Beaumonts nature en ville


Recherche des Hétérocères par attraction lumineuse

Recherche des Hétérocères par attraction lumineuse au Parc des Beaumonts

La très grande majorité des lépidoptères sont de mœurs nocturnes. En effet, même si les papillons de jours (Rhopalocères) sont bien connus, leur effectif ne représente pas plus de 5 % de l’ensemble des espèces (environ 5300 en France).

Deux inventaires parcellaires des lépidoptères sur le parc ont été publiés dans la revue Oreina, le premier avec Thierry Laugier en 2010 et le second en 2017.

Une comparaison avec un inventaire réalisé par Patrice Leraut du M.N.H.N. publié dans la revue Alexanor a mis en évidence un faible nombre d’espèces nocturnes relevées au Parc des Beaumonts. Ceci est essentiellement du à l’absence de « piégeage lumineux » effectué sur cette station.

En effet, beaucoup d’espèces nocturnes sont difficilement visibles au repos dans la journée. Il arrive quelquefois d’observer quelques imagos ou quelques chenilles, mais leur nombre reste très restreint.

Afin d’approfondir notre connaissance des Hétérocères, et grâce à l’appui logistique de Jérôme Barbut du M.N.H.N. nous avons pu disposer un piège lumineux sur le parc les 7 et 8 mai dernier.

La technique est la suivante : On place une lampe à vapeur de mercure alimentée par un groupe électrogène et un drap blanc qui sert de réflecteur et de support aux insectes attirés. La majorité des espèces qui volent de nuit se repèrent dans leur déplacement au moyen des radiations lumineuses ultraviolettes. Dans le cas des lampes à vapeur de mercure riche en radiations ultraviolettes, les imagos se rapprochent de la source lumineuse et viennent souvent se poser sur le drap. Cela permet de déterminer les espèces et éventuellement de les photographier. A la fin de la séance les imagos peuvent donc repartir dans la nature. Ne sont prélevés que les individus dont il est nécessaire de préparer les genitalia pour assurer une détermination fiable.

La lampe a été allumée vers 22h le 7 mai et éteinte vers 0h 30 le 8 mai.

Malgré une température un peu fraîche et des journées précédentes maussades nous avons pu observer une vingtaine d’espèces. 6 espèces n’ayant pas été notées jusqu’à ce jour sont donc à ajouter à notre inventaire. Les noms scientifiques et français de ces 6 espèces sont soulignés dans le tableau récapitulatif ci-dessous.

Liste des hétérocères observés le 7 mai 2019
Famillenom latinnom français
Drepanidae Thyatira batis La Batis
Geometridae Idaea subsericeata l’Acidalie blanchâtre
Idaea degeneraria l’Acidalie dégénérée
Epirrhoe alternata l’Alternée
Thera britannica La Corythée anglaise
Chloroclystis v-ata l’Eupithécie couronnée
Horisme vitalba l’Horisme rayé
Horisme tersata l’Horisme élégant
Menophra abruptaria La Boarmie pétrifiée
Peribatodes rhomboidaria La Boarmie rhomboïdale
Noctuidae Autographa gamma Le Gamma
Craniophora ligustri La Troënière
Viminia rumicis La Noctuelle de la Patience
Acronicta psi Le Psi
Phlogophora meticulosa La Méticuleuse
Xestia c-nigrum Le C-noir
Agrotis puta La Noctuelle des Renouées
Agrotis ipsilon La Noctuelle baignée
Hepialidae Korscheltellus lupulinus La Louvette
Notodontidae Harpyia milhauseri Le Dragon
Pyralidae Pyrausta despicata La Pyrale du Plantain

Le Dragon Harpyia milhauseri appartenant à la famille des Notodontidae n’avait, selon le site Lepinet, pas encore été retrouvé sur le territoire du département de la Seine-Saint-Denis depuis très longtemps (1867). En effet cette espèce semblait rare jusqu’en 1940. L’entomologiste Bromberg a prouvé qu’avec l’utilisation de la lampe à vapeur de mercure cette espèce était bien attirée. Elle vole surtout d’avril à juin. La seconde génération qui vole de juillet à août est plus irrégulière. Les chenilles consomment les feuilles de chêne, de bouleau, de hêtre.

Le Dragon Harpyia milhauseri , Parc des Beaumonts, 7 mai 2019, cliché André Lantz

La Corythée anglaise Thera brittanica est une espèce bivoltine. La première génération vole de mai à juin et la second de septembre à octobre. Les chenilles consomment les aiguilles de sapin, d’épicéas.

La Corythée anglaise Thera brittanica , parc des Beaumonts, 7 mai 2019, cliché André Lantz

L’Eupithécie couronnée Chloroclystis v-ata est également une espèce bivoltine. Les deux générations peuvent se chevaucher et les imagos volent de mai à septembre. Chenilles sur diverses plantes basses.

Eupithécie couronnée chloroclystis-v-ata, parc des Beaumonts, 7 mai 2019, cliché André Lantz

La Troënière Craniophora ligustri est bien répandue et relativement commune. La première génération vole de mai à juin et la seconde de juillet à août. Les chenilles sont sur les Oléacées : troène, frêne, lilas.

La Troënière Craniophora ligustri ; Parc des Beaumonts, 7 mai 2019, cliché André Lantz

La Noctuelle des Renouées Agrotis puta se trouve même en zone urbanisée. Elle est bivoltine de mai à juillet et d’août à octobre. La chenille consomme diverses plantes basses.

La Noctuelle des Renouées Agrotis puta , Parc des Beaumonts, 7 mai 2019, cliché André Lantz

La noctuelle baignée Agrotis ipsilon est une espèce commune y compris en zone urbanisée. On la trouve d’avril à novembre en plusieurs génération. La chenille consomme diverses plantes basses.

La méticuleuse, Phlogophora meticulosa avait déjà été trouvée sur le parc. Cette espèce commune en zone urbanisée n’avait pu être photographiée. Cette noctuelle possède une caractéristique rare pour les lépidoptères. Elle peut replier une partie de ses ailes antérieures. C’est aussi une espèce bivoltine. La chenille est polyphage.

La méticuleuse, Phlogophora meticulosa venant de se poser sur le drap. Parc des Beaumonts, 7 mai 2019, cliché André Lantz
La méticuleuse, Phlogophora meticulosa ayant replié partiellement ses ailes antérieures, parc des Beaumonts, 7 mai 2019, cliché André Lantz

Julien Norwood, enseigne le dessin naturaliste au MNHN et a pu illustrer cette belle espèce lors de cette séance d’observation nocturne.

La méticuleuse, Phlogophora meticulosa dessin de Julien Norwood.

Nous espérons réitérer cette procédure pour continuer à approfondir notre connaissance des hétérocères du Parc ds Beaumonts.

A. Lantz le 31 mai 2019.

Bibliographie :

Laugier (T.) & Lantz (A.) 2010. – Biodiversité en milieu urbain : le parc des Beaumonts (Seine-Saint-Denis), Oreina 11 : 30-36

Lantz (M.-A.) 2017. – Biodiversité en milieu urbain : Nouvel inventaire du parc des Beaumonts (Montreuil-sous-bois, Seine-Saint-Denis), Lepidoptera, Oreina 37 : 29-37

Leraut (P.J.A.), 2013. – Lépidoptères récemment observés dans les jardins du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, (Insecta Lepidoptera), Alexanor 26 : 71 -104

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Quelques nouveautés au printemps 2019.

Quelques nouveautés, ou espèces peu observées en Seine-Saint-Denis et au parc des Beaumonts en 2019.

La Louvette, rue Carnot, 30 avril 2019, cliché A. Lantz

1) Deux Hépiales (Lépidoptère Hétérocère) ont déjà été répertoriées aux Beaumonts. La Louvette (Pharmacis lupulina=Korscheltellus lupulinus) et la Sylvine (Triodia sylvina). Les adultes des espèces de cette famille volent la nuit. Posés, ailes repliées le jour, ils se confondent avec leur environnement. On peut facilement les observer sur les murs clairs où ils se posent, ayant été attirés par l’éclairage urbain. Les chenilles d’Hépiales sont phytophages mais ont la particularité de se nourrir des racines de diverses plantes. Elles vivent donc dans le sol et ne sont pas visibles.

La Louvette est un peu plus petite que la Sylvine et éclos en général de mai à mi juin. Cette année avec des températures plus élevées en février ce premier imago est sorti le 25 avril. La Sylvine éclos beaucoup plus tard, en général durant le mois d’août, ou le début septembre. Il est intéressant de noter que la Louvette peut être parasitée vivante par un champignon ascomycète le Cordyceps gracilis. Ce petit champignon caractéristique se nourrit aux dépens des tissus de la chenille. Il est assez rare et nécessite des terrains assez humides pour se développer. Je ne l’ai observé qu’une seule fois en Île-de-France.

2) Les ormes adultes sont attaqués par un scolyte (Coléoptère) transportant un champignon qui va progressivement tuer son hôte. Les jeunes arbres ne sont pas attaqués et sont présents dans le parc. Ils peuvent abriter la Thécla de l’orme (Satyrium w-album) dont la chenille consomme les jeunes fruits de l’arbre. D’autres insectes phytophages vivent sur l’orme dont la Galéruque de l’Orme Xanthogaleruca luteola. Quelques adultes de cette chrysomèle ont été observés ce printemps au parc des Beaumonts. L’espèce a aussi été notée par mon collègue Axel à Rosny-sous-bois. Cette Galéruque, dont l’imago est assez allongé est reconnaissable à sa coloration jaunâtre sur les élytres.

La Galéruque de l'Orme Xanthogaleruca luteola, Beaumonts 30 avril 2019, cliché A. Lantz
Galéruque de l’orme, Xanthogaleruca luteola, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché A. Lantz

3) En sous-bois un petit coléoptère xylophage, le Capricorne à étuis dentelés Pogonocherus hispidus était posé sur une feuille. Comme les autres espèces de sa famille, la larve se nourrit de bois mort de divers feuillus. C’est la première observation au parc, à ma connaissance. Il a aussi été trouvé par Axel à Rosny-sous-bois. Cette espèce n’est pas considérée comme rare mais sa petite taille le fait passer inaperçu.

Capricorne à étuis dentelés, Pogonocherus hispidus, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché A. Lantz
Capricorne à étuis dentelés, Pogonocherus hispidus, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché A. Lantz

4) Un microlépidoptère, dont la chenille se développe à l’intérieur des feuilles de ronce (espèce mineuse), a été découvert sur la petite prairie. L’envergure de cette espèce ne dépasse pas 7 à 8 mm. Il s’agit de Coptotriche marginea de la famille des Tischeriidae. Au moins deux générations par an se succèdent.

Coptotriche marginea, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché André Lantz

5) La tenthrède Tenthredo temula est assez facilement reconnaissable parmi les nombreuses espèces que compte ce groupe d’hyménoptère. Les larves ressemblent un peu à des chenilles mais comptent davantage de fausses pattes. C’est la raison pour laquelle on les désigne parfois par « fausses chenilles ». Ces laves sont phytophages. Les adultes peuvent de nourrir de pollen mais aussi chasser quelques petits insectes. Les larves de cette espèce consomment le Troène et l’Origan.

Tenthredo temula, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché André Lantz

6) une jolie tordeuse Epiblema (ou Notocelia) cynosbatella est aussi facile à reconnaître. La partie basale des ailes est très sombre, noirâtre, alors que la partie médiane est presque blanche avec très peu de dessins. Sa chenille vit sur l’églantier. L’imago ne vole pas le jour. Celui-ci était posé sur une feuille cornouiller à quelques mètres des églantiers.

Notocelia cynosbatella, Beaumonts, le 30 avril 2019, cliché A. Lantz

Au Jardin des Couleurs, dans les anciens murs à pêches, les plantes tinctoriales et comestibles attirent des pollinisateurs et des insectes phytophages. Quelques espèces de punaises s’y trouvaient à la fin avril.

7) Sur le Pastel des teinturiers (Isatis tinctoria L.) appelée également : Herbe de Saint Philippe, Varède, Herbe du Lauragais. on pouvait observer plusieurs couples de punaises. Les feuilles du pastel des teinturiers étaient autrefois utilisées pour en extraire une liqueur bleue. Cette plante est bisanuelle. La punaise Eurydema ventralis, possède une livrée aposématique rouge et noire qui indique aux prédateurs éventuels qu’elle n’est pas bonne à consommer. Elle porte aussi le nom de Punaise du chou, mais n’est pas la seule à posséder ce nom vernaculaire !

Accouplement de la punaise du chou Eurydema ventralis, Jardin des couleurs, 23 avril 2019, cliché André Lantz

Les larves et adultes piquent et prélèvent la sève des Brassicacées. Le pastel appartenant à cette famille de plantes, il sert de nourriture à cette belle espèce de punaise Pentatomidae.

8) Une petite punaise Eysarcoris venustissimus a pu être photographié avant son envol, pas très loin de la mare. Cette petite espèce au corps assez ramassé, qui mesure entre 5 et 7 mm se caractérise par la tête et la base du scutellum d’un beau brun violacé, contrastant avec la couleur claire du pronotum et des hémilytres. Cette espèce se trouve plus facilement dans les zones un peu humides. Elle ponctionne la sève des Epiaires ou des Lamiers. Le lamier blanc étant bien présent sur le site, il a du servir de nourriture à cette jolie espèce qui porte bien son nom : venustissimus ou très belle.

Eysarcoris venustissimus, Jardin des couleurs 23 avril 2019, cliché A. Lantz

9) Enfin la punaise de la Jusquiame Corizus hyoscyami était posé sur les feuilles d’ortie. Cette espèce beaucoup plus allongée appartient à la famille des Rhopalidae. Elle n’est pas inféodée à une seule famille de plante car elle se nourrit sur les Apiacées, les Astéracées, les Solanacées… Elle n’est donc pas tributaire de la Jusquiame (famille des Solanacées) comme son nom pourrait le faire penser !

La punaise de la Jusquiame, Coryzus hyoscyami, jardin des couleurs 23 avril 2019, cliché A. Lantz

10) Pour terminer sur les couleurs, cette belle femelle d’Aurore (Anthocharis cardamines) s’est posée quelques secondes pour butiner une fleur de Pervenche.

Femelle d’Aurore Anthocharis cardamines, Jardin des couleurs, 23 avril 2019, cliché A. Lantz

André Lantz, le 8 mai 2019.



Les Champignons du parc des Beaumonts

Les Champignons au parc des Beaumonts.

Cet article reprend une précédente note de 2008 en la complétant.

1) Remarques générales.

La forêt est la station préférée des champignons.

On y trouve les trois types de champignons : mycorhiziens en symbiose avec les arbres vivants, saprophytes qui décomposent la matière organique morte (bois mort, feuilles mortes) et participent au recyclage du carbone pour la création de l’humus et enfin parasites qui attaquent le plus souvent des arbres sénescents, blessés ou faibles.

Les prairies non enrichies artificiellement par des engrais accueillent elles aussi un cortège plus limité d’espèces fongiques.

Il a été constaté que plus les arbres sont âgés plus le nombre d’espèces de champignons mycorhiziens ou saprophytes est important.

Parmi les mycorhiziens on distingue les endomycorhiziens dont les filaments du mycélium pénètrent les radicelles des plantes, arbustes ou arbres et les ectomycorhiziens dont les filaments entourent les radicelles.

La fructification des ces deux groupes est différente.

Les ectomycorhiziens forment des fructifications au dessus du sol que l’on voit parfaitement et qui ravissent les mycophages (Bolets, Amanites, Lactaires, Russules…) tandis que les endomycorhiziens ne fructifient que dans le sol.

Les essences d’arbres de nos forêts tempérés sont surtout associées à des champignons ectomycorhiziens (Chêne, Hêtre, Sapin, Tilleul, Charme…) Par contre les Érables, Robiniers sont associé à des endomycorhiziens.

L’état du sol est aussi un élément important à prendre en compte pour le développement de la vie fongique : Un sol meuble, couvert de débris ligneux, feuilles mortes, perméable est plus adapté à la croissance du mycélium qu’un sol tassé, nu, et non perméable.

Ces quelques rappels schématiques mettent en évidence la différence importante du nombre d’espèces entre la forêt et le parc urbain.

Le bois de Vincennes (440 hectares boisés) compte de nombreuses essences arbustives. En plus de la diversité des espèces (Hêtre, Chênes, Charme, Pins, Bouleau, Tilleul, Peupliers…), on y trouve des exemplaires jeunes et âgés en bonne santé ainsi que des arbres morts laissés sur le sol ou en chandelle. Les vieilles souches sont souvent conservées.

Ceci explique que la Société Mycologique de France (SMF) a recensé plus de mille espèces de champignons au bois de Vincennes. Guillaume Eyssartier a étudié la fonge du Parc du Sausset et y a aussi trouvé un grand nombre d’espèces. Le Parc du Sausset présente aussi une belle diversité d’essences arbustives.

Le parc des Beaumonts ne comporte que peu d’essences ectomycorhiziennes (aucun hêtre, pas de chênes en dehors de quelques jeunes pousses, pas de tilleul ni de charme, pas de pins). Il n’est donc pas étonnant que l’on y trouve aucune russule, lactaire, amanite,ou bolets.

Les seules espèces trouvées sont essentiellement des saprophytes qui se nourrissent de la matière organique morte : Polypores, Lépistes, Coprins, Psathyrelles. Une centaine d’espèces y ont été observées.

2) Les champignons du Parc des Beaumonts

Le parc se compose de plusieurs biotopes différents :

  1. La « savane » composée de graminées, d’apiacées et de divers arbustes est un milieu assez sec. La flore et les populations d’insectes thermophiles l’attestent. De plus sa situation élevée, balayée par les vents, favorise une évaporation rapide des précipitations et de la rosée, surtout en été et au début de l’automne. Peu de champignons y prospèrent.

  2. La partie boisée du Parc Mabille pourrait sembler plus prometteuse. Cependant la majorité des essences qui la recouvre est constituée d’érables, de frênes et de robiniers faux acacias. Les feuillus tels que les chênes, hêtres, charmes, bouleaux, qui sont en général des essences vivant en symbiose avec des champignons, sont inexistants. Enfin le lierre est omniprésent à la fois en recouvrement du sol et en accrochage sur les fûts et les branches de nombreux arbres. Il ne favorise pas l’implantation des espèces fongiques.

  3. Le parc, dont 70% du terrain se trouve sur d’anciennes carrières de gypse ne possède sans doute pas une couche suffisante d’humus propice à l’installation de champignons. En effet, lorsque le terrain a été acquis par la municipalité, les galeries ont été comblées par du mâchefer, des remblais de construction, des roches concassées, du sable et cendres d’incinération d’ordures ménagères.

  4. A ces deux milieux « savane » et parc Mabille on peut adjoindre deux autres milieux : D’une part Le milieu humide constitué par la mare artificielle du haut (mare perchée) et la petite mare naturelle de Brie située vers l’entrée de Fontenay-sous-bois. D’autre part la partie paysagère conçue avec des pelouses entretenues et plantées de diverses essences d’arbres et d’arbustes.

    Ces milieux restent également assez pauvres en espèces fongiques.

3) La sécheresse et le stress hydrique qui en a découlé l’automne 2018 n’a pas favorisé l’observation des champignons dans l’ensemble de l’Île-de-France. Cet hiver 2018-2019 où la pluie a fait son retour nous offre quelques espèces hivernales ou quelques espèces qui peuvent se rencontrer toute l’année. Les bois morts à terre ou suspendus sont colonisés par deux champignons saprophytes. L’Oreille-de-Judas Auricularia auricula-judae et L’Auriculaire mésentérique Auricularia mesenterica. La première de couleur brune, gélatineuse, mince, en forme d’oreille est fixée sans pied sur le bois. Elle ressemble au champignon noir utilisé dans la cuisine asiatique. Celui-ci est une espèce cultivée Auricularia polytricha que l’on ne trouve pas dans la nature. L’oreille de Judas se rencontre souvent sur les sureaux mais aussi sur d’autres essences de bois mort. La photo suivante montre quelques individus sur branche morte de Saule.

Oreille-de-Judas, parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché André Lantz

La seconde, l’Auriculaire mésentérique possède sur la face supérieure une pilosité feutrée et hirsute , zonée, gris-brun à gris-verdâtre. La face inférieure d’un brun uni est fortement veinée ou plissée. Ce champignon n’est pas comestible. La photo suivante montre quelques sporophores? Celui de gauche a été retourné pour mettre en évidence la face inférieure du champignon. Pour les basidiomycètes (les spores croissent sur des organes appelés basides et lorsqu’elles sont mûres elles se détachent de la baside et tombent par gravité),  La face fertile produisant les spores est toujours dirigée vers le sol.

Auriculaire mésentérique, Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché : André Lantz

L’espèce suivante est typiquement hivernale. On peut même la trouver sous la neige!  Il s’agit de la Collybie à pied velouté  Flammulina velutipes. C’est une belle espèce orangée dont le chapeau est visqueux par temps plus ou moins humide. Les lames blanches dans la jeunesse se colorent en crème puis en beige ochracé. Le pied s’assombrit pour devenir noir à la base lorsque le champignon est plus âgé. Les sporophores peuvent croître en touffe de plus d’une dizaines d’individus.

Collybie à pied velouté, Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché: André Lantz

Le Schizophylle commun  Schizophyllum commune, est un champignon dont le chapeau est très feutré et clair. La marge est souvent ondulée.  Le chapeau est en général clair dans sa jeunesse, puis lorsqu’il est plus âgé, plus sombre et verdi par des algues unicellulaires comme sur le second cliché.

Fructification de Schizophylle commun jeune sur tronc de marronnier. Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché: André Lantz

Son nom vient du dédoublement des lames. Elles sont fendues en gouttière sur leurs arêtes. Ce champignon ne doit pas être respiré par les personnes présentant ds troubles respiratoires. En effet on a trouvé que les spores pouvaient germer dans les voies respiratoires en occasionnant des oedèmes chez les personnes immunodéficientes.

Pousse âgée de Schizophylle commun sur racines de marronnier;  Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché:André Lantz

Ce champignon est reviviscent: il est capable de reprendre son activité métabolique quand il est hydraté, même après plusieurs années de sécheresse.

Il est en général décoloré en blanc lorsqu’il est sec.

Pour un  champignon ascomycète ( Les spores sont enfermées dans des sortes de tubes désignés par Asques. Lorsqu’elles sont mûres l’asque s’ouvre et les spores sont émises brutalement dans l’espace), La parte fertile peut donc se trouver sur sa face supérieure. Le champignon suivant est un ascomycète.

Les vieilles feuilles de Lierre jaunies et pendantes dans la masse des feuilles accrochées à des arbres, des murs, des clôtures sont attaquées par un très petit champignon noir dont la fructification est inférieure au millimètre. Il y en a  plusieurs dizaines voir une centaine sur une seule feuille. Il s’agit de Trochila craterium.

Trochila craterium sur Lierre, Parc des Beaumonts, 2 février 2019, cliché: André Lantz

Une liste des espèces des champignons du parc des Beaumonts a été établie grâce aux concours de différents spécialistes de la Société Mycologique de France (SMF). Nos remerciements s’adressent à René Chalange, Alain Champagne, René Hentic, Patrice Lainé, François Valade

Dans la première colonne A = Ascomycète; B = Basidiomycète,

la seconde colonne correspond au groupe ou famille, le troisième au nom de Genre, la quatrième au nom d’espèce, la cinquième au nom commun quand il existe

B AGARICACEAE Agaricus bitorquis Agaric des trottoirs
B STROPHARIACEES Agrocybe cylindracea Pholiote du peuplier
B STROPHARIACEES Agrocybe rivulosa Agrocybe rivuleux
B TRICHOLOMATACEAE Armillaria mellea Armillaire couleur de miel
B HYGROPHORACEES Arrhenia spathulata Leptoglosse des mousses
B AURICULARIACEAE Auricularia auricula-judae Oreille de judas
B AURICULARIACEAE Auricularia mesenterica Auriculaire mésentérique
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Bjerkandera adusta Polypore brulé
B BOLBITIACEES Bolbitius titubans Bolbitie jaune d’oeuf
A DERMATEACEAE Calloria neglecta
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Ceriporia alachuana
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Chondrostereum purpureum Stérée pourpre
B TRICHOLOMATACEAE Clitocybe decembris Clitocybe dicolore
B TRICHOLOMATACEAE Clitocybe graminicola Clitocybe graminicole
B ENTOLOMATACEAE Clitopilus hobsonii Clitopile de Hobson
B COPRINACEAE Coprinus atramentarius Coprin noir d’encre
B COPRINACEAE Coprinus auricomus Coprin à poils jaunes
B COPRINACEAE Coprinus comatus Coprin chevelu
B COPRINACEAE Coprinus disseminatus Coprin disséminé
B COPRINACEAE Coprinus lagopus Coprin pied de lièvre
B COPRINACEAE Coprinus leiocephalus Coprin à disque lisse
B COPRINACEAE Coprinus micaceus Coprin micacé
B CORTINARIACEAE Cortinarius anomalus Cortinaire anormal
B CREPIDOTACEAE Crepidotus cesatii Crépidote à spores sphériques
B CREPIDOTACEAE Crepidotus epibryus Crépidote des mousses
B CREPIDOTACEAE Crepidotus luteolus Crépidote jaune pâle
B CREPIDOTACEAE Crepidotus variabilis Crépidote variable
B MARASMIACEAE Crinipellis scabella Marasme des chaumes
B HYGROPHORACEA Cuphophyllus virgineus Hygrophore blanc
B AGARICACEES Cyathus olla Cyathe
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Cylindrobasidium evolvens
B DACRYMYCETACEAE Dacrymyces stillatus
A PYRENOMYCETIDEAE Daldinia concentrica Daldinie concentrique
B MARASMIACEAE Delicatula integrella Mycène délicate
B ENTOLOMATACEAE Entoloma hebes Entolome à pied grèle
B ENTOLOMATACEAE Entoloma papillatum Entolome papillé
B ENTOLOMATACEAE Entoloma sericellum Entolome blanc soyeux
A CLAVICIPITACEAE Epichloe typhina Quenouille des massettes
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Exidiopsis calcea
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Exidiopsis effusa
B DERMOLOMATACEAE Flammulina velutipes Collybie à pied velouté
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Fomes fomentarius Amadouvier
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Funalia gallica
B CREPIDOTACEAE Galerina marginata Galère marginée
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Ganoderma lipsiense Ganoderme plat
B GASTEROMYCETIDEAE Geastrum triplex géastre à trois enveloppes
Famille Genre espèce Nom Vernaculaire
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Gloeophyllum sepiarium Lenzite des clotures
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Gloiothele lactescens
B CORTINARIACEAE Hebeloma crustuliniforme Hébélome croûte de pain
B CORTINARIACEAE Hebeloma mesophaeum Hébélome à centre sombre
B CORTINARIACEAE Hebeloma pusillum
B CORTINARIACEAE Hebeloma sinapizans Hébélome échaudé
B HYGROPHORACEA Hygrocybe conica Hygrocybe conique
B HYGROPHORACEA Hygrocybe virginea Hygrocybe blanc de neige
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Hyphodontia sambuci
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Hypochnicium vellereum
B INOCYBACEES Inocybe dulcamara Inocybe doux-amer
A LACHNELLACEAE Lachnella alboviolascens
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Laetiporus sulphureus Polypore soufré
B TRICHOLOMATACEAE Lepista nuda pied bleu
B TRICHOLOMATACEAE Lepista saeva pied violet
B TRICHOLOMATACEAE Lepista sordida Lépiste sordide
A PLEOSPORACEAE Leptospharia acuta
B AGARICACEAE Leucoagaricus badhamii Lépiote de Badham
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Lopharia spadicea
B LYOPHYLLACEES Lyophyllum decastes Tricholome en touffes
B AGARICACEAE Macrolepiota rhacodes var.bohemica Lépiote déguenillée
B CLAVARIACEAE Macrotyphula filiformis Clavaire filiforme
B MARASMIACEAE Marasmius epiphylloides Marasme de feuilles de lierre
A DIAPORTHACEAE Mazzantia galii
B LEUCOPAXILLOIDEAE Melanoleuca kuehneri Tricholome gris-souris
B LEUCOPAXILLOIDEAE Melanoleuca polioleuca Tricholome à chair brune
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Meripilus giganteus Polypore géant
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Meruliopsis corium Mérule papyracée
B MARASMIACEAE Mycena adscendens Mycène à socle
B MARASMIACEAE Mycena galericulata Mycène en casque
B MARASMIACEAE Mycena olida Mycène odorante
B MARASMIACEAE Mycena polygramma Mycène à pied strié
B MARASMIACEAE Mycena speirea Mycène groupée
B MARASMIACEAE Mycena tenerrima Mycène ascendante
B TREMELLACEAE Myxarium nucleatum Exidie à noyau
A PYRENOMYCETIDEAE Nectria cinnabarina
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Oxyporus latemarginatus
B COPRINACEAE Parasola plicatilis Coprin plissé
B PAXILLACEAE Paxillus involutus Paxille enroulée
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Peniophora lycii
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Perrenniporia fraxinea Polypore du frêne
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Phellinus punctatus
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Phellinus robustus Phellin robuste
B « rouille » Phragmidium bulbosum
B « rouille » Phragmidium violaceum
B PLEUROTACEAE Pleurotus ostreatus Pleurote en huître
B PLUTEACEAE Pluteus cervinus Plutée couleur de cerf
B PLUTEACEAE Pluteus salicinus Plutée du saule
B COPRINACEAE Psathyrella candoleana Psathyrelle de De Candolle
B COPRINACEAE Psathyrella conopilus Psathyrelle conique
B COPRINACEAE Psathyrella gracilis Psathyrelle gracile
B COPRINACEAE Psathyrella lacrymabunda Psathyrelle veloutée
B COPRINACEAE Psathyrella marcescibilis Psathyrelle marcescente
B COPRINACEAE Psathyrella melanthina Psathyrelle gris lilas
B COPRINACEAE Psathyrella multipedata Psathyrelle cespiteuse
B COPRINACEAE Psathyrella spadiceogrisea Psathyrelle grisatre
B COPRINACEAE Psathyrella tephrophylla Psathyrelle à lames sombres
B « rouille » Puccinia graminis
B DERMOLOMATACEAE Rhodotus palmatus Rhodotus réticulé
A PEZIZOMYCETIDEAE Rhytisma acerinum Goudron de l’érable
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Schizophyllum commune Schizophylle commun
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Stereum hirsutum Stérée hirsute
B STOPHARIACEAE Stropharia cyanea Strophaire bleue
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Trametes gibbosa Tramète gibbeuse
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Trametes versicolor Tramète versicolore
A DERMATEACEAE Trochila craterium
B CREPIDOTACEAE Tubaria autochtona Tubaire de l’aubépine
B CREPIDOTACEAE Tubaria hiemalis Tubaire hivernale
B CREPIDOTACEAE Tubaria romagnesiana Tubaire de Romagnesi
B CREPIDOTACEAE Tubaria segestria
A PYRENOMYCETIDEAE Tubercularia vulgaris
B APHYLLOPHOROMYCETIDEAE Tyromyces fissilis
A ERYSIPHOMYCETIDAE Uncinula tulasnei oïdium de l’érable
B PLUTEACEAE Volvariella speciosa Volvaire visqueuse
A PYRENOMYCETIDEAE Xylaria hypoxylon Xylaire du bois
A PYRENOMYCETIDEAE Xylaria polymorpha Xylaire polymorphe

André Lantz le 9 février 2019



Les Pyrales des Beaumonts. Scopariinae et Acentropinae

Ce nouvel article est une suite sur l’étude des Pyrales du parc. Nous invitons le lecteur à se reporter à la bibliographie du précédent article.

SCOPARIINAE

Les Imagos de cette sous-famille sont assez souvent positionnés au repos sur des troncs d’arbres ou des rochers couverts de mousse ou de lichens. Ces insectes possèdent sur les ailes antérieures quelques lignes sinueuses blanchâtres et des taches foncées. Cette livrée facilite leur camouflage par homochromie. Bien frais, il est possible avec l’habitude de distinguer les différentes espèces sans recourir à l’examen des pièces génitales. Les ailes postérieures, couvertes par les antérieurs au repos sont d’un gris uniforme plus ou moins foncé. Plus de 500 espèces ont été décrites dans le monde dont une cinquantaine en Europe. Du fait de leur ressemblance, leur aires de répartitions restent mal connues.

Dans cette famille il n’y a pas de dimorphisme sexuel.

 Scoparie commune, Scoparia ambigualis (Treitschke, 1829)

Synonyme : Eudorée commune

Taille : LAA : 7 à 9 mm, envergure : 15-22 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin. Dans son aire de répartition : mai-juillet.

Répartition : presque toute l’Europe.

Statut : assez commun.

Habitat : mousses, Lieux boisés.

Visible surtout le soir, attiré par la lumière.

Diagnose : Ces papillons très variables ont des ailes antérieures de couleur de fond brun-ocre avec les lignes brisées claires et des taches sombres quasi noires. Les ailes postérieures sont unies et claires.

Autres espèces proches : Eudonia truncicolella (ailes antérieures plus pointues et marques plus noires) et Scoparia basistrigalis (plus grand 20-23 mm, sans teinte ocre). Eudonia lacustrata (Panzer, 1804) très voisine.

Eudorée commune, Biotope des Mares, Neuilly-Plaisance, 4 juillet 2015, cliché: André Lantz

Eudorée des vergers, Scoparia pyralella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Taille : envergure : 17-22 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin. Dans son aire de répartition : mai-août.

Répartition : Presque toute L’Europe et la France.

Statut : commun, mais peu présente aux Beaumonts.

Habitat : mousses, matières végétales en décomposition.

Diagnose : Espèce très contrastée. Aile antérieure blanchâtre. Des taches orangées cernées de noir sont bien distinctes.

Scoparia pyralella, Beaumonts, 18 juin 2013, cliché: André Lantz

Eudorée anguleuse, Eudonia angustea (Curtis, 1827)

Taille : envergure : 15-20 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : avril, septembre-décembre. Dans son aire de répartition : février-juillet / septembre-décembre.

Répartition: Cette espèce se rencontre facilement sur le littoral. Elle est apparue depuis quelques années en Île-de-France. Elle a été vue chaque année depuis 2016 sur les murs des rues voisines du parc. 

Statut : plus ou moins communes selon les stations.

Habitat : mousses.

Souvent observée sur les murs.

Diagnose : Ailes étroites et pointues à l’apex.

Eudonia angustea, Montreuil, rue de charmes, 18 octobre 2016, cliché André Lantz

Eudonia angustea, Montreuil, rue Gaston Lauriau, 3 novembre 2018, cliché: André Lantz

Eudorée commune, Eudonia mercurella (Linnaeus, 1758)

Taille : envergure : 16-19 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : mai-août. Dans son aire de répartition : mai-septembre.

Répartition : Presque partout en Europe et partout en France, u compris en Corse.

Statut : très commun.

Habitat : mousses, forêts, vergers, parcs. Se rencontre souvent sur les troncs des arbres et des rochers.

Diagnose : Coloration assez variable. Les lignes anté et postmédianes blanches se détachent bien sur le fond noir. La zone médiane généralement noire peut être plus ou moins envahie de blanc. Cette zone blanche n’atteint pas la ligne antémédiane.

Eudorée commune, Beaumonts, 11 août 2012, cliché : André Lantz

Eudorée pâle, Eudonia pallida (Curtis, 1827)

Taille : envergure : 16-19 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : mai-juin, octobre. Dans son aire de répartition : mai-octobre.

Répartition : Presque partout en Europe et en France. Absent de Corse. Au parc des Beaumonts s’observe dans la friche centrale.

Statut : assez commun.

Habitat : mousses terrestres et lichens. L’adulte se tient dans les plantes basses en journée. Parcs, jardins, friches ensoleillées, mais également en milieu humide.

Diagnose : Ailes claires avec les lignes transversales blanches peu marquées. La postmédiane est presque rectiligne.

Eudonia pallida, Moulin du Sempin (Montfermeil), 1 juin 2014, cliché André Lantz

ACENTROPINAE

Anciennement désignée par Nymphulinae, cette sous-famille regroupe des espèces dont les chenilles vivent dans l’eau et consomment des plantes aquatiques. Il y a une quinzaine d’espèces en Europe. Dans cette famille les imagos présentent souvent un dimorphisme sexuel prononcé. Les femelles se caractérisent par une taille plus grande et des ailes plus élancées.


 L’hydrocampe de la lentille d’eau, Cataclysta lemnata (Linnaeus, 1758)

Synonyme : la petite marque de porcelaine

Taille : envergure : 17–19 mm (mâles) et 22–24 mm (femelles)

Période de vol notée aux Beaumonts : juin-août. Dans son aire de répartition : mai-septembre.

Répartition : Presque partout en Europe et en France.

Statut : Commun.

Habitat : mares, fossés, canaux ; lié aux plantes-hôte de la chenille, surtout les lentilles d’eau (Lemna sp.). Les imagos restent près des eaux stagnantes :

Diagnose : dimorphisme sexuel (la femelle est plus grande que le mâle et plus sombre). La femelle est de couleur beige, le mâle a les ailes de couleur blanc brillant. Les deux sexes possèdent sur les ailes postérieures une ligne noire ponctuée de points bleus. Espèce plutôt diurne.

Hydrocampe de la lentille d’eau. Beaumonts, 25 juin 2015, cliché: Pierre Rousset

A. Lantz et P. Rousset le 12 novembre 2018



Les Crambes au parc des Beaumonts

Introduction

Les Pyrales

16000 espèces de Pyrales ont été décrites dans le monde, En Europe on en dénombre environ 1000 dont 500 en France.

Majoritairement phytophages et quelques unes détritiphages, les Pyraloidea regroupent deux grandes familles : Les Pyralidae et les Crambidae. Les insectes adultes possèdent des organes tympaniques abdominaux et sont caractérisés par la présence d’écailles à la base de la trompe. Si la majorité d’entre-eux sont nocturnes, un nombre non négligeable d’espèces s’activent en journée et souvent au soleil.

La famille des Crambidae se compose de plusieurs sous-familles.

Elle compte plus de 15 000 espèces dans le monde, plus de 300 en Europe et 272 en France.

Cette très vaste famille cosmopolite contient des lépidoptères de taille moyenne à petite.

Les Crambidae présentent des formes très variables. Certaines espèces, appartenant à la sous-famille des Crambinae (les crambes), ont un aspect très proche de feuilles ou de morceaux de végétal (tiges…) ce qui les fait passer inaperçues, dans d’autres sous-familles les espèces peuvent, au contraire, être très colorées.

Les Crambinae (crambes). Cette sous-famille de la famille des Crambidae, compte plus de 80 espèces visibles en France. A notre connaissance, 11 d’entre elles ont été identifiées à ce jour au parc des Beaumonts.


Les périodes de vol indiquent le premier et le dernier mois de l’année où une espèce a été observée aux Beaumonts. Il peut y avoir une, deux générations. Dans ce dernier cas, la présence de l’espèce peut être discontinue.

Les photos ont été prises au parc des Beaumonts à de rares exceptions près (dans ce cas, elles ont été réalisées sur d’autres sites de la région, indiqués en légende).


Sources

Les informations utilisées pour cette page renvoient en particulier aux références suivantes :

Patrice Leraut, Papillons de nuit d’Europe ; Volume 3, Zygènes, Pyrales 1
Editions NAP, 2012.

Marie-André Lantz, « 2017 Biodiversité en milieu urbain : nouvel inventaire du parc des Beaumonts (Montreuil-Sous-Bois, Seine-Saint-Denis) (Lepidoptera) », Oreina ; 37 pp : 29-35

Nicole Lepertel & Jean-Peul Quinette, « Les Pyrales de la Manche », Invertébrés armoricains, Les Cahiers du Gretia, 2009 n° 4.

La description de certains Crambes est aussi appuyée sur une publication du Berkshire Moth Group [1]

La page consacrée aux pyraustes ou « pyrales » sur le site Aramel (Insectes) [2]

Pour certaines espèces d’autres sites ont été mis à contribution, tels Un monde dans mon jardin [3] ou Le jardinoscop [4]

Chez les Crambinae, comme pour d’autres taxons, il y a de grandes variations entre individus d’une même espèce et des confusions possibles avec des espèces d’apparences proches. L’identification sur photo n’est que très rarement « certaine », il convient donc de rester prudent en l’absence d’examen à la loupe binoculaire (voire la dissection).

Le prélèvement d’un exemplaire dans une population et son examen attentif à la loupe permet cependant dans la grande majorité des cas de réaliser une détermination sure.

Pierre Rousset et André Lantz


Le Crambus des jardins  Chrysoteuchia culmella (Linnaeus, 1758)

Taille : 10-15 mm, envergure : 20-24 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : (mai) juin-juillet. Dans son aire de répartition : mai-août.

Répartition : toute la France

Statut : Très commun en France et au parc.

Habitat : lieux riches en graminées

Diagnose : Coloration : de jaune à brun. Plus ou moins nervurés. La ligne courbe postmédiane reste toujours visible.

Crysoteuchia culmella femelle, Beaumonts, 1 juin 2017, cliché Pierre Rousset

Chrysoteuchia culmella mâle, Beaumonts, 16 juin 2017, cliché Pierre Rousset

Le Crambus des pâturages Crambus pascuella (Linnaeus, 1758)

Taille : envergure : 21-26 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : mai-juin. Dans son aire de répartition : mai-septembre.

Répartition : Presque toute l’Europe, Toute la France

Statut : assez commun en France.

Habitat : bois et prés humides, graminées, trèfles.

Diagnose : Ailes antérieures brun clair avec une grande tache blanche, aux bords bien réguliers et finement bordés de brun foncé. Cette tache blanche se termine en pointe dans la zone submarginale où elle est suivie d’une tache blanche plus petite qui s’étend jusqu’à la marge. On distingue une ligne submarginale brune bordée de blanc, parallèle à la marge sur la moitié interne marquée de points noirs marginaux, et s’orientant vers le bord costal pour laisser un triangle brun clair et blanc à l’apex de l’aile où les points marginaux sont remplacés par une fine ligne continue.

Les ailes postérieures sont blanchâtres.

Il y a une possible confusion avec le Crambe des bois Crambus silvella (Hübner) ou Crambe des tourbières Crambus uliginosellus (Zeller) , mais ces deux espèces ne se trouvent que dans des prairies très humides avec des carex, voir des tourbières, et ne sont pas présentent dans notre région.

Crambus pascuella, Forêt Notre-Dame, 6 juillet 2018, cliché André Lantz

Le Crambus des prés Crambus lathoniellus (Zincken, 1817)

Synonyme : Crambus nemorella

Taille : envergure : environ 15-23 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin-juillet. Dans son aire de répartition : mai-août.

Répartition : Probablement toute la France continentale.

Statut : très commun.

Habitat: prairies, talus, tous les lieux herbus.

Diagnose : Bande blanche étroite. Stries longitudinales entaillées à mi-chemin. Bord costal (avant de l’aile) relativement rectiligne. Ligne subterminale (peu avant l’extrémité des ailes) fortement marquée et pliée, avec une frange foncée sur son bord intérieur. Apex (extrémité) des ailes triangulaire et marqué. Arrière des ailes sombres.

Mâle : Stries grisâtres entre les veines brunes. Aile mouchetée d’écailles noirâtres.

Femelle : Stries blanches entre les veines, ailes moins mouchetées. Apparence plus claire.

Crambus lathoniellus, Beaumonts, 6 juin 2012, cliché A. Lantz

Le crambus perlé Crambus perlella (Scopoli, 1763)

Taille : envergure : 21-28 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin-juillet. Dans son aire de répartition : juin-août.

Répartition: Europe et toute la France

Statut : commun.

Habitat : Prairies, lieux herbus secs ou humides

Diagnose : Couleur argentée caractéristique. Ce crambe ne présente aucun dessin sur les ailes antérieures qui ont des reflets nacrés.

Il y a des individus plus sombres et des formes intermédiaires.

Crambus perlella, Beaumonts; 28 juin 2009, cliché A. Lantz

Le crambus-aigle Agriphila tristella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Synonyme : Crambus des tiges, Crambus des chaumes

Taille : envergure : 25-30 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : (juillet) août-septembre. Dans son aire de répartition : juillet-septembre.

Répartition :Europe et toute la France

Statut : très commun.

Habitat : graminées, prairies et pelouses, pénètre dans les villes.

Diagnose : Espèce très variable en coloration allant de la couleur paille au brun foncé. Une ligne claire (strie) s’étend sur l’aile antérieure (allant du blanc nacré à l’orangé en passant par le jaune ou crème). Elle devient souvent plus étroite (s’effile) au tiers de sa longueur, puis se divise (se diffuse) en pinceau de quatre « doigts ». Bien que caractéristique, ce trait « identifiant » peut être fortement marqué, plus faiblement, ou même absent. Front présentant une petite pointe.

Agriphila tristella, Beaumonts, 26 août 2018, cliché Pierre Rousset

Agriphila tristella, Beaumonts, 26 juin 2018, Cliché Pierre Rousset

Le Crambus souillé Agriphila inquinatella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Taille : LAA = 12 mm, envergure : 23-29 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : août-septembre. Dans son aire de répartition : juillet-septembre.

Répartition : Largement répandue en Europe, toute la France continentale

Statut : commun.

Habitat : prairies à Graminées (Poa, Festuca…), friches, talus, lieux herbus.

Diagnose : Les ailes antérieures unies, brun-jaune pâle ou blanchâtres.. Caractérisé par ses dessins sombres, estompés, sur fond blanc crémeux. Yeux bleus.

Agriphila inquinatella, Beaumonts, 11 août 2016, cliché André Lantz

Le Crambus des chaumes Agriphila straminella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Synonyme : Crambus des pelouses

Taille : LAA = 8 à 10 mm, envergure : 16-20 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : (juin) août. Dans son aire de répartition : juin-août.

Répartition : Europe, toute la France continentale

Statut: très commun

Habitat : graminées, pelouses, lieux herbeux, prairies à poacées…

Surtout le jour mais très attiré par les lumières dans la nuit.

Diagnose : petite taille. Ailes antérieures unies, brun-jaune pâle ou blanchâtres. Couleur jaune plus ou moins rembrunie. Souvent tacheté de brun. Strie longitudinale peu affirmée. Pas de ligne postmédiane (différence avec C. culmella). Forme globale fortement conique.

Mâle : contraste entre la moitié dorsale (arrière) de l’aile claire et la moitié costale (avant) sombre.

Femelle : plus uniforme. La strie se divise en « doigts » peu marqués.

Yeux bleus.

Agriphila straminella, Beaumonts, 16 août 2010, cliché A. Lantz

Le Crambus anguleux Agriphila geniculea (Haworth, 1811)

Synonyme : le Crambus des friches, le Crambus à bandes coudées

Taille : LAA = 15 mm, envergure : 17-25 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : août-septembre. Dans son aire de répartition : juillet-octobre.

Répartition : toute la France y compris la Corse

Statut : commun

Habitat : graminées, milieux herbeux, même en zone urbanisée.

Diagnose : coloration d’ensemble brun-grisâtre. Ailes antérieures étroites, brun-jaune pâle.

Lignes transversales brunes, très obliques et coudées. Frange à reflet métallique.

Agriphila geniculea, Beaumonts, 26 août 2018, cliché Pierre Rousset

Le Crambus mordoré Chrysocrambus linetella (Fabricius, 1781)

Synonyme : Le crambus rayé commun, Chrysocrambus cassentiniellus

Taille : LAA = 12 à 14 mm, envergure : 20-27 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin (juillet). Dans son aire de répartition : juin-juillet. Peut voler toute la journée, mais est plus actif les après midi.

Répartition :  répandue dans l’Europe du sud

Statut : peut être abondant dans ses biotopes, mais localisé.

Habitat : friches et lieux herbeux, sur Fétuque.

Diagnose : de forme étroite et allongée, les ailes antérieures sont de couleur ocre-jaune avec des raies longitudinales très contrastées or à brun-rouille, entrecoupées de deux raies transversales et bordées à l’apex d’un trait simple et d’une frange gris-blanc.

Les ailes postérieures de même teinte sont plus claires et discrètement striées.

Palpes labiaux très longs, bien visibles pointant vers l’avant.

Chrysocrambus linetella, Bois de Vincennes, 16 juin 2018, cliché André Lantz

Chrysocrambus linetella, Beaumonts, 13 juin 2017, cliché Pierre Rousset

Confusion possible avec Chrysocrambus craterella (Scopoli, 1763) qui se distingue difficilement par un « double trait » au bord de l’apex des ailes antérieures alors que ce « trait est simple » chez C. linetella. Cependant, il est difficile de les différencier sans observer les genitalia au microscope. La présence de C. craterella n’est pas attestée en Île-de-France.

 

Le Crambus jaunâtre Pediasia luteella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Taille : LAA 14mm, envergure : 24-27mm

Période de vol:  notée aux Beaumonts : juillet; mai à septembre dans son aire de répartition.

Répartition : Europe, une grande partie de la France, surtout moitié nord et montagnes

Statut : localisé et relativement peu abondant.

Probablement très rare aux Beaumonts.

Habitat : graminées, lieux herbus

Diagnose : Couleur ocre uniforme sur l’aile antérieure. Peut être confondue avec la forme sans trait de A. tristella. Possède un front lisse alors que A. tristella a un front pointu.

Pediasia luteella, Beaumonts, 6 juillet 2010, cliché A. Lantz

Le Crambe tentaculé Ancylolomia tentaculella (Hübner, 1796)

Synonyme : l’Ancylolome commun, Tinea tentaculella, Ancylolomia irakella

Taille : LAA = 17 mm, envergure : 30-34 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juillet-août. Dans son aire de répartition : juillet-septembre.

Répartition : Europe, presque partout en France, manque par endroits dans le nord et l’ouest

Statut : assez commun. Remonte du sud les années chaudes.

Semble rare aux Beaumonts.

Habitat : affectionne les grandes graminées, friches, talus, milieux herbeux, parc, jardins…

Diagnose : Les femelles sont généralement plus grandes que les mâles.

Le mâle a la tête et les palpes blanc-jaunâtre, ses antennes sont dentées, son corselet est brun-foncé.

Les ailes antérieures jaune-marron sont marquées très nettement de longues bandes médianes longitudinales dorées soulignées de brun et la frange est festonnée. La courte bande blanche subapicale présente des deux côtés du point noir le différencie de Ancylolomia disparalis qui ne se trouve actuellement que dans le Midi de la France.

La femelle a la tête, ses palpes, ses antennes, son corselet et le dessus de ses ailes antérieures jaune-d’ocre-pâle avec des lignes longitudinales dorées, et une ligne également dorée qui sépare la frange du bord terminal.

 

 

Ancylolomia tentaculella; Beaumonts, 20 juillet 2010, cliché A. Lantz

Ancylolomia tentaculella, Sansalle (77), 31 juillet 2015, Cliché André Lantz

Pierre Rousset et André Lantz le 24 octobre 2018



Biodiversité au Parc des Beaumonts
  1. Les Naturalistes du parc des Beaumonts ont déjà signalé par le passé les difficultés inhérentes à la gestion du lieu, pourtant classé Natura 2000 dans la directive « Oiseaux ».  Nous avons envoyé une lettre à la mairie de Montreuil ainsi qu’au Comité de pilotage (COPIL) du site départemental Natura 2000. A ce jour nous n’avons reçu que la réponse du COPIL Natura 2000 qui propose une réunion devant se tenir en mai 2017. Nous n’avons rien reçu des édiles de Montreuil.

Voici la lettre qui a été envoyée:

Le 7 mars 2017,

La gestion du parc des Beaumonts

A l’intention des membres de la municipalité de Montreuil (93) et des responsables du COPIL du site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis

Pour la municipalité de Montreuil :

M. Patrice Bessac, maire de Montreuil

M. Ibrahim Dufriche-Soilihi1er Adjoint délégué à la transition écologique et nature en ville

Le parc des Beaumonts fait partie des quinze entités réunies dans le site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis.

La municipalité de Montreuil bénéficie à ce titre d’un parc classé de la directive « Oiseaux  » du réseau Natura 2000. Elle a donc l’obligation de gérer et d’entretenir le site afin de conserver ou d’améliorer la biodiversité présente.

La gestion du parc certes a été remise (dans quelle mesure ?) à l’intercommunalité, mais nous n’avons jamais été contactés à ce niveau et nous ne savons pas qui est responsable du suivi des Beaumonts.

Nous pensons en tout état de cause que la municipalité ne peut tout simplement pas se désintéresser du parc, dont elle souhaiterait par ailleurs, semble-t-il, le « rapatriement ». Elle peut (nous pouvons) intervenir vis-à-vis de l’agglomération.

Les naturalistes de Beaumonts-Nature en Ville signataires de cette lettre sont en effet loin d’être satisfaits de la gestion du parc. Ils ne sont pas consultés en amont sur les projets de travaux qui sont effectués sur le site et les méthodes de gestion utilisées.

Nous voudrions soulever des questions qui relèvent tant de la gestion courante du parc que d’interventions spécifiques plus « lourdes » (du type aménagement de la friche centrale ou de la mare perchée).

Gestion courante

Ne prenons que deux exemples parmi bon nombre d’autres.

Nous avions signalé en 2016 que la non-remise en eau, en temps voulu, des mares perchée et du milieu avait un impact sur les amphibiens. En ce début de mars 2017, nous nous retrouvons dans une situation encore pire liée à la sécheresse de cet hiver, qui n’est qu’imparfaitement corrigée par l’actuelle vague de pluie.

Tous les saules bordant la mare perchée ont été ébranchés ; nous aurions proposé que certains soient « épargnés » pour les insectes qui sont inféodés à cette essence et pour le déplacement de passereaux. Par ailleurs, toute la roselière nord a été rasée de près. Nous aimerions savoir pourquoi, alors que, même sèche, elle a un rôle de protection très important. Elle ne repoussera que tard en saison, bien après l’arrivée ou la date d’installation d’oiseaux nicheurs. Il est à craindre, par exemple, que la rousserolle effarvatte ne niche pas cette année, si la roselière sud ne lui suffit pas.

Nous ne disons pas que tout est mal fait, tant s’en faut ; mais que la concertation en amont est utile, nécessaire. Nous reconnaissons volontiers qu’un effort notable a été consenti par les responsables sur le terrain pour prendre en compte les conditions particulières de gestion d’un tel site : éviter de faucher certaines parcelles, en faucher d’autres suffisamment tôt pour ne pas contrarier la reproduction (notamment des insectes et araignées), utiliser les branchages coupés pour créer des abris pour la faune…

Interventions « lourdes »

Nous avons pu suivre l’aménagement de la friche centrale, ce qui était une bonne chose. Il n’en est plus de même, alors que l’objectif (une prairie fleurie) n’a pas été atteint l’année dernière. Nous espérons que les coupes récentes aideront en 2017 à en reconstituer une, mais nous aimerions connaître l’avis des services des espaces verts sur ce qui a marché comme prévu, après l’aménagement, et ce qui ne l’a pas.

La question des prises de décision concernant la mare perchée est pour nous particulièrement inquiétante. Nous avons participé aux études initiales sur le nouvel aménagement de la mare, conduisant à la définition d’un projet qui aurait représenté un progrès réel. Tout a depuis été remis en cause sans que nous n’en soyons jamais informés. Les coûts seraient prohibitifs. Nous ne savons pas si des subventions (projet Natura 2000) ont été demandées, à qui, et pourquoi elles auraient été refusées. Nous ne savons pas plus quel « plan B » est envisagé pour la mare perchée en particulier et la zone humide en général. Car si le « plan A » est véritablement abandonné, il faut bien un « plan B », n’est-ce pas ?

Le Conseil Scientifique du parc des Beaumonts qui avait été créé à notre demande ne s’est plus réuni depuis le départ de Didier Gleyzes en 2013.

Nous considérons que le rôle du conseil scientifique est de discuter en amont des projets de travaux sur le parc, en tenant compte des contraintes techniques, mais aussi des avis des naturalistes. Ce conseil n’a pas pour vocation d’être une simple chambre d’enregistrement, mais d’un lieu où sont envisagées des interventions qui seront mises en application en fonction des avis étayés éventuellement par des études scientifiques pour améliorer la biodiversité.

Nous nous adressons aujourd’hui à la mairie et au copil Natura 2000 du département de Seine-Saint-Denis et nous souhaitons qu’elle fasse part de notre inquiétude à l’Intercommunalité.

Bien à vous,

Des naturalistes de BNEV :

Pierre Rousset; André Lantz; Thierry Laugier; Thomas Puaud; Alexis Martin; David Thorns.

2. Quelques inventaires viennent d’être publiés concernant l’avifaune et l’entomofaune des Beaumonts.

Vous pourrez retrouver les oiseaux qui ont été observés au parc ou en survol par  David Thorns avec la traduction française assistée par Isabelle Merle, sur son site à l’adresse suivante < http://www.skutchia.com/annualreport2016-fra >

Un inventaire des Lépidoptères du parc des Beaumonts, reprenant les données d’observations entre 2009 et 2016 est paru dans le n° 37 de la revue Oreina (Les papillons de France) en mars 2017. Cet article n’est pas encore en ligne sur le site de cette revue. Nous atteignons presque un chiffre de 300 espèces déterminées sur le site. Une comparaison avec les sites des coteaux d’Avron et les Jardin du MNHN de Paris termine cette étude. Vous pouvez le consulter ici

3. Voici quelques images d’insectes prises cette année.

L’azuré des Nerpruns (Celastrina argiolus) est un petit  papillon bleu clair qui préfère souvent les sous-bois aux prairies trop vivement ensoleillées.

Azuré des Nerpruns, Beaumonts le 25 mars 2017, cliché André Lantz

Cet imago est en train de pomper les gouttes d’eau disposées sur le feuilles de Ficaire.

Le collier de corail (Aricia agestis) a été très précoce cette année. Habituellement on ne le voyait voler qu’à partir de juin.

Collier de corail, Beaumonts, 21 avril 2017, Cliché André Lantz

Cet imago est en train de butiner les fleurs de Passerage.

L’aurore (Anthocharis cardamines) est très régulière au parc et s’observe chaque année au début avril. Cette année les premiers imagos ont été observés dès la fin mars.

Aurore mâle, Beaumonts le 7 avril 2017, cliché André Lantz

L’Adèle Nematopogon swammerdamella est blonde et les ailes antérieures sont finement réticulées. L’imago sort habituellement en avril. Plusieurs adultes ont été notés en avril 2017.   la photo ci-dessous montre la face ventrale de l’imago.

Nematopogon swammerdamella Beaumonts, 13 avril 2017 cliché André Lantz

Sur la suivante on peut  distinguer l’aile antérieure qui recouvre la postérieure et la présence d’une fine réticulation.

Nematopogon swammerdamella, de profil, face dorsale, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

L’adèle de Réaumur (Adela reaumurella) est d’un joli vert métallique. Les mâles aux longues antennes volettent au soleil en essaim au dessus de la végétation arbustive, tandis que les femelles aux antennes plus courtes restent souvent posées dans la végétation basse. Il est rare de pouvoir photographier une femelle en train de butiner comme sur ce cliché.

femelle de l’Adèle de Réaumur butinant une fleur d’Anthrisque, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Le temps parfois un peu frais de cette dernière période n’est pas un obstacle pour les observations de diptères qui sortent à des températures parfois inférieures à une dizaine de degrés.

Les syrphes se rencontrent aussi bien dans les parties boisées que les stations dégagées.  Ce Syrphe élégant (Epistrophe eligans)est caractérisé par un dimorphisme sexuel prononcé. La larve se nourrit de pucerons comme beaucoup d’autres espèces de Syrphe. Cette femelle est posée en sous-bois sur les Anthrisques.

Femelle d’Epistrophe eligans, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Ce joli syrphe de la photo suivante (Dasysyrphus albostriatus), en dehors de sa livrée jaune et noire, est caractérisé en particulier par deux bandes claires sur le thorax noir. Il se rencontre facilement sur les fleurs ou les herbes. Il n’avait pas encore été photographié sur le site.

Dasysyrphus albostriatus, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Les Bibions sont des diptères précoces de la famille des Bibionidae. Ils se caractérisent par leur teinte sombre, un abdomen assez large, des antennes courtes et une pilosité abondante. Les larves sont terricoles saprophages et peuvent se nourrir des racines de diverses plantes. Le Bibion le plus connu est la mouche de Saint-Marc (Bibio marcii) qui peut quelquefois pulluler. On peut souvent les observer en essaim au soleil au dessus des branches d’arbres ou arbustes. Lors du vol les pattes postérieures pendent vers le bas. Des adultes se trouvent également parmi la végétation surtout lorsqu’il ne fais pas encore suffisamment chaud. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Le mâle possède des yeux poilus de grande taille qui prennent pratiquement tout le volume de la tête, alors que ceux de la femelle sont nettement réduits. Ils sont apparus un peu en avance sur la saison ce printemps 2017.

mâle de Bibio marcii, sur une fleur de pommier, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

Un autre Bibio a été observé cette année au Parc des Beaumonts. Je l’avais déjà noté dans le Bois de Vincennes (Paris 12) en 2016. Il a aussi été trouvé au jardin des plantes par Axel Dehalleux qui a pu le déterminer. Il s’agit de Bibio anglicus. c’est une espèce de taille bien inférieure à la mouche de Saint- Marc.

Le dimorphisme sexuel est aussi particulièrement prononcé. Le mâle est noir avec de gros yeux et la femelle possède un abdomen jaune-orangé et un thorax rougeâtre. Voici la femelle posé dans la végétation.

Femelle de Bibio anglicus, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

 

Couple de Bibio anglicus, Bois de Vincennes (Paris 12), 18 avril 2017, cliché André Lantz

Voici un couple de cette espèce photographié au Bois de Vincennes. Le mâle noir est à gauche et la femelle à droite.

Parmi les libellules, le leste brun ou brunette hivernale (Sympecma fusca) sort de sa torpeur aux premiers beaux jours. Contrairement aux autre libellules européennes, cette espèce hiberne à l’état imaginal. De part sa taille et sa coloration, cette petite espèce peut passer facilement inaperçue.

Femelle de Brunette hivernale, Beaumonts, 27 mars 2017, cliché André Lantz

 

André Lantz le 25 avril 2017



24h de la biodiversité, compte-rendu de visite.

Les 24h de la biodiversité se sont tenues le samedi 25 juin 2016 à Montreuil.

Le programme avait été présenté dans l’article précédent.

Une dizaine de participants dont les randonneurs montreuillois se sont retrouvés au parc des Beaumonts avec David Thorns, ornithologue, et André Lantz, entomologiste, de l’association BNEV. Cette année le temps ensoleillé a été plus favorable à l’observation des insectes que lors des années antérieures. Les horaires étaient plus propices aux insectes qu’aux oiseaux. Certains d’entre eux n’ont pu être déterminés que par leur chant car, en cette saison, ils sont souvent cachés par la végétation.

Voici la liste des espèces rencontrées lors de cette visite:

Les Piérides blanches ont été très nombreuses, également réparties dans la zone paysagère et dans la partie plus sauvage du parc. D’autres espèces comme le Demi-deuil ou la Trichie de la rose ne se rencontrent que dans les prairies sauvages non fauchées ou le long du ru qui descend de la mare perchée.

date genre espèce nom vernaculaire nombre remarques
25/06/16 Pieris   Piérides blanches 26 dont Pieris rapae et Pieris napi
25/06/16 Melanargia galathea Demi-Deuil 3  
25/06/16 Pararge aegeria Tircis 2  
25/06/16 Polyommatus icarus Azuré de la Bugrane 1  
25/06/16 Apis mellifera Abeille domestique 8  
25/06/16 Bombus sp Bourdon 3  
25/06/16 Xylocopa sp Xylocope 1  
25/06/16 Trichius rosaceus Trichie de la Rose 1  
25/06/16     Libellule 2 en vol, non déterminable
25/06/16 Tettigonia viridissima Sauterelle verte 3  
25/06/16 Coccinella septempunctata Coccinelle à 7 points 1  
25/06/16 Sylvia atricapilla Fauvette à tête noire 1 entendue
25/06/16 Phylloscopus collybita Pouillot véloce 1 vu
25/06/16 Troglodytes troglodytes Troglodyte mignon 1 entendu
25/06/16 Pica pica Pie bavarde 1 vue
25/06/16 Dendrocopos major Pic épeiche 1 vu

David Thorns nous a permis de distinguer au moyen de son téléobjectif performant la piéride de la rave, au dessous uni, de la piéride du navet où les nervures des ailes postérieures sont soulignées d’écailles sombres.

Les deux photos suivantes illustrent une femelle de la piéride du Navet Pieris napi. La femelle se distingue du mâle par la présence de deux points noirs sur la face dorsale de l’aile antérieure. Les nervures sont bien soulignées d’écailles plus sombres sur le revers de l’aile postérieure.

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

La piéride de la rave (Pieris rapae) présente un revers uni.

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Le demi-Deuil (Melanargia galathea)avec son damier noir et blanc est une des espèces bien reconnaissables. Elle affectionne les prairies non fauchées et fleuries.

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Lors de cette visite les participants se sont aussi intéressés aux plantes et fleurs du parc, dont certaines sont mellifères et attirent de nombreux insectes.

André Lantz le 4 juillet 2016.