Beaumonts nature en ville


LETTRE AUX CHIENS [24/07/2008] by beaumonts
juillet 24, 2008, 10:29
Filed under: 5. LES ENJEUX ECOLOGIQUES, Les Chiens aux Beaumonts

[ACTIONS, RÉFLEXIONS]

> Hélène CHÂTELAIN

Lettre aux chiens 
et à ceux qu’ils promènent…

 

Pour l’instant, le « problème des chiens » est posé par les responsables, mais la discussion reste ouverte.

C’est quoi, ce PROBLEME ?

Il faut savoir que le thermomètre dudit  « PROBLEME » se mesure à la quantité de lettres que les SERVICES  reçoivent.

Au-delà de 10 , le « problème » s’installe, jambes croisées, et se sent chez lui.

Il faut savoir aussi que seuls les mécontents écrivent.

Les autres – nous , les silencieux  – ne demandent qu’une chose : qu’on laisse les Beaumonts prendre le temps de s’autoréguler et, donc, ils n’écrivent pas.

Il y a deux questions qui reviennent

1.   les enfants – et particulièrement les écoles ou les groupes – et les personnes âgées – qui ont peur de se faire bousculer. Et elles ont raiso .  Quant aux  institutrices, elles  sont soumises à de telles mesures sécuritaires qu’il faut absolument leur éviter toute possibilité, toute éventualité de possibilité de  dérapage.

2. Il s’agit d’une réalité que nous, qui avons des chiens, devons prendre en compte (et nous sommes nombreux à le faire). L‘espace des BEAUMONTS DOIT RESTER UN ESPACE DE RESPECT  – c’est à ce prix qu’il est aussi un espace exceptionnel de liberté.

Il est évident qu’aux heures où les écoles ou les enfants sont dans l’espace ou risquent de l’être, nous tenons les chiens en laisse : cela veut dire en gros de 11 heures du matin à 17 h 30… Si nous ne parvenons pas, entre nous, à nous autoréguler, à faire admettre cette  règle élémentaire de bon sens, on risque – vu la tendance actuelle – de nous l’imposer d’office : il va y avoir des réglementations avec gardes assermentés. La police à cheval a fini son contrat – et se pose la question de la surveillance. D’un autre côté, il faut également que les classes et les groupes  aient aussi le respect de ce lieu exceptionnel : il y a des espaces libres  (Mabille, ou la pelouse des Fusillés) qui sont des terrains de jeux – l’espace des oiseaux ne l’est pas.

Les coureurs sont aussi chez eux,  S’ils dérapent dans un des sentiers sur un étron de chien, ils s’énervent, au troisième dérapage, écrivent à la mairie… et le PROBLEME, posé sur le coin du bureau, ronronne et grossit. Les sentiers sont bordés de broussailles  pour lesquelles il s’agit d’un fumier tout ce qu’il y a de plus utile. Que chacun se trouve la méthode qui lui convienne ; nous sommes plusieurs (du matin tôt ou du soir tard) à passer derrière les insouciants pour que, justement, le PROBLEME s’endorme. – Tout comme les mêmes ramassent  ce qui traîne,  en silence et très simplement, avant que les « responsables » ne passent. Mais il serait tellement plus simple que chacun prenne la responsabilité de lui-même et de son ou de ses chiens… 

Car les vrais responsables – des Beaumonts –, ce sont ces silencieux-là – vous, nous – et ils sont nombreux. Si les Beaumonts sont ce qu’ils sont  – et ils le sont sans vrais PROBLEMES depuis plus de dix ans -, c’est grâce à eux, à vous, à nous…

Je ne résiste pas à mettre en conclusion ces quelques vers de Martin Luther…

« Il s’y élabore une chimie merveilleuse

faite de décomposition fécondante.

Qui sait à quel excrément

Nous devons le parfum de la rose

Et la saveur des melons ? » 

(Martin Luther – 1483-1546)

 

PS :  Ce matin – j’ai appris que la décision d’assermenter  des gardiens avait été prise afin qu’ils puissent verbaliser.- donc faire payer. Et  j’ai vu pour la première fois ce matin également une inscription  sur l’allée des marronniers : « mort aux flics ». Croire qu’avoir le pouvoir de payer et faire payer soit une voie de dialogue est une erreur. C’est la plus rapide et la plus risquée, car toute autre démarche demande du temps et des efforts tenaces d’explication ; c’est aussi un risque. Différent.

Je vérifie l’information… qui peut n’être qu’un bruit. Mais, une fois encore, nous sommes la seule association qui défend et protège non juste les oiseaux  ou juste les « usagers », mais la possibilité pour les oiseaux, les chiens,  les humains, les crapauds, les corneilles, le héron, les chenilles, les enfants et les adultes de cohabiter en toute simplicité. Une Utopie – une  vraie… Et qui existe.

Contradictoire. Multiple. Vivante.

 

Nous vous demandons

 

  1. de nous envoyer vos remarques et vos propositions.
  2. si vous êtes d’accord avec ce que nous défendons, d’adhérer.
  3. et, pour que la mairie ne reçoive pas que les lettres adressées au PROBLEME, d’écrire aussi ce que représentent pour vous les Beaumonts. 

 

Pour ceux qui ne l’ont pas reçue, nous pouvons vous envoyer un résumé de la charte qui met au clair notre position.

Merci à tous.

 

Hélène Châtelain

 

PS – un film est en projet autour de la différence et de la diversité  dont les Beaumonts témoignent. Réalisé par Benoit Delbove – Que ceux que cela intéresse prennent contact avec nous.

Nous ferons une réunion (je ne suis pas une fan des réunions mais je crois que cela devient utile, intéressant et nécessaire pour mettre en commun réflexions, désirs, intentions.) En septembre ?

Re PS : «  …que la liberté de tous soit la responsabilité de chacun… »  (un paysan d’Ukraine, il y a un siècle).

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Un commentaire so far
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Bonjour,

Je suis en accord en tous points avec ce bilan de la présence des chiens aux Beaumonts, et les enjeux qu’elle représente.

Nous sommes, nous qui promenons nos chiens, les gardiens silencieux de cet espace en quelque sorte. Nous y sommes souvent tôt le matin, ou tard le soir – ces jours-ci par exemple, je n’y ai croisé en trois jours, pourtant relativement tôt, vers 18h, que deux joggeurs.

Sous le vent, le crachin, par tous les temps, les chiens promènent leurs maîtres. Avec mon chien, je profite ainsi des saisons, et du silence. Avec mon chien, je rencontre quelqu’un que je n’aurais probablement jamais rencontré ailleurs dans la ville, cet autre qui aime lui aussi le silence, et s’arrête pourtant quelques minutes pour parler chien en apparence, mais dire beaucoup plus encore… Avec mon chien, je profite du silence de la nuit.

À nous certes de respecter cet espace, notamment évidemment en évitant de s’y rendre aux heures de pointe des jours de grand beau. Notamment aussi en profitant de tous les espaces possibles et ouverts pour éviter de laisser des crottes sur les chemins.

Mais au nom de quoi interdire aujourd’hui l’une des dernières présences animales « domestiques » ?

La sécurité ? Les voitures font mille fois plus de morts chaque année que tous les chiens du monde réunis. Je vois dans les rues des enfants sauter sur la chaussée quand ils me croisent avec mon chien. C’est un temps à prendre pour expliquer qu’ils n’ont rien à craindre du chien a priori. Mais que la voiture, elle, n’aura peut-être pas le temps de freiner. Apprendre à se comporter avec un chien qu’on ne connaît pas, n’est-ce pas aussi important, en quelque sorte, que d’apprendre à vivre en société ? Sait-on qu’au chien, comme à d’autres, il est préférable par exemple de parler avant de le caresser ? Quand les enfants ne croiseront plus les animaux, seront-ils pour autant plus à même de grandir, ou de se protéger ?

L’hygiène ? quand nous aurons tari tous les humus, serons-nous encore des humains ? Eh oui, pour faire pousser les fleurs, il faut d’lamerde, des verts de terre, et toutes choses bien peu aseptisées. Le jardinier d’ailleurs a les mains sales, les ongles noirs. Et les enfants des cours bitumées de nos écoles grattent la terre aux pieds des quelques arbres qui parfois y poussent encore… quand on n’a pas entouré leurs racines de ce nouveau revêtement de plastique qui sans doute mettra quelques décennies à se recycler. Espaces compartimentés d’un discours nouveau : d’un côté la déesse hygiène, de l’autre le renouveau des jardins…

Les jeunes, les vieux, les méchants, les gentils, les enfants, les chiens, les oiseaux, le renard… Aux Beaumons comme ailleurs, la question est celle de la relation à l’autre. Avec ou sans chiens, cette question est à travailler tous les jours, en ville comme ailleurs. Et elle se travaille, de fait, chaque jour, aux Beaumonts comme partout ailleurs, à commencer par les espaces domestiques de nos « intérieurs », ceux-là mêmes où se produisent les plus grandes violences, comme tous les juges pourraient en témoigner.

Commentaire par Claire Péraro




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