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Orchidées du printemps 2016 by beaumonts

Orchidées du printemps 2016

 La coupe des cornouillers avant le printemps de cette saison a été assez favorable à la repousse et floraison de quelques orchidées. Il serait cependant nécessaire d’extraire les végétaux coupés ou broyés afin de garder au sol sa composition originelle. L’apport de bois mort entraîne un enrichissement du sol préjudiciable à la fois aux orchidées mais aussi à d’autres plantes qui affectionnent les prairies mésophiles.

L’orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis) est une orchidée de pelouse calcaire ensoleillée.

Orchis pyramidal, Beaumonts, 17 mai 2016, cliché André Lantz

Orchis pyramidal, Beaumonts, 17 mai 2016, cliché André Lantz

La taille de l’épi qui est pyramidal dans le début de floraison peut atteindre 50cm. Les fleurs sont nombreuses. Le labelle est trilobé et porte à sa base deux lamelles quasi parallèles.

Bien que n’offrant pas de nectar, les fleurs peuvent être pollinisées par des insectes dont des papillons.

L’Ophrys abeille (Ophrys apifera) est le plus commun des Ophrys. C’est aussi le seul Ophrys autogame (Il peut se reproduire par autofécondation. Les pollinies (masses de pollen) sortent de leur loges et s’incurvent vers le stigmate. Les grains de pollens peuvent alors tomber sur le stigmate et féconder l’ovaire. Ainsi certaines mutations (modification de la couleur ou de la forme des pétales) peuvent être transmises aux descendants.

Ophrys abeille, Beaumonts , 9 juin 2016, cliché André Lantz

Ophrys abeille, Beaumonts , 9 juin 2016, cliché André Lantz

Le Dactylorhiza négligé ou Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa) est une plante pouvant atteindre 80 cm de haut. Comme les autre fleurs de dactylorhiza le labelle est parsemé de petits traits plus foncés, contrastant sur un fond clair. Cette plante pousse dans les prairies calcicoles humides. C’est une plante septentrionale car on ne la trouve qu’au dessus d’une ligne reliant la ville de Nantes à celle de Strasbourg. Elle est protégée en Île de France.

Dactylorhiza négligé, Beaumonts, 9 juin 2016, cliché André Lantz

Dactylorhiza négligé, Beaumonts, 9 juin 2016, cliché André Lantz

Signalons que plusieurs papillons migrateurs sont revenus. La Belle-Dame (Vanessa cardui) est de retour en Île de France et on peut l’observer au parc les jours de beau temps.

Belle-Dame butinant les fleurs de trèfles. Beaumonts, le 7 juin 2016, cliché André Lantz

Belle-Dame butinant les fleurs de trèfles. Beaumonts, le 7 juin 2016, cliché André Lantz

Les 24 h de la biodiversité en Seine Saint-Denis se dérouleront cette année le samedi 25 juin et le dimanche 26 juin sur l’ensemble du département.

A Montreuil, cet événement se déroulera le 25 juin de la manière suivante :

24h de la Biodiversité à Montreuil le samedi 25 juin 2016

1) Départ de la randonnée pédestre avec François Degoul et Claire Nicolas à 9 h précises sur les marches de la Mairie de Montreuil en direction du parc Montreau. Tour du Parc Montreau.

 2) Après le parc Montreau, Rendez-vous vers 10h 45 au Jardin des Couleurs, 39 rue Bouchor  (bus 122 et 301, arrêt Ruffins) pour l’animation des Ateliers de la Nature autour des herbes de la Saint Jean : traditions, reconnaissance des plantes, usages et préparations à réaliser ensemble (Françoise Curtet, Jean Werlen).

 3) Vers 11h 45 : départ du Jardin des Couleurs en direction des Murs à pêches (prairie des Murs à pêches, rue Pierre de Montreuil et impasse Gobetue). Arrivée vers le site prévue à 12h

Animations sur le site et repas commun végétalien organisé par les Estivales de la permaculture (Christophe Bichon).

 4) Départ du site vers 13h30 en direction du parc des Beaumonts. Rendez-vous sur le parking face au 5 rue Paul Doumer (bus 122, arrêt St Just) à 13h 45.

Animation sur les papillons et les oiseaux de 13h 45 à 15h 15 sur le site par l’association BNEV (André Lantz et  David Thorns).

 5) Départ du parc des Beaumonts (statue du calligraphe chinois rue Jean Moulin) vers 15 h 15. Retour entre 16h 30 et 17h par le parc Jean Moulin – Les Guilands ou directement à la Mairie selon la Météo.

 En plus de ce parcours, des animations et des ateliers seront proposés

– le samedi après-midi sur le site du Jardin des Couleurs par Les Ateliers de la Nature

– le samedi et le dimanche après-midi sur la prairie des Murs à pêches par les Estivales de la Permaculture

Venez nombreux participer à cet événement. Vous pouvez vous inscrire  gratuitement sur le site suivant:

 http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/24H-pour-la-biodiversite-2016-des-animations-sportives-et-naturalistes.html

Vous pourrez aussi participer le dimanche 26 juin à une sortie organisée par l’ANCA sur la friche de Ville-Evrard (Neuilly-sur-Marne).

Au programme : observations naturalistes (flore, insectes et oiseaux) au cours d’une promenade d’environ 3H.

Le rendez-vous est fixé à 14H, sur le parking juste après l’entrée du poste de Surveillance de Ville-Evrard (entrée: 202 avenue Jean Jaurès, 93330 Neuilly-sur-Marne).

Pour participer, si vous le souhaitez, il faut s’inscrire auprès du département : http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/24H-pour-la-biodiversite-2016-des-animations-sportives-et-naturalistes.html#outil_sommaire_3

André Lantz le 13 juin 2016

 

 

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L’Ortie dioïque et son cortège d’insectes by beaumonts

L’ortie dioïque et son cortège d’insectes.

L’ortie dioïque (Urtica dioica) est l’ortie la plus courante et celle que l’on trouve en abondance dans le parc des Beaumonts. Il existe donc des pieds mâles et des pieds femelles différents. Contrairement à l’ortie dioïque ou grande ortie, l’ortie brulante (Urtica urens) est monoïque, plus petite et plus brulante.

Les orties sont regroupées dans le Genre Urtica de la famille des Urticacées.

Les autres genres de cette famille sont Helxine et Parietaria en France.

Les orties sont anthropophiles. Elles affectionnent les sols riches en matières organiques, surtout en azote et phosphate apportées par l’urine et les déjections animales. Plus d’une centaine d’espèces d’insectes se nourrissent d’orties. Environ une trentaine d’entre eux sont spécifiques à cette plante. Il n’est pas question ici de décrire ou illustrer l’ensemble des espèces. On pourra se reporter pour une vision plus complète à l’ouvrage suivant : Des plantes et leurs insectes de Bruno Didier et Hervé Guyot, coordinateurs, édition QUAE, ouvrage de l’OPIE.

Lépidoptères :

Les Vanesses sont de beaux papillons dont plusieurs chenilles vivent en consommant des feuilles d’ortie. Les chenilles de paon du jour (Aglais io) sont grégaires dans les premiers états puis deviennent ensuite plus solitaires.

 

jeunes chenilles de paon du jour, 12 mai 2014, cliché André Lantz

jeunes chenilles de paon du jour, 12 mai 2014, cliché André Lantz

 

Il en est de même pour les chenilles de la petite tortue (Aglais urticae) qui étaient nombreuses à la fin avril. Elles sont aussi grégaires dans leurs premiers états.

 

Chenilles de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

Chenilles de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

Chenille de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

Chenille de petite tortue, 29 avril 2014, cliché André Lantz

 

Imago de petite tortue fraichement éclos, 29 mai 2014, cliché André Lantz

Imago de petite tortue fraichement éclos, 29 mai 2014, cliché André Lantz

 

Il en est différemment du Robert le diable (Polygonia c-album) où la chenille vit solitaire au revers des feuilles d’orties. Le papillon se trouve en abondance au parc. La photo suivante a été prise dans une parcelle rue Bochor. On peut voir les protubérances sur la chenille qui ne sont pas urticantes. Le premier tiers à partir de la tête de la chenille est brun alors que le reste est blanc. Cette coloration peut être interprétée comme une fiente d’oiseau. Les poils d’ortie sont bien visibles sur le cliché. Ce sont des sortes de petites seringues en silice reliées à leur base à une petite ampoule contenant le liquide urticant dont la composition varie en fonction de l’espèce. L’histamine provoque des démangeaisons de type allergique, l’acétylcholine la sensation de douleur. Il y a aussi de la sérotonine. Il est intéressant de noter la stratégie adoptée pour se défendre des prédateurs, en particulier des mammifères brouteurs. Il a été montré que la densité des piquants augmente chez les plantes broutées ou fauchées.

 

Chenille de Robert le diable, rue Bochor, 9 mai 2014, cliché André Lantz

Chenille de Robert le diable, rue Bochor, 9 mai 2014, cliché André Lantz

 

La chenille du Vulcain (Vanessa atalanta) a développé une autre stratégie identique à celle de la Belle-Dame (Cynthia cardui) qui peut se nourrir aussi d’orties : Les chenilles se cachent de jour dans des feuilles qu’elles relient au moyen de fils de soie. Elles peuvent aussi réunir plusieurs feuilles au moyen de fils pour construire leur abri.

Chenille de vulcain dans une feuille d'ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Chenille de vulcain dans une feuille d’ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Imago du vulcain venant d'éclore, 30 mai 2014, cliché André Lantz

Imago du vulcain venant d’éclore, 30 mai 2014, cliché André Lantz

La carte géographique (Araschnia levana) se nourrit également des feuilles d’ortie. Un imago a été observé au début du printemps mais il n’y a pas une population de cette espèce au parc pour l’instant. Elle préfère les milieux plus humides.

Les chrysalides des vanesses sont nues (c’est-à-dire sans cocon) et suspendues à un support par leur crémaster. Elles présentent souvent des points ou taches d’or brillant.

Chrysalide de petite tortue suspendue à une feuille d'ortie, 7 mai 2014, cliché André Lantz

Chrysalide de petite tortue suspendue à une feuille d’ortie, 7 mai 2014, cliché André Lantz

Chrysalide du Vulcain, 29 mai 2014, cliché André Lantz

Chrysalide du Vulcain, 29 mai 2014, cliché André Lantz

Parmi les hétérocères citons la noctuelle à museau (Hypena proboscidalis), papillon qui vole la nuit mais qui s’envole de jour quand on passe à proximité.

Plusieurs microlépidoptères sont aussi inféodés aux orties.

J’ai déjà illustré sur le site la Pyrale de l’ortie ou queue jaune (Anania hortulata) très caractéristique avec son corps jaune et ses taches noires sur les ailes blanches. La pyrale campagnarde (Pleuroptya ruralis) est beaucoup plus présente, mais affectionne davantage les plantations plus ombrées. La chenille enroule aussi une feuille au moyen de fils de soie, lui donnant alors une allure de cigare. L’adulte est un représentant des plus grandes pyrales de France.

Le Xylopode de Fabricius (Anthophila fabriciana) est un microlépidoptère de la famille des Choreutinae. Sa chenille se nourrit exclusivement d’orties. Elle enroule également les feuilles.

La Sérycore des mares (Celypha lacunana) est une petite tordeuse très commune dont la chenille est polyphage. Elle peut donc se trouver sur les orties, comme l’atteste de nombreux imagos observés ce printemps.

Sérycore des mares, Celypha lacunana adulte sur ortie, 12 mai 2014,

Sérycore des mares, Celypha lacunana adulte sur ortie, 12 mai 2014,

La chenille présentée dans le cliché ci-dessous se nourrissait de Gaillet.

 

Chenille de la sérycore des mares (Celypha lacunana), 2 mai 2014, cliché André Lantz

Chenille de la sérycore des mares (Celypha lacunana), 2 mai 2014, cliché André Lantz

 

 Coléoptères :

Plusieurs coléoptères se développent au détriment de l’ortie.

Le petit charançon de l’ortie (Phyllobius pomaceus) d’environ 8mm de long est spécifique de l’ortie dioïque. La larve s’attaque au collet puis progresse sur les racines. L’adulte consomme aussi les feuilles. Il est reconnaissable à sa coloration plus ou moins brillante d’un joli vert.

Charançon de l'ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Charançon de l’ortie, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Plusieurs espèces de Taupins (famille des Elateridae) se trouvent sur l’ortie. 4 espèces du genre Agriotes peuvent y être observées.

Agriotes sp, un des taupins de l'ortie, cliché André Lantz

Agriotes sp, un des taupins de l’ortie, cliché André Lantz

Bien entendu les coccinelles, larves et adultes (non phytophages) qui se nourrissent de pucerons se trouvent également sur l’ortie. La photo suivante illuste la coccinelle à 14 points (Propulea quatuordecimpunctata)

Coccinelle à 14 points, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Coccinelle à 14 points, 12 mai 2014, cliché André Lantz

Hémiptères: 

Parmi les rencontres effectuées en observant les orties j’ai trouvé cette jolie punaise rouge et noire mais qui n’est pas en gendarme. Cette espèce porte le nom de punaise de la Jusquiame (Coryzus hyoscyami). Elle affectionne les milieux ouverts et ensoleillés. L’insecte mesure environ une dizaine de millimètre. Il hiberne à l’état d’adulte. Sa couleur rouge et noire est aposématique, avertissant les éventuels prédateurs de sa toxicité.

 

Punaise de la Jusquiame, 22 avril 2014, cliché André Lantz

Punaise de la Jusquiame, 22 avril 2014, cliché André Lantz

 

Araignées:

Des araignées profitent des insectes qui se plaisent sur les orties pour les chasser. On peut rencontrer beaucoup de pisaures admirables (Pisaura mirabilis) qui ne construisent pas de toiles et qui chassent à l’affut.

Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Pisaure admirable, 1 mars 2014, cliché André Lantz

Parmi les araignées rencontrées, Cette jolie araneidae au nom d’Epeire dromadaire (Gibbaranea bituberculata), doit son nom aux deux bosses disposées sur la partie antérieure de l’abdomen. Elle n’avait pas encore été trouvée au parc. Cette espèce, comme les autres épeires, tisse une toile pour attraper les insectes.

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Epeire dromadaire, cliché André Lantz

Indiquons quelques propriétés de l’ortie:

Il est avéré que cette plante était déjà utilisée comme légume et comme plante textile au néolithique.

Les feuilles fraiches contiennent plus de protéines et de minéraux que les épinards. Elles sont particulièrement riches en provitamine A et vitamine C, et en calcium, phosphore, fer, potassium et magnésium. Attention au lieu de cueillette pour la consommation ! Comme les champignons, l’ortie concentre les métaux lourds et les pesticides !

Les principales propriétés médicinales de l’ortie sont les suivantes :

Antianémique, reminéralisante, antioxydante et adaptogène (rééquilibrage des interactions entre les systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire).

Dictons :

Une ortie dans le poulailler c’est un œuf de plus dans le panier. (Proverbe français).

L’ortie est sans doute la seule plante que tout le monde connait car sa poignée de main est inoubliable. (Künzle :curé herboriste suisse).

Les 24 heures de la Biodiversité en Seine-Saint-Denis se dérouleront les samedi 14 et dimanche 15 juin 2014. Un très grand nombre d’animations auront lieu dans les parcs départementaux et aussi dans les sites partenaires. Thierry Laugier fera une animation sur les papillons au parc des Beaumonts le dimanche 15 juin de 10h30 à 12h.

Si vous souhaitez y participer où si vous voulez participer à une autre manifestation à Montreuil ou en Seine Saint Denis il est impératif de s’inscrire. En effet certaines animations ne peuvent accueillir qu’un nombre limité de participants. Certaines visites peuvent aussi être annulées si le nombre de participants est trop faible. En vous inscrivant vous serez donc prévenus.

Pour vous inscrire il vous suffit de vous connecter sur le site des 24 heures en cliquant ici : récapitulatif des animations proposées et inscription.

 http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/spip.php?article1576

 

André Lantz, le 2 juin 2014.