Beaumonts nature en ville


Biodiversité au Parc des Beaumonts by beaumonts
  1. Les Naturalistes du parc des Beaumonts ont déjà signalé par le passé les difficultés inhérentes à la gestion du lieu, pourtant classé Natura 2000 dans la directive « Oiseaux ».  Nous avons envoyé une lettre à la mairie de Montreuil ainsi qu’au Comité de pilotage (COPIL) du site départemental Natura 2000. A ce jour nous n’avons reçu que la réponse du COPIL Natura 2000 qui propose une réunion devant se tenir en mai 2017. Nous n’avons rien reçu des édiles de Montreuil.

Voici la lettre qui a été envoyée:

Le 7 mars 2017,

La gestion du parc des Beaumonts

A l’intention des membres de la municipalité de Montreuil (93) et des responsables du COPIL du site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis

Pour la municipalité de Montreuil :

M. Patrice Bessac, maire de Montreuil

M. Ibrahim Dufriche-Soilihi1er Adjoint délégué à la transition écologique et nature en ville

Le parc des Beaumonts fait partie des quinze entités réunies dans le site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis.

La municipalité de Montreuil bénéficie à ce titre d’un parc classé de la directive « Oiseaux  » du réseau Natura 2000. Elle a donc l’obligation de gérer et d’entretenir le site afin de conserver ou d’améliorer la biodiversité présente.

La gestion du parc certes a été remise (dans quelle mesure ?) à l’intercommunalité, mais nous n’avons jamais été contactés à ce niveau et nous ne savons pas qui est responsable du suivi des Beaumonts.

Nous pensons en tout état de cause que la municipalité ne peut tout simplement pas se désintéresser du parc, dont elle souhaiterait par ailleurs, semble-t-il, le « rapatriement ». Elle peut (nous pouvons) intervenir vis-à-vis de l’agglomération.

Les naturalistes de Beaumonts-Nature en Ville signataires de cette lettre sont en effet loin d’être satisfaits de la gestion du parc. Ils ne sont pas consultés en amont sur les projets de travaux qui sont effectués sur le site et les méthodes de gestion utilisées.

Nous voudrions soulever des questions qui relèvent tant de la gestion courante du parc que d’interventions spécifiques plus « lourdes » (du type aménagement de la friche centrale ou de la mare perchée).

Gestion courante

Ne prenons que deux exemples parmi bon nombre d’autres.

Nous avions signalé en 2016 que la non-remise en eau, en temps voulu, des mares perchée et du milieu avait un impact sur les amphibiens. En ce début de mars 2017, nous nous retrouvons dans une situation encore pire liée à la sécheresse de cet hiver, qui n’est qu’imparfaitement corrigée par l’actuelle vague de pluie.

Tous les saules bordant la mare perchée ont été ébranchés ; nous aurions proposé que certains soient « épargnés » pour les insectes qui sont inféodés à cette essence et pour le déplacement de passereaux. Par ailleurs, toute la roselière nord a été rasée de près. Nous aimerions savoir pourquoi, alors que, même sèche, elle a un rôle de protection très important. Elle ne repoussera que tard en saison, bien après l’arrivée ou la date d’installation d’oiseaux nicheurs. Il est à craindre, par exemple, que la rousserolle effarvatte ne niche pas cette année, si la roselière sud ne lui suffit pas.

Nous ne disons pas que tout est mal fait, tant s’en faut ; mais que la concertation en amont est utile, nécessaire. Nous reconnaissons volontiers qu’un effort notable a été consenti par les responsables sur le terrain pour prendre en compte les conditions particulières de gestion d’un tel site : éviter de faucher certaines parcelles, en faucher d’autres suffisamment tôt pour ne pas contrarier la reproduction (notamment des insectes et araignées), utiliser les branchages coupés pour créer des abris pour la faune…

Interventions « lourdes »

Nous avons pu suivre l’aménagement de la friche centrale, ce qui était une bonne chose. Il n’en est plus de même, alors que l’objectif (une prairie fleurie) n’a pas été atteint l’année dernière. Nous espérons que les coupes récentes aideront en 2017 à en reconstituer une, mais nous aimerions connaître l’avis des services des espaces verts sur ce qui a marché comme prévu, après l’aménagement, et ce qui ne l’a pas.

La question des prises de décision concernant la mare perchée est pour nous particulièrement inquiétante. Nous avons participé aux études initiales sur le nouvel aménagement de la mare, conduisant à la définition d’un projet qui aurait représenté un progrès réel. Tout a depuis été remis en cause sans que nous n’en soyons jamais informés. Les coûts seraient prohibitifs. Nous ne savons pas si des subventions (projet Natura 2000) ont été demandées, à qui, et pourquoi elles auraient été refusées. Nous ne savons pas plus quel « plan B » est envisagé pour la mare perchée en particulier et la zone humide en général. Car si le « plan A » est véritablement abandonné, il faut bien un « plan B », n’est-ce pas ?

Le Conseil Scientifique du parc des Beaumonts qui avait été créé à notre demande ne s’est plus réuni depuis le départ de Didier Gleyzes en 2013.

Nous considérons que le rôle du conseil scientifique est de discuter en amont des projets de travaux sur le parc, en tenant compte des contraintes techniques, mais aussi des avis des naturalistes. Ce conseil n’a pas pour vocation d’être une simple chambre d’enregistrement, mais d’un lieu où sont envisagées des interventions qui seront mises en application en fonction des avis étayés éventuellement par des études scientifiques pour améliorer la biodiversité.

Nous nous adressons aujourd’hui à la mairie et au copil Natura 2000 du département de Seine-Saint-Denis et nous souhaitons qu’elle fasse part de notre inquiétude à l’Intercommunalité.

Bien à vous,

Des naturalistes de BNEV :

Pierre Rousset; André Lantz; Thierry Laugier; Thomas Puaud; Alexis Martin; David Thorns.

2. Quelques inventaires viennent d’être publiés concernant l’avifaune et l’entomofaune des Beaumonts.

Vous pourrez retrouver les oiseaux qui ont été observés au parc ou en survol par  David Thorns avec la traduction française assistée par Isabelle Merle, sur son site à l’adresse suivante < http://www.skutchia.com/annualreport2016-fra >

Un inventaire des Lépidoptères du parc des Beaumonts, reprenant les données d’observations entre 2009 et 2016 est paru dans le n° 37 de la revue Oreina (Les papillons de France) en mars 2017. Cet article n’est pas encore en ligne sur le site de cette revue. Nous atteignons presque un chiffre de 300 espèces déterminées sur le site. Une comparaison avec les sites des coteaux d’Avron et les Jardin du MNHN de Paris termine cette étude. Vous pouvez le consulter ici

3. Voici quelques images d’insectes prises cette année.

L’azuré des Nerpruns (Celastrina argiolus) est un petit  papillon bleu clair qui préfère souvent les sous-bois aux prairies trop vivement ensoleillées.

Azuré des Nerpruns, Beaumonts le 25 mars 2017, cliché André Lantz

Cet imago est en train de pomper les gouttes d’eau disposées sur le feuilles de Ficaire.

Le collier de corail (Aricia agestis) a été très précoce cette année. Habituellement on ne le voyait voler qu’à partir de juin.

Collier de corail, Beaumonts, 21 avril 2017, Cliché André Lantz

Cet imago est en train de butiner les fleurs de Passerage.

L’aurore (Anthocharis cardamines) est très régulière au parc et s’observe chaque année au début avril. Cette année les premiers imagos ont été observés dès la fin mars.

Aurore mâle, Beaumonts le 7 avril 2017, cliché André Lantz

L’Adèle Nematopogon swammerdamella est blonde et les ailes antérieures sont finement réticulées. L’imago sort habituellement en avril. Plusieurs adultes ont été notés en avril 2017.   la photo ci-dessous montre la face ventrale de l’imago.

Nematopogon swammerdamella Beaumonts, 13 avril 2017 cliché André Lantz

Sur la suivante on peut  distinguer l’aile antérieure qui recouvre la postérieure et la présence d’une fine réticulation.

Nematopogon swammerdamella, de profil, face dorsale, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

L’adèle de Réaumur (Adela reaumurella) est d’un joli vert métallique. Les mâles aux longues antennes volettent au soleil en essaim au dessus de la végétation arbustive, tandis que les femelles aux antennes plus courtes restent souvent posées dans la végétation basse. Il est rare de pouvoir photographier une femelle en train de butiner comme sur ce cliché.

femelle de l’Adèle de Réaumur butinant une fleur d’Anthrisque, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Le temps parfois un peu frais de cette dernière période n’est pas un obstacle pour les observations de diptères qui sortent à des températures parfois inférieures à une dizaine de degrés.

Les syrphes se rencontrent aussi bien dans les parties boisées que les stations dégagées.  Ce Syrphe élégant (Epistrophe eligans)est caractérisé par un dimorphisme sexuel prononcé. La larve se nourrit de pucerons comme beaucoup d’autres espèces de Syrphe. Cette femelle est posée en sous-bois sur les Anthrisques.

Femelle d’Epistrophe eligans, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Ce joli syrphe de la photo suivante (Dasysyrphus albostriatus), en dehors de sa livrée jaune et noire, est caractérisé en particulier par deux bandes claires sur le thorax noir. Il se rencontre facilement sur les fleurs ou les herbes. Il n’avait pas encore été photographié sur le site.

Dasysyrphus albostriatus, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Les Bibions sont des diptères précoces de la famille des Bibionidae. Ils se caractérisent par leur teinte sombre, un abdomen assez large, des antennes courtes et une pilosité abondante. Les larves sont terricoles saprophages et peuvent se nourrir des racines de diverses plantes. Le Bibion le plus connu est la mouche de Saint-Marc (Bibio marcii) qui peut quelquefois pulluler. On peut souvent les observer en essaim au soleil au dessus des branches d’arbres ou arbustes. Lors du vol les pattes postérieures pendent vers le bas. Des adultes se trouvent également parmi la végétation surtout lorsqu’il ne fais pas encore suffisamment chaud. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Le mâle possède des yeux poilus de grande taille qui prennent pratiquement tout le volume de la tête, alors que ceux de la femelle sont nettement réduits. Ils sont apparus un peu en avance sur la saison ce printemps 2017.

mâle de Bibio marcii, sur une fleur de pommier, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

Un autre Bibio a été observé cette année au Parc des Beaumonts. Je l’avais déjà noté dans le Bois de Vincennes (Paris 12) en 2016. Il a aussi été trouvé au jardin des plantes par Axel Dehalleux qui a pu le déterminer. Il s’agit de Bibio anglicus. c’est une espèce de taille bien inférieure à la mouche de Saint- Marc.

Le dimorphisme sexuel est aussi particulièrement prononcé. Le mâle est noir avec de gros yeux et la femelle possède un abdomen jaune-orangé et un thorax rougeâtre. Voici la femelle posé dans la végétation.

Femelle de Bibio anglicus, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

 

Couple de Bibio anglicus, Bois de Vincennes (Paris 12), 18 avril 2017, cliché André Lantz

Voici un couple de cette espèce photographié au Bois de Vincennes. Le mâle noir est à gauche et la femelle à droite.

Parmi les libellules, le leste brun ou brunette hivernale (Sympecma fusca) sort de sa torpeur aux premiers beaux jours. Contrairement aux autre libellules européennes, cette espèce hiberne à l’état imaginal. De part sa taille et sa coloration, cette petite espèce peut passer facilement inaperçue.

Femelle de Brunette hivernale, Beaumonts, 27 mars 2017, cliché André Lantz

 

André Lantz le 25 avril 2017



Sorties ornithologiques au Parc des Beaumonts by beaumonts
février 5, 2016, 9:41
Filed under: 1. L’ASSOCIATION, 3. LA FAUNE, Oiseaux, Sorties, Sorties – Annonces
Venez découvrir le 13 mars et le 22 mai 2016 de 9h 30 à 12h 30 la richesse ornithologique du parc des Beaumont où la faune et la flore sauvages sont protégées. Promenade détendue et conviviale. Prévoir : jumelles. Promenade ornithologique conseillée pour s’initier ou se perfectionner. Rdv : 9 h 15. Avenue Jean Moulin, à côté de la statue monumentale du calligraphe, au pied de l’escalier d’accès au parc des Beaumonts. Limité à 12 participants. Promenade ornithologique animée par Thomas Puaud (06.87.23.69.95). Réservation obligatoire au plus tard le vendredi précédant l’activité avant 16 h auprès du service Environnement et Développement Durable de la Ville de Montreuil : 01 48 70 67 94 – environnement@montreuil.fr. Renseignements auprès du service Environnement et Développement Durable de Montreuil ou Thomas PUAUD (entre 19h30 et 21h30).


Sorties proposées en Octobre 2015 by beaumonts

Proposition de visites et sorties en octobre 2015.

Notre collègue et ornithologue Thomas Puaud se propose d’organiser une visite au parc des Beaumonts pour y observer les oiseaux. Cette visite est prévue le Dimanche 11 octobre 2015.

Rdv : 9 h 15. Avenue Jean Moulin, à côté de la statue monumentale du calligraphe, au pied de l’escalier d’accès au parc des Beaumonts. Limité à 12 participants. Cette promenade ornithologique sera animée par Thomas Puaud.

Réservation obligatoire au plus tard le vendredi précédant l’activité avant 16 h auprès du service Environnement et Développement Durable de la Ville de Montreuil : 01 48 70 67 94 – environnement@montreuil.fr

Je vous signale également que l’exposition annuelle de champignons préparée par la Société Mycologique de France en partenariat avec la Ville de Paris se tiendra du vendredi 16 octobre après-midi au lundi 19 octobre au parc floral de Paris. Pavillon 18. Une conférence sur les champignons du bois de Vincennes aura lieu le samedi 17 après-midi. Une autre conférence sur les champignons comestibles ou vénéneux se tiendra le dimanche après-midi.

Voici quelques photos de champignons prises au parc des Beaumonts.

Le Coprin chevelu (Coprinus comatus) est une espèce très reconnaissable. Sa taille est d’environ une dizaine de cm. Le chapeau presque cylindrique dans la jeunesse, s’étale ensuite en cloche. Il est tout blanc et recouvert de mèches plus ou moins retroussées. Avec l’âge il devient déliquescent et noir. Il porte un petit anneau blanc. Il pousse plutôt dans l’herbe, sur les prés ou au bord des chemins. C’est un bon comestible quand le sol n’est pas pollué par les métaux lourds et les pesticides.

Coprin chevelu, Beaumonts, 13 août 2015, cliché André Lantz

Coprin chevelu, Beaumonts, 13 août 2015, cliché André Lantz

Les deux photos suivantes représentent un autre champignon qui parasite la Clématite (Clematis vitalba). Il s’agit de Aecidium clematidis.

rouille Aecidium clematidis sur clématite, Beaumonts, 12juin 2015, cliché André Lantz

rouille Aecidium clematidis sur clématite, Beaumonts, 12juin 2015, cliché André Lantz

Rouille Aecidium clematidis sur Clématite, Beaumonts, 12 juin 2015, cliché André Lantz

Rouille Aecidium clematidis sur Clématite, Beaumonts, 12 juin 2015, cliché André Lantz

Voici une courte explication concernant cet ordre fongique donnée par le mycologue Albert Péricouche:

La rouille est une maladie végétale due à des champignons microscopiques Basidiomycètes de l’ordre des Urédinales parasites des végétaux vasculaires. Le nom de rouille provient de l’existence de fructifications de couleur brun-orangé, coloration due à la présence de pigments caroténoïdes.
Il en existe plus de 6000 espèces qui sont pour la pluspart spécifiques d’hôtes déterminés.
Selon les espèces, le cycle évolutif nécessite le passage sur deux hôtes successifs et dans un sens bien déterminé (rouilles hétéroxènes ou hétéroïques) ou bien se déroule sur un hôte unique (rouilles monoxènes ou monoïques).
Au cours de ce cycle , il se forme des spores (5 formes de spores pour un cycle complet et désignées par stades 0,S,I,II,III) qui permettent l’extension de la rouille.

André Lantz, le 2 octobre 2015

 



Géomètres printanières et Gorge-bleue au parc by beaumonts

Géomètres du printemps par André Lantz et Gorge-bleue à miroir au parc des Beaummonts par David Thorns

 L’hiver plein de froid et de pleurs
Est passé tremblant et glacé ;
L’été plein de verdures et fleurs
Nous vient plus beau que l’an passé
Ore chacun le voie :
Voici nouvelle joie

 

 L’arbre sec et facheux à voir,
Raboteux et dur à toucher,
Que nul ne désirait avoir,
Maintenant pouvons le toucher :
Il fleurit et verdoie,
Voici nouvelle joie.

 Extrait des chansons spirituelles de Marguerite de Navarre (1492-1542), sœur de François 1er.

 Parmi les géomètres (famille des Geometridae), certains imagos sortent dès février ou mars. Ces lépidoptères n’attendent donc pas l’éclosion des fleurs et la douceur pour voler et se reproduire. Les imagos peuvent éclore avec des températures de quelques degrés. Comme ces espèces sont nocturnes il est plus facile de les observer le jour posé sur les murs.

La Boarmie crépusculaire (Ectropis crepuscularia) est une espèce commune dont la chenille est polyphage. Elle possède deux générations (bivoltine). La première émerge en général de mars à mai, la seconde vole en juillet et août. Les chenilles issues de cette génération se nymphosent en automne et la chrysalide hiverne.

La boarmie crépusculaire, 26 mars 2013, cliché André Lantz

La Boarmie crépusculaire, 26 février 2013, cliché André Lantz

 L’Hibernie hâtive (Larerannis marginaria) est une espèce univoltine (une seule génération annuelle). Les adultes sortent de mars à avril. La chenille est également polyphage.

L'Hibernie hâtive, 9 février 2013, cliché André Lantz

L’Hibernie hâtive, 9 février 2013, cliché André Lantz

La femelle a des ailes très réduites. On dit qu’elle est brachyptère.

L'Hibernie hâtive femelle, 9 avril 2013, cliché André Lantz

L’Hibernie hâtive femelle, 9 avril 2013, cliché André Lantz

La femelle présentée en photo a été obtenue en élevant la chenille récupérée au Beaumonts sur l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus) en avril 2012. Cette chenille s’est chrysalidée à la fin mai 2012. L’imago est sorti fin mars 2013.

 

Chenille de l'Hibernie hâtive, 30 avril 2012, cliché André Lantz

Chenille de l’Hibernie hâtive, 30 avril 2012, cliché André Lantz

 

La Boarmie pétrifiée (Menophra abruptaria) est aussi une espèce polyphage. La chenille se rencontre davantage sur les troènes et lilas. C’est une espèce bivoltine ou trivoltine. La première génération émerge en avril.

La Boarmie pétrifiée, 19 avril 2013, cliché André Lantz

La Boarmie pétrifiée, 19 avril 2013, cliché André Lantz

Le nom de genre Boarmie provient du du latin boarmia : Qui attelle les bœufs, c’est le surnom de la déesse Athéna.

 André Lantz le 20 avril 2013

 Une Gorgebleue à miroir au Parc des Beaumonts

C’est toujours un grand plaisir de découvrir une  Gorgebleue ou Gorge-bleue à miroir (Luscinia svecica), sans doute l’un des plus beaux oiseaux que l’on puisse trouver en France. L’espèce est cosmopolite, nichant à travers l’ancien Monde, du sud-ouest du Portugal vers l’est jusqu’à l’Alaska et le nord-ouest du Canada. C’est un passereau insectivore de la famille des Muscicapidae.

Quoiqu’il en soit, elle est plutôt rare dans notre région: en Seine-Saint-Denis, les données sporadiques annuelles concernent des individus en migration ; qui stoppent brièvement en route vers leurs sites de nidification en Europe du nord, et leur zone d’hivernage au sud de l’Europe et en Afrique tropicale.

L’habitat du parc des Beaumonts à Montreuil, lorsque je l’ai aperçu pour la première fois en 2006, m’a rappelé des sites ou j’avais déjà observé l’espèce : roselières boueuses dans l’ouest de la France, ou rives plantées de saules bas et frêles dans la région arctique de la Norvège. J’ai de plus découvert que la Gorgebleue avait déjà été vue dans le parc – des individus ont été observés les 3 et 8 avril 1994 par Pierre Rousset, un ornithologue qui prospecte le site régulièrement depuis 1993. Ce n’était donc qu’une question de temps pour en revoir une à cet endroit !   

Peut-être avais-je eu tort : au fil des années, mes visites fréquentes au printemps et en automne ne produisaient pas une seule Gorgebleue – je commençais à désespérer ! Cependant, à l’aube du 05 avril 2013,  par une matinée pourrie, pluvieuse et grise, j’ai fait s’envoler un petit oiseau de la tranchée dans la Petite Prairie, qui s’est posé ensuite sur une branche, partiellement caché. Mais derrière la végétation son sourcil blanc était bien évident, et je pouvais aussi remarquer le bleu étincelant sur les côtés de sa gorge – une Gorgebleue…enfin !!

 

Gorgebleue, 6 avril 2013, cliché David Thorns

Gorgebleue, 6 avril 2013, cliché David Thorns

 

L’histoire a pris une nouvelle tournure le lendemain matin lorsqu’un autre individu a été trouvé à quelques mètres de là, dans la roselière de la Mare Perchée. Et celui-ci était encore plus spectaculaire car, contrairement a l’individu observé la veille, c’était un mâle chantant, dans son plumage nuptial, la gorge entièrement bleue avec une bordure d’orange foncé.

Gorgebleue, 7 avril 2013, cliché Davis Thorns

Gorgebleue, 7 avril 2013, cliché Davis Thorns

 

Gorgebleue, 7 avril 2013, cliché David Thorns

Gorgebleue, 7 avril 2013, cliché David Thorns

En dépit de son arrivée durant la période du weekend, impliquant une quantité de promeneurs de chiens dans le parc, l’oiseau semblait satisfait de son lieu de villégiature, chantant par moments et s’attardant  jusqu’au dimanche soir, où il a été vu pour la dernière fois.

Gorgebleue, 7 avril 2013, cliché David Thorns

Gorgebleue, 7 avril 2013, cliché David Thorns

La grande attente de la gorgebleue est enfin terminée, un peu comme pour le bus en centre ville, quand deux arrivent en même temps !

David Thorns, 30 avril 2013

L’association BNEV s’associera à l’évènement des « 24 heures de la Biodiversité » organisé par le Conseil Général de Seine-Saint-Denis les 8 et 9 juin prochain. Pour obtenir les informations vous pouvez cliquer sur le lien ci-joint. Il sera nécessaire de s’inscrire à partir du 15 mai aux animations proposées au moyen du formulaire que vous trouverez dans ce même lien.



Champignons hivernaux by beaumonts

Champignons hivernaux.

Certains champignons s’observent toute l’année, mais ils sont en meilleur état lorsque le temps est humide. Cette année la douceur et la pluie ont été propices à leur développement en ce début d’hiver.

Les auriculaires (forme d’oreille) sont des espèces gélatineuses ne possédant ni lames comme les agarics, ni tubes comme les bolets et ni pores comme les polypores. La surface libérant des spores désignée par hyménium est lisse ou plissée et dirigée vers la terre. Ce sont des champignons vivant sur les bois morts et parfois vivants.

 

L’oreille de judas (Auricularia auricula-judae) tire son nom de sa forme en coupe qui ressemble à une oreille. Comme elle affectionne particulièrement le sureau, arbre auquel Judas se serait pendu après sa trahison, on lui a donné le nom latin  d’auricula-judae. Ce champignon est consommé dans la cuisine asiatique sous le nom de champignon noir. Desséché il reprend son volume initial après immersion dans de l’eau.

Oreille de Judas, Décembre 2012,cliché Roland Paul

Oreille de Judas, Décembre 2012,cliché Roland Paul

 

Oreille de Judas, 1er Janvier 2013, cliché André Lantz

Oreille de Judas, 1er Janvier 2013, cliché André Lantz

L’auriculaire mésentérique (Auricularia mesenterica) s’étale sur le bois en une croûte assez épaisse et forme à son bord des chapeaux à face supérieure feutrée ou hirsute. La face inférieure est ridée ou plissée. On la rencontre dans plusieurs endroits du parc. Les chapeaux sont en général plus imposants sur les vieilles souches. L’exemplaire de la photo ci-dessous a été trouvé sur un arbre mort, et les dessins formés sur la face inférieure sont particulièrement remarquables.

Chapeaux d'Auriculaire mésentérique, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

Chapeaux d’Auriculaire mésentérique, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

 

Hyménium d'Auricularia mesenterica, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

Le Leptoglosse des mousses (Arrhenia spathulata) possède comme son nom l’indique un chapeau en forme de spatule mais qui peut aussi être en forme d’entonnoir. Sur l’hymenium les lames sont réduites à quelques plis. Ce champignon croît sur les mousses vivantes. C’est la première fois que ce champignon peu commun est observé au parc.

Leptoglosse des mousses (Arrhenia spathulata), 8 janvier 2013, cliché André Lantz

(Meottomyces dissumulans)  est un petit  champignon dont le chapeau mesure de 1 à 4 cm. La cuticule est visqueuse, striée au bord surtout sur les exemplaires âgés dont le chapeau est étalé. La couleur est plus foncée quand il est jeune et il présente alors des flocons blancs sur la marge. Le pied de couleur ocre clair est parsemé de fibrilles blanchâtres. Il est arqué et greffé sur les feuilles mortes. Cette espèce peu courante n’avait pas encore été observée au parc. Le nom d’espèce dissimulans = déguisé = ressemblant lui va bien car à première vue il se confond avec d’autres espèces plus ou moins ressemblantes. De plus le nom de genre de cette espèce a souvent été modifié.

 

Meottomyces dissimulans, 7 janvier 2013, cliché André Lantz

La photographie microscopique suivante à un grossissement de 1000 (une division élémentaire du réticule correspons à 1 micromètre montre l’arête d’une lame. On distingue sur la droite plusieurs basides dont une est encore en possession de ses quatre spores. Les articles plus grands sont des cheilocystides.

Photo microscopique des basides et cheilocystides de Meottomyces dissimulans, cliché André Lantz

Photo microscopique des basides et cheilocystides de Meottomyces dissimulans, cliché André Lantz

La collybie à pied velouté (Flammulina velutipes) a déjà été illustrée dans la précédente note du début décembre 2012. Ce champignon hivernal ne craint pas la neige, comme on peut l’observer sur la photo suivante.

Collybie à pied velouté (Flammulina velutipes), 19 janvier 2013, cliché André Lantz

Collybie à pied velouté (Flammulina velutipes), 19 janvier 2013, cliché André Lantz

Ajoutons quelques photos du parc récemment enneigé.

Ci-dessous la Massette (Typhula angustifolia) n’a pas encore libéré ses fruits.

Massette sous la neige, 19 janvier 2013, cliché André Lantz

Massette sous la neige, 19 janvier 2013, cliché André Lantz

La vieille souche s’offre un manteau de neige dans la partie boisée.

 

Souche sous la neige, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

Souche sous la neige, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

 

Le Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) s’accroche aux phragmites de la mare perchée tandis que la neige continue de tomber.

rouge-gorge familier, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

rouge-gorge familier, 21 janvier 2013, cliché André Lantz

 André Lantz  le 21 janvier 2013



Vie en Hiver by beaumonts

Lors de la fin de l’automne et de ce début d’hiver particulièrement doux on pouvait encore trouver quelques champignons dans le Parc

Les crépidotes font partie des champignons saprophytes sur débris herbacés ou ligneux. Ces champignons de taille modeste (1 à 3 cmenviron) ne possèdent pas de pied. Les lames rayonnent à partir du point d’insertion du chapeau sur son support. Blanches au début, ces lames se colorent en rose puis en brun au fur et à mesure de la maturation des spores. La détermination de l’espèce nécessite l’observation de caractères microscopiques.

Crepidotus epibryus,18 décembe 2011, cliché André Lantz

En décembre on pouvait observer Crepidotus epibryus  sur des feuilles fanées et mouillées de graminées.

 Les Hygrocybes sont aussi saprophytes et apparaissent en général en fin de saison. Le chapeau et le pied sont souvent gras ou visqueux au toucher. L’hygrophore blanc de neige ( Hygrocybe virginea) pousse dans les pelouses ou prairies naturelles non amendées.

Hygrophore blanc de neige, 25 décembre 2011, cliché André Lantz

 Le gel de février n’empêche pas d’observer Mucilago crustacea. Il s’agit d’un myxomycète. Autrefois rangés dans les champignons, les myxomycètes ont été retirés du monde fongique pour être placés dans les protistes. Comme les champignons ils ne sont pas photosynthétiques et sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone; mais contrairement aux champignons ils ne possèdent pas de parois chitineuses et de mycélium. Ils sont donc rangés parmi les êtres vivants unicellulaires et eucaryotes. 

Mucilago crustacea, 10 février 2012, cliché André Lantz

Ce myxomycète  d’environ 2 cm d’épaisseur pour une longueur de 4 cm possède un cortex blanc formé de granules calcaires. Les spores se trouvent dans la partie noirâtre de cette espèce. Elles sont de couleur brun fonçé, globuleuses et verruqueuses. Dans la photo suivante réalisée en microscopie leur taille est d’environ 14 micomètres. On distingue également des cristaux de calcium sur ce cliché (une petite division correspond à une longueur de 1 micromètre).

spores de Mucilago crustacea, microscopie, 13 février 2012, cliché André Lantz

J’avais déjà présenté le daphné lauréole (Daphne laureola). Cette espèce fleurit en janvier- février au parc. Les fleurs sont discrètes et de couleur verdâtre. 

Daphné lauréole en fleurs, 11 février 2012, cliché André Lantz

 

Sur les  feuilles de Daphné se trouvait fin février, par une température plus clémente, la punaise grise ou punaise nébuleuse (Raphigaster nebulosa), nommée ainsi à cause de ses nombreuses taches de couleur grise ou gris-brun que l’on trouve même sur la membrane des ailes. Les antennes sont bicolores ainsi que le bord de l’abdomen (connexivum). Cettte punaise est polyphage et suce les arbres à feuilles caduques. 

Punaise nébuleuse sur Daphné lauréole, 29 février 2012, cliché André Lantz

Les feuilles de houx (Ilex aquifolium) peuvent révéler la présence de larves de diptère qui les parasitent. La galerie creusée par la jeune larve à l’intérieur de la feuille s’élargit pour former une zone plus grande au fur et à mesure de son développement. S’il est particulièrement difficile de distinguer les adultes de diptères mineurs, il est plus aisé de déterminer l’espèce à partir de la forme de la galerie creusée par la larve. Dans le cas présent, il s’agit du diptère Phytomyza ilicis. La larve passera tout l’hiver dans sa galerie. L’adulte sortira vers le mois de mai pour se reproduire et pondre des œufs sur d’autres feuilles de Houx. Comme son nom l’indique (ilicis de Ilex), cette espèce est monospécifique et ne parasite que le houx.

mine de Phytomyza ilicis sur feuille de houx, 11 février 2012, cliché André Lantz

Voici une vue de ce diptère préparé après sa sortie à la mi-avril de la feuille de houx. Il mesure étalé environ 5mm.

Phytomyza ilicis, 14 avril 2012, cliché André Lantz

L’hiver est aussi l’époque où les massettes (Typha angustifolia) disséminent leurs graines anémophiles (dispersées par le vent).

graines de massette prêtes à s’envoler, 11 février 2012, cliché André Lantz

 Le niveau de l’eau de la mare perchée étant particulièrement bas, les gallinules poules d’eau (Gallinula chloropus) se déplacent sur le sol devant les roseaux communs (Phragmites australis) 

poule d’eau sur la mare asséchée, 10 février 2012, cliché André Lantz

 

André Lantz le 13 février 2012, modifié le 1 mars 2012.



Traces dans la neige by beaumonts
mars 11, 2010, 6:30
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pattes d'oiseaux sur la neige

pattes d'oiseaux sur la neige. Cliché André Lantz février 2010

Lors de la phase neigeuse de cette année, on pouvait observer la trace des oiseaux dans la neige. Les ornithologues pourront sans doute sans difficultés retrouver les espèces à partir de ces traces. Je pense qu’il y a la poule d’eau et aussi le pigeon.

 

traces d'oiseau sur la neige. Cliché André Lantz février 2010

traces de pattes d'oiseaux sur la neige. Cliché A. Lantz, février 2010

Le petit redoux au début mars a permis au papillon Vulcain (Vanessa atalanta L.)  de sortir de sa léthargie et de faire une courte apparition au Parc.

Le froid s’étant réinstallé les insectes ne sont pas réapparus.

André Lantz  le 11 mars 2010