Beaumonts nature en ville


24h de la biodiversité, compte-rendu de visite. by beaumonts

Les 24h de la biodiversité se sont tenues le samedi 25 juin 2016 à Montreuil.

Le programme avait été présenté dans l’article précédent.

Une dizaine de participants dont les randonneurs montreuillois se sont retrouvés au parc des Beaumonts avec David Thorns, ornithologue, et André Lantz, entomologiste, de l’association BNEV. Cette année le temps ensoleillé a été plus favorable à l’observation des insectes que lors des années antérieures. Les horaires étaient plus propices aux insectes qu’aux oiseaux. Certains d’entre eux n’ont pu être déterminés que par leur chant car, en cette saison, ils sont souvent cachés par la végétation.

Voici la liste des espèces rencontrées lors de cette visite:

Les Piérides blanches ont été très nombreuses, également réparties dans la zone paysagère et dans la partie plus sauvage du parc. D’autres espèces comme le Demi-deuil ou la Trichie de la rose ne se rencontrent que dans les prairies sauvages non fauchées ou le long du ru qui descend de la mare perchée.

date genre espèce nom vernaculaire nombre remarques
25/06/16 Pieris   Piérides blanches 26 dont Pieris rapae et Pieris napi
25/06/16 Melanargia galathea Demi-Deuil 3  
25/06/16 Pararge aegeria Tircis 2  
25/06/16 Polyommatus icarus Azuré de la Bugrane 1  
25/06/16 Apis mellifera Abeille domestique 8  
25/06/16 Bombus sp Bourdon 3  
25/06/16 Xylocopa sp Xylocope 1  
25/06/16 Trichius rosaceus Trichie de la Rose 1  
25/06/16     Libellule 2 en vol, non déterminable
25/06/16 Tettigonia viridissima Sauterelle verte 3  
25/06/16 Coccinella septempunctata Coccinelle à 7 points 1  
25/06/16 Sylvia atricapilla Fauvette à tête noire 1 entendue
25/06/16 Phylloscopus collybita Pouillot véloce 1 vu
25/06/16 Troglodytes troglodytes Troglodyte mignon 1 entendu
25/06/16 Pica pica Pie bavarde 1 vue
25/06/16 Dendrocopos major Pic épeiche 1 vu

David Thorns nous a permis de distinguer au moyen de son téléobjectif performant la piéride de la rave, au dessous uni, de la piéride du navet où les nervures des ailes postérieures sont soulignées d’écailles sombres.

Les deux photos suivantes illustrent une femelle de la piéride du Navet Pieris napi. La femelle se distingue du mâle par la présence de deux points noirs sur la face dorsale de l’aile antérieure. Les nervures sont bien soulignées d’écailles plus sombres sur le revers de l’aile postérieure.

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

La piéride de la rave (Pieris rapae) présente un revers uni.

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Le demi-Deuil (Melanargia galathea)avec son damier noir et blanc est une des espèces bien reconnaissables. Elle affectionne les prairies non fauchées et fleuries.

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Lors de cette visite les participants se sont aussi intéressés aux plantes et fleurs du parc, dont certaines sont mellifères et attirent de nombreux insectes.

André Lantz le 4 juillet 2016.



Premiers jours de printemps 2016 by beaumonts

Malgré des nuits bien fraîches, le soleil de mars réchauffe le sol et à l’abri du vent les premiers insectes viennent butiner les premières fleurs : Ficaire ou Ficaire fausse renoncule (Ficaria ranunculoides), Lamier pourpre (Lamium purpureum), Lamier blanc (Lamium album), Véronique de Perse (Veronica persica)…

Les diptères et hyménoptères sortent plus facilement aux températures basses que les Lépidoptères. Il n’est donc pas étonnant de retrouver le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus). Les ailes sont plus souvent rabattues sur le corps par température basse (12°C à l’ombre) comme en ce moment. Par températures plus élevées les ailes sont étalées.

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6753

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André  Lantz 

 

Episyrphus balteatus, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6755

Syrphe ceinturé, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premiers Bombyles volettent dans les endroits ensoleillés et bien abrités du vent. Le grand Bombyle (Bombylius major) est toujours bien présent au parc. Ce diptère régule les populations de microlépidoptères car les larves se nourrissent de chenilles.

Bombylius major, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6814

Grand Bombyle, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Les premières reines de bourdon viennent butiner. L’imago suivant appartient au groupe du Bombus terrestris constitué de plusieurs espèces difficilement distinguables. Une étude plus approfondie des caractères a montré que l’espèce Bombus lucorum était bien présente au parc. C’est peut être un représentant de cette espèce qui butinait le lamier pourpre bien fleuri en ce moment.

Bombus lucorum à vérifier, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6822

Reine de Boudon du groupe Bombus  terrestris, Bombus lucorum, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz 

 

Quelques abeilles domestiques (Apis mellifera) sortent également des ruches pour rechercher pollen et nectar.

Parmi les Rhopalocères (papillons de jour) les premières vanesses sortent de l’état d’hibernation.

Le vulcain (Vanessa atalanta) et la petite tortue (Aglais urticae) ont émergé les premières.

Cet imago  de petite tortue sur le sol profite des rayons du soleil de l’après-midi.

Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6837

Petite Tortue, Aglais urticae, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Le morosphinx (Macroglossum stellatarum) ne se pose pas pour butiner comme la majorité des papillons mais utilise le vol stationnaire.

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6799

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Macroglossum stellatarum, Beaumonts, 18 mars 2016, DSC_6794

Morosphinx, Beaumonts, 18 mars 2016, cliché André Lantz

 

Enfin parmi les coléoptères on pouvait observer les premières coccinelles à 7 points (Coccinella septempunctata).

Coccinella septempunctata, sur Lamium purpureum, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6729

Coccinelle à 7 points, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

Quelques arbres débutent leur floraison comme ceux du genre Prunus mais aussi les Aulnes.

On peut distinguer sur la photo suivante les petites fleurs femelles dressées et les fleurs mâles pendantes remplies de pollen jaune.

Fleurs mâles et femelles d'Aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, DSC_6741

Floraison de l’aulne, Beaumonts, 12 mars 2016, cliché André Lantz

 

André Lantz, le 20 mars 2016



Fin d’Hiver 2015 (suite) by beaumonts

 

Fin d’hiver 2015 (suite)

Peu de précipitation en ce mois de mars, ce qui n’est ni propice aux batraciens ni aux champignons. Certaines journées ensoleillées, mais dans l’ensemble des nuits bien fraîches.

Ce qui n’a pas fait sortir beaucoup d’insectes et de batraciens. Une floraison relativement habituelle de plantes communes des milieux rudéralisés ou prairaux : Ficaires, Pissenlits, violettes et lamiers blancs, cardamine hirsute, véronique de perse.

Une nouvelle espèce de champignon a quand même pu être observée. Il s’agit de la Pézize variable (Peziza varia).

Peziza varia, Pezize variable, fructifications, 11 mars 2015, cliché André Lantz

Peziza varia, Pezize variable, fructifications, 11 mars 2015, cliché André Lantz

C’est un ascomycète d’assez grande taille de plusieurs cm. Plusieurs Apothécies (fructifications) peuvent être groupées comme sur l’exemple de la photo.

L’hyménium (surface produisant les spores) est brun. La marge est plus ou moins érodée. La surface externe est couverte d’une pruine blanchâtre sale qui disparaît avec l’âge. La chair cassante n’exsude pas de lait. Les spores sont ellipsoïdes et parfaitement lisses. La photo suivante illustre les formes des spores groupées par 8 dans les asques.

Spores et asques de la Pézize variable, 16 mars 2015, cliché André Lantz

Spores et asques de la Pézize variable, 16 mars 2015, cliché André Lantz

Ce champignon saprophyte peut se rencontre à terre , dans des gravats ou sur débris ligneux, dans des milieux très variés. Il a fructifié sur « la montagne » des coupes de la zone centrale réalisée en octobre denier et stockée au début de l’allée des marronniers.

Les diptères ne craignent pas les matinées un peu froides pour faire leur travail de pollinisateur. L’Éristale persistante ou Éristale opiniâtre (Eristalis pertinax) est un syrphe floricole commun.

Mâle d'Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant un capitule de pissenlit, 17 mars 2015,  cliché André Lantz

Mâle d’Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant un capitule de pissenlit, 17 mars 2015, cliché André Lantz

La distinction avec son sosie l’ Éristale gluante ou Éristale tenace (Eristatis tenax) n’est pas toujours aisée à faire à partir d’un cliché photographique. Il est toujours recommandé  de prendre l’insecte sous plusieurs plans afin de disposer plus tard d’éléments de comparaisons.

L’un des critères d’identification de l’espèce s’avère net sur cette photo : Les tarses (extrémités des pattes) des deux premières paires sont jaunes pour l’espèce pertinax et noirâtres pour tenax.

Mâle d'Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant sur un capitule de pissenlit, 17 mars 2015;, cliché André Lantz

Mâle d’Eristale opiniâtre (Eristalis pertinax) butinant sur un capitule de pissenlit, 17 mars 2015;, cliché André Lantz

Un autre syrphe Eupeodes luniger a pu être photographié. La forme des taches jaunes de l’abdomen pourrait à première vue le faire confondre à un autre syrphe du genre Scaeva.

Mâle d'Eupeodes luniger, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Mâle d’Eupeodes luniger, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Les deux genres se distinguent entre autre par l’absence (Eupeodes) ou la pilosité (Scaeva) des yeux.

Les premiers « boudons », en général des reines, éclosent vers le printemps et viennent butiner les premières fleurs.

Bombus vestalis, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Bombus vestalis, 17 mars 2015, cliché André Lantz

Cet exemplaire restait au sol attendant un peu de chaleur avant de s’affairer à rechercher les fleurs de pissenlits. Il s’agit sans doute de Bombus vestalis, assez commun dans le parc, qui parasite plusieurs bourdons dont le bourdon terrestre (Bombus terrestris).

Notre sortie nocturne de comptage et d’observation des batraciens vers la mi mars a été un peu moins décevante que celle que nous avions relatée dans notre précédent article. Nous avons pu observer quelques mâles de crapaud commun (Buffo buffo). Nous avons pu photographier à la mare de Brie ce beau mâle de triton ponctué (Lissotriton vulgaris) parmi quelques uns de ses congénères.

mâle de Triton ponctué, 19 mars 2015, cliché André Lantz

mâle de Triton ponctué, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Il est indiqué dans l’ouvrage « Atlas des amphibiens et reptiles de la Seine-Saint-Denis rédigés par J. Lescure, J-C. De Massany et F. Oger » que cette espèce est relativement bien répandu sur le département , mais souvent présent en faible quantités. L’espèce est aussi très sensible à la présence de poissons. C’est donc une espèce dont l’enjeu de conservation aux Beaumonts est important.

Le triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) qui avait été observé en grand nombre en 2014 n’a été trouvé qu’en quelques exemplaires lors de cette sortie.

Triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Espèce plus montagnarde que de plaine, en Île de France cette espèce est rare. Selon l’ouvrage cité ci-dessus, l’espèce ne serait présente en Seine-Saint-Denis que dans le bois St Martin car elle fréquente les massifs forestiers limitrophes d’Armainvilliers, de Ferrières, et du bois (ou Forêt) Notre-Dame. Cette espèce aurait été introduite il y a entre 15 et 20 ans au parc des Beaumonts. Comme pour le triton ponctué, le triton alpestre est très sensible aux poissons. Son ventre orangé est très caractéristique.

face ventrale du mâle de triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

face ventrale du mâle de triton alpestre, 19 mars 2015, cliché André Lantz

Le ru étant asséché n’assure plus la continuité écologique entre les trois mares du parc. Alors que l’an passé on pouvait y observer les parades nuptiales des tritons et des crapauds, nous n’avons observé aucun batracien cette année.

Malheureusement les pontes de la grenouille rousse que nous avions illustrées dans l’article précédent étaient complétement desséchées : aucune n’a survécue. C’est un coup dur pour la population de grenouilles rousses du parc qui poourraient tout simplement disparaître si elles n’arrivaient pas à se reproduire.

La grenouille rousse constitue un enjeu de conservation important en Île-de-France, et un enjeu de conservation très fort pour le parc des Beaumonts. La présence de l’espèce est en effet exceptionnelle dans notre parc. En outre, la grenouille rousse constitue un enjeu national : vulnérable, elle est en déclin dans une grande partie de son aire de répartition du fait de la destruction de ses habitats.

Malgré la vigilance des membres de notre association et leur exigence affirmée à plusieurs reprises de réalimenter le système des mares, la remise en eau par les services municipaux a été beaucoup trop tardive , et en absence de pluie nous avons retrouvé la mare du milieu complètement sèche. La nouvelle gestion des reponsabilités entre Est-Ensemble et la municipalité retarde les prises de décision. Il nous semble indispensable qu’à l’avenir s’établisse une méthode d’organistaion afin que de telles pertes de biodiversité (ou d’autres à venir) ne puissent plus se reproduire.

André Lantz avec le concours de Pierre Delbove et Alexis Martin, le 26 mars 2015.

 



Plantes et Insectes observés en juillet by beaumonts

 

Quelques plantes vivaces des bords des eaux, rivières, fossés et friches humides.

 L’Epilobe hirsute (Epilobium hirsutum L.), famille des Onagracées. Elle est reconnaissable à la pilosité dense de sa tige assez élevée, et à ses grandes fleurs. Ces dernières sont surtout pollinisées par des diptères et hyménoptères.

Epilobe hirsute, 17 juillet 2012, cliché André Lantz

De nombreuses abeilles domestiques ou sauvages y viennent butiner.

 

Abeille domestique sur Epilobe hirsute, 27 juillet 2012, cliché André Lantz

 La Salicaire commune (Lythrum salicaria L.), famille des Lythracées.Elle se reconnait aisément par ses épis de fleurs mauves. Elle est visitée par des insectes à longue trompe (papillons, hyménoptères…).  Cette plante possède des vertus anti diarrhéique, hémostatique et astringente. Elle était prescrite autrefois en infusion lors des gastroentérites. Cette plante a aussi été employée pour le tannage des cuirs.

Salicaire, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

Les abeilles solitaires comme les anthidies aiment bien récupérer du nectar sur ces fleurs.

Anthidie sur Salicaire, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

Parmi les papillons, j’ai pu observer des piérides, l’azuré des Nerpruns (Celastrina argiolus L.) et la sylvaine (Ochlodes venatus-faunus  ou Ochlodes sylvanus  Esper dans la nomenclature de Fauna Europaea)

 

Sylvaine butinant des fleurs de Salicaire, 27 juillet 2012, cliché André Lantz

 Le Lycope d’Europe (Lycopus europaeus L.) appelé aussi  chanvre d’eau ou pied de loup provenant de Lycos (loup) et pous (pied) à cause de la forme de ses feuilles,  famille des Lamiacées. Ses petites fleurs claires sont nombreuses à la base des feuilles alternes joliment dentées. Cette plante mellifère elle est pollinisée par les abeilles.

Le Lycope d’Europe a été utilisé pour ses propriétés antithyroïdique afin de diminuer l’activité de l’iode en cas d’hyperthyréose.

 

Lycope d’Europe, 24 juillet 2012, cliché André Lantz

 Quelques diptères de la famille des Syrphidae :

 La Volucelle-bourdon (Volucella bombylans L. var. plumata )

Cette espèce présente deux variétés : la variété plumata à extrémité blanche de l’abdomen et la variété bombylans à extrémité orangée de l’abdomen. La variété plumata imite le bourdon terrestre (Bombus terrestris L.) ou le bourdon des bois (Bombus lucorum L.).

Volucelle bourdon sur scabieuse, 9 juillet 2012, Cliché André Lantz

Cette espèce est bivoltine (2 générations par an). Les œufs sont pondus par la femelle dans les nids de bourdons. Les larves se nourrissent des débris et occasionellement peuvent devenir parasites des larves de bourdons.

Il s’agit d’un mimétisme batésien où un organisme inoffensif imite un autre organisme nocif. La mouche ne pique pas mais peut être vue par un prédateur éventuel comme un insecte dangereux. C’est l’entomologiste anglais H.-W. Bates (1825-1892) qui présenta en 1861 devant la Société Linnéenne de Londres son travail sur les papillons d’Amazonie où il avait séjourné onze années. Il proposa un mécanisme, désigné par la suite comme mimétisme batésien, expliquant l’étonnante ressemblance entre espèces appartenant à des familles différentes vivant dans le même biotope : une piéride non toxique mimant une héliconide toxique.

Charles Darwin (1809-1882) avait alors admiré et considéré le travail de Bates comme la meilleure preuve de la sélection naturelle.

Volucelle-bourdon, 9 juillet 2012, cliché André Lantz

 L’Hélophile suspendu (Helophilus pendulus L.)

Ce syrphe présente 4 bandes jaunes claires et 3 bandes noires longitudinales sur le mésotonum. L’abdomen est également jaune et noir. On peut noter le fémur postérieur très enflé foncé à la base et les tibias arqués. Les tarses des secondes paires de pattes sont noirs. La larve (vers queue-de-rat) vit dans les eaux riches en éléments nutritifs. L’adulte vole et se nourrit sur les fleurs. On peut le rencontrer d’avril à septembre.

 

Hélophile suspendu, 17 juillet 2012, cliché André Lantz

 

Hélophile suspendu sur Véronique mourron-d’eau, 17 juillet 2012, cliché André Lantz

 L’Eristale des arbustes (Eristalis arbustorum L.)

Ce syrphe de plus petite taille que les précédents aiment aussi se poser sur les fleurs.Son dessin en sablier est caractéristique de l’espèce. Ce diptère se rencontre plus facilement que les deux autres. On peut aussi le trouver sur les fleurs jaunes d’Astéracées (Composées).

 

Eristale des arbustes, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

 L’Eristale des fleurs (Myathropa florea L.)  a déjà été présentée sur le site . Elle reste cependant une mouche particulièrement photogénique dont on ne se lasse pas de l’admirer. De nombreux adultes viennent sur les fleurs, en particulier les fleurs de carotte sauvage (Daucus carota L.)  et de la grande Berce ou Berce Spondyle, Berce commune ou patte d’ours (Heracleum sphondylium L.).

 

Eristale des fleurs sur grande Berce, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

 Diptère de la famille des Sciaridae.

Ce sont des diptères de taille beaucoup plus petite que ceux de la famille précédente car les plus grands ne dépassent pas 5 à 6 mm. La tête ne ressemble pas à celle des mouches habituelles car elle est plus petite, les antennes sont longues et les yeux forment un pont au dessus des antennes. Les ailes sont enfumées et sombres.

 Sciara analis Schiner (groupe) car il existe plusieurs espèces indéterminables sans l’étude microscopique des genitalias. Les ailes, la tête, le thorax et les pattes sont noires. Seuls les flancs de l’abdomen sont d’un beau jaune. La taillede l’adulte est d’environ 4 à 5 mm. Ces mouches sont assez nombreuses en juillet et août sur les Apiacées (Ombellifères). Les larves vivent dans l’humus et les champignons. Ce sont donc des insectes mycophages.

Sciara gr. analis, 24 juillet 2012, cliché André Lantz

La Zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae L.).

Sur 27 espèces de zygènes répertoriées en France, les chenilles de 17 espèces consomment des Fabacées ( Légumineuses), les autres se nourrissent d’Apiacées, Astéracées et Labiées. Aucune ne consomme des Rosacées dont la filipendule (Filipendula vulgarisL.) dont il existait un seul pied mentionné en Seine-Saint –Denis ! Comme son nom ne l’indique pas, la chenille de la zygène de la filipendule se nourrit de lotier dont le lotier corniculé (Lotus corniculatus L.) très présent sur sol calcaire. Les chenilles de zygènes en se nourrissant de plantes cyanogénétiques comme le lotier qui contient du lotusoside (glucose+ HCN + lotoflavol), accumulent dans leurs tissus une grande quantité d’hétérosides cyanogénétiques qui les protègent des prédateurs. Les couleurs rouge et noir des adultes ou jaune et noir des chenilles sont des livrées aposématiques alertant les éventuels prédateurs.

Chenille de la zygène de la filipendule, 20 juin 2009, cliché André Lantz

Le cocon tissé par la chenille avant de se chrysalider est assez caractéristique. Il est de couleur blanchâtre teinté de jaune et les extrémités sont fines. Il est le plus souvent attaché sur des graminées. La photo suivante a été prise à Noisy-le -sec car de meilleure qualité que celle du parc des Beaumonts.

Cocon de la Zygène de la filipendule après émergence de l’adulte, 30 juillet 2012, cliché André Lantz

En 2008 de nombreux imagos avaient été observés au parc, un peu moins en 2009. Personnellement je n’en avais pas trouvées en 2010 et 2011, ce qui ne veut pas dire que l’espèce avait disparu!  J’ai pu observer trois spécimens frais le 27 juillet dernier qui butinaient des fleurs de marjolaine ou origan(Origanum vulgare L. ) à la places des traditionnelles scabieuses, fleurs de prédilection des adultes de cette famille. La couleur verte dans la photo suivante n’est pas pigmentaire mais provient de la diffraction de la lumière sur la structure de l’aile.

Zygène de la filipendule, 27 juillet 2012, cliché André Lantz

 Je signale également qu’un article concernant l’élevage d’Yponomeutes du parc des Beaumonts dont Y. mahalebella est paru dans le numéro 18 de la revue de lépidoptérologie OREINA de juin 2012. Les adultes sont maintenant sortis et on peut les observer sur les troncs des plus grands cerisiers de Sainte Lucie (Prunus mahaleb) et dans la végétation basse qui les entourent. Ils sont immobiles la journée.

Yponomeuta mahalebella posé sur un tronc de cerisier de Sainte Lucie, 3 août 2012, cliché André Lantz

André Lantz le 29 juillet 2012


Les Couleurs du printemps by beaumonts

Les couleurs du printemps

 Blanc :

Prunelliers, prunus se sont parés de leurs fleurs blanches dès la mi-mars. La piéride du navet (Pieris napi) se confond avec les fleurs du prunellier ( Prunus spinosa). Elle se distingue, ailes relevées, de la piéride de la rave (Pieris rapae) par les écailles foncées disposées sur les nervures du revers des ailes postérieures. La chenille se nourrit de diverses Brassicacées (anciennes Crucifères).

Piéride du navet sur prunellier, 26 mars 2012, cliché André Lantz

Gris:

Cette belle géomètre, la boarmie crépusculaire (Ectropis crepuscularia) était posée sur le tronc d’un érable dans la partie boisée. Cette espèce nocturne ne s’est pas envolée malgré la présence de l’objectif à une quinzaine de cm. C’est la première fois que je la voie dans le parc.

La Boarmie crépusculaire, 27 mars 2012; cliché André Lantz

Rouge:

Cette petite coccinelle qui ne mesure pas plus de 5 mmest toute noire avec deux taches rouges en forme de rein sur les élytres. Cette particularité lui a donné son nom latin (Chilocorus renipustulatus). Elle est aussi désignée par coccinelle des saules. Si elle affectionne les saules, on la rencontre aussi sur d’autres feuillus comme dans le parc où elle se trouvait sur les troncs d’érables. Elle se nourrit de cochenilles.

la coccinelle des saules, 15 mars 2012; cliché André Lantz

Orange:

Une autre coccinelle, déjà présentée sur le site un hiver précédent, était assez commune en ce début de saison dans la partie boisée. Il s’agit de la coccinelle à 16 macules (Halyzia sedecimguttata). Cette coccinelle mycétophage peut aussi se nourrir de pucerons.

Coccinelle à 16 macules , 26 mars 2012; cliché André Lantz

Jaune:

De nombreux syrphes possèdent une livrée jaune et noire imitant les guêpes. Cette petite espèce, le syrphe des corolles (Eupeodes corollae)  procédait à sa toilette, d’où une disposition non symétrique des ailes par rapport au corps. C’est un prédateur de pucerons.

le syrphe des corolles, 30 mars 2012; cliché André Lantz

 Brun:

Le Tircis (Pararge aegeria) est un des premiers papillons de jour à émerger au printemps. Il est commun à la mi-ombre, préférant les zones boisées. La chenille vit sur les graminées.

 le Tircis, 30 mars 2012; cliché André Lantz

Roux:

Ce bourdon, sans doute une reine du bourdon des champs (Bombus pascuorum), adore se nourrir de nectar du lamier pourpre (Lamium purpureum), plante eutrophe (qui aime un substrat riche en éléments nutritifs) très commune.

Bourdon des champs sur Lamier pourpre, 23 mars 2012; cliché André Lantz

Noir:

Cette planche de fakir Lilliput (la taille des pointes ne fait qu’environ 2mm) est la fructification d’un champignon ascomycète (Eutypella scoparia) sur un morceau de bois mort de Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia).

Eutypella scoparia sur bois mort de robinier, 13 mars 2012; cliché André Lantz

La prolifération des robiniers aux Beaumonts conduit d’une part à une fermeture progressive et rapide des milieux ouverts plus riches en biodiversité, et d’autre part à la libération de nitrates dans le sol. Cette modification chimique du sol, produite par les plantes de la famille des Fabacées (anciennes Papilionacées), favorise les plantes rudérales au détriment des autres espèces.

 

André Lantz le 3 avril 2012.



De nouveaux arrivants aux Beaumonts by beaumonts

De nouveaux habitants

Avec quelques photos de Roland Paul et d’André Lantz.

Les chèvres sont arrivées vers la fin juin au parc pour lutter contre l’envahissement de la zone centrale par des plantes invasives. En effet la richesse en biodiversité de cette partie du parc est essentiellement liée aux prairies, qui sans intervention risque de disparaitre. Le bouc avec ses belles cornes est surnommé J. Bond à cause de son numéro. Les chèvres n’hésitent pas à consommer le feuillage des arbres.

Bouc, 25 juin 2011, cliché Roland Paul

chèvre, 11 juillet 2011, cliché André Lantz

Le Flambé (Iphiclides podalirius) était commun au XVIII et XIX siècle. On pouvait l’observer en Île de France dans les bois de Boulogne et de Vincennes. L’éradication des haies où poussent prunelliers, aubépines et cerisiers de Sainte Lucie et la pollution ont fortement réduit ses populations. Cette espèce est protégée en Île de France depuis 1993. Son retour semble se faire très progressivement car on ne le rencontrait plus que dans la Seine et Marne et l’Essonne. Son observation en Seine-Saint-Denis est donc particulièrement précieuse. Ce Papillon est bivoltin (deux générations par an).

Le Flambé près de la mare perchée, le 15 juillet 2011, cliché André Lantz

La Mélanthie pie (Melanthia procellata) est beaucoup plus commune, mais cette géomètre ne vole pas en plein jour et c’est la première fois qu’elle a pu être identifiée. La chenille se développe sur la clématite particulièrement abondante au parc.

la Mélanthie pie, 10 juillet 2011, cliché André Lantz

La Cétoine dorée (Cetonia aurata) peut se présenter sous des couleurs verte ou bronze. Des petites stries blanches agrémentent la coloration métallique des élytres. L’adulte aime se nourrir du pollen des fleurs. Cette cétoine était plus abondante cette année que l’an passé. 

la Cétoine dorée sur sureau yèble, 9 juillet 2011, cliché Roland Paul

 

Cétoine dorée sur sureau yèble, 29 juin 2011, cliché André Lantz

Le Syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus) est un des syrphes les plus communs. Les syrphes imitent souvent les hyménoptères par leur forme et leur couleur. Les larves peuvent être saprophages, phytophages ou prédatrices de pucerons ou de larves d’hyménoptères. Le syrphe ceinturé grâce à son dessin très caractéristique sur l’abdomen ne peut être confondu avec d’autres espèces. Les larves consomment des pucerons ou des larves d’hyménoptères Tentrénides. C’est une espèce migratrice.

Syrphe ceinturé, 9 juillet 2011, cliché Roland Paul

 L’Hélophile suspendu (Helophilus pendulus) est un syrphe dont les larves se trouvent dans les eaux particulièrement riches en éléments nutritifs. Ces larves sont communément appelées vers queue-de-rat. Il existe plusieurs espèces voisines.

Hélophile suspendu, 11 juillet 2011, cliché André Lantz

Une guêpe noire ( Isodontia mexicana) venue d’Amérique du nord a commencé à coloniser le sud  de la France vers les années 60. Elle est maintenant présente un peu partout en France. On pouvait en voir butiner plusieurs exemplaires sur les fleurs de sureau yèble. Le site suivant  présente les différentes guêpes dont cette guêpe mexicaine.

Guèpe mexicaine, Isodontia mexicana sur sureau yèble, 24 juin 2011, cliché André Lantz

André Lantz le 18 Juillet 2011.


La nature s’éveille aux Beaumonts by beaumonts

Notre collègue Roland Paul nous a transmis les photos suivantes prises au parc durant les belles journées de ce mois de mars.

Les abeilles domestiques et les abeilles sauvages ne craignent pas les pesticides au parc!  Elles semblent en bonne santé et commence à butiner .

abeille domestique sur fleur de saule, cliché Roland Paul; 7 mars 2011

Les Bourdons sont aussi sortis tel cet exemplaire photographié sur une fleur de ficaire, l’une des premières fleurs du printemps au parc.

Bourdon sur ficaire, cliché Roland Paul; 22 mars 2011

Les Crapauds ont entrepris leur migration dans les mares pour pondre. Ils étaient nombreux vers la mi-mars cette année.

couple de crapauds, cliché Roland Paul; 16 mars 2011

crapauds dans les mares, cliché Roland Paul, le 17 mars 2011

Notre paon du jour, est un papillon qui hiberne. Il vole à nouveau lors des premières journées chaudes comme les deux autres vanesses le vulcain et le Robert-le-Diable.

Paon du jour, Cliché Roland Paul, 22 mars 2011

André Lantz, le 31 mars 2011.