Beaumonts nature en ville


Un texte oriental raconte by beaumonts
juillet 13, 2008, 8:59
Filed under: 7. ATOURS ET ALENTOURS

Un texte oriental raconte…

> Hélène CHÂTELAIN, 13 juillet 2008

 

Un texte oriental raconte qu’un oiseau revêtu d’un plumage aux mille couleurs se regardait dans l’eau calme d’une source qui lui renvoyait son image éclatante. Rouge, bleu, vert, doré, …

Doué d’humilité, l’oiseau contemplait cette magnificence qui était sienne mais dont il n’était en rien le créateur…Il interrogea un passereau réputé pour la sagesse de sa connaissance.

– D’où me vient ce chatoiement de couleurs ?

Le moineau réfléchit longtemps avant de répondre:

– Tu es comparable à un minuscule arc en ciel. Evoquant le monde invisible, ta vocation est de relier les cieux et la terre. En volant, tu apprends aux hommes la nécessité de se dégager du sensible, et tes ailes leur enseignent le mystère des noces du céleste et du terrestre.

Satisfait de cette réponse, l’oiseau interrogateur s’envola en chantant. Le passereau levant sa tête minuscule, suivit des yeux là-haut le sillage d’une lumière chatoyante…

Alors il s’émerveilla et poussa de légers pépiements pour exprimer son admiration.

Non loin, un tisserand avait en silence assisté à la scène. Il était pauvre et manquait de travail, mais il savait la langue des oiseaux et avait tout compris. Prenant un morceau de pain, il se mit à chanter avant d’entamer son frugal repas.

La brise transporta les vibrations sonores de l’oiseau et du tisserand; deux hymnes à la joie se répondirent tel un couplet et son refrain. Et toute la création tressaillit de béatitude. Même les pierres riaient tandis que les boutons de fleurs s’ouvraient. C’était là leur façon de sourire.

Des hommes qui se trouvaient dans un chemin entendirent les mélodies. Mais ils n’y prétèrent aucune attention.

Ùne petite taupe passa son museau à travers une motte de terre: elle écoutait et se sentait heureuse. Quant au soleil, il redoubla de clarté: l’air et la terre se réchauffèrent. Et ce fut le printemps…

Car l’oiseau enseigne à l’homme le secret des secrets : le détachement sans lequel le monde invisible demeure clos, l’acceptation joyeuse de sa singularité. Se tenir dans l’instant sans rien engranger,  consentir à ne pas laisser de traces derrière soi,devenir amoureux du printemps en le pressentant durant l’époque hivernale… Si l’oiseau n’existait pas, l’homme serait en grand danger de mourir de détresse, en proie au désespoir et à la lassitude… »

 

(Extrait de “L’oiseau et sa symbolique », M.Davy – Espaces libres, Albin Michel.)

 

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