Beaumonts nature en ville


Biodiversité au Parc des Beaumonts by beaumonts
  1. Les Naturalistes du parc des Beaumonts ont déjà signalé par le passé les difficultés inhérentes à la gestion du lieu, pourtant classé Natura 2000 dans la directive « Oiseaux ».  Nous avons envoyé une lettre à la mairie de Montreuil ainsi qu’au Comité de pilotage (COPIL) du site départemental Natura 2000. A ce jour nous n’avons reçu que la réponse du COPIL Natura 2000 qui propose une réunion devant se tenir en mai 2017. Nous n’avons rien reçu des édiles de Montreuil.

Voici la lettre qui a été envoyée:

Le 7 mars 2017,

La gestion du parc des Beaumonts

A l’intention des membres de la municipalité de Montreuil (93) et des responsables du COPIL du site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis

Pour la municipalité de Montreuil :

M. Patrice Bessac, maire de Montreuil

M. Ibrahim Dufriche-Soilihi1er Adjoint délégué à la transition écologique et nature en ville

Le parc des Beaumonts fait partie des quinze entités réunies dans le site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis.

La municipalité de Montreuil bénéficie à ce titre d’un parc classé de la directive « Oiseaux  » du réseau Natura 2000. Elle a donc l’obligation de gérer et d’entretenir le site afin de conserver ou d’améliorer la biodiversité présente.

La gestion du parc certes a été remise (dans quelle mesure ?) à l’intercommunalité, mais nous n’avons jamais été contactés à ce niveau et nous ne savons pas qui est responsable du suivi des Beaumonts.

Nous pensons en tout état de cause que la municipalité ne peut tout simplement pas se désintéresser du parc, dont elle souhaiterait par ailleurs, semble-t-il, le « rapatriement ». Elle peut (nous pouvons) intervenir vis-à-vis de l’agglomération.

Les naturalistes de Beaumonts-Nature en Ville signataires de cette lettre sont en effet loin d’être satisfaits de la gestion du parc. Ils ne sont pas consultés en amont sur les projets de travaux qui sont effectués sur le site et les méthodes de gestion utilisées.

Nous voudrions soulever des questions qui relèvent tant de la gestion courante du parc que d’interventions spécifiques plus « lourdes » (du type aménagement de la friche centrale ou de la mare perchée).

Gestion courante

Ne prenons que deux exemples parmi bon nombre d’autres.

Nous avions signalé en 2016 que la non-remise en eau, en temps voulu, des mares perchée et du milieu avait un impact sur les amphibiens. En ce début de mars 2017, nous nous retrouvons dans une situation encore pire liée à la sécheresse de cet hiver, qui n’est qu’imparfaitement corrigée par l’actuelle vague de pluie.

Tous les saules bordant la mare perchée ont été ébranchés ; nous aurions proposé que certains soient « épargnés » pour les insectes qui sont inféodés à cette essence et pour le déplacement de passereaux. Par ailleurs, toute la roselière nord a été rasée de près. Nous aimerions savoir pourquoi, alors que, même sèche, elle a un rôle de protection très important. Elle ne repoussera que tard en saison, bien après l’arrivée ou la date d’installation d’oiseaux nicheurs. Il est à craindre, par exemple, que la rousserolle effarvatte ne niche pas cette année, si la roselière sud ne lui suffit pas.

Nous ne disons pas que tout est mal fait, tant s’en faut ; mais que la concertation en amont est utile, nécessaire. Nous reconnaissons volontiers qu’un effort notable a été consenti par les responsables sur le terrain pour prendre en compte les conditions particulières de gestion d’un tel site : éviter de faucher certaines parcelles, en faucher d’autres suffisamment tôt pour ne pas contrarier la reproduction (notamment des insectes et araignées), utiliser les branchages coupés pour créer des abris pour la faune…

Interventions « lourdes »

Nous avons pu suivre l’aménagement de la friche centrale, ce qui était une bonne chose. Il n’en est plus de même, alors que l’objectif (une prairie fleurie) n’a pas été atteint l’année dernière. Nous espérons que les coupes récentes aideront en 2017 à en reconstituer une, mais nous aimerions connaître l’avis des services des espaces verts sur ce qui a marché comme prévu, après l’aménagement, et ce qui ne l’a pas.

La question des prises de décision concernant la mare perchée est pour nous particulièrement inquiétante. Nous avons participé aux études initiales sur le nouvel aménagement de la mare, conduisant à la définition d’un projet qui aurait représenté un progrès réel. Tout a depuis été remis en cause sans que nous n’en soyons jamais informés. Les coûts seraient prohibitifs. Nous ne savons pas si des subventions (projet Natura 2000) ont été demandées, à qui, et pourquoi elles auraient été refusées. Nous ne savons pas plus quel « plan B » est envisagé pour la mare perchée en particulier et la zone humide en général. Car si le « plan A » est véritablement abandonné, il faut bien un « plan B », n’est-ce pas ?

Le Conseil Scientifique du parc des Beaumonts qui avait été créé à notre demande ne s’est plus réuni depuis le départ de Didier Gleyzes en 2013.

Nous considérons que le rôle du conseil scientifique est de discuter en amont des projets de travaux sur le parc, en tenant compte des contraintes techniques, mais aussi des avis des naturalistes. Ce conseil n’a pas pour vocation d’être une simple chambre d’enregistrement, mais d’un lieu où sont envisagées des interventions qui seront mises en application en fonction des avis étayés éventuellement par des études scientifiques pour améliorer la biodiversité.

Nous nous adressons aujourd’hui à la mairie et au copil Natura 2000 du département de Seine-Saint-Denis et nous souhaitons qu’elle fasse part de notre inquiétude à l’Intercommunalité.

Bien à vous,

Des naturalistes de BNEV :

Pierre Rousset; André Lantz; Thierry Laugier; Thomas Puaud; Alexis Martin; David Thorns.

2. Quelques inventaires viennent d’être publiés concernant l’avifaune et l’entomofaune des Beaumonts.

Vous pourrez retrouver les oiseaux qui ont été observés au parc ou en survol par  David Thorns avec la traduction française assistée par Isabelle Merle, sur son site à l’adresse suivante < http://www.skutchia.com/annualreport2016-fra >

Un inventaire des Lépidoptères du parc des Beaumonts, reprenant les données d’observations entre 2009 et 2016 est paru dans le n° 37 de la revue Oreina (Les papillons de France) en mars 2017. Cet article n’est pas encore en ligne sur le site de cette revue. Nous atteignons presque un chiffre de 300 espèces déterminées sur le site. Une comparaison avec les sites des coteaux d’Avron et les Jardin du MNHN de Paris termine cette étude. Vous pouvez le consulter ici

3. Voici quelques images d’insectes prises cette année.

L’azuré des Nerpruns (Celastrina argiolus) est un petit  papillon bleu clair qui préfère souvent les sous-bois aux prairies trop vivement ensoleillées.

Azuré des Nerpruns, Beaumonts le 25 mars 2017, cliché André Lantz

Cet imago est en train de pomper les gouttes d’eau disposées sur le feuilles de Ficaire.

Le collier de corail (Aricia agestis) a été très précoce cette année. Habituellement on ne le voyait voler qu’à partir de juin.

Collier de corail, Beaumonts, 21 avril 2017, Cliché André Lantz

Cet imago est en train de butiner les fleurs de Passerage.

L’aurore (Anthocharis cardamines) est très régulière au parc et s’observe chaque année au début avril. Cette année les premiers imagos ont été observés dès la fin mars.

Aurore mâle, Beaumonts le 7 avril 2017, cliché André Lantz

L’Adèle Nematopogon swammerdamella est blonde et les ailes antérieures sont finement réticulées. L’imago sort habituellement en avril. Plusieurs adultes ont été notés en avril 2017.   la photo ci-dessous montre la face ventrale de l’imago.

Nematopogon swammerdamella Beaumonts, 13 avril 2017 cliché André Lantz

Sur la suivante on peut  distinguer l’aile antérieure qui recouvre la postérieure et la présence d’une fine réticulation.

Nematopogon swammerdamella, de profil, face dorsale, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

L’adèle de Réaumur (Adela reaumurella) est d’un joli vert métallique. Les mâles aux longues antennes volettent au soleil en essaim au dessus de la végétation arbustive, tandis que les femelles aux antennes plus courtes restent souvent posées dans la végétation basse. Il est rare de pouvoir photographier une femelle en train de butiner comme sur ce cliché.

femelle de l’Adèle de Réaumur butinant une fleur d’Anthrisque, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Le temps parfois un peu frais de cette dernière période n’est pas un obstacle pour les observations de diptères qui sortent à des températures parfois inférieures à une dizaine de degrés.

Les syrphes se rencontrent aussi bien dans les parties boisées que les stations dégagées.  Ce Syrphe élégant (Epistrophe eligans)est caractérisé par un dimorphisme sexuel prononcé. La larve se nourrit de pucerons comme beaucoup d’autres espèces de Syrphe. Cette femelle est posée en sous-bois sur les Anthrisques.

Femelle d’Epistrophe eligans, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Ce joli syrphe de la photo suivante (Dasysyrphus albostriatus), en dehors de sa livrée jaune et noire, est caractérisé en particulier par deux bandes claires sur le thorax noir. Il se rencontre facilement sur les fleurs ou les herbes. Il n’avait pas encore été photographié sur le site.

Dasysyrphus albostriatus, Beaumonts, 13 avril 2017, cliché André Lantz

Les Bibions sont des diptères précoces de la famille des Bibionidae. Ils se caractérisent par leur teinte sombre, un abdomen assez large, des antennes courtes et une pilosité abondante. Les larves sont terricoles saprophages et peuvent se nourrir des racines de diverses plantes. Le Bibion le plus connu est la mouche de Saint-Marc (Bibio marcii) qui peut quelquefois pulluler. On peut souvent les observer en essaim au soleil au dessus des branches d’arbres ou arbustes. Lors du vol les pattes postérieures pendent vers le bas. Des adultes se trouvent également parmi la végétation surtout lorsqu’il ne fais pas encore suffisamment chaud. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Le mâle possède des yeux poilus de grande taille qui prennent pratiquement tout le volume de la tête, alors que ceux de la femelle sont nettement réduits. Ils sont apparus un peu en avance sur la saison ce printemps 2017.

mâle de Bibio marcii, sur une fleur de pommier, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

Un autre Bibio a été observé cette année au Parc des Beaumonts. Je l’avais déjà noté dans le Bois de Vincennes (Paris 12) en 2016. Il a aussi été trouvé au jardin des plantes par Axel Dehalleux qui a pu le déterminer. Il s’agit de Bibio anglicus. c’est une espèce de taille bien inférieure à la mouche de Saint- Marc.

Le dimorphisme sexuel est aussi particulièrement prononcé. Le mâle est noir avec de gros yeux et la femelle possède un abdomen jaune-orangé et un thorax rougeâtre. Voici la femelle posé dans la végétation.

Femelle de Bibio anglicus, Beaumonts, 7 avril 2017, cliché André Lantz

 

Couple de Bibio anglicus, Bois de Vincennes (Paris 12), 18 avril 2017, cliché André Lantz

Voici un couple de cette espèce photographié au Bois de Vincennes. Le mâle noir est à gauche et la femelle à droite.

Parmi les libellules, le leste brun ou brunette hivernale (Sympecma fusca) sort de sa torpeur aux premiers beaux jours. Contrairement aux autre libellules européennes, cette espèce hiberne à l’état imaginal. De part sa taille et sa coloration, cette petite espèce peut passer facilement inaperçue.

Femelle de Brunette hivernale, Beaumonts, 27 mars 2017, cliché André Lantz

 

André Lantz le 25 avril 2017



24h de la biodiversité, compte-rendu de visite. by beaumonts

Les 24h de la biodiversité se sont tenues le samedi 25 juin 2016 à Montreuil.

Le programme avait été présenté dans l’article précédent.

Une dizaine de participants dont les randonneurs montreuillois se sont retrouvés au parc des Beaumonts avec David Thorns, ornithologue, et André Lantz, entomologiste, de l’association BNEV. Cette année le temps ensoleillé a été plus favorable à l’observation des insectes que lors des années antérieures. Les horaires étaient plus propices aux insectes qu’aux oiseaux. Certains d’entre eux n’ont pu être déterminés que par leur chant car, en cette saison, ils sont souvent cachés par la végétation.

Voici la liste des espèces rencontrées lors de cette visite:

Les Piérides blanches ont été très nombreuses, également réparties dans la zone paysagère et dans la partie plus sauvage du parc. D’autres espèces comme le Demi-deuil ou la Trichie de la rose ne se rencontrent que dans les prairies sauvages non fauchées ou le long du ru qui descend de la mare perchée.

date genre espèce nom vernaculaire nombre remarques
25/06/16 Pieris   Piérides blanches 26 dont Pieris rapae et Pieris napi
25/06/16 Melanargia galathea Demi-Deuil 3  
25/06/16 Pararge aegeria Tircis 2  
25/06/16 Polyommatus icarus Azuré de la Bugrane 1  
25/06/16 Apis mellifera Abeille domestique 8  
25/06/16 Bombus sp Bourdon 3  
25/06/16 Xylocopa sp Xylocope 1  
25/06/16 Trichius rosaceus Trichie de la Rose 1  
25/06/16     Libellule 2 en vol, non déterminable
25/06/16 Tettigonia viridissima Sauterelle verte 3  
25/06/16 Coccinella septempunctata Coccinelle à 7 points 1  
25/06/16 Sylvia atricapilla Fauvette à tête noire 1 entendue
25/06/16 Phylloscopus collybita Pouillot véloce 1 vu
25/06/16 Troglodytes troglodytes Troglodyte mignon 1 entendu
25/06/16 Pica pica Pie bavarde 1 vue
25/06/16 Dendrocopos major Pic épeiche 1 vu

David Thorns nous a permis de distinguer au moyen de son téléobjectif performant la piéride de la rave, au dessous uni, de la piéride du navet où les nervures des ailes postérieures sont soulignées d’écailles sombres.

Les deux photos suivantes illustrent une femelle de la piéride du Navet Pieris napi. La femelle se distingue du mâle par la présence de deux points noirs sur la face dorsale de l’aile antérieure. Les nervures sont bien soulignées d’écailles plus sombres sur le revers de l’aile postérieure.

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride du navet femelle, 25 juin 2016, cliché David Thorns

La piéride de la rave (Pieris rapae) présente un revers uni.

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Piéride de la rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

mâle de la piéride de la Rave, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Le demi-Deuil (Melanargia galathea)avec son damier noir et blanc est une des espèces bien reconnaissables. Elle affectionne les prairies non fauchées et fleuries.

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Demi-Deuil, 25 juin 2016, cliché David Thorns

Lors de cette visite les participants se sont aussi intéressés aux plantes et fleurs du parc, dont certaines sont mellifères et attirent de nombreux insectes.

André Lantz le 4 juillet 2016.



Orchidées du printemps 2016 by beaumonts

Orchidées du printemps 2016

 La coupe des cornouillers avant le printemps de cette saison a été assez favorable à la repousse et floraison de quelques orchidées. Il serait cependant nécessaire d’extraire les végétaux coupés ou broyés afin de garder au sol sa composition originelle. L’apport de bois mort entraîne un enrichissement du sol préjudiciable à la fois aux orchidées mais aussi à d’autres plantes qui affectionnent les prairies mésophiles.

L’orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis) est une orchidée de pelouse calcaire ensoleillée.

Orchis pyramidal, Beaumonts, 17 mai 2016, cliché André Lantz

Orchis pyramidal, Beaumonts, 17 mai 2016, cliché André Lantz

La taille de l’épi qui est pyramidal dans le début de floraison peut atteindre 50cm. Les fleurs sont nombreuses. Le labelle est trilobé et porte à sa base deux lamelles quasi parallèles.

Bien que n’offrant pas de nectar, les fleurs peuvent être pollinisées par des insectes dont des papillons.

L’Ophrys abeille (Ophrys apifera) est le plus commun des Ophrys. C’est aussi le seul Ophrys autogame (Il peut se reproduire par autofécondation. Les pollinies (masses de pollen) sortent de leur loges et s’incurvent vers le stigmate. Les grains de pollens peuvent alors tomber sur le stigmate et féconder l’ovaire. Ainsi certaines mutations (modification de la couleur ou de la forme des pétales) peuvent être transmises aux descendants.

Ophrys abeille, Beaumonts , 9 juin 2016, cliché André Lantz

Ophrys abeille, Beaumonts , 9 juin 2016, cliché André Lantz

Le Dactylorhiza négligé ou Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa) est une plante pouvant atteindre 80 cm de haut. Comme les autre fleurs de dactylorhiza le labelle est parsemé de petits traits plus foncés, contrastant sur un fond clair. Cette plante pousse dans les prairies calcicoles humides. C’est une plante septentrionale car on ne la trouve qu’au dessus d’une ligne reliant la ville de Nantes à celle de Strasbourg. Elle est protégée en Île de France.

Dactylorhiza négligé, Beaumonts, 9 juin 2016, cliché André Lantz

Dactylorhiza négligé, Beaumonts, 9 juin 2016, cliché André Lantz

Signalons que plusieurs papillons migrateurs sont revenus. La Belle-Dame (Vanessa cardui) est de retour en Île de France et on peut l’observer au parc les jours de beau temps.

Belle-Dame butinant les fleurs de trèfles. Beaumonts, le 7 juin 2016, cliché André Lantz

Belle-Dame butinant les fleurs de trèfles. Beaumonts, le 7 juin 2016, cliché André Lantz

Les 24 h de la biodiversité en Seine Saint-Denis se dérouleront cette année le samedi 25 juin et le dimanche 26 juin sur l’ensemble du département.

A Montreuil, cet événement se déroulera le 25 juin de la manière suivante :

24h de la Biodiversité à Montreuil le samedi 25 juin 2016

1) Départ de la randonnée pédestre avec François Degoul et Claire Nicolas à 9 h précises sur les marches de la Mairie de Montreuil en direction du parc Montreau. Tour du Parc Montreau.

 2) Après le parc Montreau, Rendez-vous vers 10h 45 au Jardin des Couleurs, 39 rue Bouchor  (bus 122 et 301, arrêt Ruffins) pour l’animation des Ateliers de la Nature autour des herbes de la Saint Jean : traditions, reconnaissance des plantes, usages et préparations à réaliser ensemble (Françoise Curtet, Jean Werlen).

 3) Vers 11h 45 : départ du Jardin des Couleurs en direction des Murs à pêches (prairie des Murs à pêches, rue Pierre de Montreuil et impasse Gobetue). Arrivée vers le site prévue à 12h

Animations sur le site et repas commun végétalien organisé par les Estivales de la permaculture (Christophe Bichon).

 4) Départ du site vers 13h30 en direction du parc des Beaumonts. Rendez-vous sur le parking face au 5 rue Paul Doumer (bus 122, arrêt St Just) à 13h 45.

Animation sur les papillons et les oiseaux de 13h 45 à 15h 15 sur le site par l’association BNEV (André Lantz et  David Thorns).

 5) Départ du parc des Beaumonts (statue du calligraphe chinois rue Jean Moulin) vers 15 h 15. Retour entre 16h 30 et 17h par le parc Jean Moulin – Les Guilands ou directement à la Mairie selon la Météo.

 En plus de ce parcours, des animations et des ateliers seront proposés

– le samedi après-midi sur le site du Jardin des Couleurs par Les Ateliers de la Nature

– le samedi et le dimanche après-midi sur la prairie des Murs à pêches par les Estivales de la Permaculture

Venez nombreux participer à cet événement. Vous pouvez vous inscrire  gratuitement sur le site suivant:

 http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/24H-pour-la-biodiversite-2016-des-animations-sportives-et-naturalistes.html

Vous pourrez aussi participer le dimanche 26 juin à une sortie organisée par l’ANCA sur la friche de Ville-Evrard (Neuilly-sur-Marne).

Au programme : observations naturalistes (flore, insectes et oiseaux) au cours d’une promenade d’environ 3H.

Le rendez-vous est fixé à 14H, sur le parking juste après l’entrée du poste de Surveillance de Ville-Evrard (entrée: 202 avenue Jean Jaurès, 93330 Neuilly-sur-Marne).

Pour participer, si vous le souhaitez, il faut s’inscrire auprès du département : http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/24H-pour-la-biodiversite-2016-des-animations-sportives-et-naturalistes.html#outil_sommaire_3

André Lantz le 13 juin 2016

 

 



Insectes printaniers, lichens et plantes by beaumonts

Quelques insectes du printemps 2016

Comme chaque année les premiers rayons de soleil et de chaleur réveillent les papillons endormis durant la période hivernale. Quelques plantes sont déjà fleuries et procurent aux espèces hivernantes le nectar dont ils ont besoin pour voler et se reproduire.

Le Paon du jour (Aglais io), dont la chenille consomme les Orties dioïques au parc des Beaumonts, est une espèce bivoltine, c’est à dire qu’elle présente deux générations dans une année. Les imagos tardifs de seconde génération se cachent l’hiver dans des endroits sombres et le revers noir de leurs ailes assure une protection efficace contre d’éventuels prédateurs. L’exemplaire photographié appréciait les fleurs de pissenlit.

Aglais io, Beaumonts, 5 avril 3016, DSC_7028 bis

Paon du jour, Aglais io, Beaumonts, 5 avril 2016, cliché André Lantz

On peut imaginer dans le détail de l’ocelle de l’aile postérieure une petite tête de lutin facétieux.

Aglais io, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_7023

Ocelle de l’aile postérieure du paon du jour, Beaumonts, 5 avril 2016, cliché André Lantz 

Le Robert-le diable (Polygonia c-album) fait aussi partie des Vanesses qui hibernent. Cette espèce est également bivoltine. Contrairement au paon du jour dont les imagos de première et de seconde génération présentent des motifs et des colorations identiques, les exemplaires de seconde génération (août octobre) du Robert- le Diable présentent des ailes plus découpées et une coloration fauve plus foncée que ceux de la première génération (juin-août). Le spécimen photographié est bien un hibernant de seconde génération.

Polygonia c-album, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_6975

Robert-le-diable, Polygonia c-album, Beaumonts, 5 Avril 2016, cliché André Lantz

 Le Tircis (Pararge aegeria) est un papillon commun que l’on peut trouver maintenant dans les Villes. La chenille se nourrit de graminées et les arbres fournissent la mi-ombre qu’affectionne l’adulte.

Cette espèce possède 3 à 4 générations annuelles mais n’hiberne pas. Les ailes des mâles offrent en général des taches claires moins étendues que chez les femelles. Cette espèce présente deux taxons en France. Le taxon aegeria (Pararge aegeria aegeria) possède une couleur de fond plus orangé. Le Taxon Tircis (Pararge aegeruia tircis) un fond plus clair.

Le taxon aegeria est implanté dans le sud de la France et tircis dans le nord. Les études récentes d’ADN ne montrent pas de différence génétique entre les deux taxons.

Le réchauffement climatique favorise la remontée vers le nord du taxon aegeria.

L’exemplaire photographié au parc illustre bien le taxon tircis avec des taches assez claires. L’imago vient sans doute d’émerger compte tenu de sa livrée intacte et de sa pilosité en très bon état.

Parage aegeria, Beaumonts,5 avril 2016, DSC_6960comp.

Tircis mâle fraichement éclos sur Anthrisque. Beaumonts, 5 avril 2016, Cliché André Lantz

Les imagos des Piérides n’hibernent pas.

Les premiers adultes émergent donc aux premiers beaux jours. Cets espèces peuvent être trivoltines : 3 générations par an. La première vole de début avril à mai, la seconde de juin à août et la troisième de août à septembre. En vol il n’est pas possible de distinguer la Piéride de la rave (Pieris rapae) de la Piéride du Navet (Pieris napi).

Lorsque le papillon est posé, l’observation du revers des ailes permet de faire l’identification.

La face ventrale des ailes est uniforme chez la Piéride de la rave alors que les nervures sont soulignées de noir chez la Piéride du navet.

Les nervures des ailes postérieures sont beaucoup plus soulignées de gris verdâtre pour les adultes de la première génération. Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Les femelles présentent deux taches noires bien visibles sur le dessus de l’aile antérieure alors que le mâle n’en possède qu’une moins prononcée.

Le cliché suivant d’une Piéride du navet butinant un pissenlit illustre à la fois les nervures bien soulignées d’écailles noires sur le dessous et légèrement soulignées sur la face dorsale des ailes.

Pieris napi, Beaumonts, 6 avril 2016, DSC_7091

Femelle de la Piéride du navet fraichement éclose, Beaumonts, 6 avril 2016, cliché André Lantz

Les lichens sont constitués de champignons, essentiellement ascomycète, (90 à 95 % de la biomasse) et d’algues, soit des Procaryotes (cyanobactéries) soit des Eucaryotes (algues vertes).

Même minoritaires, les algues fournissent par photosynthèse les ressources carbonées nécessaires à la vie du lichen. Le champignon fournit la protection, l’eau et les éléments minéraux.

La propriété des lichens est la reviviscence. Ces êtres vivants sont capables de passer de très nombreuses fois d’un état déshydraté à un état hydraté. Cette propriété leur permet de conquérir des milieux hors sols comme les arbres ou les rochers. La principale source d’eau est donc la pluie. C’est la raison pour laquelle les lichens sont très sensible à la pollution. En effet l’eau de pluie chargée de polluant atmosphérique comme le dioxyde de souffre est acide et ne permet plus au lichen de se développer. Ils sont des bons indicateurs de la qualité de l’air. On admet que les lichens couvrent 8 % des surfaces terrestres émergées. Cependant, comme les autres champignons ils accumulent des métaux lourds.

La Parmélie des murailles ou Xanthorine (Xanthoria parietina) est un lichen très commun reconnaissable à sa couleur jaune ou jaune-orange.

Cette couleur secrétée par le champignon est du à la pariétine. La couleur orange est d’autant plus prononcée que le lichen est placé en plein soleil. Comme bon nombre d’autres lichens la parmélie prospère sur deux milieux différents: L’écologie est dite corticole sur les écorces des vieux arbres ou saxicole sur les rochers ou les pierres.

Les algues monocellulaires qui vivent dans la parmélie sont du genre Trebouxia.

La reproduction peut se faire par l’eau ou le vent qui transporte les spores. Cependant deux acariens se nourrissant du lichen rejettent dans leurs fèces des spores et des algues intactes car non digérées par le tube digestif de ces acariens. Ce processus facilite la reproduction et la dissémination du lichen.

La Parmélie a été utilisée pour la fabrication d’un colorant. Pilée et mélangée à de l’urine elle servait à teindre la laine en rose, en particulier pour la confection des kilts écossais.

Ce lichen aurait servi par les guérisseurs de moyen-âge à soigner la jaunisse et les maladies du foi selon la théorie des signatures.

L’exemplaire photographié se trouvait sur un vieux frêne abattu par le vent. On peut distinguer les petites coupelles oranges désignées par apothécies discoïdes. Ce sont les parties fertiles des champignons. (comme pour les pézizes où les apothécies peuvent atteindre plusieurs centimètres).

Xanthoria parietina, Beaumonts, 5 avril 2016, DSC_6971

Parmélie des murailles ou Xanthorine.Beaumonts, sur branche de Frêne, 5 avril 2016, cliché André Lantz

En réhydratant une partie du lichen, les apothécies se sont gonflées. Les algues participent à la coloration plus verdâtre du champignon.

Xanthoria parietina, Beaumonts, 6 avril 2016, DSC_7101

Apothécies de Xanthoria parietina, Beaumonts, 6 avril 2016, cliché André Lantz

Le cliché microscopique suivant montre un asque avec les spores. Il y a 8 spores par asques mais certaines d’entre elles peuvent être cachées par d’autres . On distingue également les algues vertes.

Xanthoria parietina, asque et algue x 1000, Beaumonts, 11 avril 2016,DSCN6010

Asque octosporé et algues vertes de Xanthoria parietina,, Beaumonts, 11 avril 2016, cliché et préparation André Lantz

Le cliché suivant montre les 8 spores dans un asque. Elles ne sont pas encore mûres mais leur forme en sablier à ce stade d’évolution est caractéristique. Les spores sont dites polariloculaires.

Xanthoria parietina, asques x 1000, Beaumonts, 11 avril 2016, DSCN6007

Asque octosporé et spores de Xanthoria parietina, Une petite division correspond à 1 micromètre, 11 avril 2016, cliché André Lantz

Certaines chenilles se nourrissent de lichens. La Lithosie complanule (Eilema lurideola) ou Lithosie plombée est un papillon nocturne de la famille des Erebidae. La chenille est noire avec une bande latérale rouge par côté. Cette espèce a été trouvée aux Beaumonts. La chenille photographiée sur la parmélie des murailles provient du parc. Au dernier stade de sa croissance la chenille ne mesure pas plus de 20mm.

Eilema lurideola, n° 83, 24 avril 2014, DSC_0751

Chenille adulte de La Lithosie complanule, Eilema lurideola sur Xanthoria parietina, Beaumonts, 24 avril 2014, cliché André Lantz

Les ailes antérieures de l’imago sont grises avec une fine bordure costale jaune qui s’amenuise vers l’apex.

Eilema lurideola, n° 83, Beaumonts, 30 mai 2014, DSC_0057

Imago de la Lithosie plombée, Eilema lurideola, Beaumonts, 30 mai 2014, cliché André Lantz

L’Ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum) n’avait pas à ma connaissance été notée au Parc des Beaumonts. On peut aussi en voir quelques pieds au Parc départemental Jean Moulin-Les Guilands sur les communes de Montreuil et de Bagnolet.

Ornithogalum umbellatum, Beaumonts, 12 avril 2016, DSC_7138

Dame d’Onze heures, Ornithogalum umbellatum, Beaumonts, 12 avril 2016, cliché André Lantz

Cette plante bulbeuse est aussi nommée Dame d’onze heures. Les jours gris et sans soleil les fleurs ne s’ouvrent pas. Par contre les jours ensoleillés où les polinisateurs sont plus nombreux à sortir et visiter les fleurs, les 6 tépales de l’ornithogale s’ouvent vers 11h.

Sorties Ornithologiques au parc des Beaumonts

Venez découvrir le 22 mai de 9h30 à 12h 30 la richesse ornithologique du parc des Beaumonts où la faune et la flore sauvages sont protégées. Promenade détendue et conviviale. Prévoir : jumelles. Promenade ornithologique conseillée pour s’initier ou se perfectionner. Rdv : 9 h 15. Avenue Jean Moulin, à côté de la statue monumentale du calligraphe, au pied de l’escalier d’accès au parc des Beaumonts. Limité à 12 participants. Promenade ornithologique animée par Thomas Puaud (06.87.23.69.95). Réservation obligatoire au plus tard le vendredi précédant l’activité avant 16 h auprès du service Environnement et Développement Durable de la Ville de Montreuil : 01 48 70 67 94 – environnement@montreuil.fr. Renseignements auprè du service Environnement et Développement Durable de Montreuil ou Thomas PUAUD (entre 19h30 et 21h30).

24 Heures de la Biodiversité

Le samedi 25 juin et le dimanche 26 juin se tiendront les 24 heures de la Biodiversité sur le territoire du département de la Seine-Saint-Denis.

Les diverses associations naturalistes et sportives de plein-air pourront s’y rencontrer. Vous pouvez dès maintenant retenir ces dates. Des informations sur les activités proposées à Montreuil vous seront indiquées plus tard. Les randonneurs de Tourisme, loisir et culture de Montreuil s’associeront à des manifestations naturalistes proposées par BNEV, Le jardin des Couleurs et le sens de l’Humus (Estivales de la permaculture) le samedi 25 juin.

Notez bien ces dates sur votre agenda.

André Lantz, le 12 avril 2016



Bilan 2015 du suivi des amphibiens du parc des Beaumonts by beaumonts

Bilan 2015 du suivi des amphibiens du Parc des Beaumonts de Montreuil (93)

Liste des observateurs :

Angélique Allombert, Anne-Isabelle Barthelemy, Stéphanie Bréhard, Matthias Colin, Pierre Delbove, Loïc Jugue, Caroline Lahmek, André Lantz, Alexis Martin, Julien Norwood, Philippe Pirard, Nicolas Primault, Yves Primault, Thomas Puaud, Quentin Rome, Liam Schaffer, Wim Schaffer, David Schaffer, Pierre-Luc Vacher, Sylvie Van Den Brink

Pour participer au suivi des amphibiens du parc, vous pouvez contacter l’association Beaumonts Nature en Ville. Les amphibiens sont des espèces fragiles. Elles sont protégées. Pour tout travail scientifique de suivi nécessitant de les capturer, il est nécessaire d’obtenir une autorisation préfectorale. Hors de ce cadre, il est strictement interdit de les capturer. Nos sorties groupées permettent en outre de les observer en limitant le piétinement des berges et le dérangement des animaux.

Le suivi 2015 des amphibiens du Parc des Beaumonts a reposé cette année sur sept sorties nocturnes, soit deux de plus qu’en 2014. Elles se sont déroulées pour l’essentiel de février à avril. Une sortie au mois d’août dédiée initialement aux verts luisants nous a en outre permis d’observer et de compter un grand nombre d’amphibiens, dont les chiffres sont inclus aux résultats du suivi. Les sorties ont permis de rassembler 20 observateurs de tous les âges, tous bénévoles, de Montreuil et des villes voisines.

Pour réaliser le suivi, nous avons parcouru à la nuit tombée les sentiers reliant la Mare de la Brie, la Petite Mare et la Mare Perchée, toujours dans cet ordre et suivant le même cheminement. Pour chaque mare, toute la berge est parcourue intégralement et tous les amphibiens adultes visibles à la lampe sont identifiés et comptés. Tous les animaux visibles dans les fossés le long du chemin, et sur le chemin lui-même, sont également identifiés et comptés.

Au total, 1105 amphibiens adultes ont été observés et comptés cette année ! Ce chiffre n’inclue pas les têtards et les pontes, observés parfois en abondance, mais sans faire l’objet d’un comptage. En 2014, 286 amphibiens adultes avaient été observés dans le cadre du suivi. Les effectifs de 2015 sont nettement supérieurs, même si le nombre de sorties était plus important.

Inventaire des espèces : de nouvelles confirmations de présence

La présence de sept espèces a pu être attestée cette année :

– le triton palmé Lissotriton helveticus, le triton ponctué Lissotriton vulgaris et le triton alpestre Ichtyosaura alpestris pour les urodèles,

– le crapaud commun Bufo bufo, l’alyte accoucheur Alytes obstetricans, la grenouille rieuse Pelophylax ridibundus et la grenouille rousse Rana dalmatina pour les anoures.

Le doute concernant la présence conjointe du triton palmé et du triton ponctué a été levé. Ces deux espèces du genre Lissotriton sont présentes en très faibles effectifs sur le site, ce qui de fait limite fortement le nombre des observations. En outre, il est très difficile voire impossible de les différencier sans les capturer, tant elles se ressemblent. Cette année, nous avons toutefois pu observer à deux reprises les deux espèces simultanément et confirmer ainsi avec certitude leur présence conjointe.

triton ponctué en phase terrestre migrant dans le parc des Beaumonts, Août 2015, cliché Quentin Rome

triton ponctué en phase terrestre migrant dans le parc des Beaumonts, Août 2015, cliché Quentin Rome

mâle de Triton ponctué en phase aquatique et livrée nuptiale, parc des Beaumonts, 19 mars 2015, cliché André Lantz

mâle de Triton ponctué en phase aquatique et livrée nuptiale, parc des Beaumonts, 19 mars 2015, cliché André Lantz

 La question de la présence éventuelle de la grenouille agile reste posée. Aucun individu adulte de grenouille du genre rana, qu’il s’agisse de la grenouille agile ou de la grenouille rousse, n’a été observé. La présence du genre n’est attestée que par l’observation des pontes. Les seules que nous avons pu identifier avec certitude ont été attribuées à la grenouille rousse.

La grenouille rousse est ainsi présente sur le site. Toutefois, sans comptage systématique des pontes et faute d’avoir réussi à observer les adultes, nous n’avons pas pu en évaluer la population. La “reproduction éclair” des grenouilles rousses dure seulement quelques jours, et sans surveillance quotidienne des mares il est difficile de pouvoir observer les animaux reproducteurs. Le suivi 2016 devra intégrer une estimation de l’abondance des pontes, par comptage des amas et/ou estimation de leur surface.

De la même manière, le suivi n’a pas permis d’évaluer la population d’alytes accoucheurs. Les adultes sont occasionnellement entendus et observés durant le printemps, mais principalement hors de la période que nous avons retenue pour le suivi. A l’âge adulte, l’espèce fréquente en outre très peu les mares. Les têtards de l’alyte peuvent en revanche être observés dans les mares au moment où les tritons se reproduisent. Facilement identifiables et de grande taille, ils feront l’objet d’un comptage en 2016 pour que nous puissions disposer de chiffres sur l’état de la population.

Les enjeux de conservation

La principale crainte que nous avions en démarrant le suivi 2015 concernait les impacts possibles sur les amphibiens des travaux paysagers lourds menés dans le parc à l’automne 2014. Les travaux de défrichage massif et de réouverture de la prairie, menés à l’aide de gros engins de chantier, laissaient craindre le pire. Les prairies et milieux boisés accueillent en effet les tritons, les grenouilles et les crapauds lors de la phase terrestre de leur cycle, de l’été jusqu’au printemps suivant. Nous craignions que de nombreux animaux aient pu être tués lors de ces travaux ou que leurs zones refuges, vitales pour traverser la période d’hibernation, aient pu être détruites.

Les comptages de 2015 ne nous ont toutefois pas permis de mettre en évidence ni de chiffrer un tel impact, les observations ayant même été en forte hausse par rapport à 2014.

En revanche, une mauvaise surprise est venue cette année du niveau d’eau général dans le réseau, de conditions climatiques qui ont retardé la période de reproduction et de la difficulté pour l’association d’obtenir une réaction rapide des services techniques de la ville.

L’hiver très sec n’a pas permis aux mares d’être alimentées en eau par les pluies. Ainsi début mars, l’essentiel du réseau était sec à l’exception de la Mare de la Brie et d’un tout petit secteur de la Petite Mare ou Mare du Mileu. La Mare de la Brie était en eau grâce à son alimentation naturelle par un affleurement de nappe phréatique, mais à un niveau toutefois très bas. Par rapport à 2014, le froid et la sécheresse ont ainsi retardé d’au moins 15 jours la migration des amphibiens et leur rassemblement dans les mares. Seule la grenouille rousse, toujours en avance, a pu se reproduire et pondre en abondance dans la Petite Mare début mars, dans une des rares surfaces en eau. Nous avons alerté la municipalité pour qu’elle remette en route au plus vite l’alimentation artificielle du réseau, de manière à compenser l’absence de pluie et protéger les pontes. Malheureusement, la remise en eau est intervenue trop tard et toutes les pontes observées début mars étaient mortes 15 jours plus tard, du fait de l’assèchement complet de la Petite Mare durant ces deux semaines. C’est un coup dur pour la grenouille rousse, espèce en régression au niveau national et qui constitue un enjeu de conservation dépassant le seul cadre du Parc des Beaumonts. Des pontes sporadiques plus tardives et des têtards ont pu être observés ultérieurement. Mais cet épisode aura compromis gravement la reproduction de cette espèce emblématique du parc et qui doit faire l’objet d’une attention particulière.

ponte de la grenouille rousse Rana dalmatina, parc des Beaumonts, 19 mars 2015,

ponte de la grenouille rousse Rana dalmatina, parc des Beaumonts, 19 mars 2015,

Les petits tritons restent également une source d’inquiétude. Les effectifs observés sont toujours extrêmement faibles, qu’il s’agisse du triton palmé ou du triton ponctué. En outre, ils semblent exploiter exclusivement la Mare de la Brie et demeurer absents des autres sites. Le triton ponctué est une espèce en régression qui constitue un enjeu de conservation en Île-de-France. Elle devra faire l’objet d’une attention particulière dans les prochaines années.

Le crapaud commun et le triton alpestre sont les amphibiens les plus abondamment observés au Parc des Beaumonts.

Par chance, nous avons programmé une des sorties en plein déclenchement de la migration des crapauds communs, et pas moins de 617 animaux ont été comptés en une seule soirée ! Les centaines d’animaux présents sur les chemins ont obligé ce soir-là tous les observateurs à bien regarder où ils posaient les pieds.

Le triton alpestre est également abondamment observé dans le parc. Les effectifs sont importants, et les adultes sont présents dans les mares sur une longue période, de mars jusqu’à août.

mâle de triton alpestre en phase aquatique et livrée nuptiale, Parc des Beaumonts, , 19 mars 2015, cliché André Lantz

mâle de triton alpestre en phase aquatique et livrée nuptiale, Parc des Beaumonts, , 19 mars 2015, cliché André Lantz

La Mare Perchée reste le site le moins intéressant pour les amphibiens. Cette année, seul le crapaud commun y a été observé en abondance, en nombre plus réduit que dans les autres sites.

La Petite Mare et la Mare de la Brie demeurent essentielles pour la reproduction.

Enfin, le réseau de fossés a encore démontré son importance. De très nombreux animaux y sont observés, tant en déplacement qu’en reproduction. Du fait de l’absence de protection, leur piétinement possible, notamment par les chiens des usagers du parc, demeure un problème.

Et pour 2016 ?

Nous pouvons d’ores et déjà poser quelques perspectives qui nous permettront d’organiser le suivi 2016 :

– quel sera l’impact de la canicule 2015 ? Après un hiver froid et sec, la faune du parc aura affronté la canicule de l’été 2015. Combinée au débroussaillage massif de 2014 qui aura vu se réduire les habitats arbustifs propices à la régulation de la température et de l’humidité, il est possible que la canicule ait impacté le peuplement des amphibiens du parc.

– statut du triton ponctué ? Des investigations devraient être menées pour mieux comprendre le statut du triton ponctué dans le parc, et trouver des solutions pour assurer sa protection.

– comptage des pontes et des têtards ; pour améliorer le suivi et établir des chiffres sur la présence de l’alyte accoucheur et de la grenouille rousse, le suivi 2016 sera augmenté avec le comptage des pontes de grenouille rousse et des têtards de l’alyte.

– observation de la migration dans la prairie centrale ; de nombreux crapauds ont été observés à la lampe en migration dans la prairie centrale, protégée par une clôture. Un comptage particulier pourrait y être conduit.

– constituer une banque de photos complète des amphibiens du parc, incluant les pontes, les larves, les adultes des deux sexes et le milieu.

mettre en place une veille particulière afin de pouvoir intervenir rapidement pour protéger les pontes de la grenouille rousse.

Tableau récapitulatif par date et par station des amphibiens en 2015 : 15_compt_amph

Alexis Martin 31 août 2015



Pollution lumineuse et insectes by beaumonts

Pollution lumineuse, influence sur les vers luisants et les papillons de nuit.

Cet article qui concerne plus particulièrement les Lampyres est complété par les résultats d’une étude récente sur le comportement d’une noctuelle commune. La première partie est rédigée par Alexis et la seconde par André.

Comptage des verts luisants au Parc des Beaumonts de Montreuil (93)

Liste des observateurs :

Anne-Isabelle Barthelemy, Alexis Martin, Julien Norwood, Philippe Pirard, Quentin Rome

Les lampyres, ou vers luisants

Les vers luisants, ou lampyres de l’espèce Lampyris noctiluca, sont des coléoptères ayant comme particularité d’être bioluminescents.

Mâles et femelles, à l’âge adulte ou à l’état larvaire, possèdent sur leur abdomen des points lumineux émettant une lumière verte, bien visible la nuit des naturalistes noctambules.

C’est la femelle adulte qui est principalement observée. L’extrémité de son abdomen est particulièrement lumineuse et visible de loin, ce qui lui permet, l’été, d’attirer les mâles lors de la période de reproduction.

femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

Femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

Femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

L’espèce connaît un fort dimorphisme sexuel. Les mâles ressemblent à des coléoptères typiques, avec un thorax et un abdomen bien distincts, et des élytres visibles. Les femelles, en revanche, sont beaucoup plus grosses et ressemblent aux larves, d’où le nom vernaculaire, “vers” luisants, donné à l’animal.

Les lampyres se nourrissent essentiellement lorsqu’ils sont à l’état larvaire, en chassant les escargots et les limaces.

Le principal facteur de disparition des lampyres est la pollution lumineuse. Dans les territoires urbains et périurbains, dépourvus de nuit noire, les éclairages empêchent ou limitent fortement la reproduction de l’espèce. Le lampyre constitue ainsi un excellent bio-indicateur de la pollution lumineuse et des capacités d’un milieu à accueillir l’ensemble de l’entomofaune nocturne.

Comptages et conservation au Parc des Beaumonts

En 2014, un premier comptage nocturne fortuit avait permis d’observer 12 animaux regroupés le long d’un des sentiers du parc, à la fin du mois de juillet.

La présence du lampyre au Parc des Beaumonts est exceptionnelle et constitue localement un très fort enjeu de conservation. En pleine banlieue, la présence des verts luisants est un argument supplémentaire qui justifie la haute valeur écologique du parc et son rôle incontournable de réservoir local de biodiversité.

Outre la diversité de ses paysages, le Parc des Beaumonts, suffisamment grand, permet en son sein d’abriter des zones plus sombres, un peu mieux protégées de la pollution lumineuse, et donc plus favorables aux animaux nocturnes.

La nuit du 7 août 2015, nous avons arpenté la plus grande partie du réseau des chemins ouverts au public, de manière à compter tous les vers luisants visibles et procéder ainsi à une évaluation de leur population. Nous avons parcouru les chemins pendant deux heures après la tombée de la nuit. Au total, cinq animaux ont été observés, soit autant de femelles adultes lumineuses. Nous n’avons pas réussi à observer de mâles, ni de larves. Les animaux ont tous été observés disséminés loin les uns des autres, dans les secteurs à proximité immédiate de la pairie centrale.

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin ROme

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

L’espèce n’a en revanche pas été observée là où elle avait été précédemment vue, en 2014, les habitats favorables ayant disparu. Les lampyres affectionnent en effet les friches de lisières. Celles-ci ont été très fortement impactées lors des travaux paysagers lourds effectués à l’automne 2014, dans le but de lutter contre la fermeture de la prairie. Malheureusement, les structures paysagères favorables aux vers luisants ont été très peu conservées, ce qui pourrait en partie expliquer le faible effectif observé cette année.

Pour 2016 ?

Il serait intéressant de répéter ce comptage en 2016, en multipliant les sorties. La mise en place d’un suivi plus conséquent pourrait reposer sur une sortie nocturne en juin, une seconde en juillet et une troisième en août.

Outre la question de la pollution lumineuse, il sera également important de s’assurer du maintien d’un paysage favorable à l’espèce, en prenant en compte la conservation des zones arbustives qui lui sont propices.

Un observatoire national des vers luisants a été mis en place. Vous pouvez visitez son site :

http://www.observatoire-asterella.fr/vers_luisants/index.php

Alexis Martin le 1 septembre 2015,

Le texte suivant porte sur une espèce de noctuelle qui a été observée au parc des Beaumonts. Les photos présentées n’ont pas été prises dans le parc mais à mon domicile car des chenilles se sont développées sur quelques unes des plantes de mon ba!con. Le réflexe du jardinier est de les éradiquer, celui de l’entomologiste de les élever.

La pollution lumineuse affecte aussi les papillons de nuit. Une récente étude conduite par Koert Van Greffen aux Pays Bas sur la Noctuelle du chou (Mamestra brassicae) a mis en évidence l’influence de la lumière sur la diapause de la chrysalide et sur l’attractivité des femelles.

La chenille de cette espèce qui est polyphage ne sort se nourrir que la nuit.

Chenille de Mamestra brassicae, Vincennes, 23 septembre 2014, cliché André Lantz

Chenille de Mamestra brassicae, Vincennes, 23 septembre 2014, cliché André Lantz

L’étude montre que son développement n’est pas altéré. Par contre les chrysalides formées en automne doivent passer l’hiver pour éclore au printemps. ( Sur la photo suivante la différence de coloration est liée à la durée écoulée depuis la nymphose. La chrysalide jaune orangée n’a que quelques heures alors que la chrysalide brune a déjà plusieurs jours)

Chrysalides de Mamestra brassicae, Vincennes, 14 septembre 2012, cliché André Lantz

Chrysalides de Mamestra brassicae, Vincennes, 14 septembre 2012, cliché André Lantz

La lumière perturbe la diapause et des individus éclosent au début de l’hiver.

imago de Mamestra brassicae,  18 août 2011, cliché André Lantz

imago de Mamestra brassicae, Vincennes, 18 août 2011, cliché André Lantz

L’auteur a aussi montré que les phéromones émises par les femelles sont altérées par l’influence de la lumière nocturne. La quantité et la qualité des phéromones baissent. Un quart des femelles sont fécondées, contre la moitié placée dans le noir total. L’étude a montré que la longueur d’onde intervient. Ce sont les courtes longueur d’onde (bleu du rayonnement visible pour l’œil humain) qui perturbent davantage le cycle de vie de cette espèce. Les longueurs d’onde plus grande (le rouge) n’ont pas influencé le développement.

D’après le résumé de l’article paru dans le n° 177 d’Insectes de l’OPIE.

Voir l’étude « Moths prefer to reproduce in the dark »: http://phys.org/news/2015-04-moths-dark.html

André Lantz le 14 septembre 2015



les Zygènes au parc des Beaumonts by beaumonts

Les Zygènes au parc des Beaumonts

Les Zygènes sont des papillons hétérocères qui volent le jour. Elles font partie de la famille des Zygaenidae.

Les papillons qui nous intéressent appartiennent à la sous-famille des Zygaeninae.

Les Zygènes volent le jour par temps ensoleillé comme les papillons « de jour » ou Rhopalocères. Elles possèdent des taches rouges sur un fond noirâtre pour les ailes antérieures. Les ailes postérieures sont rouges, bordée d’un liseré noir. Ce fond peut apparaître avec des teintes bleutées ou vertes selon l’orientation des rayons lumineux.

Cette livrée caractéristique ,dite aposématique, est un avertissement aux prédateurs (oiseaux) car l’hémolymphe de ces insectes contient des cyanoglucosides toxiques. En effet les chenilles synthétisent et stockent ces substances qu’elles prélèvent dans les Fabacées qu’elles consomment : lotiers, coronilles…

Si les oiseaux ne les consomment pas, elles peuvent quand même être capturées par des araignées. Les chenilles peuvent aussi être parasitées par des hyménoptères.

La détermination des différentes espèces n’est pas toujours immédiate car leur ressemblance (taches rouges sur fond noir) est élevée.

Au parc des Beaumonts ne sont présentes que deux espèces qui peuvent être distinguées assez facilement.

La zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae) possède en Île de France 6 taches rouges sur l’aile antérieure et ne présente pas de ceinture abdominale rouge.  Les  deux dernières taches vers l’extrémité de l’aile sont presque jointives. Les antennes sont intégralement noires. La chenille à livrée jaune et noire de cette espèce ne se nourrit pas de filipendule mais de diverses Fabacées dont le lotier corniculé (Lotus corniculatus) présent au parc.

Zygène de la filipendule, Beaumonts, 27 juillet 2012, cliché Andréc Lantz

Zygène de la filipendule, Beaumonts, 27 juillet 2012, cliché Andréc Lantz

Zygène de la filipendule sur Origan, 27 juillet 2015, cliché André Lantz

Zygène de la filipendule sur Origan, 27 juillet 2012, cliché André Lantz

envol de la zygène de la filipendule, 27 juillet 2012, Beaumonts, cliché André Lantz

envol de la zygène de la filipendule, 27 juillet 2012, Beaumonts, cliché André Lantz

La Zygène de la coronille (Zygaena ephialtes) possède en Île de France 5 ou 6 taches rouges sur l’aile antérieure et présente un anneau rouge caractéristique sur l’abdomen. L’extrémité des antennes est blanche. La chenille se nourrit de plusieurs espèces de coronille dont la coronille variée (Securigera varia) commune en île de France et également présente au parc.

Zygène de la coronille, 30 juin 2015, Beaumonts, cliché André Lantz

Zygène de la coronille,
30 juin 2015, Beaumonts, cliché André Lantz

envol de la zygène de la coronille, Beaumonts, 30 juin 2015, cliché André Lantz

envol de la zygène de la coronille, Beaumonts, 30 juin 2015, cliché André Lantz

 On peut remarquer les pointes blanches des antennes sur les clichés ci-dessus ainsi que  l’anneau rouge présent sur l’abdomen. Sur la photo suivante figure une Zygène de la coronille à 5 taches rouges sur l’aile antérieure.

Zygène de la coronille, Beaumonts, 7 juillet 2013, cliché André Lantz

Zygène de la coronille, Beaumonts, 7 juillet 2013, cliché André Lantz

La Zygène de la coronille est moins abondante que celle de la filipendule.

On observera facilement les Zygènes butiner les knauties, scabieuses, ou centaurées. Elles ne dédaignent pas non plus les marjolaines ou origan (Origanum vulgare) . J’ai observé qu’au parc les imagos de la Zygène de la filipendule émergeaient plus tôt que ceux de la filipendule.

Fin juin et début juillet pour Z. ephialtes, début à fin juillet pour Z. filipendulae.

André Lantz le 26 juillet 2015.