Beaumonts nature en ville


Biodiversité au Parc des Beaumonts by beaumonts
  1. Les Naturalistes du parc des Beaumonts ont déjà signalé par le passé les difficultés inhérentes à la gestion du lieu, pourtant classé Natura 2000 dans la directive « Oiseaux ».  Nous avons envoyé une lettre à la mairie de Montreuil ainsi qu’au Comité de pilotage (COPIL) du site départemental Natura 2000. A ce jour nous n’avons reçu que la réponse du COPIL Natura 2000 qui propose une réunion devant se tenir en mai 2017. Nous n’avons rien reçu des édiles de Montreuil.

Voici la lettre qui a été envoyée:

Le 7 mars 2017,

La gestion du parc des Beaumonts

A l’intention des membres de la municipalité de Montreuil (93) et des responsables du COPIL du site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis

Pour la municipalité de Montreuil :

M. Patrice Bessac, maire de Montreuil

M. Ibrahim Dufriche-Soilihi1er Adjoint délégué à la transition écologique et nature en ville

Le parc des Beaumonts fait partie des quinze entités réunies dans le site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis.

La municipalité de Montreuil bénéficie à ce titre d’un parc classé de la directive « Oiseaux  » du réseau Natura 2000. Elle a donc l’obligation de gérer et d’entretenir le site afin de conserver ou d’améliorer la biodiversité présente.

La gestion du parc certes a été remise (dans quelle mesure ?) à l’intercommunalité, mais nous n’avons jamais été contactés à ce niveau et nous ne savons pas qui est responsable du suivi des Beaumonts.

Nous pensons en tout état de cause que la municipalité ne peut tout simplement pas se désintéresser du parc, dont elle souhaiterait par ailleurs, semble-t-il, le « rapatriement ». Elle peut (nous pouvons) intervenir vis-à-vis de l’agglomération.

Les naturalistes de Beaumonts-Nature en Ville signataires de cette lettre sont en effet loin d’être satisfaits de la gestion du parc. Ils ne sont pas consultés en amont sur les projets de travaux qui sont effectués sur le site et les méthodes de gestion utilisées.

Nous voudrions soulever des questions qui relèvent tant de la gestion courante du parc que d’interventions spécifiques plus « lourdes » (du type aménagement de la friche centrale ou de la mare perchée).

Gestion courante

Ne prenons que deux exemples parmi bon nombre d’autres.

Nous avions signalé en 2016 que la non-remise en eau, en temps voulu, des mares perchée et du milieu avait un impact sur les amphibiens. En ce début de mars 2017, nous nous retrouvons dans une situation encore pire liée à la sécheresse de cet hiver, qui n’est qu’imparfaitement corrigée par l’actuelle vague de pluie.

Tous les saules bordant la mare perchée ont été ébranchés ; nous aurions proposé que certains soient « épargnés » pour les insectes qui sont inféodés à cette essence et pour le déplacement de passereaux. Par ailleurs, toute la roselière nord a été rasée de près. Nous aimerions savoir pourquoi, alors que, même sèche, elle a un rôle de protection très important. Elle ne repoussera que tard en saison, bien après l’arrivée ou la date d’installation d’oiseaux nicheurs. Il est à craindre, par exemple, que la rousserolle effarvatte ne niche pas cette année, si la roselière sud ne lui suffit pas.

Nous ne disons pas que tout est mal fait, tant s’en faut ; mais que la concertation en amont est utile, nécessaire. Nous reconnaissons volontiers qu’un effort notable a été consenti par les responsables sur le terrain pour prendre en compte les conditions particulières de gestion d’un tel site : éviter de faucher certaines parcelles, en faucher d’autres suffisamment tôt pour ne pas contrarier la reproduction (notamment des insectes et araignées), utiliser les branchages coupés pour créer des abris pour la faune…

Interventions « lourdes »

Nous avons pu suivre l’aménagement de la friche centrale, ce qui était une bonne chose. Il n’en est plus de même, alors que l’objectif (une prairie fleurie) n’a pas été atteint l’année dernière. Nous espérons que les coupes récentes aideront en 2017 à en reconstituer une, mais nous aimerions connaître l’avis des services des espaces verts sur ce qui a marché comme prévu, après l’aménagement, et ce qui ne l’a pas.

La question des prises de décision concernant la mare perchée est pour nous particulièrement inquiétante. Nous avons participé aux études initiales sur le nouvel aménagement de la mare, conduisant à la définition d’un projet qui aurait représenté un progrès réel. Tout a depuis été remis en cause sans que nous n’en soyons jamais informés. Les coûts seraient prohibitifs. Nous ne savons pas si des subventions (projet Natura 2000) ont été demandées, à qui, et pourquoi elles auraient été refusées. Nous ne savons pas plus quel « plan B » est envisagé pour la mare perchée en particulier et la zone humide en général. Car si le « plan A » est véritablement abandonné, il faut bien un « plan B », n’est-ce pas ?

Le Conseil Scientifique du parc des Beaumonts qui avait été créé à notre demande ne s’est plus réuni depuis le départ de Didier Gleyzes en 2013.

Nous considérons que le rôle du conseil scientifique est de discuter en amont des projets de travaux sur le parc, en tenant compte des contraintes techniques, mais aussi des avis des naturalistes. Ce conseil n’a pas pour vocation d’être une simple chambre d’enregistrement, mais d’un lieu où sont envisagées des interventions qui seront mises en application en fonction des avis étayés éventuellement par des études scientifiques pour améliorer la biodiversité.

Nous nous adressons aujourd’hui à la mairie et au copil Natura 2000 du département de Seine-Saint-Denis et nous souhaitons qu’elle fasse part de notre inquiétude à l’Intercommunalité.

Bien à vous,

Des naturalistes de BNEV :

Pierre Rousset; André Lantz; Thierry Laugier; Thomas Puaud; Alexis Martin; David Thorns.

2. Quelques inventaires viennent d’être publiés concernant l’avifaune et l’entomofaune des Beaumonts.

Vous pourrez retrouver les oiseaux qui ont été observés au parc ou en survol par  David Thorns avec la traduction française assistée par Isabelle Merle, sur son site à l’adresse suivante < http://www.skutchia.com/annualreport2016-fra >

Un inventaire des Lépidoptères du parc des Beaumonts, reprenant les données d’observations entre 2009 et 2016 est paru dans le n° 37 de la revue Oreina (Les papillons de France) en mars 2017. Cet article n’est pas encore en ligne sur le site de cette revue. Nous atteignons presque un chiffre de 300 espèces déterminées sur le site. Une comparaison avec les sites des coteaux d’Avron et les Jardin du MNHN de Paris termine cette étude. Vous pouvez le consulter ici

3. Voici quelques images d’insectes prises cette année.

L’azuré des Nerpruns (Celastrina argiolus) est un petit  papillon bleu clair qui préfère souvent les sous-bois aux prairies trop vivement ensoleillées.

Azuré des Nerpruns, Beaumonts le 25 mars 2017, cliché André Lantz

Cet imago est en train de pomper les gouttes d’eau disposées sur le feuilles de Ficaire.

Le collier de corail (Aricia agestis) a été très précoce cette année. Habituellement on ne le voyait voler qu’à partir de juin.

Collier de corail, Beaumonts, 21 avril 2017, Cliché André Lantz

Cet imago est en train de butiner les fleurs de Passerage.

L’aurore (Anthocharis cardamines) est très régulière au parc et s’observe chaque année au début avril. Cette année les premiers imagos ont été observés dès la fin mars.

Aurore mâle, Beaumonts le 7 avril 2017, cliché André Lantz

L’Adèle Nematopogon swammerdamella est blonde et les ailes antérieures sont finement réticulées. L’imago sort habituellement en avril. Plusieurs adultes ont été notés en avril 2017.   la photo ci-dessous montre la face ventrale de l’imago.

Nematopogon swammerdamella Beaumonts, 13 avril 2017 cliché André Lantz

Sur la suivante on peut  distinguer l’aile antérieure qui recouvre la postérieure et la présence d’une fine réticulation.

Nematopogon swammerdamella, de profil, face dorsale, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

L’adèle de Réaumur (Adela reaumurella) est d’un joli vert métallique. Les mâles aux longues antennes volettent au soleil en essaim au dessus de la végétation arbustive, tandis que les femelles aux antennes plus courtes restent souvent posées dans la végétation basse. Il est rare de pouvoir photographier une femelle en train de butiner comme sur ce cliché.

femelle de l’Adèle de Réaumur butinant une fleur d’Anthrisque, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Le temps parfois un peu frais de cette dernière période n’est pas un obstacle pour les observations de diptères qui sortent à des températures parfois inférieures à une dizaine de degrés.

Les syrphes se rencontrent aussi bien dans les parties boisées que les stations dégagées.  Ce Syrphe élégant (Epistrophe eligans)est caractérisé par un dimorphisme sexuel prononcé. La larve se nourrit de pucerons comme beaucoup d’autres espèces de Syrphe. Cette femelle est posée en sous-bois sur les Anthrisques.

Femelle d’Epistrophe eligans, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Ce joli syrphe de la photo suivante (Dasysyrphus albostriatus), en dehors de sa livrée jaune et noire, est caractérisé en particulier par deux bandes claires sur le thorax noir. Il se rencontre facilement sur les fleurs ou les herbes. Il n’avait pas encore été photographié sur le site.

Dasysyrphus albostriatus, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Les Bibions sont des diptères précoces de la famille des Bibionidae. Ils se caractérisent par leur teinte sombre, un abdomen assez large, des antennes courtes et une pilosité abondante. Les larves sont terricoles saprophages et peuvent se nourrir des racines de diverses plantes. Le Bibion le plus connu est la mouche de Saint-Marc (Bibio marcii) qui peut quelquefois pulluler. On peut souvent les observer en essaim au soleil au dessus des branches d’arbres ou arbustes. Lors du vol les pattes postérieures pendent vers le bas. Des adultes se trouvent également parmi la végétation surtout lorsqu’il ne fais pas encore suffisamment chaud. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Le mâle possède des yeux poilus de grande taille qui prennent pratiquement tout le volume de la tête, alors que ceux de la femelle sont nettement réduits. Ils sont apparus un peu en avance sur la saison ce printemps 2017.

mâle de Bibio marcii, sur une fleur de pommier, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

Un autre Bibio a été observé cette année au Parc des Beaumonts. Je l’avais déjà noté dans le Bois de Vincennes (Paris 12) en 2016. Il a aussi été trouvé au jardin des plantes par Axel Dehalleux qui a pu le déterminer. Il s’agit de Bibio anglicus. c’est une espèce de taille bien inférieure à la mouche de Saint- Marc.

Le dimorphisme sexuel est aussi particulièrement prononcé. Le mâle est noir avec de gros yeux et la femelle possède un abdomen jaune-orangé et un thorax rougeâtre. Voici la femelle posé dans la végétation.

Femelle de Bibio anglicus, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

 

Couple de Bibio anglicus, Bois de Vincennes (Paris 12), 18 avril 2017, cliché André Lantz

Voici un couple de cette espèce photographié au Bois de Vincennes. Le mâle noir est à gauche et la femelle à droite.

Parmi les libellules, le leste brun ou brunette hivernale (Sympecma fusca) sort de sa torpeur aux premiers beaux jours. Contrairement aux autre libellules européennes, cette espèce hiberne à l’état imaginal. De part sa taille et sa coloration, cette petite espèce peut passer facilement inaperçue.

Femelle de Brunette hivernale, Beaumonts, 27 mars 2017, cliché André Lantz

 

André Lantz le 25 avril 2017

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Premiers jours de printemps 2016 by beaumonts

Malgré des nuits bien fraîches, le soleil de mars réchauffe le sol et à l’abri du vent les premiers insectes viennent butiner les premières fleurs : Ficaire ou Ficaire fausse renoncule (Ficaria ranunculoides), Lamier pourpre (Lamium purpureum), Lamier blanc (Lamium album), Véronique de Perse (Veronica persica)…

Les diptères et hyménoptères sortent plus facilement aux températures basses que les Lépidoptères. Il n’est donc pas étonnant de retrouver le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). Les ailes sont plus souvent rabattues sur le corps par température basse (12°C à l’ombre) comme en ce moment. Par températures plus élevées les ailes sont étalées.

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6753

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André  Lantz 

 

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6755

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premiers Bombyles volettent dans les endroits ensoleillés et bien abrités du vent. Le grand Bombyle (Bombylius major) est toujours bien présent au parc. Ce diptère régule les populations de microlépidoptères car les larves se nourrissent de chenilles.

Bombylius major, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6814

Grand Bombyle, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premières reines de bourdon viennent butiner. L’imago suivant appartient au groupe du Bombus terrestris constitué de plusieurs espèces difficilement distinguables. Une étude plus approfondie des caractères a montré que l’espèce Bombus lucorum était bien présente au parc. C’est peut être un représentant de cette espèce qui butinait le lamier pourpre bien fleuri en ce moment.

Bombus lucorum à vérifier, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6822

Reine de Boudon du groupe Bombus  terrestris, Bombus lucorum, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz 

 

Quelques abeilles domestiques (Apis mellifera) sortent également des ruches pour rechercher pollen et nectar.

Parmi les Rhopalocères (papillons de jour) les premières vanesses sortent de l’état d’hibernation.

Le vulcain (Vanessa atalanta) et la petite tortue (Aglais urticae) ont émergé les premières.

Cet imago  de petite tortue sur le sol profite des rayons du soleil de l’après-midi.

Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6837

Petite Tortue, Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Le morosphinx (Macroglossum stellatarum) ne se pose pas pour butiner comme la majorité des papillons mais utilise le vol stationnaire.

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6799

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6794

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Enfin parmi les coléoptères on pouvait observer les premières coccinelles à 7 points (Coccinella septempunctata).

Coccinella septempunctata, sur Lamium purpureum, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6729

Coccinelle à 7 points, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Quelques arbres débutent leur floraison comme ceux du genre Prunus mais aussi les Aulnes.

On peut distinguer sur la photo suivante les petites fleurs femelles dressées et les fleurs mâles pendantes remplies de pollen jaune.

Fleurs mâles et femelles d'Aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6741

Floraison de l’aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

André Lantz, le 20 mars 2016



Fin d’Hiver 2015 (suite) by beaumonts

 

Fin d’hiver 2015 (suite)

Peu de précipitation en ce mois de mars, ce qui n’est ni propice aux batraciens ni aux champignons. Certaines journées ensoleillées, mais dans l’ensemble des nuits bien fraîches.

Ce qui n’a pas fait sortir beaucoup d’insectes et de batraciens. Une floraison relativement habituelle de plantes communes des milieux rudéralisés ou prairaux : Ficaires, Pissenlits, violettes et lamiers blancs, cardamine hirsute, véronique de perse.

Une nouvelle espèce de champignon a quand même pu être observée. Il s’agit de la Pézize variable (Peziza varia).

Peziza varia, Pezize variable, fructifications, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Peziza varia, Pezize variable, fructifications, 11 mars 2015, cliché André Lantz

C’est un ascomycète d’assez grande taille de plusieurs cm. Plusieurs Apothécies (fructifications) peuvent être groupées comme sur l’exemple de la photo.

L’hyménium (surface produisant les spores) est brun. La marge est plus ou moins érodée. La surface externe est couverte d’une pruine blanchâtre sale qui disparaît avec l’âge. La chair cassante n’exsude pas de lait. Les spores sont ellipsoïdes et parfaitement lisses. La photo suivante illustre les formes des spores groupées par 8 dans les asques.

Spores et asques de la Pézize variable, 16 mars 2015, cliché André Lantz

Spores et asques de la Pézize variable, 16 mars 2015, cliché André Lantz

Ce champignon saprophyte peut se rencontre à terre , dans des gravats ou sur débris ligneux, dans des milieux très variés. Il a fructifié sur « la montagne » des coupes de la zone centrale réalisée en octobre denier et stockée au début de l’allée des marronniers.

Les diptères ne craignent pas les matinées un peu froides pour faire leur travail de pollinisateur. L’Éristale persistante ou Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) est un syrphe floricole commun.

Mâle d'Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant un capitule de pissenlit, 17 mars 2015,  cliché André Lantz

Mâle d’Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant un capitule de pissenlit, 17 mars 2015, cliché André Lantz

La distinction avec son sosie l’ Éristale gluante ou Éristale tenace (Eristatis tenax) n’est pas toujours aisée à faire à partir d’un cliché photographique. Il est toujours recommandé  de prendre l’insecte sous plusieurs plans afin de disposer plus tard d’éléments de comparaisons.

L’un des critères d’identification de l’espèce s’avère net sur cette photo : Les tarses (extrémités des pattes) des deux premières paires sont jaunes pour l’espèce pertinax et noirâtres pour tenax.

Mâle d'Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant sur un capitule de pissenlit, 17 mars 2015;, cliché André Lantz

Mâle d’Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant sur un capitule de pissenlit, 17 mars 2015;, cliché André Lantz

Un autre syrphe Eupeodes luniger a pu être photographié. La forme des taches jaunes de l’abdomen pourrait à première vue le faire confondre à un autre syrphe du genre Scaeva.

Mâle d'Eupeodes luniger, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Mâle d’Eupeodes luniger, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Les deux genres se distinguent entre autre par l’absence (Eupeodes) ou la pilosité (Scaeva) des yeux.

Les premiers « boudons », en général des reines, éclosent vers le printemps et viennent butiner les premières fleurs.

Bombus vestalis, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Bombus vestalis, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Cet exemplaire restait au sol attendant un peu de chaleur avant de s’affairer à rechercher les fleurs de pissenlits. Il s’agit sans doute de Bombus vestalis, assez commun dans le parc, qui parasite plusieurs bourdons dont le bourdon terrestre (Bombus terrestris).

Notre sortie nocturne de comptage et d’observation des batraciens vers la mi mars a été un peu moins décevante que celle que nous avions relatée dans notre précédent article. Nous avons pu observer quelques mâles de crapaud commun (Buffo buffo). Nous avons pu photographier à la mare de Brie ce beau mâle de triton ponctué (Lissotriton vulgaris) parmi quelques uns de ses congénères.

mâle de Triton ponctué, 19 mars 2015, cliché André Lantz

mâle de Triton ponctué, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Il est indiqué dans l’ouvrage « Atlas des amphibiens et reptiles de la Seine-Saint-Denis rédigés par J. Lescure, J-C. De Massany et F. Oger » que cette espèce est relativement bien répandu sur le département , mais souvent présent en faible quantités. L’espèce est aussi très sensible à la présence de poissons. C’est donc une espèce dont l’enjeu de conservation aux Beaumonts est important.

Le triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) qui avait été observé en grand nombre en 2014 n’a été trouvé qu’en quelques exemplaires lors de cette sortie.

Triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Espèce plus montagnarde que de plaine, en Île de France cette espèce est rare. Selon l’ouvrage cité ci-dessus, l’espèce ne serait présente en Seine-Saint-Denis que dans le bois St Martin car elle fréquente les massifs forestiers limitrophes d’Armainvilliers, de Ferrières, et du bois (ou Forêt) Notre-Dame. Cette espèce aurait été introduite il y a entre 15 et 20 ans au parc des Beaumonts. Comme pour le triton ponctué, le triton alpestre est très sensible aux poissons. Son ventre orangé est très caractéristique.

face ventrale du mâle de triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

face ventrale du mâle de triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Le ru étant asséché n’assure plus la continuité écologique entre les trois mares du parc. Alors que l’an passé on pouvait y observer les parades nuptiales des tritons et des crapauds, nous n’avons observé aucun batracien cette année.

Malheureusement les pontes de la grenouille rousse que nous avions illustrées dans l’article précédent étaient complétement desséchées : aucune n’a survécue. C’est un coup dur pour la population de grenouilles rousses du parc qui poourraient tout simplement disparaître si elles n’arrivaient pas à se reproduire.

La grenouille rousse constitue un enjeu de conservation important en Île-de-France, et un enjeu de conservation très fort pour le parc des Beaumonts. La présence de l’espèce est en effet exceptionnelle dans notre parc. En outre, la grenouille rousse constitue un enjeu national : vulnérable, elle est en déclin dans une grande partie de son aire de répartition du fait de la destruction de ses habitats.

Malgré la vigilance des membres de notre association et leur exigence affirmée à plusieurs reprises de réalimenter le système des mares, la remise en eau par les services municipaux a été beaucoup trop tardive , et en absence de pluie nous avons retrouvé la mare du milieu complètement sèche. La nouvelle gestion des reponsabilités entre Est-Ensemble et la municipalité retarde les prises de décision. Il nous semble indispensable qu’à l’avenir s’établisse une méthode d’organistaion afin que de telles pertes de biodiversité (ou d’autres à venir) ne puissent plus se reproduire.

André Lantz avec le concours de Pierre Delbove et Alexis Martin, le 26 mars 2015.

 



Fin d’Hiver 2015 by beaumonts

Fin d’hiver 2015

Une nouvelle espèce de champignon a fait son apparition au parc Il s’agit du Lenzite des clôtures Gloeophyllum sepiarium. Comme son nom vernaculaire l’indique cette espèce saprophyte privilégie le bois ouvragé aux branches mortes ou souches mortes à terre. Il est donc souvent observé sur les bois de conifères constituant des clôtures ou des ouvrages (ponts, rambardes, clôtures…) dans les parcs et jardins. Il se développe donc le plus souvent dans des endroits secs et ensoleillés. Les fructifications se forment surtout dans les fissures et ont une consistance de liège.On reconnaîtra assez facilement cette espèce par la forme toute en longueur assez particulière de ses fructifications souvent alignés, imbriqués, et couverts de poils rudes sur la face supérieure brunâtre, la face inférieure qui produit les spores est lamellée et forme quelques labyrinthes. La marge du sporophore est beaucoup plus claire que le reste de la fructification.

Lenzite des clôtures, 11 février 2015, cliché André Lantz

Lenzite des clôtures, 11 février 2015, cliché André Lantz

D’autres champignons passent le plus souvent inaperçus, surtout quand ils sont de petite taille. C’est le cas d’un ascomycète qui se développe sur le tiges d’orties mortes de l’an passé (Urtica dioica). Le nom latin est Leptosphaeria acuta (littéralement petite sphère pointue). Les fructifications noires d’environ 0,5mm forment à la base un début de sphère qui est surmontée d’une partie conique. Si le champignon est très petit, les spores sont grandes et peuvent atteindre 60µm.Cette espèce se rencontre de février à avril.

Leptosphaeria acuta sur tige d'Ortie, 6 mars 2015, cliché André Lantz

Leptosphaeria acuta sur tige d’Ortie, 6 mars 2015, cliché André Lantz

 

spore de Leptosphaeria acuta, 6 mars 2015, cliché André Lantz

spore de Leptosphaeria acuta, 6 mars 2015, cliché André Lantz

Les premiers jours ensoleillés ou la température remonte on peut aussi observer les premiers diptères qui sortent. Ce sont des insectes souvent plus précoces car ils peuvent sortir même lorsque les températures restent en dessous d’une dizaine de degrés.

Phaonia subventa fait partie de ces diptères. Le mâle et la femelle présentent tous les deux un abdomen jaune avec une bande longitudinale noir. Comme pour de très nombreuses espèces de diptères le mâle se caractérise par des yeux rapprochés alors que la femelle présente des yeux nettement séparés. Cette espèce n’est pas observée comme les syrphes sur les premières fleurs mais sur les troncs d’arbre bien exposés au soleil et à l’abri du vent.

Phaonia subventa mâle, 9 février, cliché André Lantz

Phaonia subventa mâle, 9 février, cliché André Lantz

Phaonia subventa femelle, 9 février 23015, cliché André Lantz
Phaonia subventa femelle, 9 février 23015, cliché André Lantz

Les premières coccinelles ont aussi fait leur apparition. Il s’agit de la coccinelle à 16 points Halyzia sedemcimguttata. C’est une espèce mycophage qui se nourrit des spores de champignons. Elle n’a donc pas besoin d’attendre l’émergence des premières colonies de pucerons pour sortir.

Coccinelle à 16 points, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Coccinelle à 16 points, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Elle passe l’hiver protégée sous les écorces des arbres ou dans d’autres abris. La couleur de fond orange est agrémentée par 8 points blancs sur chacune des deux élytres. Un alignement de 5 points près du bord interne des élytres et 3 points formant un triangle plus près du bord costal.

Le pronotum est marqué par 3 taches jaune. Enfin les deux yeux noirs assez volumineux pour une coccinelle sont disposé sur la tête extérieurement aux antennes. Les bords costaux des élytres et du pronotum sont translucides.

La majorité des coccinelles se trouvent encore sur les troncs entre les écorces, d’autres se cachent sous des feuilles vertes de lierre ou de plantes à feuilles persistantes. Quelques unes à la face supérieure.

coccinelles à 16 points disposées entre les écorces, 1 mars 2015, cliché André Lantz

coccinelles à 16 points disposées entre les écorces, 1 mars 2015, cliché André Lantz

Dans le cliché ci-dessous les coccinelles sont disposées sur des feuilles de Pyracantha. Les feuilles présentent des taches claires. En fait le parenchyme de la feuille est consommé par une chenille mineuse du genre Phyllonorycter.

Coccinelles à 16 ponts sur feuilles minées, 1 mars 2015, cliché André Lantz
Coccinelles à 16 ponts sur feuilles minées, 1 mars 2015, cliché André Lantz

La chenille qui mesure environ 3 mm à l’état adulte a été photographiée dans sa feuille mais par transparence ce qui fait ressortir ses principaux traits qui confirment bien cette espèce.

chenille dans sa feuille de P. leucographella, 13 mars 2015, cliché André Lantz

chenille dans sa feuille de P. leucographella, 13 mars 2015, cliché André Lantz

Ce genre se compose d’une centaine d’espèces en France. Les microlépidoptères adultes ont des ailes allongées ne mesurant pas plus de 3 à 6 mm. Les ailes antérieures sont assez colorées et marquées par des motifs en strie d’écailles claires et sombres. Il est parfois plus facile de déterminer l’espèce par la forme de la mine creusée par la chenille et la connaissance de la plante hôte que par les dessin des ailes.

Phyllonorycter leucographella, 19 avril 2014, cliché André Lantz
Phyllonorycter leucographella, 19 avril 2014, cliché André Lantz

Phyllonorycter leucographella est une espèce qui se développe sur les rosacées et particulièrement sur les Pyracantha. Différents auteurs indiquent que les mines se trouvent à la face inférieure des feuilles. Au parc des Beaumonts et dans d’autres localité d’Île de France j’ai toujours observé les mines sur la surface supérieure des feuilles.

Les adultes émergent en général au mois d’avril.

Les Cicadelles (Homoptères) sont des petits insectes piqueurs et suceurs de sève. Ils sautent avant de s’envoler. Zygina flammigera est une espèce commune assez facile à identifier, ce qui n’est pas toujours le cas des Cicadelles. Elle se caractérise par un motif rougeâtre formant des dessins sur les élytres. On peut l’observer toute l’année mais la détermination nécessite quand même une loupe car elle ne mesure qu’environ 3 mm à l’état adulte.

Ciccadelle Zygina flammigera, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Ciccadelle Zygina flammigera, 4 mars 2015, cliché André Lantz

Zygina flammigera, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Zygina flammigera, 11 mars 2015, cliché André Lantz

D’autres cicadelles vertes du genre Empoasca peuvent se débusquer facilement dans la végétation. Ce sont des espèces qui ne peuvent être distinguées sans préparation microscopique.

Empoasca sp, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Empoasca sp, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Nous n’avons pas lors d’une sortie nocturne fin février observé de batraciens venant pondre dans les mares. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de ce retard ou du moins grand nombre de batraciens cette année : climat, alimentation de la mare perchée et du ru pas encore mise en service, travaux importants de tronçonnage et de dessouchage dans la friche où séjournent les batraciens cachés pour la saison d’automne et d’hiver qui a pu détruire un nombre important d’adultes.

Cependant nous avons pu photographié plusieurs pontes de la grenouille rousse (Rana temporaria). Cette grenouille est la plus répandue d’ Europe. La femelle pond de plusieurs centaines à queques milliers d’oeufs bicolores qui forment des amas gélatineux. A la différence de la genouille verte, grenouille agile et rainette où les œufs sont immergés, ceux de la grenouille rousse flottent à la surface.

ponte de grenouille rousse, 5 mars 2015, cliché André Lantz

ponte de grenouille rousse, 5 mars 2015, cliché André Lantz

André Lantz le 10 mars 2015.



Insectes et Apiacées by beaumonts

Les plantes de la famille des Apiacées (anciennement désignée par Ombellifères à cause des capitules de fleurs réunis en ombelle) servent de nourriture (nectar et pollen) à de nombreux insectes. Certaines larves ou chenilles consomment les feuilles, fleurs ou graines, mais un grand nombre d’espèces viennent sur leurs fleurs pour consommer le nectar ou le pollen. Des prédateurs y sont aussi présents pour capturer leurs proies.

Les diptères sont très nombreux en espèces et en nombre, suivis par les hyménoptères. Les autres ordres d’insectes y sont présents mais en nombre plus faible d’adultes.

 Diptères :

Un très grand nombre d’espèces peuvent être observées durant la floraison des plantes. Je présenterai en premier les espèces de plus grande taille.

La volucelle zonée (Volucella zonaria) (Etymologiquement : Volucella = qui vole de manière légère et rapide et zonaria = zonée = avec des bandes) est une mouche qui fait partie des Syrphes. Sa taille imposante, sa coloration et son vol lui procure l’avantage de pouvoir être confondue avec le frelon européen (Vespa crabo) appartenant à l’ordre des hyménoptères.

Il s’agit comme pour d’autres syrphes d’un mimétisme batésien car l’adulte particulièrement inoffensif porte les couleurs et l’allure d’un insecte dangereux. Les prédateurs éventuels sont donc avertis (ou leurrés) par l’alternance des couleurs jaune et noire (ou orange et noir) de la toxicité ou de la dangerosité de l’insecte.

Les larves de la volucelle zonée se nourrissent de cadavres ou de restes dans les nids d’abeilles, de guêpes ou de frelons.

L’abdomen ne présente pas le rétrécissement caractéristique des hyménoptères, Les yeux sont très volumineux et les antennes courtes alors qu’elles sont plus développées chez les hyménoptères.

Au parc des Beaumonts on rencontre cette espèce butinant les fleurs d’Apiacées tels que la grande berce (Heracleum sphondylium L.) et le panais cultivé (Pastinaca sativa L.). On la trouve aussi sur le sureau yèble.

Les femelles se distinguent facilement des mâles par une bande jaune qui traverse le front séparant les deux yeux. Pour le mâle les yeux sont jointifs. Ce dimorphisme est aussi valable pour d’autres diptères. On peut distinguer sur le profil de l’adulte un petit point blanc. Cet organe est l’haltère ou le balancier qui correspond au vestige de la seconde paire d’ailes qui a disparue chez les diptères. Ce balancier joue un rôle indispensable dans l’équilibrage du vol.

femelle de Volucelle zonée, Beaumonts 4 août 2014, cliché André Lantz

femelle de Volucelle zonée, Beaumonts 4 août 2014, cliché André Lantz

Mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4août 2014, cliché André Lantz

Mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4août 2014, cliché André Lantz

Profil du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Profil du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Tête du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

Tête du mâle de Volucelle zonée, Beaumonts, 4 août 2014, cliché André Lantz

 La Volucelle transparente (Volucella pellucens) est de taille légèrement plus petite et présente un abdomen blanc en haut et noir en bas. Des zébrures prononcées sont présentes sur les ailes.

Volucelle transparente, Beaumonts, 13 août 2014, cliché André Lantz

Volucelle transparente, Beaumonts, 13 août 2014, cliché André Lantz

 La Graphomyie tachetée (Graphomyia maculata) est une mouche de plus petite taille de l’ordre de 6 à 10 mm. Son corps gris est parcouru de dessins noirs caractéristiques. Elle fait partie de la famille des Mucidae. On ne la trouve pratiquement butiner que les diverses Apiacées. Sa larve est prédatrice d’autres larves de diptères qui se développent dans l’humus.

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Graphomyie tachetée, Beaumonts, 18 août 2014, cliché André Lantz

Si les diptères affectionnent particulièrement les fleurs d’Apiacées, d’autres insectes y viennent aussi butiner. Lors de précédentes notes j’ai déjà illustré certains d’entre eux. Je me contenterai ici d’en illustrer quelques autres.

Coléoptères

Parmi les coléoptères certaines cétoines viennent aussi de manière assez pataude se nourrir de pollen.

La Trichie de la rose ou Trichie commune (Trichius rosaceus) en est un exemple. L’adulte vient également souvent sur les fleurs de ronce, d’églantiers et de sureau yèble.

Trichie de la rose, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Trichie de la rose, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Par contre un petit coléoptère d’environ 5mm passe souvent inaperçu. Il s’agit de la Mordelle fasciée (Variimorda villosa). Il est noir avec des taches argentées sur le thorax. L’abdomen est pointu et dépasse les élytres.

Mordelle fasciée, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Mordelle fasciée, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Voici une partie de la description qu’en donnait l’illustre entomologiste Réaumur : (La tête est petite, arrondie à sa partie supérieure, pointue à sa partie antérieure, très inclinée et recourbée sous le corselet… L’abdomen est comprimé sur les côtés et terminé par une pointe presqu’aussi longue que la moitié des élytres). Ce coléoptère a la propriété de pouvoir à la fois voler et sauter.

 Hyménoptères:

es hyLménoptères viennent aussi butiner et s’accoupler comme ce couple de Tenthrède. (Tenthredo du groupe marginella car il y a plusieurs espèces indiscernables à l’œil nu). Les larves de tenthrèdes ressemblent un peu aux chenilles et sont phytophages comme ces dernières. Pour ce genre l’abdomen est rattaché au thorax sans rétrécissement. Le premier article de la base des antennes est jaune. L’abdomen noir est orné de bandes jaunes sur les premiers, quatrièmes et cinquièmes tergites. Les larves se nourrissent de menthes, plantains, lycopes et d’autres plantes basses. Le petit ru qui s’écoule de la mare perchée est favorable au développement de plantes semi-aquatiques comme la Lycope qui pourrait favoriser ces insectes.

 

Tenthredo marginella (groupe),Beaumonts, 28 août 2008, cliché André Lantz

Tenthredo marginella (groupe),Beaumonts, 28 août 2008, cliché André Lantz

couple de Tenthredo marginella (groupe), 2 août 2014, cliché André Lantz

couple de Tenthredo marginella (groupe), 2 août 2014, cliché André Lantz

Un autre hyménoptère fréquente les mêmes fleurs. C’est un Ancistrocerus. L’étymologie du genre provient du fait que les derniers articles des antennes sont recourbés. Il existe plusieurs espèces difficilement différentiables. Une des espèces les plus courantes est Ancistrocerus nigricornis. L’adulte possède un étranglement entre le thorax et l’abdomen. Ce genre appartient à la sous-famille des Eumeninae dans la famille des Vespidae. Comme les guêpes, les adultes capturent des larves d’insectes en les paralysant pour nourrir leur descendance. Ils construisent des nids mais ne forment pas de colonies comme les guêpes voisines.

Ancistrocerus sp, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Ancistrocerus sp, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Névroptères :

Parmi les Névroptères la jolie chrysope (de nombreuses espèces et se ressemblent fortement) aime aussi à se placer sur les fleurs. Sa larve est très utile car elle s’attaque aux pucerons. L’adulte est aussi un carnivore et se nourrit aussi de pucerons.

Chhrysope, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Chhrysope, Beaumonts, 2 août 2014, cliché André Lantz

Lépidoptères :

Certaines chenilles se nourrissent des feuilles d’Apiacée comme le Machaon que l’on trouvait il y a quelques années au parc et dont la chenille avait pu être photographiée. Une petite pyrale, le Botys verdâtre (Sitochroa palealis) bon indicateur des prairies non fauchées se nourrit des inflorescences de la carotte sauvage ou du panais commun. Elle constitue un abri dans l’inflorescence au moyen d’un réseau de fils de soie qu’elle tisse. Le papillon est blanc avec les nervures noirâtres au revers. Il a une activité nocturne mais peu s’envoler de jour si on passe à proximité et si on le dérange. Il se repose à quelques mètres mais toujours la face dorsale dirigée vers le sol.

Botys verdâtre, Beaumonts, 5 août 20013, cliché André Lantz

Botys verdâtre, Beaumonts, 5 août 20013, cliché André Lantz

Une petite tordeuse (Cydia compositella) de 4 à 5 mm est très commune. La couleur de fond est gris noir. 4 rayures blanches traversent une bonne partie des ailes antérieures. Son vol est caractéristique et elle y apparait très clair et même blanchâtre! La chenille vit sur les trèfles.

Cydia compositella, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Cydia compositella, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Enfin l’azuré de la Bugrane (Polyommatus icarus), une des espèces les plus communes, présente sur les terrains découverts. On peut même la voir en ville. Le dimorphisme sexuel est caractéristique de plusieurs lycènes. Le mâle est paré d’un joli bleu, alors que la femelle pour être moins voyante et moins repérable par les prédateurs porte une livrée marron. Des taches ou lunules orangées viennent orner les deux paires d’ailes. L’adulte vient souvent butiner les fleurs de trèfles, plante dont se nourrit la chenille.

Femelle de l'Azuré de la Bugrane, Beaumonts, 19 août 2014, cliché André Lantz

Femelle de l’Azuré de la Bugrane, Beaumonts, 19 août 2014, cliché André Lantz

Orthoptères:

Il arrive que quelques orthoptères grimpent aussi sur les ombelles.

Cette Leptophie ponctuée ou sauterelle ponctuée (Leptophyes punctatissima) fait partie des sauterelles car elle possède des antennes dont la dimension dépasse la longueur du corps de l’adulte. Les élytres sont ici très réduites et on donné son nom (Lepto = mince en grec) à cet insecte. Elle se cache la plupart du temps dans la végétation.

Leptophie ponctuée, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Leptophie ponctuée, Beaumonts, 9 août 2014, cliché André Lantz

Hémiptères :

Certaines punaisent se trouvent facilement sur les ombellifères. Le pentatome rayé, ou scutellère rayée ou encore punaise arlequin (Graphiosoma italicum) est commun sur les fleurs et aussi les fruits de la carotte sauvage.

Punaise arlequin, Beaumonts, 28 juin 2010, cliché André Lantz

Punaise arlequin, Beaumonts, 28 juin 2010, cliché André Lantz

Araignées:

Les araignées qui sont des prédateurs des insectes se positionnent sur les fleurs soit pour sauter sur leurs proies quand elles se trouvent à proximité comme les Thomises, soit pour tendre une toile de quelques fils de soie afin d’emprisonner l’insecte.

Cette Enoplognatha ovata a capturé une guêpe commune (Paravespula vulgaris) beaucoup plus grande qu’elle.

Enaplognatha ovata ayant capturé une guêpe, Beaumonts, 13août 2014, cliché André Lantz

Enaplognatha ovata ayant capturé une guêpe, Beaumonts, 13août 2014, cliché André Lantz

 André Lantz le 29 août 2014


Printemps hâtif by beaumonts

Des printemps qui ne se ressemblent pas!

En 2013 Il était particulièrement tardif et cette année il est bien hâtif.

 Si l’on compare les sorties de quelques uns de nos rhopalocères, en 2013 le premier paon du jour (Aglais io) avait été observé le 25 mars en 2013 alors qu’en 2014 il volait le 8 mars.

Paon du jour, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Paon du jour, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Chenille du Paon du jour, 28 août 2013, cliché André Lantz

Chenille du Paon du jour, 28 août 2013, cliché André Lantz

Pour le Robert-le-Diable (Polygonia c-album), plusieurs individus volaient cette année dès le 8 mars alors qu’en 2013 un seul exemplaire avait été vu le 7 avril ! 

Robert-le-Diable butinant des fleurs de prunellier, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Robert-le-Diable butinant des fleurs de prunellier, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Parmi les noctuelles, l’Orthosie du cerisier  (Orthosia cerasi) était sortie le 21 février. Comme la majorité des noctuelles, l’imago vole uniquement la nuit et peut s’observer sur les murs des habitations en journée. C’est une espèce commune dont la période de vol débute en février et se termine en mai. Cette espèce est univoltine (une seule génération par an). La chenille se développe sur les arbres caducifoliés.

Chenille de l'Orthosie du cerisier sur Erable, 21 avril 2011, cliché André Lantz

Chenille de l’Orthosie du cerisier sur Erable, 21 avril 2011, cliché André Lantz

 

Imago de l'Orthosie du cerisier, 21 février 2014, cliché André Lantz

Imago de l’Orthosie du cerisier, 21 février 2014, cliché André Lantz

 Le Ptérophore commun (Emmelina monodactyla) est plus facile à identifier sur un mur que dans la végétation où il passe totalement inaperçu. Cette espèce est nocturne et attirée par les lumières.

 

Ptérophore commun, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Ptérophore commun, 11 mars 2014, cliché André Lantz

La petite tortue (Aglais urticae), qui n’avait été revue qu’en 2013 (année à petites tortues selon  les observations réalisées par Naturparif) a été observée par Thierry Laugier les 8 et 9 mars dernier. Un exemplaire un peu defraîchi volait sur les sentiers ensoleillés du parc ce 16 mars.

Petite tortue au soleil, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Petite tortue au soleil, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Un autre imago butinait les fleurs de prunus le 19 mars

 

Petite tortue, le 19 mars 2014, cliché André Lantz

Petite tortue, le 19 mars 2014, cliché André Lantz

 

Enfin les premiers imagos du Tircis (Pararge aegeria tircis) venaient d’éclore en sous-bois. En 2013 j’avais observé les premiers adultes le 19 avril et en 2012 le 16 mars.

Tircis venant d'éclore, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Tircis venant d’éclore, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Tircis , ailes étalées, 16 mars 2014, cliché André Lantz

Les diptères sont souvent moins sensibles aux conditions thermiques pour sortir et polliniser les premières fleurs

Les premiers syrphes ont déjà fait leur apparition en février. Dès le 10 février volait aux premiers rayons de soleil le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). C’est une espèce migratrice qui remonte du sud plus tardivement. Un grand nombre d’individus se déplacent aussi vers le sud en automne, mais ce sont des individus des générations ultérieures. Des femelles fécondées hibernent sur place et ressortent aux premiers beaux jours.

Syrphe ceinturé, 10 février 2014, cliché André Lantz

Syrphe ceinturé, 10 février 2014, cliché André Lantz

 Le syrphe du groseillier (Syrphus ribesii) butinait déjà les fleurs de prunellier.

Syrphe du groseillier, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Syrphe du groseillier, 11 mars 2014, cliché André Lantz

Une petite mouche Suillia variegata voletait en sous-bois également à la date du 10 février.

Suillia variegata, 11 février 2014, cliché André Lantz

Suillia variegata, 11 février 2014, cliché André Lantz

Dans le même genre se trouve la mouche de la truffe noire (en réalité il y a plusieurs espèces du genre Suillia inféodées aux truffes) qui est attirée par son odeur car sa larve se nourrit de ce champignon ascomycète mycorhizien (Tuber melanosporum).

 La nervure costale de l’aile est caractérisée par de nombreuses épines.

Les larves du genre Suillia sont coprophages, saprophages et surtout mycétophages. Les adultes résistent bien à des températures basses et on peut donc les observer en hiver.

La Scathophage stercoraire, mouche du fumier ou mouche à merde (Scatophaga stercoraria) est très velue d’une belle couleur jaune. Elle porte pour cette raison également le nom moins commun de mouche à toison jaune. L’adulte capture de petites mouches pour son repas et les larves de cette espèce se nourrissent d’autres larves d’insectes coprophages.

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

 

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Scatophage stercoraire mâle, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Enfin n’oublions pas non plus l’apparition des jeunes araignées dans le parc. Plusieurs juvéniles de la pisaure admirable (Pisaura mirabilis) profitaient des rayons du soleil en cette douceur printannière.

Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz
Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Cette année les 24h de la biodiversité organisées par le Conseil Général se Seine-Saint-Denis se dérouleront les Samedi 14 juin et Dimanche 15 juin.

Réservez déjà ces dates sur vos agendas.

 André Lantz, le 16 mars 2014


De nouvelles espèces des bords des eaux (clichés de Roland Paul & André Lantz) by beaumonts

De nouvelles espèces des bords des eaux, rivières, fossés et friches humides. 

Parmi les libellules les mâles d’Orthétrum se caractérisent par un corps pruineux de couleur gris-bleuté. La base des ailes n’est pas colorée. Le mâle d’Orthétrum brun (Orthetrum brunneum Fonscolombe) a une face, un thorax et un abdomen bleu pâle. Les flancs du thorax ne présentent pas de bandes claires. La femelle est gris-brun. C’est un habitant des petits ruisseaux et des fossés humides. Il se pose assez souvent à terre.  Il a été rarement vu aux Beaumonts.

Le cliché suivant montre un accouplement de cette espèce

Couple d'Orthétrum bun, cliché Roland Paul

Couple d’Orthétrum bun, cliché Roland Paul

 Le sympétrum strié (Sympetrum striolatum Charpentier) est une des libellules les plus communes. Le mâle et la femelle possèdent des pattes noires rayées de jaune sur les tibias et les fémurs. Les côtés du thorax ne sont pas unis mais présentent des bandes plus claires. Cette espèce vole encore en automne par les belles journées ensoleillées alors que les autres libellules disparaissent.

Sympétrum strié, 2 octobre 2012, cliché André Lantz

Les larves de libellules comme celles des autres insectes subissent plusieurs mues durant leur croissance. La dernière mue qui s’effectue en dehors de l’eau va donner naissance à l’insecte ailé désigné par imago. La dépouille larvaire porte le nom d’exuvie. Cette exuvie est sans doute celle de l’Aeschne mixte (Aeshna mixta Latreille) dont l’imago a été présenté dans le précédent article mis sur le site.

Exuvie d’Aeschne mixte, 3 août 2012, cliché André Lantz

Les Sciomyzidae forment une famille de diptères aux antennes allongées et tendues vers l’avant. Les larves terrestres ou aquatiques sont prédatrices de mollusques.

(Coremacera marginata Fabricius) est une jolie mouche dont les ailes sont dites en treillis car possédant de nombreuses petites tâches blanches contrastant sur un fond noir. Les larves se nourrissent de mollusques terrestres (escargots ou limaces). C’est un auxiliaire efficace pour limiter les populations de mollusques. Ce diptère affectionne souvent les biotopes humides.

Coremacera marginata, 7 septembre 2012, cliché André Lantz

 L’Ambrette est un petit escargot, donc un mollusque, de forme allongée dont la coquille très fine est composée habituellement de trois tours de spires. Le dernier tour occupe les 2/3 de la hauteur totale de la coquille Ce gastéropode ne possède qu’une seule paire de tentacules, car la paire antérieure est vestigiale dans la famille des Succineidae. La finesse de sa coquille, de la couleur de l’ambre, qui va du gris-pâle au brun et à l’orangé laisse souvent apercevoir les organes internes de l’animal.

Ambrette, cliché Roland Paul

L’Ambrette forme un complexe de deux espèces. Une dissection de l’appareil génital est nécessaire pour les différencier. Saccinea putris Linné diffère d’Oxyloma elegans Risso par un épiphallus simple et libre et l’absence d’appendice pénien. Le corps de Saccinea putris est en général de coloration brun jaune mais il existe aussi des formes gris sombre. Celui d’Oxyloma elegans est en général sombre mais il  existe des formes claires. Les ambrettes vivent dans les endroits très humides (rives de cours d’eau, bords des lacs, marais, prairies humides). On peut le trouver sur les joncs, iris, rubaniers…

Ambrette, cliché Roland Paul

Ce mollusque peut vivre trois années en hibernant dans le sol ou sous les feuilles. Hermaphrodite comme les autres escargots, il doit cependant s’accoupler car les gamètes mâles et femelles n’arrivent pas à maturité à la même époque. Le Guide des escargots et limaces d’Europe de M.P. Kerney & R.A.D. Cameron aux éditions Delachaux & Niestlé donne des indications utiles à la détermination des espèces.

 Le Conocéphale gracieux (Ruspolia nitidula, Scopoli)  avait déjà été observé fin août 2010 et illustré sur le site dans un article en septembre 2010. Il a été revu à la fin de cet été. D’après Gérard Luquet qui a rédigé avec Heiko Bellmann « le guide des sauterelles, grillons et criquets », le Conocéphale gracieux de la famille des Tettigoniidae (Sauterelles) est un insecte afro-tropical comme la mante religieuse qui pénètre dans le domaine méditerranéen. Lié aux biotopes humides et chauds il peut s’accommoder occasionnellement de milieux plus secs.

 

Conocéphale gracieux, 6 septembre 2012, cliché André Lantz

Ordinairement vert clair uniforme, il peut aussi exister avec des colorations brunâtres ou jaune-rougeâtre. Les adultes sont visibles du mois d’août à celui d’octobre. Cette espèce, comme la mante religieuse est protégée légalement en Île de France. (Arrêté du 22 juillet 1993). La vue ventrale permet d’observer les pièces buccales colorées de la tête qui contrastent avec la couleur verte de l’ensemble.

 

Vue ventrale du conocéphale gracieux, 6 septembre 2012, cliché André Lantz

 Le polypore soufré (Laetiporus sulphureus Murrill) fructifie en général chaque année, mais pas forcément à la même époque. Il a déjà été photographié en août 2010  et présenté sur le site. C’est un champignon parasite qui attaque surtout les feuillus qui sont affaiblis. Ensuite il peut devenir saprophyte sur les arbres morts. Au parc des Beaumonts il se trouve sur le vieux saule proche de la mare de Brie. Le mycélium vit toute l’année à l’intérieur de l’arbre vivant et se nourrit de ce dernier en parasite. Il n’est pas visible. Pour se propager et assurer sa descendance, il doit donc former des sporophores. Les spores donneront naissance à d’autres mycéliums si les conditions sont propices. Les spores de champignons étant très petites de l’ordre de quelques micromètres, elles peuvent très facilement être dispersées par le vent. Un rayon de soleil a mis en valeur les belles couleurs de ce polypore.

Polypore soufré, 2 octobre 2012, cliché André Lantz

Ce polypore est appelé aux Etats-Unis et au Québec chicken of the woods « poulet des bois ». Ce nom évoque le caractère comestible et fibreux de sa chair lorsque le champignon est bien frais. Peu consommé en Europe, ce champignon est apprécié en Amérique du nord.

 Prochainement s’ouvrira  la 5ème année de la semaine nationale du champignon. A cette occasion l’exposition de champignons présentée par la Société Mycologique de France se tiendra au parc floral de Paris du Vendredi 19 Octobre après midi (14h 30) au lundi 22 Octobre aux heures d’ouverture du parc floral pour le samedi, dimanche et lundi (10h-17h).

L’entrée est libre. Une table d’exposition est réservée aux champignons récoltés dans le bois.

 André Lantz le 4 octobre 2012.