Beaumonts nature en ville


La Palloptère jolie au parc des Beaumonts by beaumonts
juin 9, 2026, 1:17
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Les Pallopteridae forment une famille de diptères de petites tailles dont l’envergure est comprise entre 3 et 6 mm. Cette famille compte seulement une dizaine d’espèces en France.

Les adultes se caractérisent par un pédicelle antennaire qui est clairement encoché.

Les larves, selon les espèces, se nourrissent du tissu de plantes ou d’oeufs, de larves ou de nymphes xylophages disposées sous l’écorce d’arbres abattus.

Toxoneura muliebris ( Harris, 1780), ou Toxonevra muliebris, la Palloptère jolie, est une petite mouche sylvicole qui vit souvent dans la canopée et qui vole lentement en déambulant gracieusement sur le feuillage. Elle agite alors ses ailes en de déplaçant. La particularité de cette espèce est de maintenir les ailes à angle droit par rapport au corps. Les ailes transparentes sont agrémentées d’une bande colorée de différentes nuances de brun allant jusqu’au noir qui fait le tour de l’aile.

Le nom Palloptère fait sans doute référence à l’ordre d’insecte des Paléoptères, dans lequel les ailes rigides ne peuvent se replier en arrière au repos. Le second nom latin muliebris signifie femme ou féminin.

La larve de cette espèce serait prédatrice de coléoptères xylophages vivant sous les écorces ou dans les galeries que ces dernieurs auraient creusées.

L’imago photographié en studio a été trouvé au parc des Beaumonts se déplaçant sur des feuilles au niveau du sol. Des troncs d’arbres morts à proximité pourraient avoir été visités par cette espèce. L’abdomen petit et recourbé vers l’arrière est caractéristique du mâle de cette espèce. La femelle possède un abdomen plus imposant.

La Palloptère jolie, Toxoneura muliebris, Parc des Beaumonts, 31 mai 2026, cliché studio, André Lantz

A. Lantz, le 9 juin 2026.

Bibliographie :

Mouches et Moustiques d’Europe

Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart

Guide Delachaux 2024

Editions : Delachaux et Nieslé



Compte-rendu de la session d’observation nocturne de la nuit du 24 au 25 mai 2026 by beaumonts

Nous étions trois pour inventorier les insectes de cette session: Pierre Rousset, Axel Dehalleux et André Lantz.
D’autres membres de l’association Beaumonts Nature en Ville nous ont rejoint, ainsi que quelques personnes se promenant la nuit dans le parc. Au total douze curieux et curieuses se sont succédés lors de cette observation.

La LépiLED a été allumée vers 22h et éteinte vers 1h 50. Le drap vertical a été disposé, comme en avril 2026, au moyen d’une corde attachée à une branche de robinier, toujours sur l’emplacement habituel face à la mare perchée. Beaucoup de Lépidoptères et de représentants d’autres ordres d’insectes ont été attirés lors de cette nuit. La température était particulièrement élevée (25°C en début de session et environ 21°C à 01h 50 le 25 mai). Un faible rayonnement provenant de la lune ne semble pas avoir été dissuasif pour nos hôtes. Une centaine d’espèces d’insectes a été répertoriée lors de cette séance et versée sur le site de Géonature-IDF.

Nous avons choisi de ne présenter que les espèces de Lépidoptères qui n’avaient pas encore fait l’objet d’observation sur le parc des Beaumonts, ou qui n’avaient été observées qu’une seule fois.

LÉPIDOPTÈRES

Voici les espèces « nouvelles » pour le parc des Beaumonts.

TORTRICIDAE

Un imago de la Tordeuse des jardins : Ditula angustiorana (Haworth, 1811) s’est posé sur le trépied de la lampe. La chenille se nourrit sur divers arbres et arbustes des jardins dont les pommiers, saules, chênes, sapins, mahonias ainsi que le lierre. Un meilleur cliché a été obtenu avec l’imago disposé sur une feuille de lierre. L’adulte vole en principe de juin à août. Espèce nouvelle pour le parc. J’avais déjà eu l’occasion d’élever sa chenille sur conifère trouvée au parc de Sceaux.

La Tordeuse des jardins, Ditula angustiana, Beaumonts 24-25 mai 2026, cliché studio: André Lantz

La Séricore ondée, Orthotaenia undulana (Denis & Schiffermüller, 1775) est une espèce également commune, mais cependant nouvelle pour le parc. L’adulte vole entre mai et juillet. La chenille polyphage se nourrit de diverses essences d’arbres : érables, saules, bouleau, pommier, ronce, églantier… Elle privilégie les bois clairs, broussailles, jardins et landes. L’adulte vole de mai à juillet. Ne semble pas avoir été signalée du département de la Seine-Saint-Denis.

La Séricore ondée, Orthotaenia undulana, Beaumonts, 25 mai 2026, cliché: Axel Dehalleux

La Grapholite ténébreuse Grapholita tenebrosana Duponchel, 1843 dont les ailes antérieures sont d’un brun pourpré foncé possède de courtes stries costales. La chenille vit dans les fruits de l’églantier et du sorbier. Patrice Leraut signale son existence dans les forêts, landes, broussailles et jardins en zones urbaines. Cette espèce vole au soleil. Elle est présente en Île-de-France.

La Grapholite ténébreuse Grapholita tenebrosana, Beaumonts, 25 mai 2026, cliché: Axel Dehalleux

PYRALIDAE

Une nouvelle espèce de phycitinae pour le parc a été observée : Sciota hostilis (Stephens, 1834), la Phycide du tremble. Sa chenille consomme les feuilles de diverses espèces de tremble et de saule. L’adulte vole entre mai et septembre. Cette espèce ne semble pas être répertoriée du département de Seine-Saint-Denis et des départements franciliens selon le site Lépi’Net consulté récemment. La présence de trembles et surtout de saules sur le site de la mare perchée et le long de l’ancien ru a du être propice à son installation sur le parc.

La Phycide du Tremble, Sciota hostilis , Beaumonts, 24 mai 2026, cliché: André Lantz

Nous avons également observé la Phycide des chardons : Myelois circumvoluta (Fourcroy, 1785), espèce de taille moyenne d’envergure comprise entre 20 et 30mm. Les ailes antérieures sont blanches agrémentées de petits points noirs. Cette espèce s’observe également de jour car elle apprécie de butiner les chardons et les cirses, plantes nourricières de la chenille. Elle affectionne les terrains calcaires où fleurissent ces plantes. Elle avait été observée, de jour au parc, une seule fois en 2017.

La Phycide des chardons : Myelois circumvoluta, Beaumonts, 24 mai 2026, cliché: André Lantz

GEOMETRIDAE

La cinquième espèce « nouvelle » pour la station est une géomètre: L’Eupithécie rectangulaire, Pasiphila rectangulata (Linnaeus, 1758). Cette espèce commune a une coloration très variable. Elle peut présenter des ailes noires. Elle se distingue de Pasiphila chloerata également présente sur le drap le même soir, par le coude formé par la postmédiane à l’aile antérieure. Ces espèces sont inféodées aux rosacées arbustives : pommier, poirier, prunellier, aubépine. Selon Philippe Mothiron, 40 % des observations de L’Eupithécie rectangulaire proviennent des jardins.

L’Eupithécie rectangulaire, Pasiphila rectangulata, Beaumonts, 24 mai 2026, cliché: Axel Dehalleux

La sixième espèce « nouvelle » est la Boarmie pointillée Hypomecis punctinalis (Scopoli, 1763). Cette espèce présente des ocelles discaux. La ligne antémédiane est nette et finement dentée sur les ailes antérieures et postérieures. La chenille est polyphage. Les adultes volent de mai jusqu’en septembre. C’est une espèce commune. Elle peut être observée en train de butiner les fleurs des Troënes (Philippe Mothiron). Le mâle se distingue par des antennes bipectinées sur les 4/5 de leur longueur.

la Boarmie pointillée Hypomecis punctinalis, Beaumonts, 24 mai 2026, cliché André Lantz

Littérature consultée :

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France II. Géomètres 2001, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 21 d’Alexanor.

-Papillons de nuit d’Europe, volume 2 Géomètres ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2009

-Papillons de nuit d’Europe, volume 4 Pyrales 2 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2014

-Papillons de nuit d’Europe, volume 7 Microlépidoptères 1 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2023

André Lantz avec le concours d’Axel Dehalleux et de Pierre Rousset, le 5 juin 2026.



GELECHIIDAE by beaumonts

Les Gelechiidae forment une des familles les plus importantes de lépidoptères en nombre d’espèces (plus de 4500 sur le globe). En Europe, cette famille regroupe le plus grand nombre d’espèces de microlépidoptères soit près de 900!

Si les Gelechiidae ont été peu étudiés par absence de littérature de référence jusque vers la fin du XXème siècle, les ouvrages actuels comblent heureusement ces anciennes lacunes.

Les adultes sont de taille petite à très petite, L’envergure alaire dépasse rarement 10mm. Un des caractères permettant de les différencier d’autres familles de microlépidoptères est celui de la forme des palpes labiaux. Ils sont récurvés vers le haut de la tête et bien visibles. Les antennes filiformes (en forme de fil, donc très minces) mesurent environ entre les 2/3 et 3/4 de la longueur de l’aile antérieure et sont disposées sur (ou le long) de ces ailes qui masquent au repos les ailes postérieures. Il existe chez plusieurs espèces des touffes d’écailles saillantes sur l’aile antérieure.

L’extrémité de l’aile postérieure (termen) est nettement concave chez la majorité des espèces. Cette aile ne peut s’observer que sur des spécimens préparés.

Les chenilles consomment des végétaux (plantes, mousses, lichens) dont les fruits, les feuilles, tiges et racines selon les espèces. Certaines chenilles se constituent un abri en repliant et regroupant des feuilles au moyen de soie. Ce moyen de protection est aussi celui des chenilles de la famille des Tordeuses (Tortricidae). Enfin d’autres espèces produisent des galles sur les végétaux.

Les adultes peuvent s’observer du niveau de la mer jusqu’à 3800m d’altitude. Ils volent en majorité la nuit et peuvent être attirés par les pièges lumineux.

La photo suivante présente un imago préparé de l’espèce Recurvaria nanella (Denis & Schiffermüller, 1775) ou Récurvarie naine. Cette espèce pourrait également se trouver au parc des Beaumonts. L’exemplaire provient de Montreuil-sous-Bois. Plusieurs imagos avaient été capturés à la lumière d’une lampe à vapeur de mercure dans les années 1970 dans un jardinet possédant quelques arbres fruitiers. L’envergure de cette espèce est comprise entre 10 à 12mm. On observe bien la forme falquée des ailes postérieures.

L’espèce observée cette année au parc des Beaumonts est la Récurvarie de l’Aubépine. (nom vernaculaire proposé par Patrice Leraut dans son ouvrage sur les microlépidoptères). Le nom latin est Recurvaria leucatella (Clerck, 1759). Ce nom d’espèce fait référence à la grande tache claire bien apparente vers le premier tiers de l’aile antérieure. Cette espèce peut donc être identifiée facilement.

Recurvaria nanella, Récurvarie naine; Montreuil, rue Carnot, 31 juillet 1975, imago préparé, cliché André Lantz

Les chenilles de cette espèce consomment les feuilles de plantes ligneuses de la famille des Rosacées. Citons en particulier les pommiers, poiriers, pruniers, aubépines, Cotonéaster…

On trouvera souvent cette espèce dans les jardins, les haies et autres stations où croissent les plantes nourricières.

Les adultes s’observent de mai à septembre.

J’avais conservé un rameau d’aubépine dont la partie sommitale présentait des feuilles enroulées lors d’une visite au parc en mars 2026. La conservation des chenilles ou larves d’insectes est réalisée sur un balcon, à l’ombre, pour respecter le cycle d’évolution de la manière la plus naturelle possible. L’imago est sorti le 19 mai 2026 et a été photographié de jour. Cette espèce nocturne se déplace peu en journée. L’intérêt de l’élevage de chenilles permet l’obtention d’ adultes particulièrement frais et plus facilement identifiables que ceux capturés en pleine nature.

feuilles enroulées d’Aubépine par la chenille de Recurvaria leucatella, 24 mars 2026, cliché André Lantz

Bien que cette espèce vienne à la lumière, nous ne l’avions jamais observée lors de nos 20 prospections nocturnes au parc des Beaumonts. Il est vrai que les plantes nourricières ne sont pas présentes dans le secteur.

Le cliché de l’imago de profil permet d’observer les palpes labiaux, ainsi que les touffes noires proéminentes d’écailles sur les ailes antérieures. Les ailes postérieures, étant recouvertes par les antérieures ne sont pas visibles.

imago de Recurvaria leucatella, cliché studio, 18 mai 2026, André Lantz

La carte de répartition française de l’espèce suivant les départements a été récupérée sur le site Artemisiae le 20 mai 2026. Cette espèce ne semble donc pas avoir été citée de la région parisienne, sans doute par manque de recherches.

carte de répartition française de Recurvaria leucatella prélevée sur le site Artemisiae.

Les départements en rouge correspondent à des données antérieures à 1950. ceux en jaune à des données comprises entre 2000 et 2010.

Le site de l’INPN n’étant pas accessible on ne peut donc conclure définitivement.

André Lantz

Bibliographie :

Patrice Leraut

Papillons de nuit d’Europe

Volume 8 Microlépidoptères 2

Epipyropidae à Pterophoridae

N.A.P. Editions , 2023

Microlepidoptera of Europe volume 3

Edited by P. Huemer, O. Karsholt & Lyneborg

Peter Huemer & Ole Karsholt

GELECHIIDAE I

Apollo books : Stenstrup 1999



Compte-Rendu des observations des insectes nocturnes de la nuit du 25 avril 2026 by beaumonts

Nous étions trois, Pierre, Axel et André pour inventorier les insectes. Cette séance est parmi celles que nous avons effectuées auprès de la mare perchée, la plus précoce dans l’année. Nous avions préféré profiter d’une accalmie du vent, même si la présence de la lune nuisait à une bonne obscurité. Cette séance est aussi la vingtième effectuée depuis la première en 2019.

Nous avons allumé la LépiLED vers 21h 35 et terminé le 26 avril vers 0h 25. Le drap vertical a été disposé au moyen d’une corde attachée à une branche de robinier, toujours sur l’emplacement habituel face à la mare perchée.

LÉPIDOPTÈRES

Nous avons pu observer quatre nouvelles espèces de Lépidoptères pour le parc.

DREPANIDAE

Un imago de la petite épine : Cilix glaucata, s’est posé en début de séance. Cette espèce, pourtant commune, n’avait pas encore été observée. Alexis Borges de l’OPIE l’avait répertoriée en 2019 en Seine-Saint-Denis au parc du Sausset. L’imago vole de mars à septembre en deux générations. Sa posture au repos se caractérise par une position des ailes très resserrées sur le corps. Ainsi, au repos, le papillon évoque une fiente d’oiseau. Sur une branche de prunellier on peut aussi la confondre avec une sorte d’épine (d’où son nom français). La chenille vit aux dépens des prunelliers, pruniers, aubépines, pommiers, sorbiers et ronces.

La petite épine, Cilix glaucata, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz

GEOMETRIDAE

Trois espèces nouvelles font partie de cette grande famille.La plus grande est celle du complexe Aplocera plagiata et Aplocera efformata. Ces deux espèces sont voisines et la détermination n’est pas toujours aisée. Elles partagent le même biotope prairial où s’épanouit la plante nourricière des chenilles : le millepertuis : Hypericum perforatum. Les imagos volent en deux générations d’avril à octobre.

Ils sont d’assez grande taille pour cette famille, leur envergure peut atteindre 35 mm. L’aile postérieure gris clair est cachée au repos par l’aile antérieure grise. Des traits noirs ou gris fonçé traversent l’aile antérieure en trois bandes. Ainsi, Aplocera plagiata porte le nom vernaculaire de Triple raie ou Rayure commune. Aplocera efformata porte le nom de Petite rayure. En effet, les imagos de cette espèce possèdent en général une envergure un peu plus faible que celle de la Triple raie. Ce critère est cependant insuffisant pour séparer ces deux espèces vivant sur les mêmes plantes dans des milieux similaires. Seuls les mâles peuvent se distinguer par l’observation des valves de l’abdomen : grands chez plagiata et petits chez efformata.

Triple raie Aplocera plagiata, Beaumonts, 26 avril 2026, cliché André Lantz

Parmi les autres espèces de cette famille, nous avons noté plusieurs imagos de l’Alternée Epirrhoe alternata, dont la chenille se nourrit du Gaillet, un mâle de la Boarmie commune Peribatodes rhomboidaria, avec ses antennes bipectinées sur une grande partie de leur longueur chez le mâle , Un imago de Macaria notata, la Philobie alternée, et un imago d’Horisme tersata. Cette espèce partage avec l’espèce jumelle Horisme radicaria, les mêmes dessins et coloration. L’observation des genitalia est nécessaire pour les différencier de manière certaine. Les deux espèces cohabitent au parc. Leurs chenilles consomment la clématite. Notre collègue Axel Dehalleux a pu vérifier qu’il s’agissait bien de cette espèce.

Horisme élégant, Horisme tersata, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz
La Boarmie commune, Peribatodes rhomboidaria, Beaumonts, 26 avril 2026, cliché: André Lantz

Deux nouvelles petites géomètres ont été observées sur le drap.

L’Eupithécie sagittée, Eupithecia dodoneata est une espèce d’envergure d’environ 15 à 18mm. La coloration est grise.Le point discal et les stries longitudinaes sont noires. La chenille vit sur les chênes. L’adulte vole d’avril à mai. Cette espèce est assez commune.

L’Eupithécie sagittée, Eupithecia dodoneata, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché: André Lantz

La seconde petite géomètre de taille voisine est l’Eupithécie carrée, Pasiphila chloerata. Les lignes transversales claires sont bien distinctes sur le fond dans la forme habituelle. La chenille se développe sur les fleurs de prunelliers, cerisiers et diverses rosacées. Elle se rencontre dans les jardins, Haies, lisières…L’adulte vole de mai à juin. Le seul représentant arrivé sur le drap appartient à une forme très fonçée.

l’Eupithécie carrée, Pasiphila chloerata, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz

LYMANTRIIDAE

Callitera pudibonda (Linnaeus, 1758), la Pudibonde ou la Patte étendue.

Si une chenille avait déjà été observée au parc des Beaumonts, l’adulte ne l’avait pas encore été. Trois mâles se sont posés sur le drap. Philippe Mothiron indique que les mâles de cette espèce sont particulièrement attirés par la lumière au printemps. Les chenilles se nourrissent sur divers feuillus (chênes, ormes, charmes, peupliers… et arbustes : noisetiers, rosiers…). L’adulte vole d’avril à juin. Cette espèce est commune.

La patte étendue, Calliteara pudibunda mâle, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz

SATURNIDAE

Attirés par une phéromone et par la lumière, trois mâles du Grand Paon de nuit Saturnia pyri sont venus agrémenter cette nuit. Les imagos étaient bien frais. Nous avions déjà observé cette espèce l’an passé.

Grand Paon de nuit, Saturnia pyri, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz
Grand Paon de nuit, Saturnia pyri, posé sur le Robinier Faux-acacia, Beaumonts le 25 avril 2026, Cliché André Lantz

PYRALIDAE

Plusieurs Eudonia angustea, Eudorée anguleuse, se sont posés sur le drap.

Eudorée anguleuse, Eudonia angustea, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché Abdré Lantz

TORTRICIDAE

Une seule tordeuse a été observée : Syndemis musculana, la Syndémis commune.

La Syndémis commune, Syndemis musculana, Beaumonts, 26 avril 2026, cliché André Lantz

COLÉOPTÈRES

Un petit hanneton s’est posé sur le drap : Rhizotrogus aestivus (Olivier, 1789), l’Hanneton d’été. Cette espèce n’avait pas encore été observée au parc des Beaumonts. Sa taille d’adulte ne dépasse pas 18mm. Le cycle de développement dure trois ans. La larve se nourrit de racines. Les adultes sortent au crépuscule à partir du mois d’avril. On peut les observer également en mai.

Le Hanneton d’été Rhizotrogus aestivus , Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz

DIPTÈRES

TIPULIDAE

Plusieurs espèces de Tipules se sont posées. Des accouplements se sont même formés.

Nephrotoma flavescens , le Néphrotome tigre, sans doute nommé à cause des dessins noirs sur fond jaune du thorax.

Couple de Néphrotome tigre, Nephrotoma flavescens, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz

Tipula lunata

Il s’agit en réalité d’un complexe de plusieurs espèces proches qui ne peuvent être séparées que par l’examen des genitalia.

Tipula lunata femelle, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz

LIMONIIDAE.

Limonia nigropunctata possède un thorax orangé. Les ailes se recouvrent et possèdent trois points noirs. De nombreux adultes de cette espèce sont visibles en journée dans le parc, surtout dans l’ombre des parties boisées humides. Quand on les dérange, ils s’envolent et se reposent à quelques mètres. Les larves sont saprophytes dans la litière.Nous étions trois pour inventorier les insectes. Cette séance est parmi celles que nous avons effectuées auprès de la mare perchée, la plus précoce dans l’année. Nous avons préféré profiter d’une accalmie du vent, même si la présence de la lune nuisait à une bonne obscurité.

Couple de Limonia nigropunctata, Beaumonts, 25 avril 2026, cliché André Lantz

Bibliographie consultée:

Papillons de nuit d’Europe, volume 2 Géomètres Patrice Leraut, Editions N.A.P. 2009

Inventaire commenté des Lépidoptères de L’Île-de-France, II Géomètres, Philippe Mothiron Alexanor 2001, supplément hors-série au tome 21 d’Alexanor.

Le 6 mai 2026.



Une nouvelle américaine à Montreuil. by beaumonts

Les échanges commerciaux font aussi voyager les insectes !

Dans un précédent article deux espèces d’origine américaine avaient déjà été observées sur le parc :

Metcalfa pruinosa (Say, 1830), la Cicadelle blanche, la Cicadelle pruineuse, la Cicadelle américaine de l’ordre des Homoptères et Obolodiplosis robiniae, (Haldeman, 1847) la mouche du Robinier.

Le Robinier a été planté au jardin du roi (MNHN de Paris, actuellement) au début du XVIIème siècle par le jardinier Robin au moyen de graines.

Cette année, c’est un microlépidoptère qui s’est installé au parc des Beaumonts. Parectopa robiniella (Clemens, 1863). C’est un représentant, comme la mineuse du marronnier, de la famille des Gracillariidae. La chenille creuse une galerie (ou mine) à l’intérieur de la feuille en s’y nourrissant. Arrivée à terme elle sort de la feuille et constitue un cocon dans lequel elle se nymphose.

La mine est bien visible sur la face supérieure d’une foliole de la feuille du Robinier (Robinia pseudoacacia). Plusieurs folioles de la même feuille peuvent être occupées par une mine. Les mines sont caractéristiques car elles sont digitées (en forme de doigts). Les mines sont présentes en septembre et octobre. Les adultes volent au pritemps, puis en été.

J’avais déjà noté cette espèce en 2024 dans un secteur du bois de Vincennes. Cette année je l’ai trouvée dans différentes stations du bois où elle ne semblait pas encore installée l’an passé. Malgré mes recherches en 2024 au parc des Beaumonts, aucune présence visible de l’espèce. Cette année, on peut l’observer presque sur l’ensemble du parc des Beaumonts où se développe le robinier faux-acacia. Certaines feuilles disposent de mines sur plusieurs folioles de la même feuille.

Cette espèce d’origine Nord-Américaine est arrivée en Italie en 1970. Depuis elle a continué sa progression en Europe.

La carte extraite du site inaturalist en ce début septembre 2025 illustre sa progression en Europe.

La carte de répartion française élaborée par l’Association Oreina figure ci-dessous. La couleur vert fonçé correspond à au moins une observation dans le département en 2025. La couleur vert clair signale l’existence du taxon depuis 2010.

Voici quelques photographies de folioles minées prises au parc des Beaumonts le 10 septembre 2025.

la mineuse du Robinier, Parectopa robiniella, Beaumonts, clichés André Lantz, 10 septembre 2025.

Et ci-dessous la photo de hlasek d’un imago (site http://www.hlasek.com/parectopa_robiniella_cp8119.html)

André Lantz, le 11 septembre 2025.



Compte-rendu de la nuit d’observation des Hétérocères du 18-19 août 2025. by beaumonts

La température, de 22°C en début de soirée du 18 août à 21h45, s’est abaissée progressivement jusqu’à 20°C vers 1h 20 le 19 août. Absence de vent et ciel clair. Pas de lune.

Nous avons profité des grilles de protection du terrain derrière la mare pour y tendre deux draps. Un autre étant posé au sol.­

Nous avons déjà explicité l’intérêt des observations nocturnes des Hétérocères. Le lecteur pourra retrouver ces informations sur les précédents articles parus sur le site de Beaumonts-Nature en Ville (BNeV).

Les observations et photographies ont été réalisées majoritairement sur les deux draps blanc verticaaux éclairés par une lampe LépiLED (lampe à diodes électroluminescentes) alimentée par une batterie de téléphone potable.

Divers insectes appartenant à d’autres ordres que celui des lépidoptères ont également été attirés par ces radiations lumineuses : quelques diptères, coléoptères, homoptères et hémiptères (punaises).

Nous avons pu déterminer environ quarante espèces de papillons de nuit dont deux sont nouvelles pour le parc des Beaumonts. Une troisième est aussi nouvelle mais nécessite l’étude des genitalia pour confirmer sa détermination.

LÉPIDOPTÈRES

Pour ne pas être trop fastidieux, ne seront présentés ici que les lépidoptères nouveaux ou plus ou moins remarquables. Une grande partie des espèces observées lors de cette nuit ont déjà fait l’objet de commentaires sur le site de Beaumonts Nature en ville.

A. Géomètres

Pas de nouveauté durant cette session. Plusieurs Horisme radicaria, espèce dont la chenille consomme la Clématite, de même plusieurs Idaea dimidiata et Idaea degeneraria.

B. Noctuelles

Quatorze espèces de Noctuelles ont été attirées par la lampe.

La Passagère, Dysgonia algira (Linnaeus, 1767) est une espèce assez grande et bien contrastée. Son envergure se situe entre 35 et 40mm. L’aile antérieure est brun olivacé avec une bande médiane concave claire au contour coudé. C’est la première observation de l’imago aux Beaumonts. Par contre la chenille avait été vue au parc en 2018. Un autre imago avait été observé à Montreuil (93) au parc Jean Moulin. Un imago a également été observé le 25 août rue Condorcet à Montreuil.

La Passagère, Dysgonia algira, Beaumonts, 19 août 2025, cliché André Lantz

La localité type est Alger, d’où le nom latin de l’espèce. C’est une espèce migratrice, d’où son nom vernaculaire français. En 1997 Philippe Mothiron indiquait : « Cette espèce méridionale n’est pas autochtone en Île-de-France ». Le réchauffement climatique a accentué ses déplacements vers le Nord. Elle se rencontre maintenant sur presque l’ensemble des départements français et a atteint les Pays-Bas et l’Allemagne. On la retouve aussi en Angleterre.

La Leucanie obsolète Leucania obsoleta ( Hübner, 1803). Cette espèce paludicole [qui habite les marais] se rencontre dans les phragmitaies, les prairies marécageuses, les étangs et le littoral. Elle est en régression par la disparition des habitats humides. Nous l’avions attirée à la LépiLED en 2023 mais pas en 2024. Le seul exemplaire photographié est déjà un peu défraichi mais reconnaissable. La chenille vit à l’intérieur des phragmites de la mare perchée. Elle consomme les tiges et y hiverne. Une seule génération de juin à juillet dans le nord. C’est une bonne nouvelle car il ne s’agit pas d’une espèce migratrice. Elle semble donc s’installer sur la mare perchée.

La Leucanie obsolète Leucania obsoleta, Beaumonts, 19 août 2025, cliché André Lantz

La Moissonneuse, la Noctuelle des moissons, Agrotis segetum (Denis & Schiffermüller, 1775) est une espèce commune en Île-de-France. Curieusement elle n’avait pae encore été notée du parc des Beaumonts. C’est même l’une des espèces les plus courantes du genre Agrotis. La chenille consomme les racines de diverses plantes herbacées et peut être néfaste aux cultures. L’adulte vole de mai à octobre. L’exemplaire photographié très sombre représente la forme nigricornis.

La Noctuelle des moissons, Agrotis segetum, Beaumonts, 19 août 2025, cmiché André Lantz

C. PYRALES

Une petite dizaine d’individus de la Nomophile Nomophila noctuella (Denis & Schiffermüller, 1775) aux ailes antérieures étroites et longues, décorées de deux taches allongées gris brunâtre. Certains exemplaires sont très contrastés. Les imagos présents cette nuit étaient dans l’ensemble très uniformes. La chenille consomme les trèfles et les graminées.

Nomophile, Nomophila noctuella, Beaumonts, 19 août 2025, cliché André Lantz

Dans la sous-famille des CRAMBINAE un seul Ancylolome commun Ancylolomia tentaculella (Hübner, 1796) a été observé. La chenille vit sur les grandes graminées. Avec le réchauffement climatique, cette espèce remonte vers le Nord de la France. Elle était réputée rare au-dessus de Paris.

Ancylolome commun, Ancylolomia tentaculella, Beaumonts, 19 août 2025, cliché André Lantz

D. YPSOLOPHIDAE

L’Ypsolophe sinuée Ypsolopha sequella (Clerck, 1759) est un papillon de 16 à 20mm d’envergure. La tête et le thorax sont blanc. Les ailes antérieures blanches présentent des taches noires bien nettes sur leur partie dorsale. Les chenilles consomment les feuilles de divers érables: Acer pseudoplatanus, Acer campestre, Acer platanoides. Ces arbres ne manquent pas aux Beaumonts! J’avais déjà photographié cette espèce aux Beaumonts en sous-bois en 2009, mais ne l’avais pas revue depuis cette date.

Ypsolophe sinuée, Ypsolopha sequella, Beaumonts, 18 août 2025, cliché André Lantz

Ypsolophe sinuée, Ypsolopha sequella, Beaumonts, 18 août 2025, cliché studio André Lantz

E. TINEIDAE

La Monopide des détritus Monopis obviella ( Denis et Schiffermüller, 1775) s’est posée sur le drap. Son envergure est d’environ 10 mm. La tête est jaune orangé, le thorax a aussi une bande jaune, ainsi que le dorsum [face dorsale] des ailes de la même couleur. Le fond des ailes est d’un brun-noir très fonçé. Les chenilles vivent sur les détritus végétaux oiu animaux. Vole au crépuscule. Habite les jardins, dépotoires, abords des habitations. Espèce nouvelle pour le parc des Beaumonts.

Monopide des détritus, Monopis obviella, Beaumonts, 18 août 2025, cliché André Lantz

COLÉOPTÈRES.

Plusieurs Coccinelles asiatiques Harmonia axyridis et des coccinelles orangées à points blanc : Halyzia sedecimguttata très communes.

Curculionidae : Un seul charençon : le Balanin des châtaignes ou Balanin éléphant : Curculio elephas. Le nom balanin est tiré du grec ancien et signifie gland. L’emploi du terme elephas (ou éléphant) est justifié par son très long rostre. L’adulte apparait d’août à fin septembre. La femelle creuse avec son rostre un trou dans les châtaignes ou les glands pour y déposer un à plusieur œufs. La larve se développe dans le fruit. Arrivée à maturité elle percera un petit orifice et se nymphosera dans le sol. La nymphose peut durer de une jusqu’à quatre années pour l’émergence de l’adulte.

Balanin des châtaignes ou Balanin éléphant : Curculio elephas, Beaumonts, 18 août 2025, cliché André Lantz

DIPTÈRES

Nématocères.

Nous avons retrouvé un adulte de Macrocera phalerata (Wiedermann in Meigen, 1818) que nous avions vu et juillet dernier.

HOMOPTÈRES

CICADELLIDAE

Une nouvelle espèce pour le parc : Le grand Diable Ledra aurita. Cette cicadelle est particulièrement caractéristique. De grande taille ( 12 à 18 mm de long) elle se caractérise par deux expansions foliacées ressemblant à des sortes d’oreilles, d’où est tiré le nom aurita (auris = oreille) et une tête aplatie se terminant de manière triangulaire.Ces sortes de cornes évoquent la physionomie du diable. La larve et l’adulte prélèvent la sève des feuillus (souvent des chênes). Dans ses biotopes elle passe inaperçue se confondant sur les écorces des branches ou des troncs. Le cyle est de deux ans.

Le Grand Diable, Ledra aurita, Beaumonts, 18 août 2025, cliché André Lantz
Le Grand Diable, Ledra aurita, Beaumonts, 18 août 2025, cliché André Lantz

Cette espèce n’est pas commune. Elle est même protégée en Île-de-France.

CIIXIDAE :

Autre Ciccadelle : Cixus nervosus ( Linnaeus, 1758 ). Beaucoup plus petite car ne dépassant pas 7 mm, les larves souterraines se nourrissent des racines de diverses plantes. Les espèces du genre Cixus ne sont pas toutes facilement identifiables à vue. Cette espèce se caractérise par une ponctuation sur les nervures des ailes. Les points de la nervure costale sont plus grands que ceux des autres nervures [la costale est l’une des principales nervures longitudinales de l’aile, dont elle forme généralement le bord antérieur]. Par transparence à travers les ailes, on distingue un trait blanc situé sur le début de l’abdomen et perpendiculaire à ce dernier. Les deux parties latérales de l’extrémité de l’abdomen sont également blanches pour cette espèce. Le cliché suivant donne une idée de la petite taille de l’insecte par rapport à la pyrale.

Nomophila noctuella et Cixus nervosus, Beaumonts, 19 août 2025, cliché André Lantz
Cixus nervosus, Beaumonts, 19 août 2025, cliché André Lantz
Cixus nervosus, agrandissement du cliché précédent, Beaumonts, 19 août 2025, cliché André Lantz

André Lantz, avec l’aide de Pierre Rousset, le 26 août 2025.

Littérature consultée :

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France I. Noctuelles 1997, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 19 d’Alexanor.

-Papillons de nuit d’Europe, volume 6 Noctuelles 2 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2019

-Papillons de nuit d’Europe, volume 7 Microlépidoptères 1 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2023



Quelques espèces estivales nouvelles ou peu observées sur le parc des Beaumonts. by beaumonts

Éphéméroptères (EPHEMEROPTERA)

Lors du début de la nuit du 28 juillet 2025, un représentant de cet ordre attiré par la LépiLED, s’est posé un court instant, mais n’a pas été revu ensuite sur le drap. Pierre m’ayant communiqué son cliché récemment, il nous a semblé plus intéressant d’écrire un nouvel article que de compléter l’ancien. Le nom attribué à cet ordre est lié à la très courte vie des adultes. Les larves vivent dans l’eau durant toute leur vie. Lors de la dernière mue, les adultes sont ailés et doivent se reproduire très rapidement.

Il existe plusieurs familles dans cet ordre des Éphéméroptères. La famille des Baetidae à laquelle appartient l’insecte photographié se caractérise par des imagos de petite taille dont le corps n’excède pas 7 mm (sans les appendices caudaux nommés cerques qui mesurent de 10 à 16 mm de long) et dont l’envergure alaire s’étend de 13 à 25 mm.

Les femelles pondent dans des petits points d’eau naturels mais aussi artificiels (tonneau d’eau de pluie, abreuvoirs…). Les larves se nourrissent de matière organique sur la vase ou sur les parois des récipients. En cas de danger elles sont capables de nager rapidement. Les adultes ne se nourrissent pas.

Dans la famille des Baetidae, les adultes ne portent que deux cerques. Les ailes antérieures ont peu de nervures et les ailes postérieures sont très petites ou absentes. Le dimorphisme sexuel s’exprime aussi par la forme et la position des yeux : latéraux chez les femelles et dorsaux et en turban chez les mâles. Cette position serait favorable à la recherche des femelles dans un essaim en vol.

Le représentant de cette famille photographié est la mouche de mai Cloeon dipterum (Linnaeus, 1761). le nom dipterum précise bien que les adultes ne possèdent que deux ailes. (la majorité des Éphéméroptères en possèdent quatre).

Les cerques sont annelés et bicolores chez cette espèce. Les ailes sont transparentes et finement nervurées, excepté à la côte où elles prennent une teinte roussâtre. La femelle peut être ovovivipare selon les conditions climatiques.

Mouche de mai, Cloeon dipterum, Beaumonts, 28-29 juillet 2025, LépiLED, cliché Pierre Rousset

L’adulte s’observe dans nos contrées de mai à octobre. C’est notre première rencontre aux Beaumonts avec cet insecte. Les vases au bord de la mare sont certainement propices à de nombreux insectes, dont certains sont encore à découvrir !

Hyménoptères

Halictus scabiosae (Rossi, 1790), l’Halicte de la Scabieuse

En général la détermination des hyménoptères est particulièrement délicate et nécessite au mieux une loupe binoculaire. L’espèce présentée ici est assez caractéristique et relativement commune. Une collègue de l’ANCA (Association Naturaliste des Coteaux d’Avron) Pamela lavait déjà inventoriée cette espèce sur le parc des Beaumonts.

Cette abeille affectionne particulièrement les scabieuses, les knauties (il n’y en plus au parc des Beaumonts depuis la disparition de certaines prairies), les chardons, cirses et centaurées. Les mâles ont un corps un peu plus allongé et des antennes plus longues et courbées vers l’extérieur.

Halicte de la Scabieuse, Halictus scabiosae mâle, Beaumonts, 6 août 2025, cliché André Lantz

Les femelles sont plus trapues et ont des antennes plus courtes et coudées. Les abdomens noir sont annelés de jaune. Sur la photo suivante on distingue bien le pollen récolté par la femelle.

Halicte de la Scabieuse, Halictus scabiosae femelle, Beaumonts, 6 août 2025, cliché André Lantz

Les femelles subissent une diapause hivernale et sortent au printemps pour constituer les nids qui seront occupés par les femelles de première génération. Les mâles sortiront plus tard.

Cette espèce, comme celles d’autres abeilles sauvages, contribue à la pollinisation croisée favorisant la biodiversité florale. Sa nidification s’accompagne d’un impact positif sur l’aération et l’enrichissement des sols. Plus d’une vingtaine d’individus butinaient les chardons en ce début août.

HEMIPTERA

Hétéroptères (punaises)

Nabidae

En battant les feuilles des arbres, j’ai récupéré deux adulte de la punaise Himacerus apterus, (Fabricius, 1798). Cette punaise vit sur les arbres dans les lisières de forêts de feuillus et de conifères. La ponte s’opère en fin d’été. Les œufs hivernent. Les adultes sortent au printemps. Les premiers stades larvaires s‘étalent à partir de mai et la taille adulte s’obtient entre mi-juillet et août.

En réalité cette espèce n’est pas aptère mais microptère car les ailes ne se développent pas entièrement sauf pour quelques rares individus. Les juvéniles n’ont pas encore leurs ailes mais les adultes en portent. Les deux photos qui suivent illustrent le développement différent des ailes des deux individus: environ la moitiéde l’abdomen pour le premier et les 2/3 pour le second.

Himacerus apterus, Beaumonts, 6 août 2025, cliché André Lantz

Les antennes sont fines et longues. Le rostre est bien développé et recourbé. Cette espèce régule les populations de petits arthropodes comme les pucerons, acariens…

Miridae

Lors de la séance nocturne du 28 au 29 juillet 2025, un représentant de cette famille s’est posé sur le drap et n’avait pas été déterminé sur le champ. L’agrandissement du cliché obtenu nous a permis de l’identifier. Il s’agit de l’espèce Stenodema calcarata (Fallen, 1807), quelquefois désignée par « punaise des graminées à deux épines ».

C’est une petite punaise allongée, caractéristique commune au genre, dont la longueur n’excède pas 8 mm. La détermination des espèces du genre Stenodema peut être difficile et nécessite souvent la capture de l’insecte. Cela n’est pas le cas pour cette espèce. En effet, elle est facilement déterminable par la présence de deux épines courbes se situant vers l’extrémité du fémur 3 (troisième paire de pattes) en partant du corps de l’insecte. La première épine étant nettement plus grande que la seconde. Je n’ai pas trouvé dans la littérature consultée le rôle des ces épines.

Stenodema calcarata, Beaumonts, LépiLED, 28-29 juillet 2025, cliché André Lantz
Fémur3 de Stenodema calcarata, Beaumonts, LépiLED, 28-29 juillet 2025, cliché André Lantz

Elle prospère sur diverses graminées, cypéracées et Joncacées. Sa coloration est variable selon le sexe et la saison. Les femelles sont vertes à l’émergence puis deviennent brunes comme les mâles, sans doute pour se confondre davantage dans leur environnement où les teintes des graminées passent du vert à l’ocre en fonction de la saison. Notons également la ponctuation du pronotum caractéristique du genre. La femelle hiverne.

André Lantz, avec l’aide de Pierre Rousset, le 13 août 2025.



Compte-rendu de la séance d’observation nocturne de la nuit des 28-29 juillet 2025 by beaumonts

La température, de 19,4°C en début de soirée (22h), s’est abaissée progressivement jusqu’à 16°C vers 1h 20 le 29 juillet. Absence de vent et ciel clair. Pas de lune. Nous avons profité des grilles de protection du terrain derrière la mare pour y tendre deux draps, un troisième étant posé au sol.­

Nous avons déjà explicité l’intérêt des observations nocturnes des Hétérocères. Le lecteur pourra retrouver ces informations sur les précédents articles parus sur le site de Beaumonts-Nature en Ville (BNeV). Les observations et photographies ont été réalisées majoritairement sur le drap blanc vertical éclairé par une lampe LépiLED (lampe à diodes électroluminescentes) alimentée par une batterie de téléphone potable.

Divers insectes appartenant à d’autres ordres que celui des lépidoptères ont également été attirés par ces radiations lumineuses : quelques diptères, coléoptères, hyménoptères , homoptères et hémiptères (punaises).

Nous avons pu déterminer environ vingt-cinq espèces de papillons de nuit dont deux sont nouvelles pour le parc des Beaumonts dont une pour la Seine-Saint-Denis.

LÉPIDOPTÈRES

Pour ne pas être trop fastidieux, ne seront présentés ici que les lépidoptères nouveaux ou plus ou moins remarquables . Une grande partie des espèces observées lors de cette nuit ont déjà fait l’objet de commentaires et ont été illustrées sur le site de Beaumonts Nature en ville. Curieusement, nous avons vu très peu d’espèces de Tordeuses lors de cette session estivale.

Voici le tableau récapitulatif des espèces observées.

FAMILLESOUS-FAMILLEGenre espèce
YPONOMEUTIDAEPLUTELLINAEPlutella xylostella
LIMACODIDAE
Apoda limacodes



TORTRICINAETORTRICINAENeocochylis hybridella
TORTRICIDAETORTRICINAEAgapeta hamana



PYRALIDAEPHYCITINAEOncocera semirubella
PYRALIDAEPHYCITINAEHomoeosoma sinuella
PYRALIDAECRAMBINAEAgriphila staminella
PYRALIDAECRAMBINAECRAMBINAEAncylolomia tentaculella
PYRALIDAEPYRAUSTINAEUdea ferrugalis
PYRALIDAEPYRALINAENomophila noctuella



NOTODONTIDAE
Thaumetopoea pityocampa



LYMANTRIIDAE
Lymantria dispar



GEOMETRIDAEENNOMINAEIdaea degeneraria
GEOMETRIDAEENNOMINAEGymnoscelis rufifasciata
GEOMETRIDAEENNOMINAEMacaria alternata
GEOMETRIDAELARENTIINAE
Horisme radicaria



EREBIDAEARCTIINAEPhragmatobia fuliginosa
EREBIDAEARCTIINAEEuplagia quadripunctaria



NOCTUIDAERIVULINAERivula sericealis
NOCTUIDAEACONTIINAEAcontia lucida
NOCTUIDAEPLUSIINAEAutographa gamma
NOCTUIDAEACRONICTINAECraniophora ligustri
NOCTUIDAENOCTUINAEProxenus hospes
NOCTUIDAENOCTUINAEMythimna albipuncta
NOCTUIDAENOCTUINAEXestia c-nigum
NOCTUIDAENOCTUINAEAxylia putris
NOCTUIDAENOCTUINAEAgrotis exclamationis

A. Géomètres

Pas de nouveauté durant cette session. Plusieurs Horisme radicaria, espèce dont la chenille consomme la Clématite.

B. Noctuelles

Onze espèces de Noctuelles ont été attirées par la lampe.

Parmi les ARCTIINAE, environ 5 à 7 Ecailles chinées, Euplagia quadripunctaria, toujours spectaculaires avec les ailes postérieures rouges.

Ecaille chinée, Euplagia quadripunctaria, Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché: André Lantz

Une seule écaille fuligineuse Phragmatobia fuliginosa.

Parmi les Acronictinae, une petite dizaine de la Troënière Craniophora ligustri (Denis & Schiffermüller, 1775) présentant des livrées avec les dessins plus ou moins marqués et des colorations noires sans reflet ou avec des reflets bronze. La chenille ne consomme pas que les troènes, mais aussi les frênes présent dans le parc et les érables et les charmes. C’est une espèce des milieux boisés. Vole de mai à septembre en deux générations.

Troènière Craniophora ligustri, Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché André Lantz

La petite noctuelle Hydrille domestique, Proxenus hospes (Freyer, 1831) était bien présente avec quelques individus bien frais. Un imago a été prélevé pour le photographier en lumière naturelle de jour.

Son envergure est d’environ 26 mm. Pas de dessin particulier sur l’aile antérieure, sinon un petit point noir au niveau de la tache orbiculaire (située au premier tiers de l’aile antérieure). Les ailes postérieures sont blanches. Avec le réchauffement climatique cette espèce remonte vers le nord. Elle est aussi migratrice. La chenille vit sur diverses plantes basses.

Hydrille domestique Proxenus hospes , Beaumonts 28 juillet 2025, cliché André Lantz

C. Tordeuses

Signalons 4 ou 5 Cochylide de la picride Neocochylis hybridella (Hübner, 1813). Cette espèce avait déjà été observée de jour dans les parties prairiales dans les années 2010. On la retrouve chaque année attirée par la lumière. Chenille sur les fleurs et les graines de Picris hieracioides et sur Crepis. Elle préfère les talus, les coteaux sablonneux ou calcaires. Vole de juin à septembre. Cette espèce est commune et facilement déterminable sur des exemplaires frais. Curieusement nous n’avons pas observé d’autres espèces.

Cochylide de la picride Neocochylis hybridella, Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché André Lantz

D. LIMACODIDAE

Une famille d’Hétérocères peu connue ! En effet, si cette famille regroupe un millier d’espèces dans les tropiques, il n’en existe que trois en France ! Les imagos sont de petite taille. Leur corps est assez volumineux par rapport à l’envergure alaire. La morphologie des chenilles possède la particularité suivante : Elles ne disposent pas de fausses-pattes et leur aspect s’apparente à celui des cloportes. Le cocon est également coriace.

La Tortue Apoda limacodes (Hufnagel, 1766) a un nom de genre latin qui fait référence à l’absence de fausses-pattes des chenilles. Ces dernières consomment les feuilles des arbres de différentes espèces : chênes, hêtres et charmes. Cette espèce forestière est univoltine (une seule génération par an) et vole de juin à août.

Les ailes antérieures orangées sont parées d’une sorte de triangle. Les ailes postérieures sont sombres et unicolores. La femelle, plus grande que le mâle, est nettement plus claire. L’exemplaire mâle a été photographié en studio en lumière du jour pour obtenir un meilleur rendu des couleurs.

La Tortue Apoda limacodes, Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché studio André Lantz

Selon Philippe Mothiron, on ne trouve pas cette espèce en ville. Cette espèce nouvelle pour le parc ne semble pas encore avoir été observée dans le département de la Seine-Saint-Denis.

E. PYRALES

Une petite dizaine de la Llythie incarnat Oncocera semirubella (Scopoli, 1763) bien colorées ont représenté la sous-famille des PHYCITINAE lors de cette nuit d’observation.

Les palpes labiaux sont longs et bien recourbés vers le dessus de la tête. On attribue aux exemplaires, comme celui photogaphié ci-dessous, dont la côte de l’aile antérieure est blanche la forme sanguinella Hübner, 1796. La chenille consomme différentes plantes de la famille des Fabacées : trèfles, lotiers… L’espèce peut facilement être débusquée de jour quand on traverse une prairie (non traitée !).

Llythie incarnat Oncocera semirubella, forme sanguinella, Beaumonts, 29 juillet 2025, cliché André Lantz

Parmi la sous-famille des PYRAUSTINAE (CRAMBIDAE), un seul représentant de ce groupe : Udea ferrugalis (Hübner, 1796). le Botys ferrugineux. La chenille consomme les plantes basses: chénopode, plantain, cirses… Cet exemplaire photographié illustre la forme claire, peu contrastée. Les adultes volent entre mai et décembre. Cette espèce est migratrice. On l’observe chaque année plus souvent en automne qu’en été aux Beaumonts.

Botys ferrugineux, Udea ferrugalis, Beaumonts, 29 juillet 2025, cliché André Lantz

Dans la sous-famille des CRAMBINAE un seul Ancylolome commun ; Ancylolomia tentaculella (Hübner, 1796) a été observé. La chenille vit sur les grandes graminées. Avec le réchauffement climatique, cette espèce remonte vers le Nord de la France. Elle était encore réputée rare, il y a une dizaine d’années au nord de Paris.

Ancylolome commun, Ancylolomia tentaculella, Beaumonts, 29 juillet 2025, cliché André Lantz

F NOTODONTIDAE

La processionnaire du pin Thaumetopoea pityocampa (Denis & Schiffermüller, 1775) a fait son apparition au parc ! Les ailes du mâle sont grises, traversées par deux lignes sombres bien nettes. Les postérieures sont blanches. Le papillon a été attaqué sur le drap par un Opilion. Quelques minutes plus tard l’Opilion est parti laissant sa proie morte. Nous avions déjà répertorié la processionnaire du chêne Thaumetopoea processionea (Linnaeus, 1758 ) en 2023 et 2024, mais pas encore la processionnaire du pin.

Mâle de la processionnaire du pin Thaumetopoea pityocampa, attaqué par un Opilion, Beaumonts, 29 juillet 2025, cliché André Lantz.

COLÉOPTÈRES.

Très peu de coléoptères lors de cette nuit. Un seul mâle de ver luisant Lampyris noctiluca (Linnaeus, 1758), est arrivé sur le drap vertical. C’est la troisième fois que l’on observe un mâle. Lors de précédentes observations nocturnes une femelle avait déjà été attirée par la LED.

mâle de ver luisant Lampyris noctiluca, Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché André Lantz

Plusieurs coccinelles asiatiques Harmonia axyridis illustrent bien la diversité des dessins des élytres de cette espèce.

Deux formes, parmi de nombreuses autres, de la Coccineelle asiatique, Harmonia axyridis, Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché André Lantz

HYMÉNOPTÈRES

ICHNEUMONIDAE

TRYPHONINAE

La nervation alaire est différente de celle des représentants de la sous-famille des OPHIONINAE auxquels les adultes des TRYPHONINAE ressemblent.

Un imago mâle de du genre Netelia s’est posé sur le drap et y est resté durant la session. Cet insecte est nocturne et souvent attiré par les radiations lumineuses de la LED. La femelle pond ses oeufs dans les chenilles. C’est donc un parasire des Lépidoptères. La détermination de l’espèce ne peut se faire que par l’étude des pièces génitales.

Netelia sp, Beaumonts, 28-29 juillet 2025, cliché André Lantz

DIPTÈRES

Dans les Nématocères nous avons été séduit par ce représentant de la famille des KEROPLATIDAE. Son nom latin est Macrocera phalerata (Wiedermann in Meigen, 1818). Le nom de genre Macrocera (grandes antennes) est bien choisi : Les antennes du mâle sont particulièrement longues ! L’envergure alaire est de 5 à 6 mm. Les ailes sont décorées de taches sombres en particulier à l’apex pour cette espèce. Le thorax et le début de l’abdomen sont de couleur orangée. Le biotope est celui des milieux humides. Les larves sont prédatrices. Elles confectionnent au sol une sorte de toile sur laquelle elles disposent des gouttelet­tes d’un fluide acide qui tuera leurs proies (souvent des Collemboles). Nous l’avions déjà vue en juillet 2024. Cette espèce est attirée par la lumière.

Macrocera phalerata , Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché André Lantz

HOMOPTÈRES

FLATIDAE

Dans l’article publié sur le site en 2024 «  deux américaines à Paris » j’avais signalé la présence au parc des Beaumonts de la Cicadelle pruineuse Metcalfa pruinosa (Say, 1830) introduite involontairement en Europe. Les larves se trouvent maintenant en grand nombre en région parisienne et dans le parc. Si nous avions à l’époque observé de jour les larves et adultes dans la végétation, cette année quelques adultes ont été attirés par la LépiLED et se sont posés sur le drap.

Cicadelle pruineuse, Metcalfa pruinosa, Beaumonts, 28 juillet 2025, cliché André Lantz

HÉTEROPTÈRES

MIRIDAE

Plusieurs petites punaises d’environ 6 à 7mm se sont posées sur le drap.

Elles font partie du Genre Phytocoris. Pour la détermination de l’espèce il faudrait en principe faire la préparation des pièces génitales. L’espèce varipes est possible compte tenu de la coloration de l’adulte et de la taille des poils du premier segment antennaire qui sont d’environ de la même longueur que le diamètre de ce premier segment. Elle se nourrit de fleurs et de graines dans les milieux prairiaux. L’adulte vole de juin à octobre

Phytocoris (varipes probable), Beaumonts, 29 juillet 2025, cliché André Lantz

André Lantz, avec l’aide de Pierre Rousset, le 2 juillet 2025.

Littérature consultée :

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France I. Noctuelles 1997, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 19 d’Alexanor.

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France II. Géomètres 2001, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 21 d’Alexanor.

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France III.Bombycoïdes 2010, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 23 d’Alexanor.

-Papillons de nuit d’Europe, volume 1 Bombyx Sphinx Ecailles… ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2006

-Papillons de nuit d’Europe, volume 2 Géomètres ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2009

-Papillons de nuit d’Europe, volume 5 Noctuelles 1 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2019

-Papillons de nuit d’Europe, volume 6 Noctuelles 2 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2019

-Papillons de nuit d’Europe, volume 7 Microlépidoptères 1 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2023

-Mouches et Moustiques d’Europe, Denis Richard, Pierre-Olivier Macquart, Guide Delachaux, 2024



Compte-rendu de la nuit d’observation des Hétérocères du 22-23 juin 2025. by beaumonts

La température, de 23,7°C en début de soirée (22h 50), s’est abaissée progressivement jusqu’à 20°C vers 2h 20 le 23 juin. Absence de vent et ciel clair. Pas de lune. Nous avons profité des grilles de protection du terrain derrière la mare pour y tendre deux draps. Un autre étant posé au sol.­

Nous avons déjà explicité l’intérêt des observations nocturnes des Hétérocères. Le lecteur pourra retrouver ces informations sur les précédents articles parus sur le site de Beaumonts-Nature en Ville (BNeV). Les observations et photographies ont été réalisées majoritairement sur le drap blanc vertical éclairé par une lampe LépiLED (lampe à diodes électroluminescentes) alimentée par une batterie de téléphone potable.

Divers insectes appartenant à d’autres ordres que celui des lépidoptères ont également été attirés par ces radiations lumineuses :  quelques diptères, des coléoptères et des trichoptères. Nous avons pu déterminer environ une quarantaine d’espèces de papillons de nuit dont 6sont « nouvelles » pour le parc des Beaumonts.

LÉPIDOPTÈRES

Pour ne pas être trop fastidieux, ne seront présentés que les lépidoptères nouveaux ou plus ou moins remarquables. Une grande partie des espèces observées lors de cette nuit ont déjà fait l’objet de commentaires sur le site de Beaumonts Nature en ville.

Voici le tableau récapitulatif des espèces observées.

FAMILLESOUS-FAMILLEGenre espèce
OECOPHORIDAE
Dasycera oliviella
SCYTHRIDIDAE
Enolmis acanthella
BLASTOBASIDAE
Blastobasis sp
PTEROPHORIDAEPTEROPHORINAECnaemidophorus rhododactyla
YPONOMEUTIDAE
Yponomeuta malinellus
COLEOPHORIDAECOLEOPHORINAEColeophora sp
YPSOLOPHIDAEYPSOLOPHINAEYpsolopha scabrella



TORTRICINAETORTRICINAEAcleris variegana
TORTRICIDAETORTRICINAEAcleris forsskaleana
TORTRICIDAETORTRICINAEClepsis consimilana
TORTRICIDAETORTRICINAENeocochylis hybridella
TORTRICIDAETORTRICINAELozotaeniodes formosana
TORTRICIDAEOLETHREUTINAEEucosma cana
TORTRICIDAEOLETHREUTINAEEucosma conterminana
TORTRICIDAEOLETHREUTINAEZeiraphera isertana
TORTRICIDAEOLETHREUTINAEDichrorampha simpliciana



PYRALIDAEGALLERIINAELamoria anella
PYRALIDAEPHYCITINAEHomoeosoma sinuella
PYRALIDAECRAMBINAEChrysocrambus linetella
PYRALIDAESCOPARIINAEEudonia mercurella
PYRALIDAEPYRAUSTINAEPyrausta aurata
PYRALIDAEPYRALINAEEndotricha flammealis



GEOMETRIDAESTERRHINAEIdaea degeneraria
GEOMETRIDAESTERRHINAEIdaea rusticata
GEOMETRIDAESTERRHINAEIdaea aversata
GEOMETRIDAESTERRHINAEIdaea fuscovenosa
GEOMETRIDAELARENTIINAEEpirrhoe alternata
GEOMETRIDAELARENTIINAEEupithecia haworthiata
GEOMETRIDAEENNOMINAEEctropis crepuscularia
GEOMETRIDAEENNOMINAEMacaria notata
GEOMETRIDAEENNOMINAELomaspilis marginata



EREBIDAEARCTIINAELithosia quadra
EREBIDAEARCTIINAEEilema lurideola
NOCTUIDAEHYPENINAEHypena proboscidalis
NOCTUIDAEBRYOPHILINAECryphia algae
NOCTUIDAEACRONICTINAECraniophora ligustri
NOCTUIDAENOCTUINAELacanobia oleracea
NOCTUIDAENOCTUINAEXestia c-nigum
NOCTUIDAENOCTUINAECosmia affinis
NOCTUIDAENOCTUINAENoctua comes
NOCTUIDAENOCTUINAENoctua pronuba
NOCTUIDAENOCTUINAENoctua fimbriata

A. Géomètres

Une seule nouvelle espèce de géomètre pour le parc. Il s’agit d’une petite espèce de la sous-famille des Larentiinae dans le grand groupe des Eupithecia. Eupithecia haworthiata (Doubleday, 1856). L’Eupithécie de la Clématite.

Eupithecie de la clématite Eupithecia haworthiata, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

Le nom latin d’espèce rend hommage à l’entomologiste Haworth. Cette géomètre n’est pourtant pas rare, et sa plante-hôte bien présente au parc.

Philippe Mothiron indique : «  Répandu et généralement commun, surtout dans les forêts humides, les friches arbustives, les milieux à végétation dense. Une seule génération de mai à juillet. La dernière observation en Seine-Saint-Denis remonterait à 1991 sur le site LépiNet de Claire Hoddé et Philippe Mothiron.

B. Noctuelles

Dix espèces de Noctuelles ont été attirées par la lampe.

Parmi les ARCTIINAE, de nombreux Eilema lurideola et une nouvelle espèce pour le parc : Lithosia quadra (Linnaeus, 1758), la Lithosie quadrille. Son envergure est plus grande que celle des autres lithosies. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Le mâle porte des ailes antérieures jaunes unies. La femelle se distingue par 2 points noirs sur chacune des ailes antérieures.

Philippe Mothiron signalait que l’espèce « n’est pas une banalité en Île-de-France, elle n’est plus guère régulière qu’à Fontainebleau. » De même dans le volume 1 Papillons de nuit d’Europe, Patrice Leraut indique : « En France , partout mais s’est raréfié près des villes ».

Lithosie quadrille, Lithosia quadra ♀ (femelle), Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

Lors de cette nuit d’observation nous avons compté quatre femelles et aucun mâle. Il est donc encourageant de retrouver cette espèce en milieu densément urbanisé.

Cosmia affinis (Linnaeus, 1767) la Cosmie baie. Son envergure n’est pas très grande car elle est comprise entre 25 et 30mm. L’aile antérieure est rousse avec des lignes transverses blanchâtres peu marquées, sauf à la côte. Sur le cliché on peut distinguer la frange jaune des ailes postérieures noires. C’est une espèce commune. La chenille vit sur les ormes bien présents dans le parc. L’adulte vole en une seule génération de juin à octobre mais est beaucoup plus présent de juillet à août. Philippe Mothiron indique : « Tendances thermophiles, Observé assez fréquemment en ville et même en banlieue. » Cette espèce n’avait pas encore été signalée sur le parc des Beaumonts.

la Cosmie baie, Cosmia affinis, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

C.Tordeuses

Signalons 4 ou 5 Cochylide de la picride Neocochylis hybridella (Hübner, 1813). Cette espèce avait été observée de jour dans les parties prairiales dans les années 2010. Chenille sur les fleurs et les graines de Picris hieracioides et sur Crepis. Elle préfère les talus, les coteaux sablonneux ou calcaires. Vole de juin à septembre. Cette espèce est commune et facilement déterminable sur des exemplaires frais.

Nous avons observés plusieurs espèces habituelles du parc mais aussi deux nouvelles espèces :

Lozotaeniodes formosana (Frölich, 1830), la tordeuse marbrée du pin. C’est une espèce dont l’adulte est orangé et dont la chenille vit sur les pins. Le spécimen attiré, posé sur le drap a été prélevé pour obtenir un cliché en lumière naturelle. L’adulte vole de mai à août. Sur le site LépiNet, cette espèce a déjà été signalée du département de Seine-Saint-Denis en 2022. Par contre c’est la première observation pour le parc des Beaumonts. Les quelques pins qui se trouvent au parc ont donc été visités par cet insecte.

la tordeuse marbrée du pin. Lozotaeniodes formosana, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché studio André Lantz

La seconde espèce nouvelle est Zeiraphera isertana (Fabricius, 1794). Cette espèce courante vit sur les chênes. Elle est fort bien représentée dans le bois de Vincennes où les chênes sont particulièrement nombreux. L’adulte vole de mai à août. Un déplacement d’adultes vers Montreuil n’est pas à exclure.

Zeiraphera isertana, beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

D. Ptérophores

Une belle espèce bien colorée a été revu pour la seconde fois . Elle avait été observée la première fois de jour en 2010 ! Cnaemidophorus rhododactylus (Denis & Schiffermüller, 1775). Les ailes sont découpées en lanières de couleur ocre avec du blanc et du brun plus ou moins fonçé. Les pattes blanches sont également maculées de brun fonçé. La chenille vit sur les églantiers. L’adulte vole surtout en juin et juillet.

Cnaemidophorus rhododactylus, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

E. YPSOLOPHIDAE

Cette famille de microlépidoptères ne comporte que 38 espèces en Europe réparties en deux sous-Famille.

Ypsolopha scabrella (Linnaeus, 1761) a une envergure de 14 à 22mm. La chenille vit sur les pommiers, sorbiers, amélanchier, poirier, aubépine, cotonéaster…L’adulte vole de juin à octobre. Cette espèce n’avait pas encore été observée dans le Parc.

Ypsolopha scabrella, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

COLÉOPTÈRES.

Un nouveau coléoptère a fait son apparition lors de cette session: Spondylis buprestoides (Linnaeus, 1758). Son nom vernaculaire est Spondyle bupreste ou Faux-meunier. Ce coléoptère noir a une tête de même largeur que le pronotum, Il appartinet à la famille des Longicornes (Cerambycidae). Ses antennes sont cependant beaucoup plus courtes que celles de la grande majorité des longicornes. Les adultes sont actifs de fin mai à août. Les larves vivent dans dans les forêts de pins , dans les souches de conifères morts, les troncs non écorcés , les racines et grosses branches. Sa tête porte deux mandibules acérées et falciformes. La taillle des adultes est comprise entre 9 et 26 mm. Sur le site dez l’INPN la dernière donnée d’observation à Montreuil (93) de cette espèce date de 1945.

Spondyle bupreste, Spondylis buprestoides, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

Un mâle de ver luisant Lampyris noctiluca (Linnaeus, 1758) , est aussi arrivé sur le drap vertical durant cette nuit. C’est la première fois que l’on observe un mâle. attiré par la LépiLED. Lors de précédentes observations nocturnes des femelles avaient déjà été attirées par la lumière.

Ver luisant Lampyris noctiluca ♂, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

DIPTÈRES

Plusieurs tipules dont une femelle de Nephrotoma flavescens ainsi qu’une femelle de Nephrotoma quadrifaria se sont posées sur le drap en tout début de nuit,

Nephrotoma flavescens ♀, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz
Nephrotoma quadrifaria ♀ , Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

TRICHOPTÈRES

Dans la famille des PHRYGANEIDAE, une espèce de belle taille fut attirée par la lumière. Elle est nouvelle pour le parc et la ville de Montreuil. J’avais eu l’occasion de l’observer en 2013, de jour posé sur le feuillage lors d’un inventaire entomologique de l’ANCA (Association Naturaliste des Coteaux d’Avron) vers Neuilly-sur-Marne.

Il s’agit d’Agrypnia varia (Fabricius, 1793). La larve aquatique vit dans un fourreau. L’imago, d’assez grande taille, mesure environ 22 mm. L’adulte vole de mai à septembre, mais est plus abondant de juin à août.

Phrygane Agrypnia varia, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

L’autre imago de trichoptère est un représentant de la famille des Leptoceridae. On peut remarquer le développement important des antennes annelées. Les larves se développent dans un fourreau de grains de sable, cailloux et morceaux de plantes qu’elles construisent. Elles consomment des charognes, des débris de végétaux et diverses proies. Les adultes ne s’alimentent pas.

Leptoceridae, espèce non déterminée, Beaumonts, 22-23 juin 2025, cliché André Lantz

Les Leptoceridae jouent un rôle important dans l’écosystème aquatique, notamment dans la décomposition de la matière organique.

André Lantz, avec l’aide de Pierre Rousset, le 1 juillet 2025.

Littérature consultée :

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France I. Noctuelles 1997, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 19 d’Alexanor.

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France II. Géomètres 2001, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 21 d’Alexanor.

-Papillons de nuit d’Europe, volume 2 Géomètres ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2009

-Papillons de nuit d’Europe, volume 6 Noctuelles 2 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2019

-Papillons de nuit d’Europe, volume 7 Microlépidoptères 1 ; Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2023



Compte-rendu de l’observation des « nouveaux lépidoptères » recensés lors de la nuit du 2 au 3 mai 2025. by beaumonts

Cette note complète celle consacrée au Grand-Paon de nuit.

30 espèces ont été déterminées, posées sur les draps, dont six qui n’avaient pas encore été répertoriées au parc des Beaumonts

La majorité sont des noctuelles.

Noctuelles :

Diaphora mendica (Clerck, 1759) Taxref : 249064. La Mendiante ou l’Écaille mendiante.

« Répandue et souvent commune en milieu forestier plutôt humide et frais. Les premières émergences débutent très tôt dans l’année, (parfois dès la fin mars). Les mâles volent généralemet assez tard dans la nuit, semblant attendre un refroidissement. La femelle a une activité essentiellement diurne » selon Philippe Mothiron. Le dimorphisme sexuel est important. Nous avons observé plusieurs mâles et une femelle. Les ailes et le corps du mâle sont bruns. Seules les ailes antérieures possèdent quelques points noirs. La femelle dispose d’ailes hyalines blanches avec quelques points noirs. La chenille se développe sur diverses plantes basses telles que la Ronce, la Marguerite, l’Ortie, le Plantain, le Pissenlit…L’adulte vole d’avril à juillet au nord et d’avril à juin puis de juillet à août au sud en deux générations. Cette espèce commune ne semble pas avoir été signalée en Seine-Saint-Denis depuis son observation par Gérard Brusseaux et Michel Jacquin en 1987. On peut noter la forte pectination des antennes du mâle, alors que celles de la femelle sont plus filiformes.

La Mendiante, Diaphora mendica, mâle, Beaumonts, 2-3 mai 2025, cliché André Lantz

La Mendiante, Diaphora mendica, femelle, Beaumonts, 2-3 mai 2025, cliché André Lantz

Pseudoips prasinanus (Linnaeus, 1755) Taxref : 784165. La Halias du Hêtre.

«  Commun à très commun dans les milieux boisés, s’aventure souvent en milieu urbain en bordure de forêt » selon Philippe Mothiron. Vole en deux générations : juin-juillet pour la première et août-septembre pour la seconde. Le dimorphisme sexuel est assez marqué. La frange et la côte sont roussâtres pour le mâle et blanchâtres pour la femelle. La coloration verte et les stries de l’aile antérieure sont assez variables. Le mâle de la photo ci-dessous possède une coloration rousse caractéristique. Vole en juin -juillet puis août-septembre. Les chenilles consomment les feuilles de Hêtre, Chêne et Bouleau.

La Halias du Hêtre, Pseudoips prasinanus, Beaumonts, 2 mai 2025, cliché André Lantz
La Halias du Hêtre, Pseudoips prasinanus, Beaumonts, 2 mai 2025, cliché André Lantz

Cette espèce observée récemment par Axel Dehalleux en Seine-Saint-Denis, n’avait pas encore notée au parc des Beaumonts.

Ochropleura plecta ( Linnaeus, 1761) Taxref : 249291. Le Cordon blanc.

« Commun et répandu dans l’Île de France, y compris dans l’agglomération parisienne. Espèce ne présentant pas d’exigence écologique particulière, se rencontrant dans tous types de biotopes d’avril à septembre avec des effectifs maxima vers juillet-août . » L’aile antérieure brun-roussâtre est décorée d’une bande blanche à la côte. L’aile postérieure est blanche. La chenille consomme diverses plantes basses comme le Plantain, l’Oseille, et le Gaillet. Terrains découverts à peu boisés, jusqu’aux abords des habitations. Espèce observée au parc du Sausset à Villepinte par Alexis Borges de l’OPIE en 2019. Nouvelle pour notre station.

Le Cordon blanc, Ochropleura plecta, Beaumonts, 2 mai 2025, cliché André Lantz

Nola confusalis ( Herrich-Schäffer, 1847) Taxref : 248922. La Nole confuse.

« Répandu un peu partout dans les localités relativement sèches. Parfois en ville où l’espèce pourrait vivre sur les pommiers. Vole surtout de mars à mai. ». L’envergue de cette espèce ne dépasse pas 22mm. Les ailes antérieures étroites et pointues, blanchâtres, sont parcourues de lignes transversales sinueuses. Elle reste posée sur les troncs en journée. La chenille se nourrit des feuilles de Hêtre, Chênes, Bouleaux… deux générations : mars à juin et juillet-août.

La dernière observation relatée sur le site Lépinet en Seine-Saint-Denis est celle de Patrick Decreus en 2014. Ce papillon n’avait pas encore été observé sur les Beaumonts. Les Noles de la sous-famille des NOLINAE sont de petites espèces de noctuelles, peu attractives et souvent d’apparence voisine. Ellese sont donc moins citées dans les inventaires que les espèces de taille plus imposante et souvent assez faciles à déterminer.

La Nole confuse, Nola confusalis, Beaumonts, 2-3 mai 2025, cliché André Lantz

Leucania obsoleta (Hübner, 1803) , Taxref : 249564. La Leucanie obsolète.

Cette espèce avait été attirée au parc des Beaumonts par la LépiLED le 22juillet 2023. C’était la première mention de ce papillon pour le département de la Seine-Saint-Denis. Sa chenille vit à l’intérieur des tiges de phragmite quelle consomme. La mare « perchée » a été progressivement colonisée par cette plante. Pour éviter une forte consommation d’eau et son expansion sur l’ensemble de la mare, un faucardage partiel est effectué chaque année. La Leucanie obsolète reste bien présente sur le site.

La Leucanie obsolète Leucania obsoleta, Beaumonts, 2-3 mai 2025, cliché André Lantz

Géomètres

Lomaspilis marginata (Linnaeus, 1758), Taxref : 248922 la Bordure entrecoupée.

« Très répandue, fréquente surtout les milieux humides (mares, peupleraies) et forestiers, saules, peupliers et noisetiers ». Elle fut déjà observée par Axel Dehalleux en Seine-Saint-Denis en 2019. Cette petite espèce ne peut être confondue avec aucune autre. Les ailes blanches sont envahies de noir sur leurs bords externes avec parfois quelques taches supplémentaires sur la partie centrale des ailes. En journée elle reste immobile sur le feuillage pouvant évoquer une fiente d’oiseau. Deux générations se succèdent entre mai et août. L’insecte n’étant pas resté sur le drap, une photo dans son biotope est présentée.

La Bordure entrecoupée, Lomaspilis marginata; Forêt Notre-Dame (Val-de-Marne) 10 mai 2015, cliché André Lantz

Cyclophora punctaria (Linnaeus, 1758), Taxref : 248410 l’ Éphyre ponctuée, la Soutenue.

« Cette espèce est la plus commune du genre Cyclophora. Fréquente les massifs forestiers et leurs abords. Vole en deux générations d’avril à septembre. »

Les ailes de couleur beige clair sont piquetées d’écailles grises ou rousses. La ligne brun-roux médiane est nette est peu coudée. Les lignes antémédiane et postmédiane sont réduites à des séries de points. La chenille se développe sur les Chênes.

L’ Éphyre ponctuée, Cyclophora punctaria, Beaumonts, 2-3 mai 2025, cliché Axel Dehalleux
L’ Éphyre ponctuée, Cyclophora punctaria, Paris (bois de Vincennes), 10 mai 2025, cliché André Lantz

Note: Les textes entre guillements sont extraits des inventaires commentés de Philippe Mothiron.

Littérature consultée :

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France I. Noctuelles, 1997. Philippe Mothiron: supplément hors-série au tome 19 d’Alexanor.

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France II.Géomètres, 2001. Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 21 d’Alexanor.

-Inventaire commenté des Lépidoptères de l’Île-de-France III. Bombycoïdes 2010, Philippe Mothiron : supplément hors-série au tome 23 d’Alexanor.

-Papillons de nuit d’Europe, volume 1 : Bombyx, Sphinx, Écailles…Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2006

-Papillons de nuit d’Europe, volume 2 : Géomètres Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2009

-Papillons de nuit d’Europe, volume 5 : Noctuelles 1 Patrice Leraut, N.A.P. Éditions 2019

-Papillons de nuit d’Europe, volume 6 : Noctuelles 2 Patrice Leraut,N.A.P. Éditions, 2019

André Lantz, Axel Dehalleux et Pierre Rousset, le 12 mai 2025




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