Beaumonts nature en ville


Premiers jours de printemps 2016 by beaumonts

Malgré des nuits bien fraîches, le soleil de mars réchauffe le sol et à l’abri du vent les premiers insectes viennent butiner les premières fleurs : Ficaire ou Ficaire fausse renoncule (Ficaria ranunculoides), Lamier pourpre (Lamium purpureum), Lamier blanc (Lamium album), Véronique de Perse (Veronica persica)…

Les diptères et hyménoptères sortent plus facilement aux températures basses que les Lépidoptères. Il n’est donc pas étonnant de retrouver le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). Les ailes sont plus souvent rabattues sur le corps par température basse (12°C à l’ombre) comme en ce moment. Par températures plus élevées les ailes sont étalées.

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6753

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André  Lantz 

 

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6755

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premiers Bombyles volettent dans les endroits ensoleillés et bien abrités du vent. Le grand Bombyle (Bombylius major) est toujours bien présent au parc. Ce diptère régule les populations de microlépidoptères car les larves se nourrissent de chenilles.

Bombylius major, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6814

Grand Bombyle, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premières reines de bourdon viennent butiner. L’imago suivant appartient au groupe du Bombus terrestris constitué de plusieurs espèces difficilement distinguables. Une étude plus approfondie des caractères a montré que l’espèce Bombus lucorum était bien présente au parc. C’est peut être un représentant de cette espèce qui butinait le lamier pourpre bien fleuri en ce moment.

Bombus lucorum à vérifier, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6822

Reine de Boudon du groupe Bombus  terrestris, Bombus lucorum, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz 

 

Quelques abeilles domestiques (Apis mellifera) sortent également des ruches pour rechercher pollen et nectar.

Parmi les Rhopalocères (papillons de jour) les premières vanesses sortent de l’état d’hibernation.

Le vulcain (Vanessa atalanta) et la petite tortue (Aglais urticae) ont émergé les premières.

Cet imago  de petite tortue sur le sol profite des rayons du soleil de l’après-midi.

Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6837

Petite Tortue, Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Le morosphinx (Macroglossum stellatarum) ne se pose pas pour butiner comme la majorité des papillons mais utilise le vol stationnaire.

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6799

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6794

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Enfin parmi les coléoptères on pouvait observer les premières coccinelles à 7 points (Coccinella septempunctata).

Coccinella septempunctata, sur Lamium purpureum, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6729

Coccinelle à 7 points, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Quelques arbres débutent leur floraison comme ceux du genre Prunus mais aussi les Aulnes.

On peut distinguer sur la photo suivante les petites fleurs femelles dressées et les fleurs mâles pendantes remplies de pollen jaune.

Fleurs mâles et femelles d'Aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6741

Floraison de l’aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

André Lantz, le 20 mars 2016

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Plantes et insectes printaniers by beaumonts

Les clichés de cet article sont de Roland Paul et d’André Lantz.

Les fleurs de  tussilage ou pas d’âne qui avaient été présentées dans un récent article sont maintenant fanées et le capitule s’est redressé pour que les graines soient disséminées par le vent.

Tussilage, Pas d’âne: graines, le avril 2011, Cliché André Lantz

Les fleurs des arbres sont souvent vertes et très petites. Voici les fleurs de l’érable plane (Acer platanoides).

Fleurs de l’érable plane; 24 mars 2011, cliché Roland Paul.

Une plante assez rare se trouve dans le sous-bois. Elle n’est pas signalée de Montreuil dans l’Atlas de la flore de la Seine-Saint-Denis. Il s’agit de la Daphné lauréole (Daphne laureola). Daphné est le nom d’une jeune fille de la mythologie grecque qui fut transformée en laurier. laureola  vient de laurier. Cette plante toxique de la famille des Thymelaeaceae pousse dans les sous-bois sur sols marneux.

Daphné lauréole, 5 avril 2011, cliché André Lantz

les papillons hibernant  laissent la place aux espèces dont les adultes sortent uniquement fin mars ou début avril. C’est le cas du Tircis, de l’aurore de l’azuré des nerpruns.

Tircis, 29 mars 2011, cliché Roland Paul

Le nom latin de l’aurore (Anthocharis cardamines) provient de anthos « fleur »  et de kharis « beauté » ou « grâce » donc gracieux comme une fleur. cardamines dérive du mot latin cardamine. C’est le cresson des prés, une des plante nourricère de la chenille de ce papillon. La photo suivante montre une femelle (la couleur orange n’apparaît pas par transparence sur le revers des ailes antérieures) posée sur le persil des bois ou Anthrisque sauvage(Anthriscus sylvestris). Cette plante n’est pas consommable car elle renferme des substances phénoliques toxiques.

femelle de l'Aurore sur Anthrisque, 2 avril 2011, cliché André Lantz

Une autre femelle ailes ouvertes. Au vol elle peut être facilement confondue avec une des piérides blanches: piéride de la rave ou piéride du navet.

femelle de l'aurore, 8 avril 2011, cliché Roland Paul

En ce début d’avril volaient abondamment les mouches de St Marc qui sont toutes noires. Le mâle présente des gros yeux tandis que ceux de la femelle sont plus petits.

couple de mouches de St Marc, mâle à gauche, le 8 avril 2011, cliché André Lantz

L’adèle de réaumur (Adela reaumurella) est un petit papillon. Les ailes antérieures sont vert métallique, le corps est noir et les antennes sont très grandes pour le mâle et plus petites pour la femelle. Les mâles volent en essaim si le soleil est présent et se posent immédiatement quand un nuage cache la lumière solaire.

Adèle de réaumur mâle, 8 avril 2011, cliché André Lantz

La femelle reste au repos dans la végéation.

Adèle de Réaumur femelle, 11 avril 2011, cliché André Lantz

André Lantz le  12 avril 2011


La nature s’éveille aux Beaumonts by beaumonts

Notre collègue Roland Paul nous a transmis les photos suivantes prises au parc durant les belles journées de ce mois de mars.

Les abeilles domestiques et les abeilles sauvages ne craignent pas les pesticides au parc!  Elles semblent en bonne santé et commence à butiner .

abeille domestique sur fleur de saule, cliché Roland Paul; 7 mars 2011

Les Bourdons sont aussi sortis tel cet exemplaire photographié sur une fleur de ficaire, l’une des premières fleurs du printemps au parc.

Bourdon sur ficaire, cliché Roland Paul; 22 mars 2011

Les Crapauds ont entrepris leur migration dans les mares pour pondre. Ils étaient nombreux vers la mi-mars cette année.

couple de crapauds, cliché Roland Paul; 16 mars 2011

crapauds dans les mares, cliché Roland Paul, le 17 mars 2011

Notre paon du jour, est un papillon qui hiberne. Il vole à nouveau lors des premières journées chaudes comme les deux autres vanesses le vulcain et le Robert-le-Diable.

Paon du jour, Cliché Roland Paul, 22 mars 2011

André Lantz, le 31 mars 2011.


Article sur les papillons des Beaumonts by beaumonts
février 23, 2011, 4:04
Filed under: Friches, Papillons, Rapports naturalistes | Étiquettes: , ,
Thierry Laugier et André Lantz ont soumis un article concernant l’inventaire et l’évolution des lépidoptères sur le parc des Beaumonts dans la revue Oreina.
Cet article vient de paraître en février 2011 dans le n° 11 daté de novembre 2010 de cette revue sous le titre:
Biodiversité en milieu urbain: le parc des Beaumonts (Seine-Saint-Denis).
Ce premier inventaire nous a conduit à faire quelques comparaisons avec d’autres espaces verts de la Seine-Saint-Denis comme ceux d’Avron et du Sausset. Depuis la rédaction de cet article une cinquantaine de nouvelles espèces pour le parc ont pu être observées.
les personnes désirant lire ce document pourront le retrouver en cliquant ici : le parc des Beaumonts
André Lantz le 23 février 2011


Novembre au parc by beaumonts

Novembre au parc.

 Bien que les lépidoptères ne volent plus en cette saison, on peut cependant trouver en grand nombre des chrysalides de la mineuse du marronnier (Cameraria ohridella), papillon que j’avais déjà présenté dans une précédente note sur le site. Les feuilles tombées de marronnier abritent les chrysalides qui passeront l’hiver dans la feuille et qui donneront émergence à un adulte lorsque les jeunes feuilles de marronnier sortiront. Il est facile de les observer. La couleur clair de la logette de la chrysalide contraste nettement sur le fond brun sombre. Certaines feuilles peuvent compter plusieurs logements à chrysalides.

logette de la chrysalide dans la feuille morte, cliché A. Lantz le 16/11/2010

La chrysalide qui a été retirée de sa logette mesure environ 3 mm. Les longues antennes sont déjà presque formées.

 

Chrysalide de la mineuse du marronnier, cliché A. Lantz le 16/11/2010

 

 On voit ainsi l’intérêt dans les parcs de retirer et bruler les feuilles mortes de marronnier pour limiter le développement de ce papillon.

 En ce milieu de novembre, on pouvait encore voir voler vers la butte aux papillons, quelques sympetrums et lestes.

Laurent Spanneut qui s’intéresse aux odonates du parc a identifié cette espèce bien tardive. Il s’agit du leste brun (Sympecma fusca). D’après Laurent c’est une espèce assez rare en île de France et qui est déterminante ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique).Il n’y a eu jusqu’à  présent qu’une seule donnée de cette espèce aux Beaumonts. C’est le seul odonate européen à hiverner en imago. Il se reproduit au printemps de fin février à mars. La nouvelle génération d’adulte prend son envol à partir de juillet, mais  elle est davantage présente à la fin de l’été.  

leste brun, cliché A.Lantz le 16/11/2010

 Beaucoup plus gros, ce hérisson (Erinaceus europaeus) se nourrit d’invertébrés. Il est surtout de mœurs nocturnes et se voit difficilement en journée. C’est aussi un mammifère qui hiberne, ses proies devenant trop rares en hiver. Il a été rencontré par plusieurs promeneurs dans le parc. Souhaitons-lui une bonne cachette pour la froide saison qui va venir.

Hérisson, cliché A.Lantz le 14/11/2010

  Une nouvelle espèce de champignon pour le parc a été découverte. Il s’agit de Melanoleuca polioleuca. (mela = noir, leuca = blanc ; polio = gris). La cuticule du chapeau est sombre et les lames sont blanches ou très claires. La détermination nécessite l’analyse microscopique car il y a plusieurs espèces voisines.

 

Melanoleuca polioleuca, cliché A.Lantz le 14/11/2010

  André Lantz le 16 novembre 2010.

 



Butineurs d’automne by beaumonts

Butineurs en automne.

 L’automne n’est pas la saison où prolifèrent les insectes, mais il ne faudrait pas cependant croire qu’ils ont totalement déserté le parc. Certains sont encore actifs et on peut les observer butiner ou se poser sur des surfaces ensoleillées.

Si les insectes sont moins nombreux, les fleurs sur lesquelles ils butinent sont aussi plus rares. Il n’est donc pas très difficile d’observer sur les capitules de pissenlits les diptères et lépidoptères qui leur rendent visite.

 Les syrphes sont des diptères floricoles à coloration assez vive, souvent jaune et noir, qui imitent souvent des hyménoptères à la fois par leur coloration, leur forme et aussi leur vol. Leurs larves sont prédatrices d’autres insectes.

Syrphe ceinturé, 27 octobre 2010, cliché André Lantz

 Le syrphe ceinturé (Episyrphus bateatus) est une petite espèce dont la longueur du corps mesure de 7 à 12 mm et dont les dessins abdominaux sont caractéristiques. C’est aussi une espèce migratrice remontant vers le sud et franchissant les Alpes et les Pyrénées !Les larves se nourrissent de pucerons, et de larves de tenthrédinidés (hyménoptères dont les larves se développent sur diverses plantes). Elles sont donc fort utiles pour limiter les pullulations d’homoptères (pucerons).

 

 L’éristale  (Eristalis hortalaron ?) est aussi une mouche de la famille des Syrphidés. Ce genre comporte plusieurs espèces. La longueur du corps mesure une dizaine de millimètres. Les larves se trouvent dans les eaux boueuses.

Eristale, 27 octobre 2010, cliché André Lantz

 Un petit microlépidoptère de la famille des Choreutidés butinait aussi parmi les pissenlits. Il s’agit du Xylopode de Fabricius (Anthophila frabriciana). Sa chenille fait partie de la centaine d’espèces d’insectes qui s’alimentent des feuilles ou tiges d’orties.

le xylopode de Fabricius, 27 octobre 2010, cliché André Lantz

Les libellules qui se nourrissent de petits insectes ne viennent pas sur les fleurs. On pourra donc les observer sur les bancs ou les rambardes ensoleillés.

 

Sympetrum se chauffant sur la barrière, 27 octobre 2010, cliché André Lantz

Les trois premiers  clichés de cet article peuvent faire partie d’une session SPIPOLL (Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs). Le SPIPOLL est un programme de sciences participatives visant à étudier la diversité des insectes pollinisateurs ou floricoles en France métropolitaine. La participation au Spipoll comprend 3 phases :

1)      La phase terrain : choisir un type de fleur et prendre en photos les insectes qui se posent dessus. (20 minutes)

2)      La phase préparation des données : trier et mettre en forme les photos.

3)      La phase identification et envoi des données : charger les photos sur le site du spipoll, identifier la plante et les insectes à l’aide d’outils en ligne.

Il suffit d’un appareil photo numérique ayant un mode macro. Les personnes intéressées peuvent se rendre sur le site de Spipoll.

 

André Lantz, le 30 octobre 2010.

 



Ecaille et yponomeute (suite) by beaumonts

L’écaille chinée (Euplagia quadripunctaria) est un papillon nocturne qui peut aussi butiner de jour. Je ne l’ai toujours vu qu’au repos au parc des Beaumonts. C’est un véritable feu d’artifice quand il s’envole car on est alors surpris par le beau rouge franc des ailes postérieures. Chacune de ces ailes  est agrémentée de deux points noirs, d’où la désignation latine.

Ecaille chinée sur clématite, Cliché André Lantz, 20 juillet 2010

Cette espèce est davantage méridionale et thermophile. Elle vole de juillet à septembre en une seule génération (espèce monovoltine). Les chenilles se nourrissent de diverses plantes.

Des dizaines de milliers de ce papillon se  rassemblaient dans l’île de Rhodes.

 

Dans une de mes notes précédentes j’avais montré des chenilles d’Yponomeute. Après « éducation » des chenilles sur leur plante hôte, (ce terme « éducation » figure dans le carton à insectes de la collection de référence du MNHN de Paris ; on élève bien les enfants et certains deviennent même obèses !) je viens d’obtenir quelques imagos. Le nom latin (Yponomeuta mahalebella) est tiré de la plante hôte, le cerisier mahaleb (Prunus mahaleb). Ce nom arabe désigne une épice aromatique tirée de l’amande pulvérisée de la cerise noire. En effet cette plante se trouve fréquemment dans le bassin méditerranéen.

Adulte fraichement éclos d'Yponomeuta mahalebella, Cliché A. Lantz le 20 juillet 2010

Cette espèce, comme les autres espèces d’yponomeutes, est nocturne et reste au repos toute la journée. Il n’est donc pas possible de la voir voler. Je rappelle que les chenilles sont grégaires et vivent dans une toile dans laquelle elles tissent chacune un petit cocon pour se nymphoser.

Cerisier de Sainte Lucie, Cliché André Lantz le 22 juillet 2010

 Dans l’atlas de la flore sauvage de Seine-Saint-Denis, cet arbuste pousse dans les fourrés de recolonisation et les pelouses marneuses. Sa présence à Montreuil y est bien idiquée. Son nom commun « Sainte Lucie » provient d’un couvent  (Sainte Lucie du Mont) situé dans la Meuse qui utilisait ce bois au XVII siècle pour la fabrication de petits objets religieux.

 

André Lantz, le 23 juillet 2010.