Beaumonts nature en ville


Quelques nouveautés au printemps 2019. by beaumonts

Quelques nouveautés, ou espèces peu observées en Seine-Saint-Denis et au parc des Beaumonts en 2019.

La Louvette, rue Carnot, 30 avril 2019, cliché A. Lantz

1) Deux Hépiales (Lépidoptère Hétérocère) ont déjà été répertoriées aux Beaumonts. La Louvette (Pharmacis lupulina=Korscheltellus lupulinus) et la Sylvine (Triodia sylvina). Les adultes des espèces de cette famille volent la nuit. Posés, ailes repliées le jour, ils se confondent avec leur environnement. On peut facilement les observer sur les murs clairs où ils se posent, ayant été attirés par l’éclairage urbain. Les chenilles d’Hépiales sont phytophages mais ont la particularité de se nourrir des racines de diverses plantes. Elles vivent donc dans le sol et ne sont pas visibles.

La Louvette est un peu plus petite que la Sylvine et éclos en général de mai à mi juin. Cette année avec des températures plus élevées en février ce premier imago est sorti le 25 avril. La Sylvine éclos beaucoup plus tard, en général durant le mois d’août, ou le début septembre. Il est intéressant de noter que la Louvette peut être parasitée vivante par un champignon ascomycète le Cordyceps gracilis. Ce petit champignon caractéristique se nourrit aux dépens des tissus de la chenille. Il est assez rare et nécessite des terrains assez humides pour se développer. Je ne l’ai observé qu’une seule fois en Île-de-France.

2) Les ormes adultes sont attaqués par un scolyte (Coléoptère) transportant un champignon qui va progressivement tuer son hôte. Les jeunes arbres ne sont pas attaqués et sont présents dans le parc. Ils peuvent abriter la Thécla de l’orme (Satyrium w-album) dont la chenille consomme les jeunes fruits de l’arbre. D’autres insectes phytophages vivent sur l’orme dont la Galéruque de l’Orme Xanthogaleruca luteola. Quelques adultes de cette chrysomèle ont été observés ce printemps au parc des Beaumonts. L’espèce a aussi été notée par mon collègue Axel à Rosny-sous-bois. Cette Galéruque, dont l’imago est assez allongé est reconnaissable à sa coloration jaunâtre sur les élytres.

La Galéruque de l'Orme Xanthogaleruca luteola, Beaumonts 30 avril 2019, cliché A. Lantz
Galéruque de l’orme, Xanthogaleruca luteola, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché A. Lantz

3) En sous-bois un petit coléoptère xylophage, le Capricorne à étuis dentelés Pogonocherus hispidus était posé sur une feuille. Comme les autres espèces de sa famille, la larve se nourrit de bois mort de divers feuillus. C’est la première observation au parc, à ma connaissance. Il a aussi été trouvé par Axel à Rosny-sous-bois. Cette espèce n’est pas considérée comme rare mais sa petite taille le fait passer inaperçu.

Capricorne à étuis dentelés, Pogonocherus hispidus, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché A. Lantz
Capricorne à étuis dentelés, Pogonocherus hispidus, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché A. Lantz

4) Un microlépidoptère, dont la chenille se développe à l’intérieur des feuilles de ronce (espèce mineuse), a été découvert sur la petite prairie. L’envergure de cette espèce ne dépasse pas 7 à 8 mm. Il s’agit de Coptotriche marginea de la famille des Tischeriidae. Au moins deux générations par an se succèdent.

Coptotriche marginea, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché André Lantz

5) La tenthrède Tenthredo temula est assez facilement reconnaissable parmi les nombreuses espèces que compte ce groupe d’hyménoptère. Les larves ressemblent un peu à des chenilles mais comptent davantage de fausses pattes. C’est la raison pour laquelle on les désigne parfois par « fausses chenilles ». Ces laves sont phytophages. Les adultes peuvent de nourrir de pollen mais aussi chasser quelques petits insectes. Les larves de cette espèce consomment le Troène et l’Origan.

Tenthredo temula, Beaumonts, 30 avril 2019, cliché André Lantz

6) une jolie tordeuse Epiblema (ou Notocelia) cynosbatella est aussi facile à reconnaître. La partie basale des ailes est très sombre, noirâtre, alors que la partie médiane est presque blanche avec très peu de dessins. Sa chenille vit sur l’églantier. L’imago ne vole pas le jour. Celui-ci était posé sur une feuille cornouiller à quelques mètres des églantiers.

Notocelia cynosbatella, Beaumonts, le 30 avril 2019, cliché A. Lantz

Au Jardin des Couleurs, dans les anciens murs à pêches, les plantes tinctoriales et comestibles attirent des pollinisateurs et des insectes phytophages. Quelques espèces de punaises s’y trouvaient à la fin avril.

7) Sur le Pastel des teinturiers (Isatis tinctoria L.) appelée également : Herbe de Saint Philippe, Varède, Herbe du Lauragais. on pouvait observer plusieurs couples de punaises. Les feuilles du pastel des teinturiers étaient autrefois utilisées pour en extraire une liqueur bleue. Cette plante est bisanuelle. La punaise Eurydema ventralis, possède une livrée aposématique rouge et noire qui indique aux prédateurs éventuels qu’elle n’est pas bonne à consommer. Elle porte aussi le nom de Punaise du chou, mais n’est pas la seule à posséder ce nom vernaculaire !

Accouplement de la punaise du chou Eurydema ventralis, Jardin des couleurs, 23 avril 2019, cliché André Lantz

Les larves et adultes piquent et prélèvent la sève des Brassicacées. Le pastel appartenant à cette famille de plantes, il sert de nourriture à cette belle espèce de punaise Pentatomidae.

8) Une petite punaise Eysarcoris venustissimus a pu être photographié avant son envol, pas très loin de la mare. Cette petite espèce au corps assez ramassé, qui mesure entre 5 et 7 mm se caractérise par la tête et la base du scutellum d’un beau brun violacé, contrastant avec la couleur claire du pronotum et des hémilytres. Cette espèce se trouve plus facilement dans les zones un peu humides. Elle ponctionne la sève des Epiaires ou des Lamiers. Le lamier blanc étant bien présent sur le site, il a du servir de nourriture à cette jolie espèce qui porte bien son nom : venustissimus ou très belle.

Eysarcoris venustissimus, Jardin des couleurs 23 avril 2019, cliché A. Lantz

9) Enfin la punaise de la Jusquiame Corizus hyoscyami était posé sur les feuilles d’ortie. Cette espèce beaucoup plus allongée appartient à la famille des Rhopalidae. Elle n’est pas inféodée à une seule famille de plante car elle se nourrit sur les Apiacées, les Astéracées, les Solanacées… Elle n’est donc pas tributaire de la Jusquiame (famille des Solanacées) comme son nom pourrait le faire penser !

La punaise de la Jusquiame, Coryzus hyoscyami, jardin des couleurs 23 avril 2019, cliché A. Lantz

10) Pour terminer sur les couleurs, cette belle femelle d’Aurore (Anthocharis cardamines) s’est posée quelques secondes pour butiner une fleur de Pervenche.

Femelle d’Aurore Anthocharis cardamines, Jardin des couleurs, 23 avril 2019, cliché A. Lantz

André Lantz, le 8 mai 2019.


Laisser un commentaire so far
Laisser un commentaire



Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s



%d blogueurs aiment cette page :