plus se reproduire.

André Lantz avec le concours de Pierre Delbove et Alexis Martin, le 26 mars 2015.

 

Publicités


Fin d’Hiver 2015 by beaumonts

Fin d’hiver 2015

Une nouvelle espèce de champignon a fait son apparition au parc Il s’agit du Lenzite des clôtures Gloeophyllum sepiarium. Comme son nom vernaculaire l’indique cette espèce saprophyte privilégie le bois ouvragé aux branches mortes ou souches mortes à terre. Il est donc souvent observé sur les bois de conifères constituant des clôtures ou des ouvrages (ponts, rambardes, clôtures…) dans les parcs et jardins. Il se développe donc le plus souvent dans des endroits secs et ensoleillés. Les fructifications se forment surtout dans les fissures et ont une consistance de liège.On reconnaîtra assez facilement cette espèce par la forme toute en longueur assez particulière de ses fructifications souvent alignés, imbriqués, et couverts de poils rudes sur la face supérieure brunâtre, la face inférieure qui produit les spores est lamellée et forme quelques labyrinthes. La marge du sporophore est beaucoup plus claire que le reste de la fructification.

Lenzite des clôtures, 11 février 2015, cliché André Lantz

Lenzite des clôtures, 11 février 2015, cliché André Lantz

D’autres champignons passent le plus souvent inaperçus, surtout quand ils sont de petite taille. C’est le cas d’un ascomycète qui se développe sur le tiges d’orties mortes de l’an passé (Urtica dioica). Le nom latin est Leptosphaeria acuta (littéralement petite sphère pointue). Les fructifications noires d’environ 0,5mm forment à la base un début de sphère qui est surmontée d’une partie conique. Si le champignon est très petit, les spores sont grandes et peuvent atteindre 60µm.Cette espèce se rencontre de février à avril.

Leptosphaeria acuta sur tige d'Ortie, 6 mars 2015, cliché André Lantz

Leptosphaeria acuta sur tige d’Ortie, 6 mars 2015, cliché André Lantz

 

spore de Leptosphaeria acuta, 6 mars 2015, cliché André Lantz

spore de Leptosphaeria acuta, 6 mars 2015, cliché André Lantz

Les premiers jours ensoleillés ou la température remonte on peut aussi observer les premiers diptères qui sortent. Ce sont des insectes souvent plus précoces car ils peuvent sortir même lorsque les températures restent en dessous d’une dizaine de degrés.

Phaonia subventa fait partie de ces diptères. Le mâle et la femelle présentent tous les deux un abdomen jaune avec une bande longitudinale noir. Comme pour de très nombreuses espèces de diptères le mâle se caractérise par des yeux rapprochés alors que la femelle présente des yeux nettement séparés. Cette espèce n’est pas observée comme les syrphes sur les premières fleurs mais sur les troncs d’arbre bien exposés au soleil et à l’abri du vent.

Phaonia subventa mâle, 9 février, cliché André Lantz

Phaonia subventa mâle, 9 février, cliché André Lantz

Phaonia subventa femelle, 9 février 23015, cliché André Lantz
Phaonia subventa femelle, 9 février 23015, cliché André Lantz

Les premières coccinelles ont aussi fait leur apparition. Il s’agit de la coccinelle à 16 points Halyzia sedemcimguttata. C’est une espèce mycophage qui se nourrit des spores de champignons. Elle n’a donc pas besoin d’attendre l’émergence des premières colonies de pucerons pour sortir.

Coccinelle à 16 points, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Coccinelle à 16 points, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Elle passe l’hiver protégée sous les écorces des arbres ou dans d’autres abris. La couleur de fond orange est agrémentée par 8 points blancs sur chacune des deux élytres. Un alignement de 5 points près du bord interne des élytres et 3 points formant un triangle plus près du bord costal.

Le pronotum est marqué par 3 taches jaune. Enfin les deux yeux noirs assez volumineux pour une coccinelle sont disposé sur la tête extérieurement aux antennes. Les bords costaux des élytres et du pronotum sont translucides.

La majorité des coccinelles se trouvent encore sur les troncs entre les écorces, d’autres se cachent sous des feuilles vertes de lierre ou de plantes à feuilles persistantes. Quelques unes à la face supérieure.

coccinelles à 16 points disposées entre les écorces, 1 mars 2015, cliché André Lantz

coccinelles à 16 points disposées entre les écorces, 1 mars 2015, cliché André Lantz

Dans le cliché ci-dessous les coccinelles sont disposées sur des feuilles de Pyracantha. Les feuilles présentent des taches claires. En fait le parenchyme de la feuille est consommé par une chenille mineuse du genre Phyllonorycter.

Coccinelles à 16 ponts sur feuilles minées, 1 mars 2015, cliché André Lantz
Coccinelles à 16 ponts sur feuilles minées, 1 mars 2015, cliché André Lantz

La chenille qui mesure environ 3 mm à l’état adulte a été photographiée dans sa feuille mais par transparence ce qui fait ressortir ses principaux traits qui confirment bien cette espèce.

chenille dans sa feuille de P. leucographella, 13 mars 2015, cliché André Lantz

chenille dans sa feuille de P. leucographella, 13 mars 2015, cliché André Lantz

Ce genre se compose d’une centaine d’espèces en France. Les microlépidoptères adultes ont des ailes allongées ne mesurant pas plus de 3 à 6 mm. Les ailes antérieures sont assez colorées et marquées par des motifs en strie d’écailles claires et sombres. Il est parfois plus facile de déterminer l’espèce par la forme de la mine creusée par la chenille et la connaissance de la plante hôte que par les dessin des ailes.

Phyllonorycter leucographella, 19 avril 2014, cliché André Lantz
Phyllonorycter leucographella, 19 avril 2014, cliché André Lantz

Phyllonorycter leucographella est une espèce qui se développe sur les rosacées et particulièrement sur les Pyracantha. Différents auteurs indiquent que les mines se trouvent à la face inférieure des feuilles. Au parc des Beaumonts et dans d’autres localité d’Île de France j’ai toujours observé les mines sur la surface supérieure des feuilles.

Les adultes émergent en général au mois d’avril.

Les Cicadelles (Homoptères) sont des petits insectes piqueurs et suceurs de sève. Ils sautent avant de s’envoler. Zygina flammigera est une espèce commune assez facile à identifier, ce qui n’est pas toujours le cas des Cicadelles. Elle se caractérise par un motif rougeâtre formant des dessins sur les élytres. On peut l’observer toute l’année mais la détermination nécessite quand même une loupe car elle ne mesure qu’environ 3 mm à l’état adulte.

Ciccadelle Zygina flammigera, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Ciccadelle Zygina flammigera, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Zygina flammigera, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Zygina flammigera, 11 mars 2015, cliché André Lantz

D’autres cicadelles vertes du genre Empoasca peuvent se débusquer facilement dans la végétation. Ce sont des espèces qui ne peuvent être distinguées sans préparation microscopique.

Empoasca sp, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Empoasca sp, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Nous n’avons pas lors d’une sortie nocturne fin février observé de batraciens venant pondre dans les mares. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de ce retard ou du moins grand nombre de batraciens cette année : climat, alimentation de la mare perchée et du ru pas encore mise en service, travaux importants de tronçonnage et de dessouchage dans la friche où séjournent les batraciens cachés pour la saison d’automne et d’hiver qui a pu détruire un nombre important d’adultes.

Cependant nous avons pu photographié plusieurs pontes de la grenouille rousse (Rana temporaria). Cette grenouille est la plus répandue d’ Europe. La femelle pond de plusieurs centaines à queques milliers d’oeufs bicolores qui forment des amas gélatineux. A la différence de la genouille verte, grenouille agile et rainette où les œufs sont immergés, ceux de la grenouille rousse flottent à la surface.

ponte de grenouille rousse, 5 mars 2015, cliché André Lantz

ponte de grenouille rousse, 5 mars 2015, cliché André Lantz

André Lantz le 10 mars 2015.