Beaumonts nature en ville


Pollution lumineuse et insectes by beaumonts

Pollution lumineuse, influence sur les vers luisants et les papillons de nuit.

Cet article qui concerne plus particulièrement les Lampyres est complété par les résultats d’une étude récente sur le comportement d’une noctuelle commune. La première partie est rédigée par Alexis et la seconde par André.

Comptage des verts luisants au Parc des Beaumonts de Montreuil (93)

Liste des observateurs :

Anne-Isabelle Barthelemy, Alexis Martin, Julien Norwood, Philippe Pirard, Quentin Rome

Les lampyres, ou vers luisants

Les vers luisants, ou lampyres de l’espèce Lampyris noctiluca, sont des coléoptères ayant comme particularité d’être bioluminescents.

Mâles et femelles, à l’âge adulte ou à l’état larvaire, possèdent sur leur abdomen des points lumineux émettant une lumière verte, bien visible la nuit des naturalistes noctambules.

C’est la femelle adulte qui est principalement observée. L’extrémité de son abdomen est particulièrement lumineuse et visible de loin, ce qui lui permet, l’été, d’attirer les mâles lors de la période de reproduction.

femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

Femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

Femelle de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

L’espèce connaît un fort dimorphisme sexuel. Les mâles ressemblent à des coléoptères typiques, avec un thorax et un abdomen bien distincts, et des élytres visibles. Les femelles, en revanche, sont beaucoup plus grosses et ressemblent aux larves, d’où le nom vernaculaire, “vers” luisants, donné à l’animal.

Les lampyres se nourrissent essentiellement lorsqu’ils sont à l’état larvaire, en chassant les escargots et les limaces.

Le principal facteur de disparition des lampyres est la pollution lumineuse. Dans les territoires urbains et périurbains, dépourvus de nuit noire, les éclairages empêchent ou limitent fortement la reproduction de l’espèce. Le lampyre constitue ainsi un excellent bio-indicateur de la pollution lumineuse et des capacités d’un milieu à accueillir l’ensemble de l’entomofaune nocturne.

Comptages et conservation au Parc des Beaumonts

En 2014, un premier comptage nocturne fortuit avait permis d’observer 12 animaux regroupés le long d’un des sentiers du parc, à la fin du mois de juillet.

La présence du lampyre au Parc des Beaumonts est exceptionnelle et constitue localement un très fort enjeu de conservation. En pleine banlieue, la présence des verts luisants est un argument supplémentaire qui justifie la haute valeur écologique du parc et son rôle incontournable de réservoir local de biodiversité.

Outre la diversité de ses paysages, le Parc des Beaumonts, suffisamment grand, permet en son sein d’abriter des zones plus sombres, un peu mieux protégées de la pollution lumineuse, et donc plus favorables aux animaux nocturnes.

La nuit du 7 août 2015, nous avons arpenté la plus grande partie du réseau des chemins ouverts au public, de manière à compter tous les vers luisants visibles et procéder ainsi à une évaluation de leur population. Nous avons parcouru les chemins pendant deux heures après la tombée de la nuit. Au total, cinq animaux ont été observés, soit autant de femelles adultes lumineuses. Nous n’avons pas réussi à observer de mâles, ni de larves. Les animaux ont tous été observés disséminés loin les uns des autres, dans les secteurs à proximité immédiate de la pairie centrale.

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin ROme

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

femelle luminescente de Lampyris noctiluca, Beaumonts, 7 août 2015, cliché Quentin Rome

L’espèce n’a en revanche pas été observée là où elle avait été précédemment vue, en 2014, les habitats favorables ayant disparu. Les lampyres affectionnent en effet les friches de lisières. Celles-ci ont été très fortement impactées lors des travaux paysagers lourds effectués à l’automne 2014, dans le but de lutter contre la fermeture de la prairie. Malheureusement, les structures paysagères favorables aux vers luisants ont été très peu conservées, ce qui pourrait en partie expliquer le faible effectif observé cette année.

Pour 2016 ?

Il serait intéressant de répéter ce comptage en 2016, en multipliant les sorties. La mise en place d’un suivi plus conséquent pourrait reposer sur une sortie nocturne en juin, une seconde en juillet et une troisième en août.

Outre la question de la pollution lumineuse, il sera également important de s’assurer du maintien d’un paysage favorable à l’espèce, en prenant en compte la conservation des zones arbustives qui lui sont propices.

Un observatoire national des vers luisants a été mis en place. Vous pouvez visitez son site :

http://www.observatoire-asterella.fr/vers_luisants/index.php

Alexis Martin le 1 septembre 2015,

Le texte suivant porte sur une espèce de noctuelle qui a été observée au parc des Beaumonts. Les photos présentées n’ont pas été prises dans le parc mais à mon domicile car des chenilles se sont développées sur quelques unes des plantes de mon ba!con. Le réflexe du jardinier est de les éradiquer, celui de l’entomologiste de les élever.

La pollution lumineuse affecte aussi les papillons de nuit. Une récente étude conduite par Koert Van Greffen aux Pays Bas sur la Noctuelle du chou (Mamestra brassicae) a mis en évidence l’influence de la lumière sur la diapause de la chrysalide et sur l’attractivité des femelles.

La chenille de cette espèce qui est polyphage ne sort se nourrir que la nuit.

Chenille de Mamestra brassicae, Vincennes, 23 septembre 2014, cliché André Lantz

Chenille de Mamestra brassicae, Vincennes, 23 septembre 2014, cliché André Lantz

L’étude montre que son développement n’est pas altéré. Par contre les chrysalides formées en automne doivent passer l’hiver pour éclore au printemps. ( Sur la photo suivante la différence de coloration est liée à la durée écoulée depuis la nymphose. La chrysalide jaune orangée n’a que quelques heures alors que la chrysalide brune a déjà plusieurs jours)

Chrysalides de Mamestra brassicae, Vincennes, 14 septembre 2012, cliché André Lantz

Chrysalides de Mamestra brassicae, Vincennes, 14 septembre 2012, cliché André Lantz

La lumière perturbe la diapause et des individus éclosent au début de l’hiver.

imago de Mamestra brassicae,  18 août 2011, cliché André Lantz

imago de Mamestra brassicae, Vincennes, 18 août 2011, cliché André Lantz

L’auteur a aussi montré que les phéromones émises par les femelles sont altérées par l’influence de la lumière nocturne. La quantité et la qualité des phéromones baissent. Un quart des femelles sont fécondées, contre la moitié placée dans le noir total. L’étude a montré que la longueur d’onde intervient. Ce sont les courtes longueur d’onde (bleu du rayonnement visible pour l’œil humain) qui perturbent davantage le cycle de vie de cette espèce. Les longueurs d’onde plus grande (le rouge) n’ont pas influencé le développement.

D’après le résumé de l’article paru dans le n° 177 d’Insectes de l’OPIE.

Voir l’étude « Moths prefer to reproduce in the dark »: http://phys.org/news/2015-04-moths-dark.html

André Lantz le 14 septembre 2015

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