Beaumonts nature en ville


Plantes et Insectes observés en juillet by beaumonts

 

Quelques plantes vivaces des bords des eaux, rivières, fossés et friches humides.

 L’Epilobe hirsute (Epilobium hirsutum L.), famille des Onagracées. Elle est reconnaissable à la pilosité dense de sa tige assez élevée, et à ses grandes fleurs. Ces dernières sont surtout pollinisées par des diptères et hyménoptères.

Epilobe hirsute, 17 juillet 2012, cliché André Lantz

De nombreuses abeilles domestiques ou sauvages y viennent butiner.

 

Abeille domestique sur Epilobe hirsute, 27 juillet 2012, cliché André Lantz

 La Salicaire commune (Lythrum salicaria L.), famille des Lythracées.Elle se reconnait aisément par ses épis de fleurs mauves. Elle est visitée par des insectes à longue trompe (papillons, hyménoptères…).  Cette plante possède des vertus anti diarrhéique, hémostatique et astringente. Elle était prescrite autrefois en infusion lors des gastroentérites. Cette plante a aussi été employée pour le tannage des cuirs.

Salicaire, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

Les abeilles solitaires comme les anthidies aiment bien récupérer du nectar sur ces fleurs.

Anthidie sur Salicaire, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

Parmi les papillons, j’ai pu observer des piérides, l’azuré des Nerpruns (Celastrina argiolus L.) et la sylvaine (Ochlodes venatus-faunus  ou Ochlodes sylvanus  Esper dans la nomenclature de Fauna Europaea)

 

Sylvaine butinant des fleurs de Salicaire, 27 juillet 2012, cliché André Lantz

 Le Lycope d’Europe (Lycopus europaeus L.) appelé aussi  chanvre d’eau ou pied de loup provenant de Lycos (loup) et pous (pied) à cause de la forme de ses feuilles,  famille des Lamiacées. Ses petites fleurs claires sont nombreuses à la base des feuilles alternes joliment dentées. Cette plante mellifère elle est pollinisée par les abeilles.

Le Lycope d’Europe a été utilisé pour ses propriétés antithyroïdique afin de diminuer l’activité de l’iode en cas d’hyperthyréose.

 

Lycope d’Europe, 24 juillet 2012, cliché André Lantz

 Quelques diptères de la famille des Syrphidae :

 La Volucelle-bourdon (Volucella bombylans L. var. plumata )

Cette espèce présente deux variétés : la variété plumata à extrémité blanche de l’abdomen et la variété bombylans à extrémité orangée de l’abdomen. La variété plumata imite le bourdon terrestre (Bombus terrestris L.) ou le bourdon des bois (Bombus lucorum L.).

Volucelle bourdon sur scabieuse, 9 juillet 2012, Cliché André Lantz

Cette espèce est bivoltine (2 générations par an). Les œufs sont pondus par la femelle dans les nids de bourdons. Les larves se nourrissent des débris et occasionellement peuvent devenir parasites des larves de bourdons.

Il s’agit d’un mimétisme batésien où un organisme inoffensif imite un autre organisme nocif. La mouche ne pique pas mais peut être vue par un prédateur éventuel comme un insecte dangereux. C’est l’entomologiste anglais H.-W. Bates (1825-1892) qui présenta en 1861 devant la Société Linnéenne de Londres son travail sur les papillons d’Amazonie où il avait séjourné onze années. Il proposa un mécanisme, désigné par la suite comme mimétisme batésien, expliquant l’étonnante ressemblance entre espèces appartenant à des familles différentes vivant dans le même biotope : une piéride non toxique mimant une héliconide toxique.

Charles Darwin (1809-1882) avait alors admiré et considéré le travail de Bates comme la meilleure preuve de la sélection naturelle.

Volucelle-bourdon, 9 juillet 2012, cliché André Lantz

 L’Hélophile suspendu (Helophilus pendulus L.)

Ce syrphe présente 4 bandes jaunes claires et 3 bandes noires longitudinales sur le mésotonum. L’abdomen est également jaune et noir. On peut noter le fémur postérieur très enflé foncé à la base et les tibias arqués. Les tarses des secondes paires de pattes sont noirs. La larve (vers queue-de-rat) vit dans les eaux riches en éléments nutritifs. L’adulte vole et se nourrit sur les fleurs. On peut le rencontrer d’avril à septembre.

 

Hélophile suspendu, 17 juillet 2012, cliché André Lantz

 

Hélophile suspendu sur Véronique mourron-d’eau, 17 juillet 2012, cliché André Lantz

 L’Eristale des arbustes (Eristalis arbustorum L.)

Ce syrphe de plus petite taille que les précédents aiment aussi se poser sur les fleurs.Son dessin en sablier est caractéristique de l’espèce. Ce diptère se rencontre plus facilement que les deux autres. On peut aussi le trouver sur les fleurs jaunes d’Astéracées (Composées).

 

Eristale des arbustes, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

 L’Eristale des fleurs (Myathropa florea L.)  a déjà été présentée sur le site . Elle reste cependant une mouche particulièrement photogénique dont on ne se lasse pas de l’admirer. De nombreux adultes viennent sur les fleurs, en particulier les fleurs de carotte sauvage (Daucus carota L.)  et de la grande Berce ou Berce Spondyle, Berce commune ou patte d’ours (Heracleum sphondylium L.).

 

Eristale des fleurs sur grande Berce, 21 juillet 2012, cliché André Lantz

 Diptère de la famille des Sciaridae.

Ce sont des diptères de taille beaucoup plus petite que ceux de la famille précédente car les plus grands ne dépassent pas 5 à 6 mm. La tête ne ressemble pas à celle des mouches habituelles car elle est plus petite, les antennes sont longues et les yeux forment un pont au dessus des antennes. Les ailes sont enfumées et sombres.

 Sciara analis Schiner (groupe) car il existe plusieurs espèces indéterminables sans l’étude microscopique des genitalias. Les ailes, la tête, le thorax et les pattes sont noires. Seuls les flancs de l’abdomen sont d’un beau jaune. La taillede l’adulte est d’environ 4 à 5 mm. Ces mouches sont assez nombreuses en juillet et août sur les Apiacées (Ombellifères). Les larves vivent dans l’humus et les champignons. Ce sont donc des insectes mycophages.

Sciara gr. analis, 24 juillet 2012, cliché André Lantz

La Zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae L.).

Sur 27 espèces de zygènes répertoriées en France, les chenilles de 17 espèces consomment des Fabacées ( Légumineuses), les autres se nourrissent d’Apiacées, Astéracées et Labiées. Aucune ne consomme des Rosacées dont la filipendule (Filipendula vulgarisL.) dont il existait un seul pied mentionné en Seine-Saint –Denis ! Comme son nom ne l’indique pas, la chenille de la zygène de la filipendule se nourrit de lotier dont le lotier corniculé (Lotus corniculatus L.) très présent sur sol calcaire. Les chenilles de zygènes en se nourrissant de plantes cyanogénétiques comme le lotier qui contient du lotusoside (glucose+ HCN + lotoflavol), accumulent dans leurs tissus une grande quantité d’hétérosides cyanogénétiques qui les protègent des prédateurs. Les couleurs rouge et noir des adultes ou jaune et noir des chenilles sont des livrées aposématiques alertant les éventuels prédateurs.

Chenille de la zygène de la filipendule, 20 juin 2009, cliché André Lantz

Le cocon tissé par la chenille avant de se chrysalider est assez caractéristique. Il est de couleur blanchâtre teinté de jaune et les extrémités sont fines. Il est le plus souvent attaché sur des graminées. La photo suivante a été prise à Noisy-le -sec car de meilleure qualité que celle du parc des Beaumonts.

Cocon de la Zygène de la filipendule après émergence de l’adulte, 30 juillet 2012, cliché André Lantz

En 2008 de nombreux imagos avaient été observés au parc, un peu moins en 2009. Personnellement je n’en avais pas trouvées en 2010 et 2011, ce qui ne veut pas dire que l’espèce avait disparu!  J’ai pu observer trois spécimens frais le 27 juillet dernier qui butinaient des fleurs de marjolaine ou origan(Origanum vulgare L. ) à la places des traditionnelles scabieuses, fleurs de prédilection des adultes de cette famille. La couleur verte dans la photo suivante n’est pas pigmentaire mais provient de la diffraction de la lumière sur la structure de l’aile.

Zygène de la filipendule, 27 juillet 2012, cliché André Lantz

 Je signale également qu’un article concernant l’élevage d’Yponomeutes du parc des Beaumonts dont Y. mahalebella est paru dans le numéro 18 de la revue de lépidoptérologie OREINA de juin 2012. Les adultes sont maintenant sortis et on peut les observer sur les troncs des plus grands cerisiers de Sainte Lucie (Prunus mahaleb) et dans la végétation basse qui les entourent. Ils sont immobiles la journée.

Yponomeuta mahalebella posé sur un tronc de cerisier de Sainte Lucie, 3 août 2012, cliché André Lantz

André Lantz le 29 juillet 2012
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