Beaumonts nature en ville


Les Crambes au parc des Beaumonts by beaumonts

Introduction

Les Pyrales

16000 espèces de Pyrales ont été décrites dans le monde, En Europe on en dénombre environ 1000 dont 500 en France.

Majoritairement phytophages et quelques unes détritiphages, les Pyraloidea regroupent deux grandes familles : Les Pyralidae et les Crambidae. Les insectes adultes possèdent des organes tympaniques abdominaux et sont caractérisés par la présence d’écailles à la base de la trompe. Si la majorité d’entre-eux sont nocturnes, un nombre non négligeable d’espèces s’activent en journée et souvent au soleil.

La famille des Crambidae se compose de plusieurs sous-familles.

Elle compte plus de 15 000 espèces dans le monde, plus de 300 en Europe et 272 en France.

Cette très vaste famille cosmopolite contient des lépidoptères de taille moyenne à petite.

Les Crambidae présentent des formes très variables. Certaines espèces, appartenant à la sous-famille des Crambinae (les crambes), ont un aspect très proche de feuilles ou de morceaux de végétal (tiges…) ce qui les fait passer inaperçues, dans d’autres sous-familles les espèces peuvent, au contraire, être très colorées.

Les Crambinae (crambes). Cette sous-famille de la famille des Crambidae, compte plus de 80 espèces visibles en France. A notre connaissance, 11 d’entre elles ont été identifiées à ce jour au parc des Beaumonts.


Les périodes de vol indiquent le premier et le dernier mois de l’année où une espèce a été observée aux Beaumonts. Il peut y avoir une, deux générations. Dans ce dernier cas, la présence de l’espèce peut être discontinue.

Les photos ont été prises au parc des Beaumonts à de rares exceptions près (dans ce cas, elles ont été réalisées sur d’autres sites de la région, indiqués en légende).


Sources

Les informations utilisées pour cette page renvoient en particulier aux références suivantes :

Patrice Leraut, Papillons de nuit d’Europe ; Volume 3, Zygènes, Pyrales 1
Editions NAP, 2012.

Marie-André Lantz, « 2017 Biodiversité en milieu urbain : nouvel inventaire du parc des Beaumonts (Montreuil-Sous-Bois, Seine-Saint-Denis) (Lepidoptera) », Oreina ; 37 pp : 29-35

Nicole Lepertel & Jean-Peul Quinette, « Les Pyrales de la Manche », Invertébrés armoricains, Les Cahiers du Gretia, 2009 n° 4.

La description de certains Crambes est aussi appuyée sur une publication du Berkshire Moth Group [1]

La page consacrée aux pyraustes ou « pyrales » sur le site Aramel (Insectes) [2]

Pour certaines espèces d’autres sites ont été mis à contribution, tels Un monde dans mon jardin [3] ou Le jardinoscop [4]

Chez les Crambinae, comme pour d’autres taxons, il y a de grandes variations entre individus d’une même espèce et des confusions possibles avec des espèces d’apparences proches. L’identification sur photo n’est que très rarement « certaine », il convient donc de rester prudent en l’absence d’examen à la loupe binoculaire (voire la dissection).

Le prélèvement d’un exemplaire dans une population et son examen attentif à la loupe permet cependant dans la grande majorité des cas de réaliser une détermination sure.

Pierre Rousset et André Lantz


Le Crambus des jardins  Chrysoteuchia culmella (Linnaeus, 1758)

Taille : 10-15 mm, envergure : 20-24 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : (mai) juin-juillet. Dans son aire de répartition : mai-août.

Répartition : toute la France

Statut : Très commun en France et au parc.

Habitat : lieux riches en graminées

Diagnose : Coloration : de jaune à brun. Plus ou moins nervurés. La ligne courbe postmédiane reste toujours visible.

Crysoteuchia culmella femelle, Beaumonts, 1 juin 2017, cliché Pierre Rousset

Chrysoteuchia culmella mâle, Beaumonts, 16 juin 2017, cliché Pierre Rousset

Le Crambus des pâturages Crambus pascuella (Linnaeus, 1758)

Taille : envergure : 21-26 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : mai-juin. Dans son aire de répartition : mai-septembre.

Répartition : Presque toute l’Europe, Toute la France

Statut : assez commun en France.

Habitat : bois et prés humides, graminées, trèfles.

Diagnose : Ailes antérieures brun clair avec une grande tache blanche, aux bords bien réguliers et finement bordés de brun foncé. Cette tache blanche se termine en pointe dans la zone submarginale où elle est suivie d’une tache blanche plus petite qui s’étend jusqu’à la marge. On distingue une ligne submarginale brune bordée de blanc, parallèle à la marge sur la moitié interne marquée de points noirs marginaux, et s’orientant vers le bord costal pour laisser un triangle brun clair et blanc à l’apex de l’aile où les points marginaux sont remplacés par une fine ligne continue.

Les ailes postérieures sont blanchâtres.

Il y a une possible confusion avec le Crambe des bois Crambus silvella (Hübner) ou Crambe des tourbières Crambus uliginosellus (Zeller) , mais ces deux espèces ne se trouvent que dans des prairies très humides avec des carex, voir des tourbières, et ne sont pas présentent dans notre région.

Crambus pascuella, Forêt Notre-Dame, 6 juillet 2018, cliché André Lantz

Le Crambus des prés Crambus lathoniellus (Zincken, 1817)

Synonyme : Crambus nemorella

Taille : envergure : environ 15-23 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin-juillet. Dans son aire de répartition : mai-août.

Répartition : Probablement toute la France continentale.

Statut : très commun.

Habitat: prairies, talus, tous les lieux herbus.

Diagnose : Bande blanche étroite. Stries longitudinales entaillées à mi-chemin. Bord costal (avant de l’aile) relativement rectiligne. Ligne subterminale (peu avant l’extrémité des ailes) fortement marquée et pliée, avec une frange foncée sur son bord intérieur. Apex (extrémité) des ailes triangulaire et marqué. Arrière des ailes sombres.

Mâle : Stries grisâtres entre les veines brunes. Aile mouchetée d’écailles noirâtres.

Femelle : Stries blanches entre les veines, ailes moins mouchetées. Apparence plus claire.

Crambus lathoniellus, Beaumonts, 6 juin 2012, cliché A. Lantz

Le crambus perlé Crambus perlella (Scopoli, 1763)

Taille : envergure : 21-28 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin-juillet. Dans son aire de répartition : juin-août.

Répartition: Europe et toute la France

Statut : commun.

Habitat : Prairies, lieux herbus secs ou humides

Diagnose : Couleur argentée caractéristique. Ce crambe ne présente aucun dessin sur les ailes antérieures qui ont des reflets nacrés.

Il y a des individus plus sombres et des formes intermédiaires.

Crambus perlella, Beaumonts; 28 juin 2009, cliché A. Lantz

Le crambus-aigle Agriphila tristella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Synonyme : Crambus des tiges, Crambus des chaumes

Taille : envergure : 25-30 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : (juillet) août-septembre. Dans son aire de répartition : juillet-septembre.

Répartition :Europe et toute la France

Statut : très commun.

Habitat : graminées, prairies et pelouses, pénètre dans les villes.

Diagnose : Espèce très variable en coloration allant de la couleur paille au brun foncé. Une ligne claire (strie) s’étend sur l’aile antérieure (allant du blanc nacré à l’orangé en passant par le jaune ou crème). Elle devient souvent plus étroite (s’effile) au tiers de sa longueur, puis se divise (se diffuse) en pinceau de quatre « doigts ». Bien que caractéristique, ce trait « identifiant » peut être fortement marqué, plus faiblement, ou même absent. Front présentant une petite pointe.

Agriphila tristella, Beaumonts, 26 août 2018, cliché Pierre Rousset

Agriphila tristella, Beaumonts, 26 juin 2018, Cliché Pierre Rousset

Le Crambus souillé Agriphila inquinatella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Taille : LAA = 12 mm, envergure : 23-29 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : août-septembre. Dans son aire de répartition : juillet-septembre.

Répartition : Largement répandue en Europe, toute la France continentale

Statut : commun.

Habitat : prairies à Graminées (Poa, Festuca…), friches, talus, lieux herbus.

Diagnose : Les ailes antérieures unies, brun-jaune pâle ou blanchâtres.. Caractérisé par ses dessins sombres, estompés, sur fond blanc crémeux. Yeux bleus.

Agriphila inquinatella, Beaumonts, 11 août 2016, cliché André Lantz

Le Crambus des chaumes Agriphila straminella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Synonyme : Crambus des pelouses

Taille : LAA = 8 à 10 mm, envergure : 16-20 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : (juin) août. Dans son aire de répartition : juin-août.

Répartition : Europe, toute la France continentale

Statut: très commun

Habitat : graminées, pelouses, lieux herbeux, prairies à poacées…

Surtout le jour mais très attiré par les lumières dans la nuit.

Diagnose : petite taille. Ailes antérieures unies, brun-jaune pâle ou blanchâtres. Couleur jaune plus ou moins rembrunie. Souvent tacheté de brun. Strie longitudinale peu affirmée. Pas de ligne postmédiane (différence avec C. culmella). Forme globale fortement conique.

Mâle : contraste entre la moitié dorsale (arrière) de l’aile claire et la moitié costale (avant) sombre.

Femelle : plus uniforme. La strie se divise en « doigts » peu marqués.

Yeux bleus.

Agriphila straminella, Beaumonts, 16 août 2010, cliché A. Lantz

Le Crambus anguleux Agriphila geniculea (Haworth, 1811)

Synonyme : le Crambus des friches, le Crambus à bandes coudées

Taille : LAA = 15 mm, envergure : 17-25 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : août-septembre. Dans son aire de répartition : juillet-octobre.

Répartition : toute la France y compris la Corse

Statut : commun

Habitat : graminées, milieux herbeux, même en zone urbanisée.

Diagnose : coloration d’ensemble brun-grisâtre. Ailes antérieures étroites, brun-jaune pâle.

Lignes transversales brunes, très obliques et coudées. Frange à reflet métallique.

Agriphila geniculea, Beaumonts, 26 août 2018, cliché Pierre Rousset

Le Crambus mordoré Chrysocrambus linetella (Fabricius, 1781)

Synonyme : Le crambus rayé commun, Chrysocrambus cassentiniellus

Taille : LAA = 12 à 14 mm, envergure : 20-27 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juin (juillet). Dans son aire de répartition : juin-juillet. Peut voler toute la journée, mais est plus actif les après midi.

Répartition :  répandue dans l’Europe du sud

Statut : peut être abondant dans ses biotopes, mais localisé.

Habitat : friches et lieux herbeux, sur Fétuque.

Diagnose : de forme étroite et allongée, les ailes antérieures sont de couleur ocre-jaune avec des raies longitudinales très contrastées or à brun-rouille, entrecoupées de deux raies transversales et bordées à l’apex d’un trait simple et d’une frange gris-blanc.

Les ailes postérieures de même teinte sont plus claires et discrètement striées.

Palpes labiaux très longs, bien visibles pointant vers l’avant.

Chrysocrambus linetella, Bois de Vincennes, 16 juin 2018, cliché André Lantz

Chrysocrambus linetella, Beaumonts, 13 juin 2017, cliché Pierre Rousset

Confusion possible avec Chrysocrambus craterella (Scopoli, 1763) qui se distingue difficilement par un « double trait » au bord de l’apex des ailes antérieures alors que ce « trait est simple » chez C. linetella. Cependant, il est difficile de les différencier sans observer les genitalia au microscope. La présence de C. craterella n’est pas attestée en Île-de-France.

 

Le Crambus jaunâtre Pediasia luteella (Denis & Schiffermüller, 1775)

Taille : LAA 14mm, envergure : 24-27mm

Période de vol:  notée aux Beaumonts : juillet; mai à septembre dans son aire de répartition.

Répartition : Europe, une grande partie de la France, surtout moitié nord et montagnes

Statut : localisé et relativement peu abondant.

Probablement très rare aux Beaumonts.

Habitat : graminées, lieux herbus

Diagnose : Couleur ocre uniforme sur l’aile antérieure. Peut être confondue avec la forme sans trait de A. tristella. Possède un front lisse alors que A. tristella a un front pointu.

Pediasia luteella, Beaumonts, 6 juillet 2010, cliché A. Lantz

Le Crambe tentaculé Ancylolomia tentaculella (Hübner, 1796)

Synonyme : l’Ancylolome commun, Tinea tentaculella, Ancylolomia irakella

Taille : LAA = 17 mm, envergure : 30-34 mm

Période de vol notée aux Beaumonts : juillet-août. Dans son aire de répartition : juillet-septembre.

Répartition : Europe, presque partout en France, manque par endroits dans le nord et l’ouest

Statut : assez commun. Remonte du sud les années chaudes.

Semble rare aux Beaumonts.

Habitat : affectionne les grandes graminées, friches, talus, milieux herbeux, parc, jardins…

Diagnose : Les femelles sont généralement plus grandes que les mâles.

Le mâle a la tête et les palpes blanc-jaunâtre, ses antennes sont dentées, son corselet est brun-foncé.

Les ailes antérieures jaune-marron sont marquées très nettement de longues bandes médianes longitudinales dorées soulignées de brun et la frange est festonnée. La courte bande blanche subapicale présente des deux côtés du point noir le différencie de Ancylolomia disparalis qui ne se trouve actuellement que dans le Midi de la France.

La femelle a la tête, ses palpes, ses antennes, son corselet et le dessus de ses ailes antérieures jaune-d’ocre-pâle avec des lignes longitudinales dorées, et une ligne également dorée qui sépare la frange du bord terminal.

 

 

Ancylolomia tentaculella; Beaumonts, 20 juillet 2010, cliché A. Lantz

Ancylolomia tentaculella, Sansalle (77), 31 juillet 2015, Cliché André Lantz

Pierre Rousset et André Lantz le 24 octobre 2018

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